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jeudi, janvier 27 2011

La politisation des chiffres de la délinquance à l'échelon local (l'exemple nîmois)

Photo_hsivonen_-_flickr_-_arene_de_nimes.jpgL'opération de communication politique qui entoure la publication des statistiques de police et de gendarmerie ne se joue pas seulement au niveau national. Les médias nationaux ont beaucoup commenté celle réalisée rituellement par le ministre de l'Intérieur au mois de janvier de chaque année, mais le même processus se décline ensuite plus ou moins bruyamment dans chaque département. Dans certains cas, il n'est pas présenté comme un événement. Dans d'autres, il a au contraire des répercussions locales importantes et est fortement valorisé par la presse quotidienne régionale.
C'est ce qui s'est produit notamment à Nîmes où les chiffres du ministère de l'Intérieur ont été jugés "inquiétants" et où la délinquance des mineurs a été présentée par le préfet comme une "spécificité gardoise". Quelques jours plus tôt, le parquet donnait pourtant des chiffres contradictoires et une petite enquête locale révèle assez rapidement les enjeux politiques locaux qui rôdent autour de la question des mineurs délinquants.

samedi, octobre 16 2010

Nîmes, nouveau "Chicago" français ? TF1 a encore frappé ! (décryptage)

Logo_TF1.jpg Notre intention n'est pas de revenir sur la polémique lancée fin septembre par le député socialiste Arnaud Montebourg à propos de la chaîne de télévision TF1, mais quoi qu'on en pense un fait est là : une certaine télévision - pas exclusivement celle dont on va parler ici - continue à distiller la peur dans la population. L'actualité de cette deuxième semaine d'octobre nous oblige à y revenir, preuves en main.
Le 12 octobre, la chaîne TF1 diffusait un nouveau numéro de l'émission Appel d'urgence intitulé « Nîmes : Flics sous tension contre jeunes délinquants prêts à tout ». Cette émission « propose, à travers des documents exclusifs, de suivre sur le terrain et sur le vif, des professionnels des urgences durant leurs interventions au quotidien ». Bref : on fait du spectaculaire. Le ton est évidemment plus qu'alarmiste. La présentatrice affirme en ouverture : « Depuis le début des années 2000, Nîmes partage avec Cannes, la première, et peu enviable, place au hit parade du plus haut taux de délinquance. Une délinquance qui sévit dans les quartiers sensibles mais qui touche aussi désormais le centre-ville et les petites communes périphériques, jusqu'ici relativement épargnés. Agressions, vols, cambriolages, trafics de drogue et de voitures volées… Chaque jour, les 400 fonctionnaires du commissariat de la cité gardoise sont sur la brèche pour tenter de combattre le sentiment d'insécurité qui s'est parfois installé dans la population ». Elle précise aussi que « les équipes d'Appels d'urgence ont suivi, pendant quatre mois, le travail des policiers nîmois ». Un temps très long pour une « enquête » aussi partiale, reposant sur un incroyable amateurisme en matière statistique.