Terrorisme

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mardi, janvier 28 2020

Le terrorisme islamiste recule, celui d'extrême droite explose

28 01 2020

Global_Terrorism_Index.pngL’Institute for Economics and Peace (IEP) a publié fin novembre 2019 son Global Terrorism Index, rapport annuel recensant le nombre d'attaques et de décès liés au terrorisme dans le monde. Pour la quatrième année consécutive, les chiffres s'améliorent, avec une baisse de 15,2 % du nombre de morts en 2018 par rapport à 2017, soit un peu moins de 16 000 tués. Dans ce macabre décompte, l’Afghanistan paie le plus lourd tribu avec 7 359 morts dans 1 443 attaques. Ce faisant, les Talibans sont devenus le groupe terroriste le plus meurtrier au monde devant État Islamique.
L'Europe a enregistré une baisse de 70 % du nombre de morts avec un bilan de 62 tués en 2018 contre 200 en 2017 mais subit, comme l'Amérique du Nord et l'Océanie, une très forte hausse du terrorisme d'extrême droite (+320 % d'attaques sur les cinq dernières années).

mardi, décembre 10 2019

Sous la carapace idéologique, les troubles psy des terroristes solitaires

10 12 2019

Les « terroristes acteurs solitaires » (lone actor terrorists) sont devenus le cauchemar des services de renseignements.
Nos travaux sur le terrorisme nous ont amenés à reconsidérer la question du « loup solitaire » auquel nous préférons le terme « terroriste acteur solitaire » (TAS). C’est à travers le profil psychologique de ces individus que nous avons cherché à comprendre leur passage à l’acte. Car sous leur carapace idéologique, très logiquement exprimée, qui peut aveugler les interlocuteurs (experts, enquêteurs ou chercheurs), les acteurs solitaires ont des troubles psychiques importants, apparus plus ou moins tôt et parfois mal diagnostiqués.
L’expression « loup solitaire » remonte à une stratégie d’abord prônée par des suprémacistes blancs américains Alex Curtis et Tom Metzger et fut ensuite largement encouragée par des groupes terroristes comme Al Qaïda et Daech. Si la notion est devenue un véritable « buzz politico-médiatique » depuis l’attentat commis par Mohammed Merah en 2012, elle a été cependant assez mal interprétée ou comprise en France. Comme le soulignait récemment le chercheur Nicolas Lebourg, ces individus ne sont pas complètement détachés de tout contact avec une organisation terroriste ou un environnement radical.

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lundi, janvier 14 2019

Une histoire de l'internationale Jihadiste

14 01 2019

Livre_Arielli.jpgDans un entretien à Libération, Olivier Roy constatait que, aujourd’hui, «Le Jihad est la seule cause sur le marché» (03.10.2014). Un peu sur le même mode, le romancier Hanif Kureishi avait déjà remarqué presque vingt ans avant dans une interview à Newsweek (29.05.1995) : «J’ai vu un changement considérable. Quand moi j’étais étudiant il y a vingt ans, on était tous plus ou moins gauchistes. La chute du mur de Berlin a rendu cela impossible. Par conséquent, beaucoup de jeunes se tournent vers la religion».
Che Guevara, Lafayette, Orwell, Garibaldi, Bin Laden, le poète anglais Lord Byron et le général irlandais O’Duffy : qu’est-ce donc que cet inventaire à la Prévert qui fait fi de la chronologie la plus élémentaire ? La réponse est que toutes ces personnes se sont portées volontaires pour combattre sur des théâtres nationaux en dehors et déconnectés de, voire contre, leur pays de naissance. L’historien Nir Arielli (université de Leeds) s’attèle à une tâche particulièrement ardue dans cet ouvrage : quels sont les logiques, mécanismes, points communs et contrastes qui ont présidé, depuis la révolution française, au choix individuel opéré par des milliers d’anonymes et des douzaines de figures célèbres d’aller combattre à l’étranger pour une cause qui leur est chère ?

