Dans les deux cas aborder la place des parents à l’école sous le seul prisme de la délinquance est par trop réducteur. Et ce quand bien même la loi du 5 mars 2007 a-t-elle modifié l’article L121-1 du Code de l’Education pour préciser que les établissements scolaires ont désormais parmi leur mission de participer « à la prévention de la délinquance ». Du coup la publication récente d’un guide à destination des professionnels de l’Education nationale sur l’exercice de l’autorité parentale en milieu scolaire est une initiative à saluer. Elle se rapproche dans l’esprit de la recommandation de l’ANESM sur l’autorité parentale dans le cadre du placement d’enfant en danger. Il faut dire que malgré les textes de 1994 (voir ici), de 1999 (voir ici) ou de 2006 (voir ici), rappelant à chaque fois les règles et précautions de base en matière d’autorité parentale, les pratiques sont restées souvent juridiquement discutables.
Peut-on encore en 2011 faire remplir des formulaires où il est fait la mention suivante : « le représentant légal » ? Peut-on encore faire signer des autorisations de soins au moment de l’inscription scolaire après la réforme du Code de santé publique de 2002 ? Peut-on confondre encore le retrait de l’autorité parentale et l’exercice unilatéral lorsqu’il s’agit d’adresser résultats scolaires et décisions d’orientation ? L’éducation nationale a, à sa décharge, été confrontée à une série d’évolutions de la parentalité à laquelle la formation des professionnels n’a pas toujours répondu. Taux de divorce, famille recomposée ou monoparentale, taux d’enfants nés hors mariage, revendication des pères, place des beaux-parents, spécificités de la famille étrangère sont autant de questions complexes (voir ici).
Certes aucun guide, aucune circulaire, ne peuvent suffire à eux seuls à remettre le droit à une juste place dans la relation école-parents. Surtout lorsque des plis sont pris depuis si longtemps. De la même manière l’extension du dispositif « mallette des parents » par une récente circulaire et la désignation d’un référent « parents d'élèves » dans chaque académie ne seront que des gadgets si cette question n’est pas investie par l’ensemble de la communauté éducative. Pour autant ces outils font de la pédagogie –à destination des parents ou des enseignants- un levier vers un meilleur exercice de la fonction parentale. Là où d’autres font de la contrainte et de la sanction les seules réponses.