Image_ballon_de_foot_coupe_du_monde_2010.jpgContre le Brésil en finale de la Coupe du monde 1998, les deux coups de tête victorieux de Zidane étaient français, marseillais et populaires, des buts « black-blanc-beur ». Le Pen était alors bien ridicule et bien raciste à dire qu’il n’y avait pas assez de blancs dans cette équipe. Contre l’Italie en finale en 2006, c’était un coup de tête Kabyle, un coup de tête de cités, pour l’honneur. Mais on excusait le moment de faiblesse du héros national. En 2010 en revanche, aucune pitié, c’est l’hallali et ce sont des analyses qui finalement se rapprochent de celles du Le Pen de tout à l’heure.
Alain Finkielkraut, figure de l’intelligentsia néoconservatrice parisienne, voit dans la déroute morale et humaine de l’équipe de France de football, le résultat d’une « division ethnique » et « religieuse », la conséquence de la présence et de l’action négative d’une « équipe de voyous qui ne connaît qu’une seule morale : celle de la mafia », d’une « génération caillera », « de gens qui se foutent de la France ». Et ses propos ne sont pas isolés. Sous des formes plus « soft », ces questions font en réalité le tour des rédactions de presse ces derniers jours. Nous-mêmes avons été sollicités à plusieurs reprises pour nous prononcer sur la dimension raciale et sur le côté « racaille de banlieues » des problèmes de l’équipe de France. Et nous sommes proprement scandalisés par ce pseudo-débat, qui menace de ridiculiser notre pays bien plus que le comportement des joueurs sur le terrain.