mardi, mai 31 2016

Quel avenir pour la prison ?

31 05 2016

prisons_quel_avenir.jpgEn 1975, en France, 26 000 personnes étaient incarcérées. En mars 2016, on en comptait 67 580 (et près de 10 000 personnes placées sous bracelet électronique). La prison a-t-elle, entre-temps, fait la preuve de son efficacité ? Les témoignages, les enquêtes sociologiques, les rapports officiels et les statistiques sur la récidive montrent plutôt l’inverse. Malgré les réformes et la reconnaissance croissante des droits des prisonniers, la violence, la perte d’intimité, l’ennui et l’absence de sens des temps d’incarcération se perpétuent. Comment comprendre cette situation ? Est-elle la conséquence de l’augmentation de la population enfermée et du recours à des mesures de sécurité renforcées ? S’appuyant sur des travaux récents, ce livre fait le point sur la situation en France et propose des analyses comparées avec le Canada et les États-Unis. Il discute les effets contrastés des réformes menées ces dernières années et formule des propositions et pistes de réflexion pour des transformations du système pénal.

lundi, mai 30 2016

Pourquoi la guerre contre les drogues a échoué

30 05 2016

saisie_de_drogue.jpgDu 19 au 21 avril 2016, l’ONU a consacré trois journées pour parler des drogues, et on n’en a quasiment pas entendu parler en France. Prévue pour 2019, la réunion extraordinaire de l’Assemblée générale sur les drogues a été avancée de trois ans, à la demande de la Colombie, du Guatemala et du Mexique, avec le soutien de nombreux autres pays qui ont considéré que le sujet des drogues était suffisamment important pour en faire un débat international. C’était la troisième fois qu’une telle réunion était dédiée exclusivement à ce sujet.
Les contradictions entre les réalités nationales et les prérogatives du système international sont devenues flagrantes aujourd’hui. Même en France, le discours politique apparaît éloigné de la réalité de l’action des autorités publiques. Quels changements a apportés cette troisième édition de l’UNGASS ?

dimanche, mai 29 2016

La crise de 2008 aurait tué par cancer un demi-million de personnes entre 2008 et 2010

29 05 2016

Le_chomage_tue.jpgLa crise économique a-t-elle eu des effets sur notre santé ? Selon une étude publiée jeudi 26 mai par la revue scientifique britannique The Lancet, la crise économique de 2008 pourrait être responsable de la mort par cancer d'un demi-million de personnes, dans le monde entier, entre 2008 et 2010.
Si l'étude ne démontre pas de lien de cause à effet direct, elle constate que le chômage et la mortalité du cancer ont évolué de manière simultanée. Des résultats qui montrent "l'importance d'un accès aux soins" et les effets concrets des coupes dans les dépenses de santé, selon les chercheurs. Une bonne couverture de santé protège normalement la population contre ces effets. En revanche, quand des économies ont été faites dans les services de santé, la mortalité a augmenté.

Illustation : informaction.info

samedi, mai 28 2016

Isolement et contention croissants dans les hôpitaux psychiatriques

28 05 2016

isolement_et_contention_hopital_psychiatrique.jpgDepuis quelques années, se multiplient des pratiques de contention et d’isolement systématiques dans les services de psychiatrie en France. Et, à l’exception de quelques personnalités comme le député (PS) Denys Robiliard, cela se poursuit dans une relative indifférence des pouvoirs publics. Le ministère de la Santé, ainsi, ne réagit pas. Est ce que le rapport que publie la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) va changer la donne ? Pour la première fois depuis sa création en 2008, le CGLPL a établi un bilan thématique de ses 121 visites dans 112 établissements de santé mentale représentant 40% des sites spécialisés en psychiatrie. Il porte sur deux pratiques anciennes qui «connaissent une recrudescence depuis une vingtaine d’années», «l’isolement» ou le placement d’un patient dans un espace fermé qu’il ne peut ouvrir et la «contention mécanique», qui consiste à l’immobiliser par des liens, attaches ou camisoles.

Photo : actusoins.com

vendredi, mai 27 2016

« Casseurs » : renverser l’accusation

27 05 2016

casseurs_2.jpgVoilà deux mois que le gouvernement ne sait plus que faire pour venir à bout d’un mouvement auquel il ne comprend rien. Après avoir usé jusqu’à la lie la rhétorique anticasseur, il inaugure depuis la semaine dernière une nouvelle stratégie afin d’écraser ce qui lui résiste. Cette stratégie consiste à isoler, sur les suggestions des services de renseignement, des «groupes organisés» constitués policièrement en «associations de malfaiteurs», puis à les accuser de faits dont on exagère la gravité afin de pétrifier tant la population que ceux qui luttent. Ainsi, on annonçait jeudi 19 mai l’arrestation à Rennes d’un groupe de 20 «casseurs», jeunes «radicalisés» appartenant à la «mouvance anarcho-autonome», une «association de malfaiteurs» qui s’apprêtait à «saboter» le métro de la ville. Renseignements pris, le sabotage en question était une action de blocage économique décidée en assemblée générale interprofessionnelle et menée de concert avec la CGT-Route qui bloquait les axes routiers en périphérie de la ville. L’«association de malfaiteurs» se réunissait dans les locaux de Sud-Solidaires et s’apprêtait, en fait, à coller des autocollants sur les composteurs de billets, voire, pour les plus extrémistes, à y introduire de la mousse expansive.

