vendredi, février 27 2015

La pernicieuse utilisation politique des préoccupations de sécurité

27 02 2015

on_m__aurait_menti.jpgPourtant tout avait si bien commencé après l’élection présidentielle de 2012. Un nouveau sémillant Ministre de l’intérieur prenait place avec pour projet « la fermeté », sans doute pour refouler le vieux complexe de la gauche en matière de gestion des problèmes de sécurité. Pour ce faire, peu de changement à la tête des Institutions Police et Gendarmerie sauf pour les fonctionnaires les plus zélés comme le préfet de police et le directeur général de la police qui, depuis, ont d’ailleurs confirmé leur attachement plus politique que technique à la sécurité. De plus, ceci peut expliquer cela, un célébrissime criminologue de plateau télé réputé proche du Ministre tout en ayant été le conseiller de l’ombre en matière de sécurité du précédent quinquennat, était toujours très présent.

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mercredi, février 25 2015

Les droits humains en 2014 : un bilan catastrophique

25 02 2015

logo_amnesty.jpg2014 s'est révélée catastrophique pour des millions de personnes en proie aux violences. La réponse de la communauté internationale aux conflits et aux violations commises par des États et des groupes armés est scandaleuse et inopérante. Face à l'intensification des attaques barbares et de la répression subies par les populations, la communauté internationale s'est montrée absente.
La France a annoncé le 16 octobre 2013 qu’elle accueillerait 500 réfugiés de Syrie. Plus d’une année après, toutes ces personnes, parmi les plus vulnérables, ne sont pas encore arrivées. Cette lenteur et l’engagement très faible de la France n’est pas à la hauteur de l’urgence à protéger des personnes parmi les plus vulnérables. Ce n’est pas non plus un signe de réelle solidarité avec les pays voisins de la Syrie qui accueillent plus de 95% des réfugiés Syriens.
Par ailleurs, alors que le Défenseur des droits a traité en 2013 près de 1000 cas d’allégations de violences policières, plusieurs enquêtes sont actuellement en cours. Leur impartialité et exhaustivité restent source de préoccupation.

lundi, février 23 2015

Le blues des forces de sécurité

23 02 2015

blues.jpgCurieuse actualité en ce début d’année 2015 concernant les forces de sécurité Françaises. Pour celles du Ministère de l’Intérieur une partie de la population a acclamé les policiers et les gendarmes pour saluer leur engagement lors des sanglants épisodes terroristes. Évidemment au pays de Guignol qui rosse le gendarme et qui manifeste régulièrement sa fronde et son attachement aux libertés individuelles cela pouvait surprendre. On venait de découvrir que la mission de sécurité intérieure n’était pas qu’exclusivement suspecte de porter atteinte aux libertés mais qu’elle pouvait au contraire participer à préserver ces mêmes libertés et notamment celle d’expression.
Pourtant après les « vivats » chaleureux qui ont à n’en pas douter fait chaud au cœur des fonctionnaires et militaires de la sécurité intérieure, le ministre a fait connaître par voie de presse les termes d’un plan « anti-suicide » pour les policiers et gendarmes.

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samedi, février 21 2015

Une France réconciliée avec sa police ?

21 02 2015

livre_mouhanna.jpgL’émotion collective qui a accompagné la grande manifestation du 11 janvier 2015 a suscité de multiples commentaires et analyses « à chaud » dans les médias. Les applaudissements et embrassades adressés aux policiers en charge de l’encadrement et de la protection de l’événement sont apparus comme un événement participant à la grande réconciliation nationale intervenue en réaction aux attentats terroristes de la semaine précédente. La France se découvrait un amour immodéré pour sa police. Ce « retournement » de l’opinion publique était d’autant plus frappant qu’à peine quelques semaines auparavant, l’affaire de Sivens – la mort d’un manifestant suite au lancer d’une grenade par les gendarmes – avait relancé le débat sur les stratégies policières et leurs méthodes de maintien de l’ordre. La mort de policiers lors de l’attaque de la rédaction du journal Charlie Hebdo, connu pour sa critique de la police, et les interventions spectaculaires du RAID et du GIGN pour neutraliser les terroristes expliqueraient ce changement d’appréciation. Pourtant, très vite, des doutes ont émergé sur la réalité de cette conversion de la société française à une position « pro‑police », en même temps que celle-ci découvrait la non-adhésion d’une partie de la population au slogan « Je suis Charlie ».

