jeudi, septembre 21 2017

Intimité, sexualité : la vie privée des jeunes à l'épreuve de la prison

21 09 2017

EPM.jpgSouvent définis seulement par les actes qui les ont menés en prison, les jeunes détenus sont rarement interrogés sur leur vie affective, amoureuse et/ou sexuelle. Cette enquête qualitative originale, menée pendant un an dans cinq prisons pour mineurs en France métropolitaine, montre la diversité des expériences des filles et des garçons incarcérés en matière d’intimité et de gestion de la sexualité, dans et hors les murs. Elle souligne une grande proximité des parcours sexuels et affectifs de ces jeunes avec les « autres jeunes » de leur génération et de leur milieu social, bien que la détention produise des effets singuliers sur leurs parcours.

Photo : lefigaro.fr

mercredi, septembre 20 2017

Le procès d'une lanceuse d'alerte sur la maltraitance des enfants handicapés

20 09 2017

Lanceur_d__alerte.jpgQuand elle apparaît dans le tribunal correctionnel de Toulouse, où elle comparaît pour diffamation, mardi 19 septembre, Céline Boussié a l’allure altière des femmes sacrifiées. Comme trois lanceurs d’alerte avant elle, cette ancienne employée de l’institut médico-éducatif (IME) de Moussaron, à Condom (Gers), est jugée « pour avoir rompu la loi du silence et tenté de faire connaître la vérité ». Celle de vingt ans de maltraitance présumée, visant des jeunes polyhandicapés, pensionnaires de cette structure où elle a travaillé de 2008 à 2014.

Illustration : politique-animaux.fr

mardi, septembre 19 2017

Quand Le Figaro cherche (une nouvelle fois) à faire peur

19 09 2017

Horizon_la_france_a_peur.jpgLe Figaro titre à la une de son édition du samedi 16/09/2017 : « Les tribunaux débordés par l’afflux de clandestins », les pages 2 et 3 du quotidien sont entièrement consacrées à la question des « clandestins », avec, entre autres, un article spécifique sur les mineurs isolés. Bien entendu, dans le titre n’apparaît jamais « réfugié » ou « demandeur d’asile« , mais tous les mots clef anxiogènes figurent bien dans l’article à la une : débordés, clandestins, afflux, SDF, délinquance, gangs, Europe de l’Est, Afrique du Nord, le tout, bien entendu, sous le chapeau global de « Tribunaux ». A ce tableau dantesque, on juxtapose le cas des mineurs isolés. En matière d’amalgame, c’est un modèle du genre à enseigner en école de journalisme.

Photo : mrmondialisation.org

lundi, septembre 18 2017

La dérobade de la justice face au scandale de l’amiante

18 09 2017

Manifestation_Andeva_2015.jpgL’amiante est d’abord un poison qui tue. Sa toxicité est connue depuis un siècle. Première cause de décès lié au travail, il a généré un long cortège de victimes. Se sont suivis vingt ans de procédures judiciaires qui, à chaque étape, éloignent toujours un peu plus la perspective d’un procès de l’amiante. Vendredi 15 septembre, la cour d’appel de Paris a ainsi annulé les mises en examen, intervenues entre la fin de 2011 et le début de 2012, pour homicides et blessures involontaires, de neuf décideurs, industriels, scientifiques, hauts fonctionnaires. Ils étaient impliqués dans deux dossiers emblématiques de ce scandale sanitaire, celui du campus parisien de Jussieu et celui des chantiers navals Normed de Dunkerque.

samedi, septembre 16 2017

La Commonwealth Bank of Australia viole les lois sur le financement du terrorisme

16 09 2017

Commonwealth_bank_of_australia.jpgLa plus grande banque australienne, assignée en justice pour violation des lois sur le financement du terrorisme, n’a pas non plus surveillé correctement ses transactions internationales et risque les foudres des régulateurs étrangers, selon un rapport interne révélé vendredi 1er septembre par Sky News Australia.
Elle a été assignée par le service du renseignement financier Austrac devant la Cour fédérale, accusée d’avoir contrevenu 53 700 fois aux lois sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, en particulier avec ses automates de dépôts d’espèces.

jeudi, septembre 14 2017

L’école, la violence, l’islam, Marseille : un livre à côté de la plaque ?

14 09 2017

Livre_Ravet.jpgEn cette rentrée des classes, un livre sur l’école a fait le buzz plus que d’autres : le livre témoignage de Bernard Ravet, ancien principal de collège à Marseille, intitulé de façon intriguante Principal de collège ou imam de la République ?. Emmanuel Davidenkoff est mentionné comme celui qui « a permis de réaliser l’aventure éditoriale » en assurant sa « mise en forme ». L’ouvrage avait au moins trois raisons de réussir son entrée sur le marché.
D’abord, l’auteur est un personnage attachant, connu à Marseille et qui a beaucoup d’amis. Le livre raconte sa trajectoire et son vécu. Issu du vieux quartier de la Croix-Rousse à Lyon, Bernard Ravet a été formé comme instituteur dans les années 60-70.

