lundi, août 3 2015

Délinquance des élus : l'actualité du Var

3 08 2015

Le_Var.jpgL’application en mars 2015 du nouveau mode d’élection des conseillers départementaux a induit des changements importants : les cantons ont été redessinés, leur nombre a été divisé par deux, et chacun d’entre eux élit deux conseillers : une femme et un homme.
Le canton de La Crau, dans le département du Var, regroupe les communes suivantes : La Crau, La-Londe-les-Maures, Bormes-les-Mimosas, Le Lavandou, Le Rayol et un fragment de la commune de Hyères. Le binôme UMP-UDI — Unité de la Droite — qu’il a élu en mars 2015 était constitué de Marc Giraud, 1er vice-président du Conseil général du Var et maire de Carqueiranne, et de Patricia Arnould. Cette dernière était fonctionnaire territoriale de la commune de Carqueiranne ; élue municipale de La Crau en 2008, elle est devenue 1ère adjointe à La Crau en 2014. Quant à Marc Giraud, suite à la victoire électorale de la droite en mars 2015, il a été élu président du conseil départemental du Var.
Tous deux ont affaire avec la justice. Après des gardes à vue de 24 à 48 heures, ils ont été mis en examen et libérés sous contrôle judiciaire.

Image : forum.femmeactuelle.fr

dimanche, août 2 2015

L’antidopage français est-il en crise ?

2 08 2015

4677155_7_89a2_au-laboratoire-de-chatenay-malabry-en-2008.jpg« J’avais installé une alerte Google sur l’AFLD. Un jour, j’ai fini par me demander si elle n’était pas en panne. » C’est un salarié de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) qui le dit. Comme la plupart de ses collègues, il se désole de l’état de déliquescence de la lutte antidopage en France. La situation commence à être prise au sérieux par le gouvernement  : le président de l’AFLD, Bruno Genevois, a été reçu jeudi 9 juillet, à leur demande, par le ministre des sports, ­Patrick Kanner, et son secrétaire d’Etat, Thierry Braillard. En plein Tour de France et dans le contexte de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024, il devient urgent pour l’agence de sortir de la situation dans laquelle elle s’est toute seule empêtrée.

jeudi, juillet 30 2015

Délinquance et justice des mineurs : le ministère fait le bilan

30 07 2015

justice_des_enfants_et_des_adolescents.jpgLa justice des mineurs a connu des changements importants depuis trente ans, dans des directions parfois opposées, au point que le sentiment de crise et de perte de références ont pu dominer les débats récents. C’est pourquoi nous avons voulu réaliser un état des connaissances relatif à la délinquance juvénile, aux réponses judiciaires et aux modalités de prise en charge, appuyé sur les travaux des chercheurs, les publications des professionnels ou les rapports des parlementaires et des autorités publiques. L’objectif de ce travail était de mieux comprendre les questions posées par les évolutions de la société et de la justice des mineurs. La journée du 2 février 2015 a permis de confronter ces travaux à la discussion et de mieux saisir les évolutions contemporaines.

mardi, juillet 28 2015

La mise en place d’un répertoire public de délinquants sexuels aux États-Unis

28 07 2015

Fichier.jpgÀ travers l’étude de la mise en place de la « loi de Megan » suscitée par une panique morale liée au meurtre d’une fillette par un délinquant sexuel (New Jersey, 1994), l’article vise à comprendre en quoi une même réponse pénale peut être sous-tendue par deux rationalités de contrôle du crime apparemment étrangères sinon incompatibles entre elles. À partir du cas étudié, sont mises à jour, d’un côté, la présence d’une approche de politique expressive « dure avec le crime » et peu nuancée relevant de la souveraineté ; de l’autre, une logique aseptisée de gestion du risque visant l’efficacité, relevant d’une rationalité post-disciplinaire. L’analyse montre que si certaines incompatibilités entre les deux rationalités demeurent évidentes, certaines circonstances et caractéristiques internes les rendent étonnement complémentaires.

dimanche, juillet 26 2015

Des caméras sur les policiers, proviseurs, parents... et puis qui encore ?

