L’état d’urgence sanitaire est en passe d’être prorogé jusqu’au 1er juin 2021, avec en filigrane de nouveaux confinements ou couvre-feux, alors que le bilan coût/avantage des multiples mesures de police sanitaire d’un autoritarisme sans précédent n’a pas encore été réalisé. Au 20 janvier 2021, une telle prorogation n’apparaît justifiée ni en droit, ni en fait.
Le mirage sécuritaire étant par construction inatteignable dans un espace public où le risque zéro n’est pas une option, la croyance frénétique qu’il est possible de l’atteindre par la coercition (« terroriser les terroristes », « faire la guerre à un virus ») nous crée des œillères mentales, nous fait perdre tout sens commun, est porteuse de renoncements déraisonnables et nous rend myope aux réalités. Loin de nous sauver, elle contribue à nous perdre, comme nous en faisons désormais l’expérience heure par heure en ce début d’année tellement pénible qu’il paraît constituer le treizième mois de l’annus horribilis précédente. Quand et comment s’arrêtera cette spirale mortifère ?