jeudi, février 19 2015

L’apprentissage de la citoyenneté : une question de volonté et de méthode

19 02 2015

citoyennete.jpgLa citoyenneté ne se décrète pas, elle se construit avec méthode pour être vécue et intériorisée. La citoyenneté ne s’instaure pas au gré des circonstances, si funestes et dramatiques soient elles ; elle se construit chaque jour, patiemment et sans relâche. Il ne saurait y avoir d’injonction efficace à la socialisation, à l’intégration, à l’appropriation des valeurs et des codes. Il ne saurait y avoir d’injonction à la citoyenneté dans une approche simplement coercitive. C’est la connaissance, le partage et l’expérience des valeurs qui en sont le substrat et qui nous aident, à partir de notre diversité, à faire France. Plus que des incantations, il faut donc travailler à rendre concrètes ces valeurs, dans la réalité des conditions de vie de celles et ceux pour qui elle fait peu ou insuffisamment sens. Telle sont les convictions qui animent depuis quinze ans l’association « Éducation et Citoyenneté par le Dialogue ». Son expérience serait plus qu’utile et bénéfique dans un grand nombre de nos quartiers.

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mardi, février 17 2015

Juifs et musulmans en France

17 02 2015

juifs_et_musulmans.gifLa grande originalité du livre du Maud S. Mandel est de proposer, contrairement à ce que laisse penser le sous-titre, une histoire relationnelle des musulmans et juifs en France sur une période assez longue (années 1940 – années 1990), à la fois en métropole et dans les (ex-) colonies françaises. Ce défi, largement réussi, oblige à réaliser une analyse, à la fois locale et nationale, diachronique et synchronique, des relations entre différents types d’acteurs sociaux aux intérêts différenciés : organisations « juives » et « musulmanes », populations « musulmanes » et « juives », autorités politiques françaises nationales et locales (notamment marseillaises) et acteurs internationaux (mouvements sionistes, mouvements palestiniens, États nouvellement indépendants). Ce livre se situe ainsi à la croisée de l’histoire des juifs et des musulmans en France, de l’histoire coloniale et post-coloniale et de l’histoire politique française.

lundi, février 16 2015

La lutte policière contre la radicalisation en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni

16 02 2015

photos_des_deux_terroristes.jpgLe gouvernement français a récemment annoncé un plan de « lutte contre la radicalisation » assorti d’une série de mesures qui ont pour but de prévenir le passage à l’acte violent. Si le terme de radicalisation n’est pas nouveau dans le langage politique français, il marque un tournant dans une politique antiterroriste qui, bien que reposant en grande partie sur des mesures administratives, se justifiait avant tout par l’approche judiciaire. La France se rapproche ainsi des Pays-Bas et du Royaume-Uni, qui ont développé ce type de politiques depuis la moitié des années 2000. Mais que signifie exactement « lutter contre la radicalisation » ?
Comment expliquer ce nouveau tournant du gouvernement français, et que peut-on apprendre de dix ans d’expériences de ces deux pays européens ? Cette étude montre que la lutte contre la radicalisation agit comme un discours efficace de légitimation de l’action policière au-delà de ses domaines de compétence habituels, en investissant de nombreux domaines de « gestion de la diversité » tels que l’école, la religion ou les politiques sociales. Elle retrace la diffusion de ce discours au sein des instances européennes et analyse, au travers de la notion de « multiculturalisme policier », les effets de ses déclinaisons juridique et administrative.

dimanche, février 15 2015

Le fait religieux en prison : configurations, apports, risques

15 02 2015

priere_en_prison.jpgLes liens entre la prison et la religion ont en France une origine ancienne et ont fortement évolué. Ultime réconfort et caution charitable dans l’ensemble disparate des prisons d’Ancien Régime, puis composante majeure du « traitement pénitentiaire » dans une institution progressivement légitimée à affirmer cette vocation (naissance de la prison pénale), la présence religieuse vise aujourd’hui à satisfaire l’exercice d’un droit reconnu aux personnes détenues. La laïcisation de l’institution qui, jusqu’à l’abord des années 1990, correspondait au mouvement de fond de sécularisation de la société française, doit dorénavant composer avec la pluralisation religieuse de la population incarcérée. À l’image d’autres institutions républicaines, la prison est traversée par des revendications qui, sans nécessairement remettre en cause son caractère laïque, l’invitent à considérer le fait religieux comme une dimension structurante de la vie carcérale. Cette réémergence du phénomène religieux pose logiquement questions à l’administration pénitentiaire.

