hotel_social.jpgEn Île-de-France, de plus en plus de « familles » vivent dans des « hôtels sociaux ». Ces familles sont hébergées, à défaut de logement ou de centres spécialisés, soit par des organismes s’occupant, au titre des missions de l’État, de l’accueil des sans-domicile ou des demandeurs d’asile, soit par les conseils généraux, en vertu de la protection de l’enfance. Elles représentent une part croissante de la population comptabilisable comme sans logement.
Mais en quoi consiste exactement un « hôtel social » ? Est-ce simplement un mot nouveau pour désigner ces garnis et autres meublés utilisés depuis le XVIIe siècle dans les grandes villes et à Paris en particulier, comme logement de passage et logement tout court, pour des gens de peu ? La publicité sporadique donnée à ces établissements, à la réputation d’être tenus par des marchands de sommeil, à l’occasion d’incendies tragiques et de reportages spectaculaires, tendrait à le laisser penser, bien que des travaux aient montré que pouvaient aussi s’y déployer des formes d’hospitalité quasi-familiales. Mais cette perception uniforme masque une situation relativement complexe et inédite, dans laquelle prend désormais place une grande variété d’établissements hébergeant des familles, et où l’opérateur intervient désormais fréquemment comme tiers payeur entre le tenancier et celles-ci.

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