Polices, gendarmerie

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samedi, décembre 15 2018

Gilets Jaune : la B.R.I. nouveau couteau suisse de l’Ordre Public ?

15 12 2018

BRI.jpgIl est curieux que, quelques mois après les commémorations autour de mai 1968, il n’ait pas été retenu grand-chose des témoignages pourtant clairs des acteurs de l’époque. La contestation étudiante avait alors débouché sur un mouvement revendicatif général pour lequel ont été conclu les accords de Grenelle. En cette occasion les C.R.S. sont intervenus pour la première fois dans la capitale en soutien des escadrons de gendarmerie mobile et des compagnies de district parisiennes. Ces trois types d’unité ont des caractéristiques opérationnelles dissemblables qui sont la résultante de leur propre histoire.

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jeudi, novembre 15 2018

Comment faire le maintien de l’ordre dans une démocratie adulte ?

15 11 2018

Maintien_de_l__ordre.jpgDepuis la loi Travail de 2016, les tensions lors des manifestations de voie publique se multiplient. Manifestations interdites, augmentation des blessés parmi les forces de l’ordre et les manifestants, volonté politique répressive : de plus en plus de citoyens dénoncent la gestion peu démocratique de ces événements, tandis que les forces de l’ordre font régulièrement part de leur désarroi et de leur épuisement. Le « maintien de l’ordre à la française » ne parviendrait donc plus à garantir les libertés publiques. Cette exigence démocratique doit guider une profonde réforme du maintien de l’ordre français, comme le proposent Guillaume Farde et Francis Delcourt.

Photo : leplus.nouvelobs.com

mardi, septembre 18 2018

La police et les indésirables

18 09 2018

Policiers_dans_un_quartier.jpgEn décembre 2015, dix-huit adolescents et jeunes adultes du 12e arrondissement de Paris déposaient une plainte pénale collective à l’encontre de onze policiers d’une même brigade : le Groupe de Soutien de Quartier (GSQ), surnommé la « brigade des Tigres » du fait de son écusson. Les plaignants reprochaient aux policiers des violences physiques, des attouchements sexuels, des arrestations arbitraires, des destructions de biens et des injures racistes, à l’occasion de contrôles d’identité.
La plainte a donné lieu à une enquête qui n’a pas seulement porté sur les faits dénoncés mais a également interrogé les pratiques quotidiennes de cette brigade, et les instructions qui lui étaient données. Au delà des faits de violence, l’enquête de la police des polices a révélé une pratique policière jusqu’ici peu connue, que les policiers appellent le « contrôle-éviction ». Il s’agit de contrôles d’identité dont l’objectif est de faire quitter les lieux à des personnes considérées comme « indésirables », même en l’absence d’infraction.

Photo : ladepeche.fr

mardi, août 21 2018

Contrebande : les coups fumeux des douanes

21 08 2018

Saisie_cigarettes_de_contrebande.jpgLibération révèle comment la haute hiérarchie des douanes a utilisé les services d’un trafiquant pour importer des centaines de tonnes de cigarettes de contrebande afin de gonfler ses chiffres de saisie.
Pendant des années, il a permis à la douane de réaliser ses plus belles affaires. Zoran P., 52 ans, est considéré comme un des meilleurs indics de l’histoire de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). Grâce à lui, ce service a saisi des dizaines de tonnes de contrefaçons, médicaments, café, armes et surtout cigarettes. Mais en contrepartie, il était autorisé à faire passer ses propres cargaisons sans jamais être inquiété. Un système couvert et encouragé par la plus haute hiérarchie du renseignement douanier.

Photo : liberation.fr

samedi, août 18 2018

Les tirs de policiers en forte augmentation en France

18 08 2018

Police_nationale_augmentation_tirs.jpgLa police n’a jamais autant ouvert le feu en France. Ces tirs interviennent souvent dans le contexte de contrôles routiers tendus marqués par le « refus d’obtempérer » du conducteur.
Le dernier rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pointe une forte hausse l’année dernière. Soit environ 400 tirs, représentant une augmentation de… 54 % par rapport à 2016. La police des polices est alors systématiquement saisie, que l’ouverture du feu semble légitime ou non. Cette tendance correspond à l’application d’une nouvelle loi en février 2017. Celle-ci a élargi les règles de la légitime défense notamment dans un but de meilleure prévention du terrorisme. Depuis, les policiers peuvent faire usage de leur arme sans risquer d’être sanctionnés, en particulier en cas de la présence d’un véhicule « dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ».

