jeudi, mai 5 2016

L'État islamique est une révolution

5 05 2016

livre_scott_atran.pngVoici une contribution essentielle pour comprendre la révolution de l’État islamique. Car non, expliquer n’est pas excuser (sic !), et décoder et analyser permet, entre autres choses, de ne pas tomber dans l’impasse du tout sécuritaire. Après des années d’études de terrain au coeur même de l’EI, mais aussi dans les quartiers à Paris, Londres ou Barcelone, Scott Atran et son équipe expliquent pourquoi, en fermant les yeux sur la capacité d'attraction de l'EI, l'Occident commet une erreur stratégique majeure.
Que représente réellement l’EI ? Personne ne sait encore précisément, les experts se déchirent même sur son nom : faut-il dire État islamique ou Daech ? Pour Scott Atran, ce débat sémantique n’est que billevesées ou plutôt déni d’une réalité. Cette entité idéologique et religieuse à l’attrait dévastateur, installée dans une zone géographique aux contours flous, s’érige en contre-modèle de l’Occident.

mercredi, mai 4 2016

Portrait des habitants des quartiers de la politique de la ville

4 05 2016

Cite_des_4000_La_Courneuve.jpgEn France métropolitaine, 4,8 millions de personnes vivent dans les 1 300 quartiers de la politique de la ville. La population de ces quartiers, de par leur définition même, est fréquemment touchée par la pauvreté. Les habitants sont plus jeunes qu'en moyenne dans la population urbaine. Il s'agit également plus souvent de familles nombreuses ou monoparentales ou d'étrangers. Au-delà de la pauvreté monétaire, la population des quartiers de la politique de la ville présente des fragilités dans plusieurs domaines. Notamment, elle s'insère difficilement sur le marché du travail et manque de formation et de qualification. Dans les quartiers de la politique de la ville, le logement social est très présent : 8 logements sociaux pour 10 ménages, soit trois fois plus que dans l'urbain englobant ces quartiers.

Photo : (cc) Hadrien Sayf/Flick

mardi, mai 3 2016

Quand le sport jongle avec les nationalités

3 05 2016

Plein_Droit_108.jpgA chaque compétition sportive internationale, hymnes nationaux et drapeaux réveillent les plus forts sentiments nationaux. Dans le même temps, se pose à chaque occasion la question de la composition des sélections nationales, du nombre de sportifs naturalisés quand ce n’est pas la question de la couleur de la peau ou de la religion de ceux qui nous représentent. Dans un cas, l’éthique sportive serait en cause, dans l’autre, il en irait de l’image de la nation.
Y aurait-il une nationalité administrative et une nationalité sportive qui relèveraient de deux ordres juridiques différents? Dans les faits, on constate que chaque fédération sportive élabore ses propres règles, indépendamment du code civil. Et si à chaque compétition sportive, hymnes nationaux et drapeaux réveillent les plus forts sentiments nationaux, il s’agit là d’une fierté qui repose sur une fiction car les véritables règles qui s’appliquent sont liées à la domination d’une nation dans un sport ou à des enjeux financiers.

lundi, mai 2 2016

Un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime

2 05 2016

Des_policiers_en_civil_aspergent_des_manifestants.jpgDans ce rapport entre violence légitime et illégitime se joue la possibilité de quatre composantes d’une mobilisation sociale de faire leur jonction ou non : la classe ouvrière, les quartiers populaires, les couches moyennes précarisées et la gauche radicale. Cette jonction est apparue jusqu’à maintenant improbable, car ne s’appuyant pas sur un rapport social commun, notamment le rapport au travail.
Le but de la violence légitime est de faire apparaître comme illégitime toute opposition à sa violence. Ceux qui sont dépositaires de cette violence légitime sont les corps constitués de l’État, en l’occurrence la police et l’armée. Ce qui s’est passé ce 1er mai à Paris est un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime.

Photo : lemonde.fr

dimanche, mai 1 2016

Manifestations : quelles stratégies policières et quelles consignes gouvernementales ?