Photo : rfi.fr

jeudi, mai 26 2016

Pour lutter contre la corruption, réintroduire la transaction pénale

26 05 2016

palais_de_justice_2.jpgDans son avis écartant du projet de loi Sapin 2 un mécanisme novateur de transaction pénale pour les infractions de corruption, le Conseil d’État sermonne : « En l’absence de contradiction et de débat public, l’intervention de la justice perd sa valeur d’exemplarité et la recherche de la vérité s’en trouve affectée ». Il semble donc penser que la justice pénale actuelle permet « exemplarité » et « recherche de la vérité ». Pour ceux qui suivent ces affaires, cela fait au mieux sourire. Les rares affaires qui sont jugées, souvent plus de dix ans après les faits, se terminent par des relaxes ou des peines de prison avec sursis et de faibles amendes. L’exemplarité est nulle. Quant à la vérité, tout le monde a oublié au moment du jugement quels étaient les faits et les protagonistes. Face à l’échec de la justice française, il y a deux écoles.

mercredi, mai 25 2016

Un splendide isolement. Les politiques françaises du maintien de l’ordre

25 05 2016

Gendarmes_mobiles.jpgAprès la tenue d’une manifestation à Paris contre la « haine anti-flics », il nous semble que le décalage comparatif pourrait éclairer la compréhension de ce que l’on appelle en France le « maintien de l’ordre », c’est-à-dire la gestion des foules par les forces de police et de gendarmerie.
Qu’en est-il ailleurs de la violence contestataire et de l’hostilité aux policiers ? Voyons le week-end du 1er mai en Allemagne. Depuis le milieu des années 1980, ce jour est l’occasion déclarée par divers groupes anarchistes, autonomes et anti-fascistes, d’une confrontation violente avec la police. Cette année, un important dispositif était déployé dans les lieux habituels de confrontation, mais l’imposant cortège policier, et une politique habile de « désescalade » (nous y reviendrons), ont tenu les hostilités à un niveau très bas.

mardi, mai 24 2016

L’histoire occultée des dangers des radiations

24 05 2016

La_comedie_atomique.GIFComment expliquer la scandaleuse culture du déni des effets de la radioactivité ? En se plongeant dans les archives, en remontant aux premiers usages intensifs des rayons X et du radium. Ce livre retrace la surprenante histoire de la construction progressive d’un système international de protection radiologique hors normes au sein de l’ONU, qui minore systématiquement les risques et les dégâts des activités nucléaires. On apprend ainsi comment les promesses de l’« énergie atomique » civile ont fait l’objet dans les années 1950 d’une intense propagande au niveau mondial : non seulement cette énergie satisfera sans danger les besoins de l’humanité, mais l’usage généralisé de faibles doses de radioactivité permettra de décupler la production agricole. Surtout, l'enquête révèle que les normes de protection des travailleurs de l’énergie atomique ou des populations qui pourraient être exposées après un accident nucléaire ont été définies par une poignée d’experts, en dehors de tout contrôle démocratique. Il explique leurs méthodes pour construire une « vérité officielle » minimisant les conséquences de Tchernobyl. Et comment ces procédés ont été mis en œuvre, en accéléré, après Fukushima.

lundi, mai 23 2016

Rien ne va plus aux Stups

23 05 2016

saisie_drogue.jpgC’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

dimanche, mai 22 2016

Délégués et médiateurs du procureur dans la mise en oeuvre de la réponse pénale

22 05 2016

palais_de_justice_2.jpgDélégués du procureur, médiateurs pénaux et associations socio-judiciaires sont des collaborateurs de justice dont le rôle reste déterminant dans la mise en œuvre des alternatives aux poursuites décidées par le procureur, même si leur activité a subi une baisse entre 2011 et 2014. 22 % des mesures alternatives aux poursuites réussies ont été traitées par les délégués et médiateurs du procureur. Ceux-ci ont également traité neuf compositions pénales réussies sur dix.

samedi, mai 21 2016

Que deviennent les djihadistes français de retour de Syrie ?