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mercredi, septembre 13 2017

L'ECRIS-TCN : vers un casier judiciaire pour les non-européens

13 09 2017

Casier_judiciaire_national.jpgL’ECRIS-TCN est l'acronyme du futur fichier qui va venir compléter le "casier judiciaire européen" (ECRIS). Actuellement, l’immense majorité des échanges de casiers judiciaires entre États membres porte sur les ressortissants européens uniquement. Une recherche concernant les ressortissants non UE implique une surcharge administrative importante et coûteuse, d’où l’inclusion de ces ressortissants non UE dans le périmètre du système de "casier(s) judiciaire(s) européen(s)". Si L’ECRIS-TCN s'apparente à un "casier judiciaire européen" qui répertorie les étrangers délinquants, il partagera une interface commune avec l'ECRIS qui recense, quant à lui, les délinquants nationaux (ou ressortissants UE), de manière à faciliter l'emploi de ces deux systèmes par les services utilisateurs nationaux.

Photo : securiteinterieure.fr

mardi, septembre 12 2017

Politique de la ville : la colère froide des acteurs locaux

12 09 2017

Logo_Gazette_des_communes.png« Il y a une forme de mépris de la part de l’exécutif qui nous met tous en colère, peste cet élu de banlieue, vieux routier de la politique de la ville. Le mépris, c’est d’annoncer en plein milieu de l’été que les quartiers prioritaires se font amputer de 46,5 millions d’euros de crédit. Mais c’est aussi que depuis lors, toutes nos sollicitations auprès de l’Elysée sont restées lettre morte ». A l’instar de ce maire en rogne, les élus et les professionnels de banlieue ne décolèrent pas depuis la publication du décret du 20 juillet 2017 amputant le budget de la politique de la ville de 11%.
A « Ville et banlieue », où les maires se disent « stupéfaits et atterrés » et appellent le gouvernement à rétablir les moyens pour 2017, 83 élus d’exécutifs de communes et d’intercommunalités ont d’ores et déjà signés la « lettre ouverte au président de la République », mise en ligne dès le début du mois d’août. Une lettre qui, à ce jour, n’a toujours pas reçu de réponse, « ni le moindre accusé de réception » souligne-t-on à l’association.

lundi, septembre 11 2017

Il n'y a pas une crise des migrants mais une crise des réfugiés

11 09 2017

On a souvent parlé de "crise des migrants" pour décrire cet afflux de personnes fuyant la guerre en Syrie qui arrivent sur les côtes européennes. Le mot "migrant" est un terme générique qui désigne une personne qui migre, que ce soit pour des raisons économiques ou politiques, alors que le mot "réfugié" renvoie à une migration politique pour cause de conflit notamment, et, in fine, fait référence au droit d'asile.
La distinction entre réfugié et migrant est essentielle : les gouvernements ont des responsabilités différentes envers chacun. En effet, les pays gèrent les migrants en vertu de leurs propres lois et procédures en matière d’immigration. En revanche, le terme réfugié est défini par la législation internationale : la Convention de Genève de 1951 interdit de refouler des réfugiés dans un pays où leur vie est en danger. Cette convention a été ratifiée par 145 membres des Nations unies et c’est une condition nécessaire pour entrer dans l’Union Européenne.

dimanche, septembre 10 2017

Les sulfureuses privatisations d’Emmanuel Macron

10 09 2017

Contrat_autoroutes.jpgMême si le gouvernement n’a encore donné que très peu de détails sur les privatisations qu’il envisage pour la durée du quinquennat, deux raisons majeures font craindre qu’elles ne soient les plus controversées que la France ait jamais connues. D’abord, la France a déjà abandonné aux appétits privés les sociétés industrielles, financières et commerciales qu’elle contrôlait et ne détient plus dans certains de ces groupes que des participations minoritaires. L’essentiel des futures cessions d’actifs pourrait donc porter sur des biens d’un autre type : des « biens communs », comme disent les économistes, c’est-à-dire des entreprises qui assument des missions de service public. Ensuite, si le passé parle pour l’avenir, les privatisations conduites par Emmanuel Macron du temps où il était ministre de l’économie constituent un très mauvais présage pour les futures opérations.

