dimanche, février 26 2017

La misère cachée de la lutte anticorruption

26 02 2017

C_est_la_deche.jpgVingtième étage d’une tour en verre et acier. Dans de vastes bureaux dotés d’ordinateurs dernier cri et de moyens d’interception puissants, un groupe de soixante enquêteurs spécialisés s’active sur une grosse affaire de corruption, des centaines de millions d’euros détournés. Quinze voitures flambant neuves et d’importants renforts sont déjà mobilisés pour les perquisitions, arrestations et saisies prévues le lendemain à l’aube, en concertation avec plusieurs services étrangers... Cette scène de film a bien peu de chances de devenir un jour une réalité française. Dans les faits, la lutte contre la délinquance économique et financière est éclatée entre plusieurs pôles aux moyens assez modestes, parfois sous la taille critique, et l’ensemble des services disséminés dans le pays a des allures de mille-feuille.

Photo : sinemensuel.com

samedi, février 25 2017

Comment se construisent les inégalités scolaires au fil des trajectoires des élèves ?

25 02 2017

ecole.pngLes dernières données nationales permettant de suivre un échantillon représentatif des élèves de la 6e vers le baccalauréat révélaient, en 2005, que 87 % des enfants d’enseignants obtiennent ce diplôme, contre seulement 39 % des enfants d’ouvriers non qualifiés. Partant de ce constat, Joanie Cayouette-Remblière s’est proposé de suivre au plus près les parcours scolaires de deux cohortes d’élèves, de leur entrée au collège jusqu’à leur éventuel accès au baccalauréat. Les résultats de ce travail permettent de voir que, loin d’être données, ces inégalités se construisent, pas à pas, au sein du système scolaire.

Illustration : ac-grenoble.fr

vendredi, février 24 2017

Protection de l’enfance : ce qui change avec la loi du 14 mars 2016 et ses décrets

24 02 2017

protection_de_l__enfance.jpgLa loi du 14 mars 2016 marque une évolution importante de la protection de l’enfance. Elle était commentée sur ce site. Elle supposait toutefois de nombreux décrets qui sont désormais publiés, près de 9 mois après.
Au total, ce sont 11 décrets dont il nous faut préciser les points saillants. Parmi eux, certains sont extrêmement précis et encadreront de manière très stricte le contenu des informations préoccupantes et du projet pour l’enfant.

Illustration : gazette-sante-social.fr

jeudi, février 23 2017

La prise en charge de la déradicalisation en France : un échec ?

23 02 2017

le-centre-de-prevention-d-insertion-et-de_.jpgLa prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec » et les pouvoirs publics doivent changer de « concept », selon un rapport des sénatrices Esther Benbassa et Catherine Troendlé, en charge de la mission d’information baptisée « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ».
« Le gouvernement était en panique à la suite des attentats. Et c’est la panique qui a guidé ses actions. Le temps du politique est court, il fallait rassurer la population », rappelle la sénatrice écologiste, qui revient point par point sur les différentes méthodes utilisées.

Photo : lemonde.fr

Les députés jugent (enfin) que l’état d’urgence n’est plus utile

23 02 2017

recherche-d-explosifs-par-la-brigade-canine.jpgLa perplexité, voire la gêne, a dominé la discussion consacrée à l’état d’urgence, mercredi 22 février, à la commission des lois de l’Assemblée nationale. Pour sa dernière réunion de la législature, elle examinait le rapport d’étape sur le contrôle des mesures de l’état d’urgence.
Le constat est partagé : l’état d’urgence ne sert plus à grand-chose. Mais personne ne voit comment en sortir. Le député de Loire-Atlantique Dominique Raimbourg, président (Parti socialiste, PS) de la commission des lois, a détaillé comment « l’activité au titre de l’état d’urgence est très réduite » depuis le 22 décembre 2016, date de sa prorogation jusqu’au lendemain des élections présidentielle et législatives.

Photo : lemonde.fr

mercredi, février 22 2017

Les jeunes, ces citoyens de seconde zone

22 02 2017

jeunesse_sacrifiee.jpgLe 1er décembre dernier, le Président François Hollande annonçait qu’il renonçait à briguer un second mandat. Cinq ans plus tôt, il se présentait comme le candidat de la jeunesse, affirmant que les jeunes vivraient mieux en 2017 qu’en 2012. Durant cette période de cinq ans, il a mis en place une série de réformes dans le cadre du programme Priorité Jeunesse en vue de favoriser l’autonomie des jeunes. Deux questions émergent alors. D’une part, quelles sont les caractéristiques des politiques publiques visant à promouvoir l’autonomie des jeunes en France en général ? Et d’autre part, dans quelle mesure les réformes adoptées par le gouvernement sous la Présidence Hollande infléchissent-elles le contexte institutionnel qui leur préexistait ?

