Le député Alphonse Baudin est mort sur une barricade le 3 décembre 1851 en s'opposant au coup d’État de Louis Bonaparte. Avec un « mot sublime » lancé à des parisiens refusant de rejoindre des parlementaires dont l’indemnité législative était très impopulaire : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ». Sa dépouille repose au Panthéon, avec celles de ses amis Victor Hugo et Victor Schoelcher.
Le temps des héros est certes terminé depuis longtemps. Mais comment qualifier celui que nous vivons ? Jusqu'où régresserons-nous ? Il fut un temps encore pas très éloigné où les ministres démissionnaient lorsqu'ils étaient condamnés par la justice, et même simplement lorsqu'ils étaient mis en cause dans une procédure judiciaire, ou encore lorsqu'un journal démontrait que le "serviteur de l'Etat" s'était en réalité servi pour lui-même dans la caisse.
Il fut aussi un temps pas très éloigné où l'on pouvait tourner publiquement en dérision l'appât du gain, la malhonnêteté, l'infidélité, le manque de parole, le manque de courage ou le manque d'honneur de certains de nos dirigeants. En ce temps là, la caricature et la satire étaient conçues comme une liberté fondamentale, une des caractéristiques de la démocratie, comme par ailleurs l'indépendance de la justice et l'indépendance de la presse, qui ne se portent pas mieux.
On dit que la démocratie fut inventée en Grèce antique. Au Vème siècle avant notre ère, il n'y avait ni radio, ni télé ni presse écrite. La satire politique s'exprimait au théâtre. Le plus célèbre des écrivains de pièces satiriques politiques du "siècle de Périclès" fut sans doute Aristophane. Et le recul progressif de la liberté satirique, que vécut Aristophane, fut l'un des indices de la décadence de la démocratie grecque.