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dimanche, juin 3 2018

Les djihadistes de France face à la justice

3 06 2018

sas_prison.jpgCette étude, réalisée à partir de sources judiciaires originales, analyse les profils et les parcours de 137 individus condamnés en France dans des affaires de djihadisme. Il en ressort que ces individus se distinguent par un niveau d’éducation et une intégration professionnelle plus faibles, un degré de pauvreté plus important, un engagement dans la criminalité plus élevé et un rapport plus étroit au Maghreb et à l’Afrique subsaharienne que la moyenne de la population.
Au-delà des chiffres, une analyse qualitative permet de mieux comprendre les processus de radicalisation et de basculement dans le terrorisme. Les rôles joués par les dynamiques de groupe, Internet ou encore la prison sont détaillés. Cette étude permet également de mettre en lumière la manière dont le phénomène djihadiste pèse sur les administrations judiciaire et pénitentiaire.

vendredi, novembre 17 2017

Des clés pour comprendre le parcours des djihadistes

17 11 2017

Couverture_livre_van_campenhoudt.jpgLe terrorisme djihadiste en Europe occidentale est principalement le fait de jeunes européens. Comment certains d’entre eux en arrivent-ils à commettre des attentats-suicides et à se retourner contre la société dans laquelle ils ont grandi ? Comment en sont-ils arrivés là ? Pour répondre à ces questions, Luc Van Campenhoudt, sociologue belge qui a travaillé sur la déviance et la transgression, sur l’insécurité, ainsi que sur le pouvoir dans les réseaux, décrypte dans un style clair et à l’aide de nombreux exemples comment s’opèrent la mobilisation et la radicalisation de ces jeunes. C’est en réalité l’enchaînement de processus relativement banals qui les conduit à commettre ces actes terrifiants.

mercredi, octobre 25 2017

"Loyautés radicales" : quoi de neuf sur le front de l'analyse ?

25 10 2017

Loyautes_radicales.JPGLe dernier livre de Fabien Truong est agréable à lire (Loyautés radicales. L'islam et les "mauvais garçons" de la nation). L'auteur écrit clairement et son enquête de terrain lui permet de mettre en scène des personnages et de citer de nombreux extraits de conversations et récits de situations, tout cela donnant un tour concret et vivant au propos sociologique. Ces personnages sont au nombre de cinq réels auxquels s'ajoute un virtuel : le tristement célèbre Amédy Coulibaly. C'est bien évidemment l'ombre de ce terroriste bien connu (il fut l'un des auteurs des attentats de janvier 2015 et a tué cinq personnes) qui plane sur le livre, qui justifie son titre et son positionnement dans le champ des travaux sur la radicalité, le djihadisme et le terrorisme. Mais suffit-il d'évoquer le souvenir de ce terroriste dans des conversations avec des personnes qui l'ont connu quelques années auparavant pour nous apprendre des choses importantes sur lui ou nous faire comprendre les mécanismes de la radicalisation violente ?

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mercredi, septembre 27 2017

Pourquoi l'Etat islamique épargne t-il l'Italie ?

27 09 2017

drapeau_italien.jpgCe n’est pas la première fois que quelqu’un soupçonne que l’Italie soie restée à l’abri d’attentats terroristes «grâce» à la mafia. Il y a quelques années, quelques reporters avait affirmé avoir vu des personnages liés à la mafia napolitaine qui jouaient les intermédiaires dans le trafic d’armements en échange de drogues et autres marchandises ou services tels l’élimination de déchets toxiques, pratiquée par la camorra et la 'ndrangheta depuis longtemps.
Mais, maintenant, c’est l’ex-procureur de la Direction Nationale Antimafia qui le dit, un peu fâché parce qu’il y a plusieurs années il avait affirmé que la capitale de la 'ndrangheta, devenue la plus puissante mafia italienne et européenne, était Milan et pas la Calabre.