Photo : leparisien.fr

jeudi, août 16 2018

La police parisienne de Ben Barka à Benalla, petit mémo de la brigade des coups tordus

16 08 2018

Le gros de l’orage médiatique estival est passé, le Président de la République est en vacances dans un des Palais mis à disposition en bord de mer avec une lourde et couteuse logistique républicaine, mais c’est ainsi. Le faste présidentiel a toujours cours même si ce président mène une large réflexion sur les économies budgétaires à réaliser en matière de fonction publique.
Monsieur Benalla pour sa part doit passer des vacances à préparer des CV en vue de son inscription à Pôle emploi car pour lui, il semble que la vie de « château » soit terminée.

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mercredi, juin 27 2018

Le recours aux armes à feu par les policiers augmente fortement en France

27 06 2018

Arme_de_policier.jpgDans son rapport annuel, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) constate une forte hausse du recours aux armes à feu chez les policiers en 2017 (+ 54 %). En outre, pour la première fois, l'institution publie le chiffre du nombre de morts et de blessés par les policiers sur un an, soit : 14 décès et une centaine de blessés.
Cette augmentation des tirs semble liée à la loi anti-terroriste entrée en vigueur en février 2017, qui a élargi les règles de la légitime défense. Les policiers peuvent depuis faire usage de leur arme sans risquer d’être sanctionnés, en particulier en cas de véhicule « dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ». Ce point de la loi avait été particulièrement débattu, de crainte qu’il n’engendre une multiplication de l’usage des armes...

Photo : lemonde.fr

samedi, avril 7 2018

La fiche S et la prévention du terrorisme

7 04 2018

Après chaque acte terroriste, c’est un leitmotiv : les services de renseignement ont-ils commis une boulette en laissant dans la nature un individu faisant l’objet d’une fiche S ? Selon un sondage récent, les Français pensent que oui, puisqu’une très large majorité se déclare favorable à l’expulsion des étrangers fichés et à l’incarcération préventive des plus dangereux. Étant donné que cette fiche est rédigée à l’initiative des services du ministère de l’Intérieur, nous serions donc 87 % à accepter qu’un service de police décide unilatéralement de l’emprisonnement d’une personne, un peu comme le faisait le KGB au temps de l’Union soviétique ou les services secrets grecs sous la dictature des colonels.

mardi, février 27 2018

Relations police/population : la France parmi les plus mauvais élèves d'Europe

27 02 2018

FRANCE-POLICE-METRO-TRANSPORT-PATROL-SECURITY-BRFLa France est assez mal placée en Europe. Lorsque l’on compare le degré de confiance accordé à la police, nous sommes dans le tiers inférieur de l’Union européenne à 27.
On retrouve chez nous sans surprise les deux faiblesses que j’évoquais : un ciblage excessif des minorités, ethniques notamment, dont il est en outre plus difficile de débattre qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, par exemple ; et, d’autre part, des modalités d’intervention plus autoritaires. La comparaison entre la France et l’Allemagne est éclairante à cet égard. Nos agents baignent dans une culture fondée sur le principe « force doit rester à la loi », tandis que les Allemands communiquent davantage lors de leurs interventions.

Photo : lejournal.cnrs.fr

samedi, février 17 2018

Police : questions sensibles

17 02 2018

Police_questions_sensibles.jpgOrdre public, manifestations, banlieues, contrôles d’identité : la police se trouve au cœur de la question sociale. Instrument du pouvoir étatique et institution en quête d’autonomie, elle contribue à la fabrication du politique. Cet ouvrage actualise à la lumière de recherches récentes en sciences sociales le lien entre police, société et politique. Depuis une dizaine d’années, des questionnements originaux ont renouvelé la compréhension des ressorts de l’action policière et de ses liens avec la société civile et le champ politique, en France et ailleurs. Les textes rassemblés dans cet ouvrage reviennent sur la légitimité policière, sur les doctrines du maintien de l’ordre, sur le combat judiciaire autour des contrôles au faciès, sur l’utilisation de la police en banlieue, sur les legs coloniaux ainsi que sur les dimensions genrées de l’action policière. Ce recueil offre ainsi un regard original sur les évolutions des pratiques policières ainsi que sur les enjeux sociétaux et politiques autour de la question policière.

mercredi, février 14 2018

La Police de sécurité du quotidien : nouvelle recette ou plat réchauffé ?

