L’absence de dépistage aux débuts de la crise du SARS-CoV-2 a laissé les spécialistes médusés : « Ce à quoi nous avons assisté en France est contraire à tout ce que nous avons appris sur les maladies infectieuses. Que ce soit le choléra, le paludisme ou la tuberculose, le premier réflexe, c’est de dépister, d’identifier les malades avec des tests qui permettent la recherche des sujets contacts », dit Annie Thébaud-Mony, directrice honoraire de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et spécialiste du dépistage de la tuberculose. « C’est le niveau auquel on aurait pu s’attendre sur le Covid-19 : la mise en place d’une stratégie cohérente et efficace de soin, et d’identification des contacts. En Allemagne et en Suède, c’est ce qui a été fait. » Comment expliquer ces ratés au démarrage ? Pourquoi la France n’a-t-elle pu mettre en place une campagne de dépistage sur le modèle de l’Allemagne ? Plusieurs rouages rouillés ont entravé la mécanique gouvernementale. Un retard qui a réduit la stratégie à un confinement massif et à subir une mortalité parmi les plus élevées du monde (plus de 20.000 morts par le coronavirus).