jeudi, mai 21 2015

Des banques condamnées pour manipulations des taux de change en GB et aux USA

21 05 2015

billets_de_banque_change.jpgSix milliards de dollars (5,4 milliards d’euros environ) : c’est le montant global de l’amende infligée, mercredi 20 mai, à six banques par les autorités britanniques et américaines pour des pratiques illégales sur le marché des changes. Leur condamnation intervient dans le cadre d’un accord qui marque sans doute le point culminant de la répression internationale de cette fraude à grande échelle.
Au total, Londres et Washington ont infligé plus de 10 milliards de dollars (8,9 milliards d’euros) de pénalités financières à sept établissements, dont Citigroup, JPMorgan, UBS, Barclays et Royal Bank of Scotland. Ces derniers sont accusés de n’avoir rien fait pour empêcher leurs traders de partager des informations confidentielles, sur les ordres de certains clients, dans le but d’augmenter leurs profits sur le marché des devises.

mercredi, mai 20 2015

Histoire secrète de la corruption sous la Ve République

20 05 2015

histoire_secrete_corruption.jpgInflation des campagnes électorales, financement des partis politiques, comptes en Suisse, emplois fictifs, résidences d'élus…D’une ampleur inédite, ce panorama brosse l’histoire des grandes « affaires » de corruption en France depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 jusqu’aux plus récents scandales. On découvre ici une corruption omniprésente, qui va prendre des formes différentes à chaque époque, mais de plus en plus sophistiquées après les lois de moralisation de la vie politique des années 1990.
Loin de se limiter aux politiques, ce récit riche en péripéties traque aussi la corruption de nombreuses professions emblématiques : police, services secrets, justice, médias, sport… Tous les grands « corrupteurs » sont mis à nu: le BTP, la distribution d’eau et la propreté, l’armement, la grande distribution, le pétrole… Enfin toutes les formes de corruption, directes et indirectes, sont représentées.

mardi, mai 19 2015

Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse

19 05 2015

qui_est_charlie.jpgQui sommes-nous vraiment, nous qui avons affiché une telle détermination dans le refus de la violence aveugle et notre foi dans la République le 11 janvier dernier ?
La cartographie et la sociologie des trois à quatre millions de marcheurs parisiens et provinciaux réservent bien des surprises. Car si Charlie revendique des valeurs libérales et républicaines, les classes moyennes réelles qui marchèrent en ce jour d’indignation avaient aussi en tête un tout autre programme, bien éloigné de l’idéal proclamé. Leurs valeurs profondes évoquaient plutôt les moments tristes de notre histoire nationale : conservatisme, égoïsme, domination, inégalité.
La France doit-elle vraiment continuer de maltraiter sa jeunesse, rejeter à la périphérie de ses villes les enfants d’immigrés, reléguer au fond de ses départements ses classes populaires, diaboliser l’islam, nourrir un antisémitisme de plus en plus menaçant ?

lundi, mai 18 2015

Reportage sur la « banlieue » : quand M6 se fait VRP du Front national

18 05 2015

sous_le_feu_des_medias.jpgLa banlieue et sa population suscite un intérêt non dissimulé de la part des médias, mais à chaque fois, les mêmes explications reviennent dans les divers reportages, contribuant à naturaliser les idées promues par l’extrême-droite. Souffre-t-elle du chômage, d’injustices sociales, de discriminations raciales ou bien encore de ségrégation scolaire ? Pas du tout si l’on en croit « Zone Interdite » diffusé sur M6 en avril. Soucieux de montrer la « vérité » au spectateur, le numéro intitulé « Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos » du magazine d’information met en évidence les véritables problèmes des quartiers populaires : délinquance, immigration et Islam. Contribuant à ancrer dans l’opinion publique les représentations d’une banlieue sous tension en proie à la violence et au communautarisme, la chaîne n’hésite pas à véhiculer un ensemble de clichés (parents démissionnaires, adolescents en manque de repères, populations mal intégrées) en reprenant les thèmes favoris du Front national sur le malaise des banlieues : insécurité, zone de non droit, trafic de drogue et crimes en tous genre, jeunesse à la dérive, repli identitaire…