Photo : ladepeche.fr

mardi, février 21 2017

Les prisonniers vont-ils pouvoir exercer leur droit de vote ?

21 02 2017
Prison_de_Brest.jpgIls sont environ 50 000 prisonniers à conserver leur droit de vote si on exclut les mineurs, les étrangers et les condamnés expressément déchus de leurs droits civiques, rappelle dans un communiqué datant de novembre 2016 l’association Robin des lois (RDL) qui bataille depuis 2014 pour l’installation d’urnes dans les établissements pénitentiaires. A ce jour, le vote par procuration ou la demande de permission pour aller déposer son bulletin (seulement valable pour les condamnés, non pour les prévenus) restent très difficiles à mettre en œuvre, comme en fait état le rapport annuel 2013 (après la présidentielle 2012) du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), et ce, malgré la loi pénitentiaire de 2009 qui donne désormais au détenu la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales de la commune où il se trouve détenu.

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lundi, février 20 2017

Délinquance des mineurs : la diversion de M. Fillon

20 02 2017

Diversion.pngPatrick Buisson et ses enregistrements nous manquent. On aurait tant aimé entendre la conversation récente entre le candidat Fillon et l’ex chef d’État Nicolas Sarkozy. A défaut imaginons là !
F. Fillon : « Que me conseilles-tu, fort de ton expérience, pour relancer ma campagne ? ».
N. Sarkozy : « Écoutes je crois que le thème du travailler plus… va être difficile vu le contexte. La lutte contre les fraudes aux prestations et abus de droit, il vaut mieux oublier. Cela risque d’entrainer des réactions cyniques. Il te reste trois têtes de gondole, testées et approuvées. L’islam mais tu l’as déjà fait dans ton livre. L’immigration. C’est sans risque et rapporte beaucoup de voix. Et bien sur la délinquance des mineurs. Les jeunes ne votent pas, par contre notre électorat y est très sensible ».

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dimanche, février 19 2017

La déradicalisation : mission impossible ?

19 02 2017

Esther_Benbassa.jpgDans un entretien exclusif à la Gazette des communes, la sénatrice (EELV) Esther Benbassa, lève le voile sur les premières conclusions de sa mission d’information sur la déradicalisation. L’occasion de livrer son point de vue, sans langue de bois, sur les polémiques qui visent la prise en charge des candidats au djihad.
Elle déclare ainsi : « Ce que nous avons découvert est quelque peu déroutant parce qu’inattendu. L’impression générale est que les pouvoirs publics, pressés de rassurer la population, ont débloqué beaucoup d’argent pour mettre en œuvre cette « déradicalisation ». Mais le résultat n’est pas assez sérieux et confine au bricolage. Une bonne partie des associations et des structures subventionnées n’ont pas les compétences pour investir ce sujet. On peut parler d’un relatif fiasco ».

vendredi, février 17 2017

La solidarité peut-elle être punie ?

17 02 2017

Cedric_Herrou.jpgOn entend beaucoup parler ces derniers temps de « délit de solidarité ». Il viserait les personnes ayant apporté une aide à des étrangers en situation irrégulière sur notre territoire et permettrait de les réprimer, comme sont réprimés les étrangers eux-mêmes pour le délit d’entrée ou de séjour irréguliers.
Ces étrangers « sans papiers » ne sont pas nécessairement des « clandestins » : selon une étude publiée en 2002 par le Ministère de l’Intérieur, 90% des étrangers en situation irrégulière en France étaient entrés légalement. Certains se retrouvent dans l’illégalité par exemple parce qu’ils n’ont pas pu obtenir de titre de séjour à l’expiration de leur visa ou parce qu’ils n’ont pas obtenu le renouvellement de leur carte temporaire de séjour. Il y a aussi des migrants qui sont entrés sans autorisation en France sous le coup d’une situation d’urgence liée à la guerre ou aux persécutions dans leur pays ou encore à la famine qui y sévit. Ceux-là ont traversé la Méditerranée et plusieurs pays au péril de leur vie pour venir demander l’asile ou trouver ici des conditions de survie.

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mercredi, février 15 2017

La persistance des mauvaises relations police-jeunes : jusqu’à quand ?