samedi, septembre 16 2017

La Commonwealth Bank of Australia viole les lois sur le financement du terrorisme

16 09 2017

Commonwealth_bank_of_australia.jpgLa plus grande banque australienne, assignée en justice pour violation des lois sur le financement du terrorisme, n’a pas non plus surveillé correctement ses transactions internationales et risque les foudres des régulateurs étrangers, selon un rapport interne révélé vendredi 1er septembre par Sky News Australia.
Elle a été assignée par le service du renseignement financier Austrac devant la Cour fédérale, accusée d’avoir contrevenu 53 700 fois aux lois sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, en particulier avec ses automates de dépôts d’espèces.

lundi, septembre 4 2017

Psychiatrie et terrorisme : quand les patients miment les symptômes d’une société

4 09 2017

La_pizzeria_de_Sept-Sorts_aout_2017.jpgLes propos tenus au cours d’un délire sont généralement oubliés par le patient comme par son entourage, ou au moins vus avec du recul après un traitement adéquat des troubles. Il peut sembler inutile, dès lors que les symptômes ont disparu, de stigmatiser un patient qui n’est pas responsable des propos tenus avant sa prise en charge. De même que la place d’un malade psychiatrique qui commet un acte répréhensible grave est à l’hôpital et non en prison., il serait illogique de ficher S tous les patients psychiatriques dont le délire fait écho de près ou de loin aux attentats terroristes. Si les patients font preuve de mimétisme vis-à-vis de ces actions violentes, c’est aussi sans doute parce que notre société hyperconnectée déverse sans filtre sur les citoyens les images de chaque nouveau fait divers, rapporté dans l’immédiateté.

Photo : theconversation.com

vendredi, septembre 1 2017

Radicalisation : des chercheurs démontent les idées reçues

1 09 2017

Rapport_radicalisation_aout_2017.jpgLes chercheurs constatent que, s’il n’y a pas de profil type de djihadiste, certains points communs peuvent être trouvés. Ils analysent ainsi le parcours de treize personnes condamnées pour des faits de terrorisme. Leur échantillon est composé d’hommes jeunes, « provenant des classes sociales populaires, voire moyennes, ayant poursuivi des études plutôt courtes mais a priori suffisantes pour s’insérer sur le marché du travail ».
Cette étude leur permet ainsi de revenir sur certaines idées reçues. Les acteurs djihadistes ne sont donc, selon eux, « ni fous ni ignares ». Le passage par la délinquance n’est en outre « nullement obligé pour une carrière djihadiste ». La majorité des personnes interrogées a cependant connu « des parcours familiaux dysfonctionnels et déstructurés assez marqués (absence du père, placements en foyer, violences subies) ».

jeudi, août 31 2017

Après Daech, quel accueil pour les mères et les enfants revenants ?

31 08 2017

Manifestation_hostile_a_l__ouverture_d__un_centre_de_deradicalisation_fevrier_2017.jpgL’Europe comptait, début 2017, 2 500 djihadistes en Syrie et en Irak. Près de 700 Français et 500 Belges combattaient alors encore pour Daech. Après les défaites importantes sur le terrain militaire, la question du retour des familles combattantes est un défi politique, policier, juridique, mais aussi éthique, philosophique et éducatif.
Elles s’appellent Marie, Sonia, Henda, Sophie, Laura ou Julie. Musulmanes de naissance ou converties, portant le voile ou ne le portant pas, elles sont par dizaines déjà de retour dans leurs villes, dans leurs familles ou dans des lieux différents, parfois encore dans des camps de réfugiés ou sous la protection des ONG, espérant une solution. Les mères et les enfants français ayant vécu l’horreur sont de retour. Que faire ?

