Image_chene_pointu_Clichy_Mediapart.jpg« Premier feu, deuxième feu, troisième feu ». Dans une salle du tribunal de grande instance de Bobigny, ce 11 janvier, l'huissier relance les enchères et surveille le râtelier qui porte les trois mèches successives. A l'extinction de la troisième flamme le bien est vendu. L'avocat s'approche, signe et remet un chèque de garantie. La présidente répète le montant de la transaction et le nom ou la raison sociale de l'acquéreur. Aujourd'hui, il s'agit de biens immobiliers. Et une fois encore, ce sont ceux localisés dans la commune de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) qui se taillent la part du lion. Huit des douze logements mis aux enchères ce jour sont situés dans cette commune paupérisée de la banlieue parisienne. Dans la copropriété du Chêne Pointu que l'on qualifie de « dégradée », pudique euphémisme au regard de son état de délabrement.
Ces acheteurs ne cherchent pas un toit pour se loger. Dans la salle d'audience, marchands de bien, agents immobiliers ou spéculateurs patentés s'abritent derrière leurs avocats, seuls autorisés à enchérir. Sur l'un des bancs du tribunal trône également ce jour là François Taconet, le président de «Habitats Solidaires». Cette association tente de racheter les appartements pour permettre à leurs occupants d'y rester en payant un loyer acceptable.