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dimanche, février 20 2011

François Fillon et la politique de la ville : de belles paroles...

Image_cite_par_borix1_sur_flickr.jpgLe Premier ministre entend « renforcer la politique de la ville ». Le communiqué de presse diffusé ce 18 février indique qu'« il a réuni le comité interministériel des villes (CIV) afin de définir les orientations politiques qui guident l’action du gouvernement en faveur des habitants des quartiers prioritaires. (...) (il) a arrêté la feuille de route pour les mois à venir de chacun des ministères concernés ». Il s'est voulu volontariste et optimiste : « la situation change et des évolutions très encourageantes méritent d’être soulignées ». Il a annoncé des contrats d'autonomie pour les jeunes, des places en internat ainsi que le lancement de « l’acte II de la rénovation urbaine ».
Faut-il en rire ou en pleurer ? Ces quelques contrats et places en internat sont des gouttes d'eau dans la mer. Pour le reste, le Premier ministre n'a fait que réaffirmer ce qui existe déjà et annoncer sans calendrier des réformes en souffrance depuis des années, à commencer par la géographie de la politique de la ville dont on annonce toujours la révision. Il n'a pas tenu compte des évaluations scientifiques réalisées ces dernières années. Et si l'essentiel des budgets continue à être englouti dans la rénovation urbaine - c'est-à-dire principalement dans le béton -, on peut déjà prévoir que la situation globale des quartiers n'est pas prête de s'arranger.

Actualisation (22 février) : cette opération de communication du Premier ministre a également été critiquée vertement par l’Association des maires de Ville et banlieue ainsi que par l’Association des maires des grandes villes de France.

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jeudi, décembre 23 2010

La situation sociale des "zones urbaines sensibles" ne cesse de se dégrader

Image_rapport_ONZUS.jpg Sans surprise, la rapport 2010 de l'Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles (ONZUS) entérine une nouvelle dégradation de la situation globale de ces quartiers pauvres en France. La crise qui sévit depuis 2008 (pas pour tout le monde cependant) y provoque une augmentation du chômage plus forte qu'ailleurs. Les hommes jeunes, étrangers et d'origines étrangères, sont particulièrement touchés, y compris désormais ceux qui sont diplômés.
Cette situation est certes à mettre en relation avec la crise économique, mais aussi avec les choix qui, depuis la loi de 2003, ont conduit à concentrer l'essentiel des budgets de la politique de la ville sur les programmes de rénovation urbaine. L'emploi est la première clef de l'insertion dans la société et du passage de la jeunesse à l'âge adulte. Avec la réussite scolaire, ceci devrait être la véritable priorité des politiques publiques comme le souligne justement le collectif Banlieues Respect. Or, ce n'est pas le cas. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que les problèmes de délinquance demeurent au moins aussi importants dans ces quartiers pauvres, voire localement de plus en plus importants.

dimanche, décembre 5 2010

Le mauvais bilan de la politique de la ville menée depuis 2003

Photo_La_Villeneuve.jpgLe 21 octobre 2010, a été déposé à l'Assemblée nationale un rapport du comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques sur l’évaluation des aides aux quartiers défavorisés, qui tente d'évaluer l'impact de la politique de la ville depuis l'importante loi du 1er août 2003. Il s'appuie pour cela sur de nombreuses données et observations de terrain ainsi que sur l'apport d'un important travail d'évaluation scientifique mené sur des dispositifs centraux (rénovation urbaine, réussite éducative, zones urbaines franches) par Renaud Epstein (Université de Nantes) et Thomas Kirszbaum (ENS Cachan).
Ce rapport est globalement assez accablant pour la politique menée depuis 2003, en particulier en ce qui concerne le Programme national de rénovation urbaine (PNRU), programme le plus coûteux jamais mis en oeuvre au titre de la politique de la ville.

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