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lundi, avril 15 2013

La Rénovation urbaine : démolition-reconstruction de l'État

renovation_urbaine.jpgLes politiques mises en oeuvre depuis le début des années 1980 dans les grands ensembles d'habitat social n'étant pas parvenues à les faire sortir de la spirale de la dévalorisation et de l’exclusion, leur démolition s’est imposée comme la solution au problème des banlieues.
Le programme national de rénovation urbaine (PNRU) lancé par Jean-Louis Borloo en 2003 a transformé la France des grands ensembles en un vaste chantier. Des opérations de démolition-reconstruction ont été engagées dans près de 500 quartiers, mobilisant des moyens colossaux– 45 milliards d’euros au total – avec la double ambition de banaliser leur forme urbaine et d’en faire des lieux de mixité sociale.
Alors que les premiers projets s’achèvent et que le mirage d’une dissolution des problèmes sociaux dans la transformation urbaine se dissipe, cet ouvrage revient sur la mise en oeuvre et les effets de ce programme.
L’analyse du PNRU et sa mise en perspective historique renouvellent les débats sur la politique de la ville et apportent un éclairage inédit sur les effets territoriaux des réformes de l’État des années 2000. Car la rénovation urbaine résulte et participe d’un processus plus vaste de démolition-reconstruction de l’État, organisant dans un même mouvement son retrait des territoires et la restauration de sa capacité d’orientation, à distance, des politiques qui y sont menées.

mardi, avril 5 2011

Les Gated Communities : des ghettos de riches ?

Photo_gated_community_par_waltarrrrr_sur_flickr.jpgLe phénomène des gated communities, ou ensembles résidentiels fermés, éveille un fort intérêt car il rend particulièrement visibles des évolutions sociales inquiétantes. Ces ensembles résidentiels fermés se trouvent ainsi accusés de nombreux maux. Ils apparaissent alternativement : comme une source d’approfondissement de la ségrégation spatiale, avec la constitution de ghettos de riches ; comme l’expression de la peur de l’autre et du sentiment d’insécurité ; comme la manifestation d’une privatisation rampante des villes ; ou encore comme une preuve de la crise du lien social et des espaces publics urbains. Ces critiques sont souvent entremêlées, dans la mesure où par exemple le sentiment d’insécurité pèse sur le lien social ou sur la volonté des plus aisés de se mettre à l’écart. Selon Eric Charmes, un tel jugement gagnerait à être nuancé : les gated communities ne méritent pas toutes les critiques dont elles sont l’objet. Elles masquent souvent d'autres évolutions plus larges et plus dangereuses pour la cohésion sociale.