1 05 2016

intervention_CRS_manifestation_avril_2016.jpgAlors que des manifestations se déroulent comme tous les 1er mai, mais dans un contexte de tensions sociales et politiques croissantes, des questions se posent de plus en plus sur les stratégies policières et les consignes gouvernementales. L'existence de groupes de "casseurs" ne fait aucun doute, généralement des petits groupes se réclamant de l'extrême gauche ou de l'anarchisme, qui ne viennent pas pour manifester pacifiquement et qui n'hésitent pas à blesser des policiers. Le fait est classique et ces groupuscules sont bien connus des services de renseignement. Mais les actions policières ne semblent pas nécessairement destinées à les isoler et les empêcher de nuire. Les consignes de fermeté et d'interpellations se multiplient, prenant parfois les allures d'une politique du chiffre. Les policiers - que l'on sait très fatigués par leur intense mobilisation depuis l'état d'urgence - apparaissent souvent très nerveux, se tenant trop proches des manifestants, intervenant dès le départ des manifestations et non simplement au moment où les cortèges se dispersent, "arrosant" trop indifféremment de gaz les manifestants, tout cela au risque de tomber dans la provocation et d'aggraver les problèmes. Les cas de violences illégitimes se multiplient. Des questions se posent sur l'usage des pistolets Flash-Ball, sur des façons de tirer les grenades lacrymogènes, sur les coups portés à des personnes déjà menottées et se tenant tranquilles. La bonne stratégie se serait-elle pas plutôt de se tenir le plus à distance possible, de n'intervenir qu'en cas d'incidents ingérables par les services d'ordre des syndicats et de travailler en amont sur les groupes de casseurs plutôt que d'attendre qu'ils agissent ?

Photo : lemonde.fr

samedi, avril 30 2016

La situation des migrants subsahariens en France

30 04 2016

migrants_sdf.jpgSix à sept ans après leur arrivée en France, la moitié des migrants d’Afrique subsaharienne n’ont toujours pas les rois éléments d’installation que sont un titre de séjour d’au moins un an, un logement personnel, et un travail. Au bout de onze à douze ans, c’est encore le cas d’un quart d’entre eux. Cette longue période de précarité après l’arrivée en France tient plus aux conditions d’accueil (longueur du processus de régularisation, marché du travail segmenté, discriminations) qu’aux caractéristiques individuelles des arrivants. La situation des migrants subsahariens finit par se stabiliser, mais pour beaucoup d’entre eux, c’est au prix du passage par une longue période d’insécurité.

Photo : lequotidiendumedecin.fr

vendredi, avril 29 2016

La loi face aux discours racistes

29 04 2016

Racisme_Taubira_banane.jpgPourquoi, comment, réprimer pénalement les propos racistes en France ? La France n’est-elle pas une démocratie dans laquelle la liberté d’expression est une valeur centrale, souvent réaffirmée dans le cas de discours pornographiques ou blasphématoires ? Est-il légitime que les propos racistes fassent l’objet d’une répression, que certains n’hésitent pas à qualifier de « terreur judiciaire », alors qu’ils sont présentés par ceux les tiennent ou les soutiennent comme des exemples du « politiquement incorrect » luttant contre « la bien-pensance », ou comme de simples occurrences de maladresse, voire de bêtise – qui n’est pas un délit légalement sanctionné ? Pourquoi une telle intransigeance, souvent présentée comme spécifiquement française, dans le traitement pénal des discours racistes ? Deux ouvrages récents, celui de Gwénaële Calvès, juriste, et celui de Ulysse Korolitski, philosophe et politiste, donnent des clés essentielles pour comprendre la justification et le fonctionnement du droit français de la répression des propos racistes.

jeudi, avril 28 2016

Police : la fin de l'état de grâce ?

