Depuis la fin du printemps 2020, les suppressions d’emplois se multiplient dans de nombreux secteurs économiques. Après s’être séparées massivement de leurs intérimaires et de leurs travailleurs précaires dans les premières semaines du confinement, nombre d’entreprises ont amorcé une refonte d’ampleur de leur organisation du travail, en combinant recours aux mesures de chômage partiel, mise en œuvre de plans de « sauvegarde de l’emploi » et d’accords de « performance collective » permettant de tailler dans les effectifs, de prendre sur les congés et, parfois, de baisser les salaires. Ces premiers effets structurels de la crise de la covid-19 s’ajoutent à d’autres effets, plus immédiats, parfois brutaux, du confinement sur les travailleurs. D’avril à juin 2020, la production nationale a baissé de près de 20 %, par rapport au même trimestre en 2019. Quelles ont été les conséquences sociales de cette contraction historique de l’activité économique ?
Le prolongement de la crise économique, dû à l’aggravation périodique des restrictions sanitaires et aux réorganisations d’ampleur du système de production qui est le produit de toute crise, ne sera pas non plus sans effets, et accentuera sans doute encore les clivages existants.