dimanche, mai 17 2015

Prédation Nature, le nouvel eldorado de la finance

17 05 2015

predation.GIFLa protection de l’environnement devient un marché particulièrement juteux. On connaît déjà le business du développement durable et de la croissance verte. Un pas supplémentaire est toutefois en passe d’être franchi : désormais, les terres, les forêts, les animaux et les végétaux sont transformés en produits bancaires et financiers. De fait, selon le vieil adage « tout ce qui est rare est cher », les espèces vivantes en voie de disparition, les terres et les écosystèmes menacés prennent de la valeur. La nature devient alors un capital sur lequel il est possible de spéculer.
Cette enquête raconte l’histoire de la mainmise économique et bancaire sur les ressources vivantes à l’échelle planétaire, une véritable entreprise de prédation. Elle révèle que des banques et des fonds d’investissement achètent aujourd’hui d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales en danger, partout dans le monde, pour les échanger sur des marchés. Elle dévoile également le rôle crucial des lobbies, qui s’activent auprès des institutions européennes et internationales pour favoriser le développement de cette branche financière du green business.

samedi, mai 16 2015

Une note interne de l’Inria étrille la loi sur le renseignement

16 05 2015

Reseaux_mai_2015.GIFLes scientifiques du prestigieux Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) sont plus que sceptiques concernant la loi sur le renseignement, adoptée en première lecture le 5 mai à l’Assemblée.
Dans une note datée du 30 avril qui devait initialement être envoyée dans les cabinets ministériels et aux députés et que Le Monde s’est procurée, l’Inria étrille certains points techniques et controversés du projet de loi. L’Institut, placé sous la tutelle de Bercy et du ministère de la recherche, critique vertement l’article 851-4 de la loi, qui prévoit la mise en place d’algorithmes – les fameuses « boîtes noires » – pour détecter automatiquement les comportements terroristes sur Internet. La loi prévoit que cette analyse se fasse sur des données anonymes, toute identification intervenant uniquement si une menace est détectée : un argument martelé par le gouvernement lors de l’examen du texte à l’Assemblée et des premières auditions au Sénat. « Il n’existe pas aujourd’hui de technique d’anonymisation sûre. Un texte de loi ne devrait pas se fonder sur la notion de donnée anonyme ou anonymisée », tranche l’Inria.

vendredi, mai 15 2015

L'homophobie en 2014

15 05 2015

homophobie_2.pngComme chaque année, le Rapport sur l’homophobie 2015 a été constitué à partir de quatre sources :
- les témoignages reçus par l’association au cours de l’année 2014 (sur notre ligne d’écoute, par courrier, via un formulaire en ligne, par chat ou lors de certains événements auxquels participe l’association) ;
- le travail des différents groupes et commissions de l’association ;
- le suivi de l’actualité de janvier 2014 à décembre 2014 ;
- l’analyse de la presse au cours de la même période.
Ce document n’est donc pas le recensement exhaustif de toutes les manifestations LGBT-phobes survenues en 2014 , mais bien une vision des LGBTphobies à travers les outils de l’association et son vécu de terrain. Les statistiques communiquées dans ce rapport sont uniquement établies à partir des témoignages et demandes de soutien reçus par notre association.

Image : enquete-debat.fr

jeudi, mai 14 2015

L'évolution du regard sur les quartiers « sensibles » et les discriminations (2009-2014)

14 05 2015

Banlieue.jpgLa thématique des « quartiers sensibles » constitue depuis des années un sujet controversé au sein du débat public. En 2014, 78% de nos concitoyens se disent préoccupés par ce sujet. Toutefois, l’intérêt que les Français portent à cette question a diminué au cours des cinq dernières années. En même temps, le regard que portent nos concitoyens sur les quartiers sensibles s’est durci.
Par rapport à 2009, les Français pensent moins souvent que les quartiers sensibles sont marqués par une forte solidarité entre les habitants, qu’il y a de nombreuses opportunités pour monter des projets, que les jeunes issus de ces quartiers constituent une richesse pour notre pays ou encore que les associations y sont nombreuses et dynamiques. Parallèlement les connotations négatives continuent de dominer : 94% pensent qu’il y a trop de chômage et 92% pensent que la délinquance y est particulièrement présente.
Outre la question de l’emploi, les Français pensent qu’il manquerait, dans les quartiers « sensibles », des activités pour les jeunes (citées par 41% en première ou en deuxième réponse) mais aussi des centres de police de proximité.

