Keyword - Inégalités sociales

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dimanche, septembre 17 2017

Tel père, tel fils ? L’inégalité des chances persiste à travers le temps

Les enfants sont-ils destinés à occuper les mêmes positions sociales que celles de leurs parents ? L’Insee a enfin mis à jour à l’été 2017 des données datant de 2003, qui montrent que l’accès aux différentes positions sociales demeure profondément inégalitaire.
Par rapport aux données du début des années 2000, les évolutions sont très faibles. La reproduction sociale a très légèrement baissé chez les cadres puisqu’à l’époque 52 % des enfants de cadres sup étaient eux-mêmes cadres, mais inversement les enfants d’employés et de professions intermédiaires deviennent un peu moins souvent cadres supérieurs. Compte tenu des marges d’erreur, il est difficile d’y voir une évolution nette, ce qui était déjà la conclusion de l’Insee en 2006 pour la période 1977-2003. Bref, la stagnation dure depuis près de quarante ans, ce qui commence à faire long d’autant que pendant ce temps le niveau des qualifications s’est nettement élevé.

samedi, novembre 30 2013

Délinquance et criminalité à Marseille : fantasmes et réalités

Photo_Marseille.jpgA chaque règlement de comptes ou presque, les médias font mine de découvrir la réalité du banditisme. Certes, les règlements de comptes meurtriers entre malfaiteurs connaissent depuis quelques années un léger regain d’intensité sur fond notamment de concurrence exacerbée sur le marché des drogues. Certes encore, selon les statistiques de police, plus d’un tiers des « règlements de compte entre malfaiteurs » enregistrés en France par la police judiciaire a eu lieu dans la seule région marseillaise ces dernières années. Cependant tout cela n’a rien de nouveau et s’enracine à l’inverse dans une longue histoire. Sur les quarante dernières années, tous les discours annonçant l’irruption d’une « nouvelle violence » et de « nouveaux bandits » totalement différents de leurs prédécesseurs procèdent du fantasme et de l’ignorance.
C’est probablement au tournant du XIXe siècle qu’une « économie criminelle » émerge à Marseille en raison principalement de la compétition pour l’exploitation de la prostitution en centre-ville. Cela est dû au fait que Marseille est devenue un port international. Des trafics vont s’organiser en lien avec les colonies et les protectorats français et vont perdurer jusqu’au XXe siècle. Au trafic de drogues s’ajoute le trafic d’armes à feu. Un nouveau banditisme lié à la communauté corse voit le jour. Bien organisé, souvent instruit, connaissant les lois et employant des avocats chevronnés, il bénéficie de protections politiques importantes.

samedi, avril 23 2011

La rémunération du travail, c'est le salaire

Photo_William_Hamon__aka_Ewns__flickr.jpgInterview de Thomas Piketty (EHESS et Ecole d'économie de Paris) parue dans Le Monde le 22 avril 2011.

Comment jugez-vous la réforme de l'impôt sur la fortune ?
L'objectif était circonscrit : supprimer le bouclier fiscal, sans avoir l'air de trop se renier. Au final, c'est le plus énorme cadeau fiscal aux plus riches du quinquennat ! On remplace un cadeau fiscal, le bouclier, par un autre cadeau fiscal, trois à quatre fois plus gros. C'est une folie de perdre des milliards quand les caisses publiques sont vides, que les patrimoines ne se sont jamais aussi bien portés et que les revenus stagnent. On fait le choix de la fortune acquise, contre le travail, les classes moyennes et populaires.

Illustration : William Hamon (aka Ewns) - flickr - licence cc

jeudi, avril 21 2011

Résultats définitifs du bac 2010 : la démocratisation scolaire toujours en panne

Photo_zigazou76_flickr.jpgDans un contexte préélectoral où la redéfinition d’une politique éducative commence à occuper une place centrale, la publication des résultats définitifs du bac 2010 est particulièrement intéressante. C'est l'occasion de rappeler aussi les grands termes du débat sur la démocratisation scolaire, en s’appuyant sur les principaux acquis de la recherche.
65,5% : c’est donc la proportion des jeunes dans une génération ayant décroché un bac. C’est beaucoup si l’on considère par exemple les pourcentages du début des années 1960 (autour de 10%), mais c’est bien peu si l’on se rappelle l’horizon des 80% annoncé il y a plus de 20 ans. Les résultats sont même médiocres si l’on examine de plus près ce pourcentage. En effet, seuls 34% d’une génération a décroché un bac dans une série générale, 16,4% dans la voie technologique et 14, 3% dans une filière professionnelle.

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