Image : francetvinfo.fr

samedi, septembre 9 2017

Prestations sociales : les « dérives » de la chasse à la fraude

9 09 2017

C’est un document qui permettra peut-être de déconstruire certaines idées reçues. Jacques Toubon, le défenseur des droits, a rendu public, jeudi 7 septembre, un rapport intitulé : « Lutte contre la fraude aux prestations sociales : à quel prix pour les droits des usagers ? » Un sujet sensible, reconnaît le défenseur des droits, à l’heure où « une rhétorique de la fraude est alimentée par des discours politiques “décomplexés” ».
Ce rapport fait suite à une augmentation « significative » depuis 2014 du nombre de réclamations d’allocataires, notamment auprès des délégués territoriaux du Défenseur des droits, liées « au durcissement de la lutte contre la fraude aux prestations sociales ». La politique mise en œuvre, est-il expliqué, est marquée par « certains excès et quelques dérives », « source de nombreuses atteintes aux droits des usagers » aux conséquences parfois dramatiques.

vendredi, septembre 8 2017

Attentat de Barcelone : le retour des « experts »

8 09 2017

Attentat_Barcelone_retour_des_experts.jpgDans un précédent article à propos de la couverture médiatique de l’attentat de Barcelone, nous avons montré comment la qualité et la fiabilité de l’information souffraient de la précipitation induite par la course au « direct » imposée à tous les médias par les chaînes d’information en continu. Mais cette course de vitesse avec les événements, souvent aussi confuse qu’anxiogène, n’est pas la seule tare de ce journalisme par temps d’attentat : pour meubler le vide et donner un semblant de recul aux commentaires mal informés des journalistes, les grands médias ont, comme à leur habitude, fait appel aux « experts ». Comme lors des précédents attentats, des « spécialistes » et autres « consultants » se sont ainsi succédé sur les antennes des principaux médias d’information pour prodiguer leurs pertinentes « analyses » d’un événement dont on ne savait alors à peu près rien.

Photo : acrimed.org

jeudi, septembre 7 2017

Attentat de Barcelone : naufrages de l’information en temps réel

7 09 2017

Attentat_Barcelone_BFMTV.pngLes séances (rituelles) d’autocritique médiatique (partielle) n’ont pas manqué depuis les attentats de janvier et, plus encore, de novembre 2015. Il serait grand temps de vérifier que les leçons ont été pratiquement tirées, comme l’actualité en a malheureusement donné l’occasion le 17 août dernier, lors des attentats en Espagne. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que rien n’a changé, comme en témoigne le panorama qui suit, fondé sur des observations effectuées au cours des 24 heures suivant l’attentat de Barcelone.

Photo : acrimed.org

mercredi, septembre 6 2017

Vers une politique scolaire et de droite... et de droite

6 09 2017

Jean-Michel_Blanquer.JPGIl est important, dans les débats sur l’école, de bien distinguer les discours libéraux et les discours conservateurs. L’analyse du discours, des propositions et des premières mesures de Jean-Michel Blanquer confirme la nécessité de cette grille d’analyse. Toute une partie de son discours vise à caresser dans le sens du poil les tenants de l’approche conservatrice. Par exemple la distribution aux élèves des Fables de La Fontaine (auteur injustement instrumentalisé par les tenants du retour en arrière en matière éducative) est saluée à droite. Alain Finkielkraut (inlassable contempteur de la pédagogie) apporte son soutien au ministre et à son directeur de cabinet qui veut « restaurer les grands textes patrimoniaux dès le plus jeune âge ».

Photo : lemonde.fr

mardi, septembre 5 2017

L’éclatement du dispositif de maintien de l’ordre

5 09 2017

CRS_manifestation_2017.jpgActuellement du côté du Ministère de l’Intérieur se joue la mise en place de dispositifs stratégiques qui visent moins à assurer une meilleure sécurité des Français qu’à préserver le pré carré d’une hiérarchie surdimensionnée et assurer au pouvoir exécutif une image de réussite. En effet depuis une trentaine d’années les diverses crises en matière de sécurité ont positionné une certaine technocratie de la sécurité qui vit très confortablement les évènements. Par ailleurs nombre de pouvoirs exécutifs se sont cassé les dents sur le dossier sécurité tant ils ont donné une vision idéologique de la sécurité au détriment d’une rationalité permettant la mise en place de solutions logiques.
Ainsi pour élaborer les vraies visions stratégiques il faudrait faire abstraction des enjeux catégoriels et éviter la manipulation de l’opinion publique. Pourtant les chantiers sont nombreux et urgents : police du quotidien, terrorisme, politique des drogues, etc. Mais au-delà de ces enjeux il en est un qui passe totalement inaperçu pour l’heure c’est l’ordre public.

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