Sous ses apparences très techniques, le texte examiné actuellement par l’Assemblée nationale opère une véritable révolution philosophique. Outre la possibilité de filmer certaines audiences, la généralisation des cours criminelles départementales et un encadrement accru des enquêtes préliminaires, le projet de loi « pour la confiance dans l’institution judiciaire » comprend un volet pénitentiaire qui modifie en profondeur le régime des réductions de peine accordées aux détenus. Le ministre de la justice justifie cette réforme par sa volonté d’inciter les condamnés au « travail » et de valoriser leur « mérite ».
Au nom de l’incitation à « l’effort » et à la « bonne conduite » des détenus, le projet de loi Dupond-Moretti bouleverse les règles en place depuis 2004. Les professionnels craignent un accroissement de la surpopulation carcérale et des « sorties sèches », sans accompagnement.