21 05 2016

djihadistes_2.jpgAprès la vague de départs pour la Syrie, la France est désormais confrontée à celle des retours. Le ministère de l’intérieur en recense déjà 236. 600 vivraient encore sur place et 168 y auraient perdu la vie. Mais il est impossible de savoir combien reviennent sans être repérés. Déçus par leur expérience, fatigués par les combats, inquiets pour leur famille ou nourris d’un dessein mortifère, ils décident de rejoindre la France, ce pays que beaucoup pensaient ne jamais revoir.
Une fois revenus en France, les hommes et les mineurs partis de leur plein gré sont presque tous placés en détention, tandis que les femmes bénéficient d'une certaine clémence. Premier des trois volets de notre enquête.

Photo : lexpress.fr

vendredi, mai 20 2016

Vers la guerre des identités ?

20 05 2016

livre_guerre_des_identites.GIFPourquoi ce pays a-t-il plongé dans un maelström régressif, animé par une pensée néoréactionnaire se délectant du déclinisme, suscitant la peur devant l’étranger, l’immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l’Europe et la « mondialisation » ? Comment expliquer l’inexorable progression du Front national qui ravive sentiments nationalistes et passion de l’entre-soi ?
De l’ethnicisation des territoires aux désastres de la lutte contre les discriminations, de l’enkystement du chômage dans les quartiers et les outremers à la fragilisation des classes moyennes, des thèses délirantes sur le « grand remplacement » à la haine de l’islam, des crispations communautaires au ressac de l’antisémitisme, de notre impossibilité d’affronter le passé colonial aux expéditions aventureuses dans nos anciennes colonies, cet ouvrage entend dresser le bilan des crises et crispations qui obscurcissent l’horizon. Autant d’analyses qui questionnent le repli identitaire pour lutter contre les obscurantismes de tout bord.

jeudi, mai 19 2016

Qui vient à Nuit debout ? Des sociologues répondent

19 05 2016

Nuit_debout.jpgDepuis les premiers jours de Nuit debout, une trentaine de chercheurs en sciences sociales se sont relayés à Paris, place de la République. Nous y avons travaillé durant six soirées, entre le 8 avril et le 13 mai, de 17 h à 22 h 30. À ce jour, près de 600 personnes ont répondu à notre questionnaire, passé en face-à-face sur la place. Contrairement à nos craintes, les refus de participer à l’enquête ont été rares : les personnes rencontrées, même de culture anarchiste ou libertaire, ont plutôt perçu l’enquête comme un prolongement de leur propre questionnement, et l’occasion de contribuer à une description mieux fondée que celles des observateurs pressés qui saturent les médias.
L’analyse de ces données, produites parallèlement à une ethnographie, commence à peine. Mais les 328 premiers questionnaires exploités dissipent déjà bien des idées reçues sur les gens « debout » au cours des premières semaines du mouvement.

mercredi, mai 18 2016

La "haine anti-flics", émotion, diversion et récupérations politiques

18 05 2016

Manifestation_alliance_18_mai_2016.jpgLa prétendue "haine anti-flics" est une émotion assez puérile, une diversion assez claire, qui suscite diverses récupérations politiques.
Sur le terrain, la situation est complexe. Les casseurs sont une réalité. Certains sont de dangereux extrémistes qui méritent d'être arrêtés et jugés. Mais le ras-le-bol exaspéré contre la dérive droitière et autoritaire de ce gouvernement est une autre réalité qui solidarise une partie des manifestants autour des plus violents. Le fait que certaines stratégies policières renforcent les tensions au lieu de les faire baisser est également une réalité. L'usage de la force est légitime dans son principe. Mais certains usages de la force sont illégitimes, ce sont des violences policières. Rappelons que l'IGPN elle-même a proscrit l'usage du flash-ball dans son rapport de 2015. Le gouvernement masque cette complexité et cherche à faire oublier qu'il est la cause de toutes ces manifestations. La droite et l'extrême droite tentent de leur côté de récupérer le mouvement policier, avec le syndicat Alliance à la manœuvre. La majorité de la population assiste, médusée, à un spectacle violent où elle ne comprend sans doute pas grand chose.

mardi, mai 17 2016

La vie quotidienne des services secrets : une enquête de Mediapart

17 05 2016

espion.jpgN’en déplaise au ministre de l’intérieur, il existe bien un souci du côté de notre contre-espionnage. Et ceci n’est pas qu’une élucubration de méchants journalistes. Sept des terroristes du A3 novembre 2015 étaient des Français partis s’entraîner dans les camps de l’État islamique et rentrés perpétrer leurs crimes de masse sans aucune difficulté.
Nous avons pris plus de 5 mois pour rencontrer une dizaine d’officiers de renseignement, certains à plusieurs reprises. Ces agents exercent dans les trois principaux services dépendant de la place Beauvau : la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le service central de renseignement territorial (SCRT) et la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

Dessin : organiser-anniversaire.fr

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