28 04 2016

welcome_to_reality.jpgAprès les attentats de janvier puis de novembre 2015, le capital sympathie des policiers auprès de la population n'avait jamais été aussi élevé. Cependant, deux rapports récents, l'un sur les contrôles d'identité jugés abusifs, l'autre sur les violences policières en France, viennent remettre en cause le travail quotidien des membres des forces de l'ordre. Faut-il y voir un signe de la fin de l'état de grâce dont bénéficiaient les policiers depuis quelques mois ? Comment et pourquoi des associations en viennent-elles à se mêler des questions de sécurité ? Les policiers français sont-ils si mauvais ?

mercredi, avril 27 2016

Sécurité, rôle des maires, ZSP, vidéo-surveillance, radicalisation... petite interview

27 04 2016

Logo_Gazette_des_communes.pngAlors que l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux, qu’il a dirigé pendant 5 ans, a quasiment fermé ses portes en décembre dernier, le sociologue Laurent Mucchielli revient, dans un livre qui paraît ce mois-ci, sur les enseignements de ce « laboratoire » unique en France. Intitulé « Délinquances, police, justice – enquêtes à Marseille et en région Paca », l’ouvrage présente les principales études issues de cet Observatoire et bat en brèche les idées reçues sur la violence supposée de la capitale phocéenne et de sa région.
Au-delà de l’étude de terrain, Laurent Mucchielli livre une série de réflexions sur la mission de l’Observatoire visant à accompagner les communes dans la définition d’un diagnostic et dans l’élaboration de leurs politiques locales de sécurité. C’est sur le bilan de ce partenariat inédit entre le monde de la recherche et des collectivités territoriales et plus largement sur le pilotage des politiques locales de sécurité et de prévention de la délinquance que le Club prévention sécurité de la Gazette l’a interviewé. L’occasion de revenir sur l’évolution du rôle du maire en matière de sécurité, sur fond d’état d’urgence et de lutte contre le terrorisme.

mardi, avril 26 2016

La prise en charge des mineures délinquantes par la Protection Judiciaire de la Jeunesse

26 04 2016

Filles_delinquantes.jpgAu début de l'année 2011, à Nice, une douzaine de jeunes filles (parfois accompagnées de garçons), des adolescentes âgées de 12,5 ans à 16 ans, agressent de façon virulente, d'autres adolescents (principalement des filles), pour un regard, un sac, un téléphone portable ou un vêtement. Durant trois mois, entre janvier et mars 2011, ces jeunes filles vont aller et venir dans la ville, en frappant violemment plusieurs victimes.
A quelques mois d'intervalle, un phénomène similaire se produit. Certaines des jeunes filles appartenant au premier groupe commettent à nouveau des violences et des vols avec violence avec de nouvelles jeunes filles. Nice n'est plus l'unique lieu de ce type d'agressions (la zone d'action s'étend entre Nice et Cannes), et aux vols avec violences ou aux violences simples, vont s'ajouter les vols simples dans de grandes enseignes types Cap 3000, Galeries Lafayette, etc. En outre, ces jeunes filles sont repérées comme étant sous l'influence d'adultes dont elles sont victime.

Illustration : encyclocine.com

lundi, avril 25 2016

Ventes d'armes: l'obsession saoudienne de la France

25 04 2016

Exportations_d__armement_de_la_France.jpgCe lundi 25 avril, le ministre de la défense saoudien est de nouveau à Paris pour négocier la signature de contrats de matériels militaires. Accusée de commettre des crimes de guerre au Yémen, l’Arabie saoudite est devenue une obsession de la République française, version François Hollande.
C’est un fait : la France livre des armes à un pays qui commet, comme plusieurs ONG et rapports de l’ONU l'ont mis en évidence, des crimes de guerre au Yémen. La coalition menée par l’Arabie saoudite bombarde des marchés, lieux de mariage, habitations… Les rapports en ce sens se sont multipliés, tout comme les victimes civiles, qui se montent déjà à plus de 5 000 Yéménites. Un contexte qui a même conduit le Parlement européen à voter une résolution appelant au boycott des ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

dimanche, avril 24 2016

Traite des êtres humains, esclavage moderne : femmes et mineurs, premières victimes

