discrimination_pancho.jpgD’après un sondage IFOP mené en octobre 2013 à la demande du Défenseur des droits, quatre demandeurs d’emploi sur dix se déclarent victimes de discrimination à l’embauche. Cette perception fait écho à une réalité profonde, qui explique l’importance qu’a pris ce sujet dans le débat public au cours des dernières années : en Europe comme en Amérique du nord, le fonctionnement du marché du travail produit des inégalités très fortes entre groupes de population, en fonction de leur origine ethnique et de leur genre, notamment. Aux États-Unis, de nombreux travaux ont montré que les individus d’origine afro-américaine ou d’origine hispanique sont systématiquement défavorisés dans l’accès au marché du travail. En France, une étude récente de l’INSEE souligne que le taux d’emploi des Français dont les deux parents sont nés en France est supérieur de plus d’un tiers à celui des Français dont au moins l’un des deux parents est issu de l’immigration (Aeberhardt, Coudin et Rathelot, 2010). À ces constats s’ajoutent des différences de genre largement documentées en termes de disparités salariales et d’accès à l’emploi.