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mercredi, novembre 4 2015

Sarkozy et la sécurité, ou le retour des grandes manipulations

Sarkozy_et_la_securite.jpgNicolas Sarkozy est de retour. L’ancien ministre de l’intérieur, candidat à la primaire à droite pour l’élection de 2017, a présenté le 3 novembre ses propositions en matière de sécurité. Comment faire du neuf avec de l'ancien ? Et comment appliquer les bonnes vieilles recettes démagogiques et les bonnes vieilles manipulation de chiffres ? Il n'y a qu'à l'écouter.
Même chose du côté d'une des principales vitrines du lobby sécuritaire français, créée étrangement 5 jours après l'élection de N. Sarkozy en 2007 : l'Institut pour la Justice (qui serait mieux dénommé Institut contre la Justice puisque tout son fond de commerce réside dans la critique de la justice). Ce dernier se déchaîne évidemment contre Christine Taubira depuis l'arrivée de cette dernière au ministère de la Justice. Ces jours-ci, c'est logiquement le projet de réforme de la justice des mineurs qui est mis en cause. Le discours est connu d'avance : la gauche est forcément laxiste, les juges aussi puisque ce sont tous d'affreux gauchistes, et pendant ce temps-là les mineurs délinquants sont de plus en plus nombreux, de plus en plus violents, dans un sentiment d'impunité qui les rend tout puissants, etcétéra, etcétéra.

Photo : lemonde.fr

jeudi, juillet 10 2014

Comparutions immédiates : la prison comme unique réponse à une délinquance de misère ?

TGI_de_Nice.jpgLe fonctionnement de la justice pénale est largement méconnu en France, ce qui laisse libre cours à des représentations plus ou moins fantasmées et à des discours dénués de fondement empirique. Le prétendu « laxisme » des magistrats constitue ainsi l’une des rhétoriques favorites d'un lobby sécuritaire comme l'« Institut pour la justice ».

Du côté du réel, cet article présente les résultats d’une recherche sur les audiences de comparutions immédiates au Tribunal de Grande Instance de Nice, qui ont été suivies pendant les 9 mois. On présente les principales caractéristiques des 489 auteurs jugés, puis les types d’infractions retenues et enfin les peines prononcées. Aux tris à plat et aux tris croisés s’ajoutent des régressions logistiques permettant notamment de rechercher « toutes choses égales par ailleurs » les déterminants de la peine. Au final, la comparaison avec deux autres juridictions enquêtées dans des conditions comparables ces dernières années (Lyon et Toulouse) fait ressortir une sévérité particulière de la juridiction niçoise, cette dernière prononçant 95 % de peines d’emprisonnement, dont 80 % de prison ferme. Les auteurs s’interrogent alors sur les effets des contextes locaux.