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lundi, juin 20 2011

Erreurs et contre-vérités : Claude Guéant est déjà en campagne électorale

Photo_Claude_Gueant_lemonde.fr.jpgClaude Guéant était hier soir (19 juin 2011) l'invité de l'émission politique « Dimanche soir politique », partenariat entre France Inter, I-Télé, Le Monde et Dailymotion. Entre autres thèmes évoqués, la politique de sécurité. En quelques minutes, le ministre de l'Intérieur a énoncé trois séries d'affirmations douteuses voire totalement erronées, ce qui pose question.
1- Sur le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité
2- Sur les effectifs de police et de gendarmerie
3- Sur la police de proximité

mercredi, mai 25 2011

Marseille cherche policiers désespérément

Photo_Marseille_Marionzetta.jpgLa ville de Marseille s'apprête à tenir lundi 30 mai un Conseil municipal extraordinaire au cours duquel sera débattue à huis clos la question de la sécurité, en présence des élus mais aussi du préfet des Bouches-du-Rhône, du préfet de police et du procureur de la République. En jeu notamment la question de la présence policière dans les rues et le projet d'installation de 1 000 caméras de vidéosurveillance. Il est probable que certains diront que le second répondra à la première, autrement dit que les caméras permettront de garder des yeux là où les policiers ne les ont plus. C'est le credo du gouvernement et d'une partie des élus marseillais, à droite mais aussi à gauche où l'on pratique apparemment une certaine surenchère sur la sécurité. C'est pourtant une croyance que relativisent fortement les recherches (voir notre dossier).
Quoi qu'il en soit, à quelques jours d'intervalle, en ce mois de mai 2011, trois voix sont venues indiquer que la ville de Marseille comptait de moins en moins de policiers.

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dimanche, avril 17 2011

Les gendarmes n'ont vraiment pas le moral

IMG_2140Les gendarmes, vous savez ? Ces militaires chargés de la sécurité quotidienne de 50 % de la population française répartie sur 95 % du territoire national. Eh bien ils n'ont vraiment pas le moral. Et franchement, on les comprend. Jugez plutôt.
On ne parle pratiquement jamais des gendarmes, qui ne sont pas syndiqués parce qu'ils sont militaires (on appelle bien l'armée « la grande muette »). Et ceci fait bien les affaires du pouvoir politique depuis 2002, car c'est peu de dire que les gendarmes ont avalé depuis cette date une impressionnante série de couleuvres.

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jeudi, février 10 2011

Le monde judiciaire au bord de la crise de nerfs (dossier d'actualité)

Image_justice_en_danger_lemonde.fr.jpgLa déclaration de Nicolas Sarkozy dans l'affaire de Nantes ne constitue pas une première. Elle s’inscrit dans une longue lignée de discours opportunistes réagissant aux faits divers. L’utilisation des magistrats comme boucs émissaires ne peut pas non plus surprendre. Elle trahit cependant une fuite en avant. Coincé entre une politique de sécurité qui enjoint aux policiers de pratiquer la "tolérance zéro", une stratégie médiatique d'affichage d'un volontarisme constant et un refus de toute analyse de fond, le gouvernement actuel a épuisé l’une après l’autre toutes ses cartouches. Le voile se déchire de plus en plus sur l’inefficacité de stratégies de sécurité de court terme et qui n'ont de constance que sur un point : le refus obstiné d’une police proche des citoyens. Les chiffres arrangés et les déclarations martiales se heurtent de plus en plus au scepticisme de tous, y compris et même surtout de policiers et de gendarmes désormais exaspérés et démotivés par la politique du chiffre, la réduction des effectifs et le démantèlement des unités. C'est pourquoi, pour se dédouaner, le pouvoir politique tente à nouveau de dresser policiers et magistrats les uns contre les autres, en reprenant le vieux refrain populiste de la police qui arrête les malfrats et de la justice qui les remet en liberté. Or ce discours est de plus en plus déconnecté de la réalité.

