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mercredi, mars 30 2011

L'image des jeunes des quartiers populaires : le poids des médias

Image_expo_quartiers_sans_cible.jpgLe constat n’est pas nouveau : les Français préfèrent les jeunes qu’ils connaissent à ceux qu’ils ne connaissent pas et se montrent plus sévères à l’égard de ceux issus des quartiers populaires qu’à l’égard de la jeunesse en général. Pour autant, l’ampleur du fossé, sur ce dernier point, atteint une dimension particulièrement préoccupante : si trois Français sur quatre ont une image positive des jeunes en général, ils ne sont plus que deux sur cinq à porter sur les jeunes issus des quartiers populaires un regard positif.
Interrogées sur la raison d’une telle défiance, les personnes sondées soulignent principalement l’image négative de ces jeunes véhiculée par les médias - qui constituent, pour ceux d’entre eux résidant à distance confortable desdits quartiers, la seule source d’information sur le sujet -, ou l’impression selon laquelle ils seraient « tous des délinquants », des drogués, des troubles à l’ordre public.

dimanche, mars 27 2011

L’École de la rénovation urbaine : un nouveau bricolage idéologique ?

Image_cite_par_borix1_sur_flickr.jpgLa politique de rénovation urbaine initiée par Jean-Louis Borloo en 2003 correspond-elle à une rupture dans l’histoire des interventions de l’Etat dans les quartiers populaires et colorés, comme l’ont régulièrement affirmé les promoteurs de cette politique et de nombreux observateurs constituant le « canal historique » de la politique de la ville ? En s’appuyant sur une étude des savoirs dispensés par l’Ecole de la rénovation urbaine (un institut de formation du monde HLM et, au-delà, de tous les professionnels de la démolition-reconstruction des grands ensembles), Claire Carriou et Yankel Fijalkow apportent une réponse négative. Les formateurs de cette Ecole, parmi lesquels on trouve peu d’universitaires mais beaucoup de consultants et experts privés, ne dispensent pas des savoirs univoques sur le plan idéologique. Au contraire, l’Ecole de la rénovation urbaine apparaît comme un creuset dans lequel sont mélangées diverses références et approches, produisant un curieux syncrétisme entre utopies socio-urbaines et souci de rentabilité des investissements fonciers, entre approches managériales et participatives.
L’étude conduit ainsi à réfuter l’idée suivant laquelle la politique de démolition-reconstruction serait guidée par une idéologie claire, en rupture avec les idées et savoirs associés à la politique de la ville. En levant le voile sur un lieu de formation qui n’avait pas été étudié jusqu’à présent, Claire Carriou et Yankel Fijalkow donnent néanmoins à voir un autre registre de transformation, à savoir le rôle déterminant joué par des experts privés dans la formalisation et la diffusion des savoirs et savoir-faire autour desquels s’organise la mise en œuvre de la rénovation urbaine. Et sans doute est-ce de ce côté qu’il faut regarder pour saisir la portée de la réforme conduite par Jean-Louis Borloo en 2003 : l’invention d’une politique d’Etat dont le pilotage est totalement externalisé hors de son appareil administratif.