Logo_Le_Monde.jpgNos concitoyens n'ont jamais autant entendu parler de la criminologie que ces dernières semaines, pour deux raisons totalement différentes qui pourtant se rejoignent.
D'un côté, l'hypermédiatisation de l'affaire Merah à Toulouse a mis en scène des commentateurs présentés comme des "criminologues". Sur les plateaux de radio et de télévision, quelques personnes (toujours les mêmes) sont venues parler tour à tour de ce "loup solitaire", ce "tueur de masse", ce "fou de Dieu", avant qu'il ne devienne parfois le "soldat d'une organisation"...
Tous les archétypes ont été doctement exposés à propos du tueur, mettant quelques formules d'allure savante sur des idées du sens commun. Le succès de ces "criminologues" tient surtout au fait qu'ils contribuent à la mise en spectacle de l'événement et à son commentaire en direct. Leur présence donne l'illusion d'un "décryptage" scientifique. Le tout s'appuie sur l'imaginaire du "criminologue-agent du FBI", popularisé ces dernières années par les séries télévisées américaines (Les Experts) et le cinéma hollywoodien (Le Silence des agneaux). Incontestablement, se dire "criminologue" à la télévision, cela fait sérieux.