26 07 2015

photo_rue89_camera_police.jpgÇa a d’abord commencé par les policiers. Pourquoi ne pas les équiper de caméras pour enregistrer leurs interactions avec les citoyens ? Comme ça, en cas de plainte d’un côté ou de l’autre, en cas de bavure, il suffit de visionner les images pour constater d’où vient la faute.
Dans les faits, c’est un peu plus compliqué que cela, et l’équipement des forces de l’ordre de caméras soulève un grand nombre de problèmes (qui déclenche ? combien de temps sont conservées les images ? qui les conserve ? etc). Mais ça n’a a pas empêché que la pratique soit en pleine expansion et franchisse l’Atlantique pour arriver jusqu’à nous.
Et voici qu’après les policiers, une autre catégorie de personnels pourrait bientôt en être doté : le personnel scolaire. C’est ce qu’une école du sud de l’Iowa a récemment décidé. Doter chaque encadrant d’une body-caméra qui filmerait ses interactions avec les élèves et avec les parents.

vendredi, juillet 24 2015

La prison ou la fuite

24 07 2015

on_the_run.jpgPremier ouvrage d’Alice Goffman, jeune professeure à l’Université du Wisconsin, On the Run est l’une des attractions éditoriales du moment, non seulement en sociologie mais aussi, plus généralement, dans le vaste univers de la non-fiction américaine. Un an à peine après sa parution aux presses de l’Université de Chicago, l’ouvrage a déjà été l’objet d’une seconde édition. La présentation du livre, par son auteure elle-même, sur le site internet TED, plate-forme de diffusion de la connaissance, a déjà été vue près de 900 000 fois depuis sa mise en ligne il y a trois mois. Le prestige a cependant ses revers. Souvent encensé, l’ouvrage est aussi sévèrement critiqué, plaçant son auteure au cœur d’une controverse dont l’écho est parvenu jusqu’au New York Times.
Plusieurs raisons peuvent expliquer le succès que connaît cet ouvrage. Son point de départ, tout d’abord, interpelle : l’expérience quotidienne de sept jeunes d’un quartier noir de Philadelphie, dont les actions, les relations et les perceptions, y compris les plus ordinaires et les plus intimes, sont structurées par l’activité des agents du système pénal, tour à tour chargés de les surveiller, les traquer, les poursuivre, les arrêter, les juger, les contraindre et les enfermer.

mercredi, juillet 22 2015

Jeunesse, violence et territoires au Brésil et en France

22 07 2015

favela.jpgNos sociétés oscillent souvent entre deux images de la jeunesse : l’une, plutôt sombre, qui se réfère à une jeunesse à risques et victime ; l’autre beaucoup moins accentuée, d’une jeunesse « moteur de changement, innovatrice » et qui aurait les capacités, si on la soutient, d’aboutir à une inscription sociale via l’insertion socio-professionnelle et l’alliance matrimoniale. Les enquêtes récentes montrent également que les jeunes sont les principales victimes de la crise économique, que globalement ils se paupérisent, au moins en France et dans les pays du sud de l’Europe, et que le capital culturel accroît l’éclatement de la catégorie « jeunesse ». Au Brésil, si le phénomène des enfants de rue a régressé par les dispositifs mis en place par le gouvernement de Lula, notamment par la bolsa familia en vue de scolariser les enfants en contrepartie d’une aide financière à la famille, beaucoup d’enfants vivent des situations de pauvreté et les révoltes des jeunes des classes moyennes de 2014 montrent aussi les difficultés d’insertion avec la récession qui a touché le Brésil.

lundi, juillet 20 2015

Faut-il montrer les images de violence ?

