Depuis bientôt 10 ans, c’est devenu un rituel : une à deux fois par an, un représentant du gouvernement (souvent proche de Nicolas Sarkozy) annonce un nouveau dispositif de lutte contre le décrochage scolaire. Il y a quelques semaines, c’était la suspension des allocations familiales (texte proposé et défendu par Eric Ciotti) qui était réinstaurée (après avoir été abrogée à la demande… de Nicolas Sarkozy en 2004). Ce lundi 28 mars, c’est la Secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, Jeannette Bougrab, qui montait au créneau sur la thématique, en annonçant un énième dispositif, lequel devrait être considéré comme une réponse aux affrontements entre jeunes survenus ces dernières semaines à Asnières et Gennevilliers (92). Compte tenu des résultats peu significatifs, voire contre productifs, des précédents dispositifs (références en fin d'article), il est plus que douteux qu'il faille espérer des améliorations à l'avenir. Cette annonce mérite en revanche que l'on s'y attarde un instant car elle est emblématique de la construction politico-médiatique de la question du décrochage scolaire depuis 10 ans. Suivons ainsi la dépêche AFP qui a été reprise par presque tous les grands médias et par de très nombreux sites Internet.
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jeudi, mars 31 2011
La construction politico-médiatique du lien entre décrochage scolaire et délinquance
mercredi, mars 30 2011
L'image des jeunes des quartiers populaires : le poids des médias
Le constat n’est pas nouveau : les Français préfèrent les jeunes qu’ils connaissent à ceux qu’ils ne connaissent pas et se montrent plus sévères à l’égard de ceux issus des quartiers populaires qu’à l’égard de la jeunesse en général. Pour autant, l’ampleur du fossé, sur ce dernier point, atteint une dimension
particulièrement préoccupante : si trois Français sur quatre ont une image positive des jeunes en général, ils ne sont plus que deux sur cinq à porter sur les jeunes issus des quartiers populaires un regard positif.
Interrogées sur la raison d’une telle défiance, les personnes sondées soulignent principalement l’image négative de ces jeunes véhiculée par les médias - qui constituent, pour ceux d’entre eux résidant à distance confortable desdits quartiers, la seule source d’information sur le sujet -, ou l’impression selon laquelle ils seraient « tous des délinquants », des drogués, des troubles à l’ordre public.
- Découvrir ce sondage de l'Observatoire de la jeunesse solidaire.
lundi, février 14 2011
Des journalistes voudraient traiter autrement les habitants des quartiers populaires
En France, les rapports entre les habitants des quartiers populaires et les médias seraient au plus mal. L’affaire du fixeur du Point, la « Cité du mâle » d’Arte, le sept à huit d’Harry Roselmack et sa « Cité de la peur » à Maubeuge ont récemment attisé le feu de la discorde. Images préconçues, idées reçues, enfermement stigmatisant, sensationnalisme, des accusations parfois fondées qui rendent souvent les journalistes personæ non gratæ.
Premières victimes des crises économiques et financières depuis le milieu des années 70, les populations de ces quartiers subissent de plein fouet des difficultés liées à la violence, au chômage et aux discriminations racistes. Sans nier les difficultés de vie dans ces quartiers, l’image de ces hommes et de ces femmes véhiculée dans les médias est trop souvent caricaturée.
A la logique du spectaculaire et à celle de la dictature de l’audimat, nous affirmons que le journaliste a une éthique et une fonction sociale : constater, décrypter les causes et conséquences des politiques mises en place dans ces quartiers, et aller au plus proche des habitants pour informer avec honnêteté (présentation officielle).