Et aussi :

Policiers, gendarmes, réservistes et miliciens : l'article 37 quater de la LOPPSI 2

Image_citoyen_volontaire.jpgPour compenser la baisse des effectifs dans la police nationale – conséquence de la réforme générale des politiques publiques (RGPP) – la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite LOPPSI 2, en cours d’adoption au parlement, prévoit d’étendre aux citoyens volontaires la réserve civile créée en 2003 pour les retraités de la police nationale. Pour être candidat, il suffira d’être majeur, de nationalité française, et de posséder un casier judiciaire vierge, la sélection se faisant sur dossier. Après une formation sur le tas, ces “réservistes” d’un nouveau type pourront posséder une arme et dresser des PV.
Le syndicat Unité SGP Police-FO se déclare opposé à cette évolution : « ce n’est pas en créant des “miliciens” et en démantelant les CRS que l’on résoudra le problème de la sécurité dans notre pays ». La CGT Police parle également de « milices à l'américaine ».
D’autre part, la LOPPSI 2 étend à la gendarmerie nationale le « service volontaire citoyen » qui existait déjà pour la police nationale. Les “volontaires citoyens” effectueront un travail social.La préfecture de l’Eure en 2010, qui a expérimenté le projet, indique : « Ils seront ainsi amenés à mener des opérations de soutien et de renforcement de l’autorité parentale, à participer à l’accueil et au suivi des victimes, ou à mener des opérations de prévention, de médiation et de pédagogie de la loi dans le cadre de structures scolaires, par exemple. »

mardi, février 8 2011

Les fonctionnaires de justice et de police refusent d'être les boucs-émissaires

Photo_Justice_par_Eric_E._Johnson_sur_flickr.jpgLa mobilisation de toutes les catégories de fonctionnaires de justice et de police ainsi que des avocats est assez impressionnante. C'est une vingtaine d'organisations syndicales, tous métiers et toutes tendances confondues, qui soutiennent un manifeste et une pétition lancés pour refuser d'être les boucs-émissaires du pouvoir politique à la suite d'un nouveau fait divers dramatique. Ces fonctionnaires déclarent qu'ils n'ont plus les moyens de travailler (et notamment d'assurer le suivi des personnes condamnées), ils accusent le gouvernement d’amputer les budgets alloués au recrutement de personnels et au développement des partenariats qui permettaient pourtant la prise en compte individualisée des personnes placées sous main de justice, ils exigent du ministre de la Justice qu’il rende publics les rapports dont il était destinataire au sujet de la situation nantaise. L'ensemble de ces acteurs de la "chaîne pénale" appellent à une journée de manifestation le 10 février.
Le gouvernement dénonce un mouvement "pour une large part orchestrée par des syndicats". C'est un fait, mais qui ne dit rien sur le fond. Or la mobilisation était plus que prévisible tant ont été nombreux les signaux d'alarme envoyés ces derniers mois (voir par exemple notre précédente chronique sur le Livre blanc de l'USM). Nous reviendrons bientôt sur ce sujet, pour en analyser les ressorts profonds.

mardi, février 1 2011

« Ce gouvernement a terriblement besoin de la police » (interview de J-M Berlière)

Photo_CRS_Martin_Le_Roy_flickr.jpgBrice Hortefeux a reculé. Lundi soir, au cours d'une réunion de crise, le ministre de l'Intérieur a promis que les huit compagnies de CRS (sur 61) qui devaient fermer « pour réaliser des économies budgétaires » seraient maintenues. Depuis une semaine, les policiers manifestaient leur inquiétude. Des CRS lyonnais s'étaient mis en arrêt maladiemercredi 26 janvier, imités quelques jours plus tard par une partie de leurs collègues alsaciens. Les CRS marseillais avaient choisi d'entamer une grève de la faim ce week-end et leurs homologues gascons de Lannemezan avaient cessé de dresser des contraventions. Finalement, seuls 280 postes seront redéployés « vers des missions de sécurité publique sur le terrain ». Faut-il s'étonner de ce recul rapide du gouvernement ? La mobilisation de CRS a-t-elle un sens particulier ? Eléments de réponses avec l'historien des polices Jean-Marc BERLIERE, professeur émérite à l'université de Bourgogne et chercheur au CESDIP.

jeudi, décembre 9 2010

Où va le service public de la santé ?

photo_www.lepost.fr.jpgAu lendemain de l’adoption par le Parlement français, le 25 juin 2009, de la loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST), la ministre de la santé Roselyne Bachelot, en visite au CHU d’Angers, affirmait que le système hospitalier « crée de l’emploi ». Et d’ajouter : « En 2008, ce ne sont pas moins de vingt-cinq mille embauches qui ont été réalisées dans les hôpitaux français ». Quinze mois plus tard, le 2 octobre 2010, il a suffi d’un arrêt de travail de trois infirmières pour que l’hôpital Tenon, à Paris, soit contraint de fermer son service des urgences pendant tout le week-end, mettant en grande difficulté les hôpitaux voisins de Saint-Antoine et Saint-Louis, déjà saturés faute de personnel.