20 07 2015

image_LVI_2.jpgLes images de Darius, jeune Rom lynché en 2014 en Seine-Saint-Denis, et laissé pour mort dans un chariot de supermarché, n’ont pas été diffusées par la presse française. La découverte de ces images sur les sites web des médias étrangers est un choc pour qui ignorait leur existence. Ce qu’on y voit est saisissant : un visage ensanglanté et boursouflé, un quasi-cadavre, dont on pourrait croire qu’il est celui d’une victime de guerre, alors que l’agression s’est produite à quelques kilomètres de Paris.
Dans le flux ininterrompu des informations télévisées et de la presse papier, nombre d’images de violence sont en fait absentes. Cette assertion peut sembler contre-intuitive, tant il semble que la mort, les attentats ou les guerres forment la matière même des nouvelles que nous recevons. Elles relèvent cependant davantage du « dire » que du « montrer », et les spectateurs français n’ont parfois pas connaissance de diverses images relatives à des événements qui se sont déroulés dans leur propre pays.

samedi, juillet 18 2015

L'exploitation des migrants par le travail

18 07 2015

fra-2015-severe_labour_exploitation.jpgLes consommateurs ne savent souvent pas que les aliments qu'ils mangent ou que les vêtements qu'ils achètent ont peut-être été produits par des personnes dans des conditions d'exploitation grave par le travail. Bien qu’il existe une législation de l’UE interdisant des formes graves d'exploitation par le travail, un nouveau rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l'UE (FRA) révèle que les travailleurs migrants provenant de pays de l’UE et de pays hors-UE risquent d'en devenir les victimes.

Malgré cela, employer un travailleur migrant dans des conditions de travail particulièrement abusives est punissable dans certains États membres de l’UE d'une peine maximale inférieure à deux ans, une sanction qui ne reflète pas la gravité des violations des droits fondamentaux en cause.


jeudi, juillet 16 2015

Le sens de la République

16 07 2015

le_sens_de_la_republique.jpgA chaque attentat, ceux de janvier comme les derniers de juin, la France ne cesse d’en appeler à la République et de reconsidérer son rapport aux étrangers. L’historien Patrick Weil publie un livre qui dégonfle les paniques et les envolées sur une France qui n’aimerait pas l’autre.
Sommes-nous engagés dans une «guerre de civilisations» comme le dit le Premier ministre ?
Associer le criminel qui a sévi dans l’Isère à une civilisation, c’est lui donner toute une importance qu’il recherche. Or, cet homme est à l’inverse de la civilisation. C’est un barbare, puisque toutes les civilisations, qu’elles soient occidentales ou orientales, interviennent justement pour juguler les pulsions de mort et interdire de se faire justice soi-même. La plupart de ceux qui ont mené des attaques terroristes en France correspondent en fait à la figure du «perdant radical» décrite par l’écrivain Hans Magnus Enzensberger. Invisible, attendant son heure, il veut mourir en tuant le plus possible tout en attirant l’attention du monde entier qui ne s’était jamais intéressé à lui. Je range dans cette catégorie aussi bien Andreas Lubitz, le copilote de la Germanwings, qu’Anders Breivik, le terroriste norvégien d’extrême droite, et bien sûr Mohammed Merah et les frères Kouachi. Trouver refuge dans un groupe radical, religieux ou non, décuple leur force. Mais, il ne faut pas associer ces «perdants radicaux», avec la montée de la religiosité en France. La foi de ces tueurs est souvent récente, elle n’est pas la cause mais, instrumentalisée, le prétexte de l’action.

mercredi, juillet 15 2015

Chassant le terrorisme, le Sénat accouche d’une escroquerie

15 07 2015

photo_rue89.jpgRécapitulons : dans la foulée des attentats de janvier, le Sénat avait donc décrété la formation d’une commission d’enquête portant non pas, comme la chose aurait été légitime, sur les attentats eux-mêmes et leurs multiples imbrications mais sur la responsabilité imputée à l’école et au système éducatif dans son ensemble, suite aux ratés rencontrés dans quelques établissements au cours d’une bien malencontreuse minute de silence.
Six mois plus tard, la commission accouche d’un consternant rapport, écrit d’avance comme c’était prévisible, pompeusement intitulé « Faire revenir la République à l’école ». Le problème, c’est qu’arrivé au bout des 241 pages du rapport et des 605 pages d’annexes, on ne sait toujours pas de quelle république il s’agit… même si l’on se doute de quelque chose.

mardi, juillet 14 2015

Assez de sécurité mais pas assez de liberté et de justice pour le Parlement européen