Image : lecridupeuple.org

mercredi, mai 13 2015

La guerre contre l’État islamique peut-elle être gagnée ?

13 05 2015

etat_islamique_2.jpgL’État islamique, apparu à l’automne 2006 dans le contexte du conflit irakien et devenu la formation la plus puissante et redoutée du paysage jihadiste depuis la chute de Mossoul (juin 2014), constitue toujours la principale menace terroriste mondiale. Quoique prévisible au regard de la dégradation continue de l’environnement politico-sécuritaire en Irak, en Syrie et plus largement au Moyen-Orient, sa progression fulgurante a pris de court de nombreux observateurs qui ne s’y étaient guère préparés, tandis que ses exactions ont provoqué une onde de choc et de colère dans le monde. Les États-Unis se sont engagés avec plusieurs partenaires dans une guerre contre l’État islamique par le biais d’une campagne soutenue de frappes aériennes et plusieurs pays musulmans se sont également mobilisés contre l’organisation jihadiste. L’immolation par le feu du pilote jordanien Moaz al-Kassasbeh a ainsi conduit le royaume jordanien à pilonner, en février 2015, la ville de Raqqa, fief de Daech en Syrie, tandis que l’Égypte a visé plusieurs positions jihadistes en Libye à la suite de la décapitation d’une vingtaine d’otages coptes sur une plage de Tripolitaine.

Photo : tempsreel.nouvelobs.com

mardi, mai 12 2015

« Crache ton père ! » (récit d'audience)

12 05 2015

Palais de Justice de Paris - le 22 octobre 2010 Il arrive, encadré par deux policiers, est placé derrière ces vitres, amaigri par la faim inassouvie, les mains dans les poches, le regard qui balaie la salle puis se referme sur le blouson bleu clair, déboutonné. Le cliquetis des menottes qui s’ouvrent est lugubre.
Incessant mais insensé, obnubilé dans cet inconscient qui taraude tous ses gestes, ses mots, ses soupirs et ses pleurs.
« Crache ton père ! » Mais la mère ne supporte pas de voir ce fils cracher cet époux, aussi violent soit-il, toxique et dangereux. Il a été dit « une mère ambivalente » qui « couvre » son mari.

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lundi, mai 11 2015

Contre le trafic de drogue, une guerre discriminatoire ?

11 05 2015

guerre_aux_drogues_guerre_raciale.pngDepuis les années 80, les cités de banlieue servent à approvisionner en drogue la population des centres-villes, qui concentrent l’essentiel de la demande. Le travail de la police a consisté à matraquer les populations de ces quartiers populaires, sans souci d’efficacité. Au contraire, ce sont les populations qui ont pris en main le nettoyage de leurs quartiers par des moyens violents, l’islam jouant un rôle grandissant dans cette entreprise, au même rythme que grandit la haine de la police.
A l’heure où Baltimore est en feu à la suite de heurts violents entre la police et la population afro-américaine, les médias français ont tendance à décrire cette société comme parfaitement exotique, du fait de la centralité des questions raciales aux Etats-Unis. Quatre mois après les attentats de Paris et avec un électeur sur quatre prêt à voter pour le Front National, cette analyse mériterait d’être nuancée en remettant la question raciale en perspective dans l’Hexagone: c’est le sens de la campagne « guerre à la drogue, guerre raciale » lancée par l'Association française de réduction des risques (AFR) liés à l'usage des drogues, le Cran et le think tank République et Diversité.

samedi, mai 9 2015

L'islamophobie provoque des discriminations institutionnelles et touche surtout les femmes

9 05 2015

Photo_Marc_Laapage_Hijab.jpgComme les années précédentes, le CCIF enregistre une augmentation significative des actes islamophobes et dénonce une banalisation des discours et idéologies islamophobes dans l'espace public.
Sans surprise, les discriminations représentent les trois quarts des actes islamophobes, la plupart de ces discriminations survenant dans les institutions et services publics, à commencer par l'éducation nationale. Le CCIF estime que l'école est devenue "un haut lieu de discriminations et de discours racistes et islamophobes, en particulier après les attentats de janvier 2015".
Les femmes sont toujours les premières touchées (elles représentent plus de 80% des victimes) par ces discriminations découlant d'une islamophobie en forte recrudescence depuis les attentats de janvier.