Photo : theconversation.com

mercredi, août 30 2017

Après les attentats, l’Union européenne de la sécurité à marche forcée

30 08 2017

Drapeau_en_berne__le_18_aout_2017_a_Madrid.jpgLes attaques, comme celles de Barcelone, entraînent, dans le microcosme médiatique français, des réactions sur le rôle que l’Europe doit jouer. Il faut l’avouer : certaines solutions préconisées laissent songeurs, car elles ne prennent pas véritablement en compte la réalité des progrès récents effectués en matière d’antiterroriste. Plusieurs pistes avancées se révèlent purement et simplement obsolètes, au regard des avancées majeures de ces derniers mois dans l’édification d’une Europe de la sécurité. Alors que la lutte antiterroriste relève traditionnellement des États au nom d’une sécurité entendue comme prérogative strictement nationale, il faut noter que l’UE est désormais un acteur « qui compte » dans le domaine de la gestion des menaces transnationales.

Photo : theconversation.com

mardi, juin 27 2017

Quand la guerre contre le terrorisme menace les libertés démocratiques : leçons américaines

27 06 2017

Livre_Owen_Fiss.jpgAu cours des derniers mois, le Parlement français a voté une série de projets de loi venant renforcer l’arsenal juridique dont dispose le gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme. Ces projets comportent des mesures que le législateur considère nécessaires pour contrer une menace terroriste grandissante, tant au niveau national que global. La situation française, qui mélange hypertrophie législative et réduction substantielle des droits fondamentaux, rappelle celle que les Américains ont vécue après le 11 septembre 2001, quand le Congrès s’est aligné sur l’Administration Bush pour adopter rapidement des mesures antiterroristes contraignantes. Aux États-Unis, ces mesures ont fait l’objet d’un long débat dont les développements récents continuent à surprendre. Owen Fiss, professeur de droit à Yale Law School, a déployé une réflexion abondante sur la question de la conformité des mesures antiterroristes aux différentes normes juridiques, et notamment à la Constitution américaine.

samedi, juin 3 2017

Après Manchester, arrêtons d’accuser les modèles d’intégration

3 06 2017

manchester_mosque.jpgIl y a fort à parier que l’horrible attentat de Manchester va inviter certains à réactiver ces oppositions manichéennes, comme à l’occasion des attentats de Londres de 2005. Il y a douze ans, les dithyrambes sur l’idéal républicain faisaient un repoussoir mortifère du «Londonistan», expression d’ailleurs inventée par un journaliste français au milieu des années 90. Las ! Quelques mois plus tard, des journalistes et politiques britanniques pouvaient légitimement se gausser du modèle républicain français alors que les banlieues brûlaient aux quatre coins du pays et que Jacques Chirac introduisait l’état d’urgence.
Le multiculturalisme britannique n’est une cause centrale ni des attentats de 2005 à Londres ni de ceux qui viennent de survenir à Manchester.

Photo : liberation.fr

mardi, mai 23 2017

Un bilan des attentats liés au contexte syro-irakien dans les pays occidentaux

23 05 2017

Bouquets_de_fleurs_lieu_attentat.jpgLe Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT) dresse le bilan chiffré des attentats et des tentatives d'attentats entre 2013 et 2016 en Europe occidentale, en Australie, aux États-Unis et au Canada, qu'il décline selon plusieurs indicateurs : leur nombre, leur fréquence, le nombre et les caractéristiques des personnes impliquées (sexe, âge, nationalité, parcours djihadiste – passées ou non par la Syrie, velléités de départ vers ce pays), le mode opératoire, le type de cibles (militaires, forces de l’ordre, communautés confessionnelles, touristes…) ou, au contraire, l’indiscrimination des attaques. En conclusion, les auteurs font le constat de la capacité pérenne de l’EI à « inspirer » et à mobiliser, depuis son territoire menacé, ses membres ou de simples sympathisants (comme ce fut le cas pour les attentats de San Bernadino et de Nice) en Occident (vu dans la revue du CREOGN).

Photo : lindependant.fr

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