Tandis que les moyens de contrôle potentiellement les plus intrusifs se banalisent (usage des drones, tracking des téléphones), de même que les mesures de restriction les plus inutiles (couvre-feux, interdiction des marchés, fermeture des plages, bords de rivières et de lacs, etc.), quelques associations et syndicats de professionnels sont heureusement attentifs au recul des libertés publiques en temps de crise.
De son côté, le Syndicat de la magistrature (SM) a réagi sur deux dispositions de la loi du 23 mars 2020. Une bien connue, l'autre beaucoup moins. La première bien connue est cette instauration d'une nouvelle contravention de non respect des règles de confinement réprimée d’une amende de 4ème classe, puis, si une nouvelle infraction est constatée dans un délai de 15 jours, une contravention de 5ème classe et enfin un délit puni de 6 mois de prison en cas de 3ème verbalisation dans un délai de 30 jours : "Avec une telle sanction, la France se situe dans la fourchette haute des États européens dont plusieurs se contentent de la simple amende pour réprimer ces comportements, voire ne prévoient aucune sanction". Et surtout, en pratique, les inégalités socio-spatiales face aux contrôles policiers sont tout simplement énormes. La seconde disposition, passée inaperçue, réside dans son article 16 relatif à la prolongation des durées de détention provisoire. L'administration va-t-elle bientôt remplacer les juges de la liberté et de la détention (JLD) ?