14 02 2018

Conf_de_presse_PSQ_8_fevrier_2018.jpgHéritière d’une police de proximité décriée et supprimée en 2003, la police de sécurité du quotidien voulue par Emmanuel Macron réussira-t-elle à combler le fossé croissant qui sépare la police de la population ? Saura-t-elle répondre à la demande de proximité exprimée depuis de nombreuses années et avec force par les élus locaux ? A l’occasion d’une cérémonie en grande pompe organisée le 8 février à l’Ecole militaire à Paris, en présence d’un aréopage de hauts-fonctionnaires et de gradés de la police et de la gendarmerie nationale, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a levé le voile sur les contours de cette ambitieuse « PSQ », qui sera accompagnée au printemps d’une réforme, elle aussi sensible, des procédures pénales.

vendredi, janvier 5 2018

Champigny ou le niveau zéro de la relation police population

5 01 2018

Controle_de_police_vehicule.jpgLa mission de police c’est la paix, donc l’antithèse de la mission de guerre. Pourtant depuis qu’en 2007 un responsable politique s’est fait élire sur la thématique de sécurité en jouant sur les peurs d’une opinion publique manipulée, le pouvoir exécutif n’a pas varié sa stratégie de valorisation de la police offensive.
Le travail de sape de la propagande a débuté en 2002 après le second tour de l’élection présidentielle. Il fallait alors passer le « karcher » dans les quartiers et il était nécessaire de mettre les policiers au travail en modifiant radicalement leur évaluation. Jusque-là le policier était jugé sur sa capacité de gestion en matière de paix publique il fallait désormais qu’il devienne un producteur « d’affaires ».

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jeudi, décembre 28 2017

Budget des forces de sécurité intérieure : à quand une loi de programmation ?

28 12 2017

Sisyphe_et_son_rocher.jpgA considérer que la condition humaine serait une série de cycles insensés, la condamnation de Sisyphe à porter éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, sans autre but que de le contempler la dévaler avant que ne recommence la même éprouvante ascension, fait de ce mythe une métaphore presque indépassable de la démotivation par la prise de conscience de l’absurdité de l’existence.
Dans la mesure où, depuis quinze ans, la trajectoire budgétaire du ministère de l’Intérieur alterne les phases d’accélération et de décélération, la comparaison avec le héros mythologique s’impose. Depuis 2002 en effet, le passage du rabot comptable succède aux augmentations budgétaires avant que l’allocation de nouveaux crédits n’en annule partiellement les effets... jusqu’à la coupe claire suivante.

Illustration : absurde.over-blog.net

vendredi, décembre 1 2017

Contours et positionnement d’une forme hybride de policing résidentiel

1 12 2017

GPIS_2.jpgLe Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance (GPIS) patrouille la nuit dans les parties communes de 500 résidences d’habitat social dans l’objectif d’y maintenir la tranquillité. Financièrement soutenue par la ville de Paris, c’est une structure hybride qui associe douze organismes HLM et relève du cadre réglementaire des activités privées de sécurité. Vue d’ensemble sur un dispositif unique en son genre dans le contexte français, révélateur d’un mouvement de pluralisation du policing auquel Paris n’échappe pas.

Photo : iau-idf.fr

mardi, septembre 5 2017

L’éclatement du dispositif de maintien de l’ordre

5 09 2017

CRS_manifestation_2017.jpgActuellement du côté du Ministère de l’Intérieur se joue la mise en place de dispositifs stratégiques qui visent moins à assurer une meilleure sécurité des Français qu’à préserver le pré carré d’une hiérarchie surdimensionnée et assurer au pouvoir exécutif une image de réussite. En effet depuis une trentaine d’années les diverses crises en matière de sécurité ont positionné une certaine technocratie de la sécurité qui vit très confortablement les évènements. Par ailleurs nombre de pouvoirs exécutifs se sont cassé les dents sur le dossier sécurité tant ils ont donné une vision idéologique de la sécurité au détriment d’une rationalité permettant la mise en place de solutions logiques.
Ainsi pour élaborer les vraies visions stratégiques il faudrait faire abstraction des enjeux catégoriels et éviter la manipulation de l’opinion publique. Pourtant les chantiers sont nombreux et urgents : police du quotidien, terrorisme, politique des drogues, etc. Mais au-delà de ces enjeux il en est un qui passe totalement inaperçu pour l’heure c’est l’ordre public.

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