Illustration : Marc Laapage (DR)

vendredi, mai 8 2015

L'hésitation à réformer la justice des mineurs

8 05 2015

jdj_couv_343.jpgDe l’aveu même de Christiane Taubira, ministre de la justice, la réforme annoncée de l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante ne passera pas la rampe.
Malgré les efforts des rédacteurs réunis par la directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse auxquels se sont associés des magistrats de l’enfance, la peur gouvernementale de se faire taxer de laxisme l’emportera sur les ambitions réformatrices annoncées par la Président de la République.
Quand même, la loi du 15 août 2014 avait supprimé les peines plancher, ainsi que l’automaticité de l’exclusion du bénéfice de la réduction de peine pour les crimes d’atteinte volontaire à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique de la personne ou les délits de violences volontaires, d’agression sexuelle, commis avec la circonstance aggravante de violences, lorsqu’ils ont été commis en état de récidive légale.
La perspective de systématisation de la privation de liberté pour les mineurs les plus en difficulté faisait perdre tout sens aux principes de l’ordonnance de 1945 et au prescrit de la Convention des droits de l’enfant. Et pourtant, le texte que nous analysons dans ces colonnes ne démantèle pas toutes les procédures d’accélération de la comparution devant le Tribunal pour enfants introduites au cours des années 2002-2012, à la nuance près qu’il introduit le principe de la césure permettant de statuer d’abord sur la culpabilité en reportant l’individualisation de la mesure éducative ou de la peine à plus tard (six mois)... sans préjudice des mesures provisoires qui peuvent toujours aller jusqu’à la détention.

jeudi, mai 7 2015

Le droit d’amendement citoyen : une démocratie collaborative ?

7 05 2015

citoyen_participatif.jpgInutile de développer : la politique va mal. Cette situation n’est pas le fait exclusif des scandales qui, de Cahuzac à Bygmalion, érodent la confiance des Français. La crise de la représentation leur est très largement antérieure même si ces affaires nourrissent le poujadisme et amplifient la contestation, qu’elle prenne la forme radicale du vote FN ou de l’abstention. Le parlement est devenu un théâtre sans spectateurs. Les Français ont le sentiment d’une discussion en vase clos, entre initiés. Un débat à guichet fermé dont ils sont exclus.
Alors que nos concitoyens sont sondés tous les jours par les instituts, qu’ils peuvent disposer d’une information quasi illimitée sur Internet, qu’ils commentent et se mobilisent sur les réseaux sociaux, ils ont le sentiment d’être dépossédés de toute capacité réelle d’intervention dans le débat public entre deux échéances électorales. Le déficit démocratique est si obsédant que tous les partis cherchent aujourd’hui comment retrouver le peuple.

Photo : orleans.fr

mercredi, mai 6 2015

Racisme : la loi sur la liberté de la presse comme bouc émissaire ?

6 05 2015

reperes_antiracistes.jpgIl en va des lois comme des parias ; on les accuse de tous les maux lorsqu’on souhaite en faire des boucs émissaires. Tel est aujourd’hui le procès fait à la loi sur la liberté de la presse de 1881 ; imprécise, lente, laxiste, elle serait une figure de l’impuissance face aux agressions racistes, à un antisémitisme désinhibé, aux trop nombreuses discriminations. Un tel acte d’accusation peut résonner puissamment dans une société traumatisée par les attentats de janvier, alors même que le gouvernement a proclamé sa volonté de faire de la lutte contre le racisme une grande cause nationale. Appliquer simplement la loi Il y a de quoi faire !
On pourrait, par exemple, donner de vrais moyens à l’institution judiciaire, appliquer la circonstance aggravante de racisme, d’antisémitisme ou d’homophobie alors qu’aujourd’hui elle est trop souvent rejetée, quand elle n’est pas simplement ignorée ; on pourrait même imaginer un engagement réel des parquets lorsqu’ils constatent des abus, sans que les associations aient besoin de tirer, encore et encore, la sonnette d’alarme.

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