15 02 2017

Adama_Theo_Police.jpgL’affaire « Théo » vient s’ajouter à la longue liste des dérapages, bavures, et autres dérives policières, réelles ou supposées, médiatisées ou non, qui depuis des dizaines d’années font partie de l’image des banlieues dites sensibles. S’y ajoute une ampleur médiatique qui voit se rejouer un scénario maintes fois observé, au moins depuis les Minguettes en 1981 : cela débute par un accident mettant en cause des policiers et certains de ces jeunes, une montée en puissance des tensions, des manifestations de protestations et l’attente de l’émeute qui viendra, a posteriori, montrer que la violence se trouve du côté des jeunes.

Photo : theconversation.com

mardi, février 14 2017

La détention avant jugement au Québec : entre gestion des risques et gestion des flux

14 02 2017

sas_prison.jpgÀ partir des résultats d’une recherche ethnographique portant sur les implications de la montée en puissance de la question du risque sur les décisions des juges québécois en matière de détention provisoire, cet article propose d’apporter un éclairage sur le fonctionnement concret du processus de cautionnement, sur les logiques décisionnelles qui s’y déploient et contribuent aux tendances à la hausse des placements en détention avant jugement. D’une part, il s’attache à montrer que ces placements relèvent moins d’une décision des juges que des pratiques respectives et croisées du ministère public et de la défense. D’autre part, il met en évidence que cet état de fait est tributaire du cadre dans lequel s’insèrent comparutions et enquêtes sur remise en liberté où les considérations en termes de gestion des flux exacerbent et même, dans certains cas, supplantent celles en termes de gestion des risques.

dimanche, février 12 2017

Une carte collaborative de la corruption en France

12 02 2017

Carte_corruption.pngCe travail est l'oeuvre de bénévoles de l’association Transparency France. En l’absence pour le moment de données centralisées et publiques, leur carte collaborative est la seule du genre en France. Avec plus de 660 affaires recensées depuis son lancement le 9 décembre 2014, elle dessine le paysage contrasté de la corruption sur le territoire. Au palmarès des régions les plus touchées, l’Ile-de-France et PACA arrivent en tête, mais ce sont l’outre-mer et la Corse qui détiennent les records quand on pondère le nombre de condamnations avec le PIB.
Le gros des affaires concerne la prise illégale d’intérêts dans le cadre de marchés publics et le détournement de fonds publics.

samedi, février 11 2017

A Aulnay-sous-Bois se rejoue un scénario vieux de trente ans

11 02 2017

Logo_Le_Monde.jpgA la fin de l’année 1990 et au début de l’année 1991, une série d’explosions de colère dans une dizaine de quartiers de la banlieue lyonnaise puis de la banlieue parisienne, popularisa en France le mot « émeutes ». A l’époque, celui-ci faisait souvent peur, associé qu’il était aux mots « drogue », « ghetto », « violence urbaine », etc. Il était pourtant bien choisi. Émeute provient du verbe « émouvoir ». Du haut Moyen Age à la Renaissance, une « esmote » désignait une émotion collective prenant la forme d’un soulèvement populaire spontané. Il s’agissait à l’époque des révoltes paysannes.
La séquence qui se déroule ces jours-ci à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) constitue un classique du genre, et vient simplement nous rappeler qu’en vingt-sept ans nous n’avons rien appris et rien changé aux problèmes sociaux et institutionnels qui génèrent régulièrement les éruptions violentes de ce type.

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vendredi, février 10 2017

Quand les politiques sécuritaires se veulent participatives

10 02 2017

policiers_en_patrouille.jpgLes zones de sécurité prioritaires (ZSP) ont fait grand bruit lors de leur lancement en 2012 et 2013. À Marseille, leur mise en place fait suite auxdites « vagues de règlements de compte » que connaît la ville depuis quelques années. Elle répond à la demande politique et médiatique sans prendre en compte l’apport des recherches récentes (Mucchielli 2013). Ce nouveau dispositif associe les forces de police et les acteurs institutionnels, sociaux et associatifs dans la construction d’une « approche globale » face aux questions de la « délinquance », dans les 80 cités identifiées par la préfecture de police. Notre enquête de neuf mois, réalisée dans un quartier populaire de Marseille, a montré comment, à l’échelle micro-locale, se dessine une participation sécuritaire : le dispositif policier, par sa forme participative, a pour effet de diffuser les normes policières auprès des acteurs sociaux.

Photo : efus.eu

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