Il n’y a ni fatalité, ni malédiction, ni processus irrationnel en action dans les quartiers nord de Marseille qui explique les « flambées de violences » récurrentes que la cité phocéenne essuie à intervalles réguliers. Il y a au contraire une logique économique et politique implacable qui régit ce macabre théâtre des opérations : la logique économique est semblable à celle qui régule le « marché », il s’agit d’une compétition à mort qui a pour but de conquérir des parts de marché et le contrôle des points de vente. A l’image des traders, des fonds de pensions et autres agences de notations, sinistres ambassadeurs de la dérégulation des échanges et de la "subjugation" des peuples, les cartels de la drogue des quartiers nord se sont, tout comme leurs modèles précédemment cités, affranchis des règles de la morale la plus élémentaire de vie en société. La fin (ou la faim) justifiant tous les moyens. Apparemment la cupidité sans limite, l’ambition et le goût obsessionnel du pouvoir de ces petits groupes revêt avec appétence les uniformes de la brutalité. Une brutalité bestiale, préhistorique ou post-apocalyptique. Une brutalité qui réduit les relations sociales à la loi du plus fort, du plus inconscient…du plus fou.