tueurs_de_masse.gifCet ouvrage se présente comme un travail de type scientifique, ce qu’il est en partie. Pour étudier la question des « tueries de masse » (mass shooting), les auteurs, un économiste et un juriste, ont largement consulté la bibliographie principalement américaine et ont constitué une importante annexe (pp. 158-201) qui représente leur apport empirique au sujet. Cette annexe recense tous les cas identifiés par les auteurs (et leurs sources à la fois scientifiques, journalistiques et policières), perpétrés dans le monde entre 1984 et 2012. Cette base de données détaille les pays, les villes, les lieux précis, les types de tueries, le nombre de morts et de blessés, les armes utilisées, le nom, l’âge, la profession et la situation familiale des meurtriers ainsi que les principales explications invoquées dans ces sources pour tenter de comprendre ces actes criminels. Ceci permet de sortir de la casuistique et de la si fréquente généralisation abusive des faits divers, pour réintégrer au contraire les cas les plus sinistrement connus (Colombine, Mohammed Merah, Anders Breivik, etc.) dans des analyses beaucoup plus larges.
Cet ouvrage a incontestablement le mérite de combler un relatif vide en proposant un état des connaissances, faisant un large tour de la question et des travaux qu’elle a suscités notamment aux Etats-Unis depuis deux décennies. Il s’agit cependant d’un ouvrage de vulgarisation qui pêche à de nombreuses reprises par la relative imprécision du propos.