14 07 2015

security.jpgLe Parlement européen vient de se prononcer cette semaine sur un rejet très clair de tout amalgame : immigration illégale-terrorisme, insécurité-migrants et Islam et terrorisme. Approuvée après le drame de Saint-Quentin-Fallavier, les députés européens saluent dans cette résolution les mesures de sécurité préconisées à l’échelon européen et valident par la même occasion les grands axes du "Programme européen de sécurité" présenté par la Commission européenne en avril dernier, et validé par les 28 ministres de l’Intérieur en juin. Cependant, très critiques, ils déplorent l’absence de la dimension "justice" et "prévention", tout en insistant sur le fait que, pour lutter efficacement contre la criminalité, il convient de s’intéresser à ses causes profondes, notamment la montée des inégalités, la pauvreté et les violences raciales. Seule sera efficace, d’après eux, une approche plus large fondée sur une action au niveau social, au niveau de l'emploi et au niveau de l'éducation.

lundi, juillet 13 2015

Comment réduire les risques liés à la surveillance électronique ?

13 07 2015

surveillance_net.jpgLes multiples révélations d’Edward Snowden concernant les dérives des programmes de surveillance de la NSA ont bien montré que les États-Unis et leurs alliés (mais ce ne sont pas les seuls) écoutent et traitent massivement les informations de gouvernements étrangers, d’entreprises et de citoyens (majoritairement non américains) souvent par l’intermédiaire de compagnies telles que Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, AOL, Apple… En plus de cette surveillance étatique, un utilisateur peut aussi être la cible d’entreprises commerciales et de pirates informatiques mal intentionnés. Conformément à son objet social de protection des individus face aux risques de l’informatique, le CECIL vous propose un recueil de fiches pratiques pour découvrir, pas à pas, des outils visant à mieux maitriser les informations exposées, protéger la vie privée et les libertés fondamentales. Il ne s’agit pas ici d’être exhaustif, mais de faire (re)découvrir au citoyen inquiet, quoique peu connaisseur, une sélection de techniques de base.

Image : francebleu.fr

dimanche, juillet 12 2015

Humaniser la peine ? Enquête en maison d’arrêt

12 07 2015

humaniser_la_peine.jpgZone non droit, la prison ? N’est-elle pas plutôt un lieu saturé de droit, de réglementations, de procédures ? De réforme en réforme, le droit est entré en prison de multiples façons : alignement de l’ordre carcéral sur le « droit commun », rôle de l’avocat et du juge d’application des peines, juridicisation des métiers pénitentiaires, aide juridique pour les détenus... Ces évolutions coïncident avec une augmentation du recours à l’incarcération qui frappe de manière disproportionnée les jeunes hommes de milieu populaire et des minorités ethnico-raciales. Que signifie alors, au quotidien, ce droit qui est censé humaniser et moderniser l’institution ?
Ce livre apporte un regard nouveau sur ces questions car il repose sur une enquête en immersion dans deux maisons d’arrêt. Il s’intéresse au travail concret des professionnels sous contrainte gestionnaire. Il analyse l’expérience sociale de l’incarcération et le sentiment d’injustice. Bref, il montre les logiques contradictoires de l’institution : une administration qui prive de droits tout en prétendant faire entrer dans le droit, qui porte la philosophie de l’individualisation de la peine mais ne fait guère plus que de la gestion des stocks et des flux.

samedi, juillet 11 2015

Les morts violentes au sein du couple en 2014

11 07 2015

violence_conjugale.jpgÉtabli par la Direction Générale de la Police Nationale, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale et la Délégation aux Victimes du ministère de l’Intérieur, ce rapport fait apparaître une légère diminution des morts violentes au sein du couple l’année dernière : au total, on relève 202 décès, soit 19 de moins qu’en 2013, et une baisse de 8,5%.
118 femmes sont décédées au cours de l’année écoulée, victimes de leur compagnon ou de leur ex-compagnon. En moyenne, une femme décède tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. 7 enfants sont également décédés concomitamment à l’homicide de leur père ou de leur mère. 25 hommes sont par ailleurs décédés, victimes de leur compagne, compagnon ou ex-compagne, 5 étant eux-mêmes auteurs de violences.
En incluant les suicides des auteurs et les homicides de victimes collatérales, ces violences ont occasionné au total le décès de 202 personnes.

Photo : lamed.fr

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