Keyword - Ordonnance de 1945

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samedi, mai 18 2013

Les enfants perdus. Une histoire de la jeunesse délinquante de 1945 à nos jours

education_surveillee.jpgQue s’est-il passé entre l’Ordonnance de 1945 qui pose les fondements protecteurs de la Justice des Mineurs et les lois répressives des années 2000 ? Comment expliquer qu’au lendemain de la guerre, la société porte un regard compatissant sur une jeunesse délinquante dont elle se sent responsable alors qu’elle choisit aujourd’hui d’en faire son bouc émissaire ?
Trois experts apportent leurs réponses : Pierre Joxe, avocat pour mineurs ; Jean-Pierre Rosenczveig, juge pour enfants et Laurent Mucchielli, sociologue spécialiste de la délinquance juvénile. Et des anciens mineurs délinquants livrent leur témoignage pour la première fois à la télévision.
Des "voleurs de poules" des années d’après-guerre aux "blousons noirs" des années 60, en passant par les "loubards" des années 70 et 80, les "zoulous" des années 90 et la "racaille" des années 2000, ce film nourri d’archives raconte l’histoire de cette jeunesse face au regard de la société et aux décisions de justice.

Photo : criminocorpus.hypotheses.org

mardi, mars 1 2011

Est-on encore mineur à 16 ans ? Une nouvelle loi proposée par la « Droite populaire »

Photo_adolescents_par_mtarvainen_sur_flickr.jpgLe 1er février 2011 a été déposée à l’Assemblée nationale une proposition de loi « visant à mieux responsabiliser les délinquants mineurs de plus de seize ans ». Initié par Christian Estrosi (député UMP, maire de Nice), ce texte est cosigné par des députés tels Jacques Alain Bénisti, Éric Ciotti, François Grosdidier, Lionnel Luca, Jean-François Mancel, ou encore Christian Vanneste. Ecoutons Christian Estrosi (Journal du Dimanche, 14/02) : « Je peux vous dire qu'un barbare (sic) de 16 ou 17 ans aujourd'hui n'a plus rien à voir, conformément à l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, avec le petit sauvageon de 1945. Il est temps de mettre un terme à la culture de l'excuse ». Et de proposer « que la majorité pénale qui est à 18 ans soit abaissée et que le juge des enfants qui garde la maîtrise des choses, prenne la responsabilité de le juger comme un enfant (...) ou de le renvoyer devant un tribunal correctionnel ou une Cour d'assises ». L'Ordonnance de 1945 est décidément une rente politique pour la Droite.

jeudi, janvier 27 2011

La politisation des chiffres de la délinquance à l'échelon local (l'exemple nîmois)

Photo_hsivonen_-_flickr_-_arene_de_nimes.jpgL'opération de communication politique qui entoure la publication des statistiques de police et de gendarmerie ne se joue pas seulement au niveau national. Les médias nationaux ont beaucoup commenté celle réalisée rituellement par le ministre de l'Intérieur au mois de janvier de chaque année, mais le même processus se décline ensuite plus ou moins bruyamment dans chaque département. Dans certains cas, il n'est pas présenté comme un événement. Dans d'autres, il a au contraire des répercussions locales importantes et est fortement valorisé par la presse quotidienne régionale.
C'est ce qui s'est produit notamment à Nîmes où les chiffres du ministère de l'Intérieur ont été jugés "inquiétants" et où la délinquance des mineurs a été présentée par le préfet comme une "spécificité gardoise". Quelques jours plus tôt, le parquet donnait pourtant des chiffres contradictoires et une petite enquête locale révèle assez rapidement les enjeux politiques locaux qui rôdent autour de la question des mineurs délinquants.