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jeudi, septembre 10 2015

Contention : la dérive sécuritaire à l'hôpital psychiatrique

Contention_psychiatrie.jpgCe sont des mots terribles, à la hauteur des dérives qui traversent la psychiatrie. Et c’est un appel à y mettre fin.
« Des pratiques d’un autre temps, d’un autre âge se déroulent quotidiennement dans notre pays : celles de la contention physique », lâche le Dr Hervé Bokobza, un des fondateurs du Collectif des 39, longtemps directeur d’un établissement pour jeunes psychotiques. Cette figure du milieu poursuit : « En France, chaque jour, on enferme, on immobilise, on attache, on sangle des personnes malades. Ces pratiques inhumaines avaient quasiment disparu. Or, et les contrôleurs des lieux de privation de liberté l’ont constaté, elles sont désormais en nette augmentation et qui plus est banalisées, comme des actes ordinaires. Dans le projet de loi sur la santé, il est même écrit, non sans cynisme ou ignorance, que ces actes auraient des vertus thérapeutiques. »

lundi, mars 28 2011

Réforme de l'hospitalisation sans consentement : la critique est générale

Photo_psychiatrie_par_caratello_sur_flickr.jpgDu 15 au 17 mars a été discutée au Parlement une proposition de loi visant à réformer la loi de 1990 « relative aux droits et à la protection des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux et à leurs conditions d’hospitalisation », qui régit actuellement l’hospitalisation en psychiatrie sans consentement. Ce projet de loi « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge » est très vivement critiqué pour sa perspective exclusivement sécuritaire et aucunement sanitaire (voir notre précédent billet).
La position des syndicats de soignants en psychiatrie a été remarquablement collective, avec la diffusion d’un communiqué commun. Les principales critiques de la dimension sécuritaire du projet portent sur l’association implicite effectuée dans le projet entre troubles mentaux et dangerosité ou risque d’atteinte à la sûreté publique et sur le durcissement des conditions de levée de la mesure. La mobilisation se diffuse au-delà des acteurs de la psychiatrie ; une pétition a rassemblé 30 000 signatures en quelques semaines.

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lundi, février 28 2011

Entre sanitaire et sécuritaire : le débat sur les soins psychiatriques sans consentement

Photo_Philippe_Pinel_par_fredpanassac_sur_flickr.jpgLe 26 novembre 2010, le Conseil Constitutionnel s’est invité dans le processus de réforme de l’hospitalisation sous contrainte en psychiatrie, qui a déjà fait l’objet de multiples rapports et débats depuis la promulgation même de la loi actuelle du 27 juin 1990 (voir ici, ici et ). Il a en effet jugé que la possibilité de prolonger une hospitalisation à la demande d’un tiers au-delà de 15 jours sans intervention d’un juge, prévue par la loi en vigueur, était contraire à la garantie constitutionnelle de sauvegarde de la liberté individuelle. Depuis plusieurs années, l’éventualité de soumettre à l’autorité judiciaire la décision d’hospitalisation sous contrainte est débattue en France, dans la mesure où il s’agit d’une privation de liberté mais également parce que c’est l'usage dans un grand nombre de pays européens. Dans le cas présent, cependant, la décision du Conseil Constitutionnel a surtout ravivé les discussions ouvertes par la diffusion il y a quelques mois d’un projet de loi « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge ».

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mardi, mars 23 2010

Les psychiatres placés sous surveillance des préfets ?

La circulaire du 11 janvier 2010, cosignée par le ministre de l'Intérieur puis la ministre de la santé (dans cet ordre) et adressée à tous les préfets, met en émoi le monde psychiatrique. Le texte prévoit que lorsque les psychiatres prévoient une "sortie d'essai" des malades hospitalisés d'office, ils devront désormais en passer par les fourches caudines des préfets chargés de "s'assurer de la compatibilité de la mesure avec les impératifs d’ordre et de sécurité publics". La quasi totalité des professionnels de la psychiatrie dénoncent cette emprise des préoccupations sécuritaires. Le tout intervient dans le contexte de préparation d'une révision de la loi de 1990 sur les hospitalisations sans consentement et dans un monde médical encore marqué par le virage sécuritaire amorcé depuis le discours de N. Sarkozy du 2 décembre 2008, prononcé (une fois de plus) dans le contexte d'un fait divers dramatique. A l'époque, ce virage avait suscité une première levée de boucliers. Cette circulaire relance ces débats et ces mobilisations.

Pour aller plus loin :