Photo_paul_nine-o_flickr.jpgLa délinquance des jeunes est depuis une quinzaine d’années sous le feu croisé des médias, des experts et des élites politiques. Cible privilégiée de ces attaques, le modèle protectionniste réglementant la justice des mineurs est l’objet de remises en cause répétées. Les rapports préconisant sa refonte se multiplient , les lois systématisant la réponse pénale à la délinquance juvénile s’empilent – pas moins de 8 ont été votées depuis 2002 - durcissant toujours plus le droit pénal des mineurs et l’alignant progressivement sur celui des adultes. A ces remises en cause législatives s’ajoutent les tensions croissantes entre les jeunes et les forces de police, aggravées par la suppression de fait de la police de proximité. Elles se traduisent par une progression du nombre de mineurs condamnés pour outrage ou rébellion contre des personnes dépositaires de l’autorité publique qui fait plus que doubler en moins de 10 ans.
Enième offensive en date, le parti présidentiel a proposé lors de sa dernière convention, de remplacer l’ordonnance du 2 février 1945 par un code pénal des mineurs – reprenant un projet annoncé par l’ancienne Garde des Sceaux au printemps 2009 - et d’abaisser à 12 ans (contre 13) l’âge de la responsabilité pénale. Ce dernier projet de réforme, tout comme les précédents, est justifié par la nécessité « d’adapter la justice des mineurs aux nouveaux phénomènes de délinquance et de lutter contre le sentiment d’impunité ». Ces idées circulant en boucle dans les médias, la littérature sécuritaire et les discours politiques, ont fini par s’imposer sur le mode de l’évidence. Mais qu’en est-il dans les faits ?

Illustration : paul nine-o - flickr - licence cc