24 04 2016

esclavage.jpgSelon les Nations Unies et le Conseil de l'Europe, la traite des êtres humains serait la troisième forme de trafic la plus répandue dans le monde après le trafic de drogue et le trafic d'armes. Elle ne générerait pas moins de 32 milliards d'euros de « chiffre d'affaires » annuel, dont trois milliards d'euros rien qu'en Europe. Comme l'a rappelé Michèle Ramis, ambassadrice chargée de la lutte contre la criminalité organisée, lors de son audition par la délégation, le 29 octobre 2015, la traite des êtres humains revêt différentes dimensions, qui ne se limitent pas à l'exploitation sexuelle, forme la plus répandue de traite des êtres humains, dans une proportion de 53 %, et qui concerne à 97 % des victimes de sexe féminin. Elle est majoritaire en Europe par rapport aux autres formes de traite. Ces dernières relèvent, pour leur part, de ce que l'on pourrait qualifier « d'esclavage moderne ».

Photo : diplomatie.gouv.fr

samedi, avril 23 2016

La plus grande escroquerie que la France ait connue

23 04 2016

CO2.jpgIl est, pour la justice, l’un des « organisateurs » du “hold-up du siècle” : l’arnaque au CO2, qui a coûté, entre 2008 et 2009, 1,6 milliard d’euros aux contribuables français. Son nom est aussi cité dans plusieurs affaires de meurtres liés au magot et à des acteurs du CO2. Il vient par ailleurs de sortir de prison, où il a passé plusieurs mois en détention provisoire, pour avoir fait enlever et séquestrer en 2015 un financier suisse de renom.
Au fil des ans et des enquêtes, Arnaud Mimran s’est taillé une place à part dans les couloirs des palais de justice de France et dans les milieux interlopes de Paris. Mais il est aussi, et peut-être surtout, un homme qui sait s’entourer. De nombreux documents et témoignages recueillis ces derniers mois par Mediapart décrivent une nébuleuse flamboyante dans laquelle Arnaud Mimran évolue depuis quinze ans, entre politiques, showbiz, affairisme et accointances policières. On y croise tout à la fois le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le champion de boxe Farid Khider, le chanteur et acteur Patrick Bruel, l’homme d’affaires Pierre Botton, le député Meyer Habib et bien d’autres…

Photo : observatoiredesgaspillages.com

vendredi, avril 22 2016

Sécurité : les annonces fracassantes de certains nouveaux présidents de région

22 04 2016

Securite_Voiture-de-Police0-247x165.jpgSi la sécurité publique n’a jamais été une compétence régionale, l’actualité dramatique de l’année 2015 s’est invitée dans les élections régionales de décembre dernier. Trois présidents élus, parmi les figures du parti Les Républicains – Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Christian Estrosi – avaient annoncé leurs intentions pendant la campagne. Quatre mois après les élections, les trois conseils régionaux ont adopté ces derniers jours leur budget. Quelle part y est consacrée pour la sécurité ? Les engagements ont-ils été respectés ?
Très médiatisé au cours de la campagne de la fin 2015 suite à l’attentat manqué du Thalys et à celui meurtrier du 13 novembre, le « bouclier de sécurité » de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a été voté le 6 avril en plénière. A vrai dire, à l’instar de la région PACA, cela fait plusieurs années que la région francilienne s’intéresse à la sécurité et prévoit chaque année une enveloppe, principalement destinée à soutenir la construction de commissariat ou encore à financer une partie du parc de caméras de vidéosurveillance sur le territoire.

jeudi, avril 21 2016

Prostitution : les contours du nouvel arsenal pénal

21 04 2016

prostitution1-247x165.jpgObjet de vives controverses lors du débat parlementaire, la loi visant à renforcer la lutte contre la prostitution est parue au Journal officiel du 14 avril 2016. Fort de ses 23 articles, le texte comporte une série de mesures pour protéger les victimes et créée un parcours de sortie de la prostitution.
La loi pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 avait expressément rétabli la pénalisation du racolage dit « passif » et élevé l’infraction au rang de délit, ouvrant ainsi la voie à des poursuites devant le tribunal correctionnel et à l’emprisonnement des intéressés, l’infraction étant punie de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. En 2013, un rapport sénatorial pointait du doigt les incertitudes juridiques qui entouraient le champ exact de l’infraction de racolage, ainsi que le nombre de poursuites et de condamnations relativement faible au regard des personnes interpellées pour racolage public.

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