Photo : lexpress.fr

vendredi, février 13 2015

Il n'y a pas de guerre des identités

13 02 2015

manif_je_suis_charlie.jpgAprès l’ignoble attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, l’abominable tuerie de l’hypermarché casher et le lâche assassinat de policiers, et alors que l’émotion des Français(es) est à son comble, des voix commencent à se faire entendre qui reprennent une litanie bien inquiétante : la presse de tous bords, y compris celle dont ce n’est pas l’habitude, annonce que nous sommes terrassés par un « malaise identitaire », voire par une supposée « névrose de l’islam » (sic), puisqu’un « choc culturel et religieux » créerait une « insécurité culturelle » au sein de la nation.
Voilà qui donne du grain à moudre aux identitaires de tous poils et nous engage dans une voie dangereuse : l’« identité française », chrétienne, « blanche », « de souche », serait menacée dans son essence par l’islam, perçu comme un tout. Cette idéologie a été analysée de longue date par les spécialistes des sciences sociales : elle peut être nommée essentialiste et différentialiste.

jeudi, février 12 2015

L'école et l'éducation à la citoyenneté

12 02 2015

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgLes meurtriers de Charlie Hebdo et des clients de la supérette casher sont, nous dit-on avec étonnement, « des enfants de la République ».
Ils sont allés à l’école laïque et par définition, ils ont appris à « respecter nos valeurs ». Mais un doute s’insinue : l’école n’a-t-elle pas oublié les enseignements de Jules Ferry ? L’école de la IIIème République avait su « civiliser » les petits sauvages, formater les enfants des paysans émigrés à la ville, pour le travail industriel, le respect de l’ordre établi, l’abandon de leurs patois et la revanche contre l’Allemagne.
Les réactions des élèves lors de « la minute de silence » sont d’abord minimisées, puis les témoignages des enseignants de tous degrés révèlent la gravité du phénomène. L’influence des réseaux sociaux apparaît sans commune mesure avec celle de l’école. Les adolescents et même les enfants commentent avec passion les rumeurs, adoptent les théories du complot.
Un grand désarroi s’empare de nos « élites ». Les plus réactionnaires imaginent le retour aux blouses grises, le salut au drapeau et appellent à la restauration de l’autorité, sapée par mai 68. Ils vont même jusqu’à déférer un enfant de 8 ans au commissaire de police. Les modérés qui sont encore aux commandes, n’imaginent que de nouveaux « enseignements » : de la morale, de la laïcité, du « fait religieux » de la citoyenneté…. mais ils se doutent bien que c’est dérisoire.

mercredi, février 11 2015

La prévention spécialisée est en danger

11 02 2015

panneau_danger.pngLe CNLAPS, réseau national représentatif de la prévention spécialisée, constate depuis 2012 une amplification des alertes en provenance d’associations adhérentes. Diminution des budgets (jusqu’à 50% parfois), retraits du financement de Conseils généraux au motif qu’une commune du département n’apporte plus sa contribution financière, voire disparition programmée de cette mission de service public qu’est la prévention spécialisée. L’argument officiel est surtout financier et la méthode souvent brutale, avec des annonces sans concertation préalable et applicables dans des délais très courts (parfois seulement un mois), alors même que sont en jeu des contrats de travail et un public en difficulté.

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mardi, février 10 2015

Accueil local des Roms : une autre politique est possible

10 02 2015

camp_rom.jpgDeux facteurs contribuent à la mise en visibilité des immigrés dits Roms dans les villes européennes : la mendicité et les bidonvilles. Si, dans certains pays, la mendicité se place au centre des débats et suscite, comme en Suisse, des conflits politiques et la mise en place de dispositifs de régulation, en France le débat et les politiques sont plutôt configurés autour de la question de l’habitat précaire et de ses alternatives, et du sort réservé aux campements.
Le présent article porte sur les politiques d’évacuations dont ces campements font l’objet et propose d’en interroger la logique en analysant quelques-unes de leurs conséquences. En effet, il est avéré que ces évacuations sont à la fois très peu efficaces, cycliques, et accompagnées dans la plupart des cas d’une absence d’alternatives de logement, et caractérisées par une violation élémentaire des droits et de la dignité de la personne. Pourquoi se perpétuent-elles donc, et avec quels effets ? En dehors de ces pratiques, quelles politiques d’hospitalité et de solidarité à l’égard des Roms sont possibles ? Quelles sont les solutions « alternatives » qui émergent au niveau local, et qui pourraient contribuer à élargir la palette d’instruments de l’action publique ?

lundi, février 9 2015

Ces Français qui fraudent le fisc

9 02 2015

attention_aux_voleurs.jpgLes professions des Français présents sur la liste HSBC sont d’une grande diversité. Mais une diversité avec plusieurs zéros sur le compte en banque. Point d’ouvrier, d’artisan ou de technicien de surface. Plutôt des entrepreneurs, des hommes d’affaires, des avocats, des médecins, quelques célébrités, des héritiers et parfois même des personnes mises en cause par la justice française. Du show-biz au milieu des affaires en passant par le monde de l’art et du sport, le compte en Suisse se révèle une stratégie financière partagée par les professions les plus rémunératrices.
La liste HSBC peut également se lire à travers le prisme de scandales affairistes qui ont ponctué la fin des années 1990 et le début des années 2000. C’est le cas de l’affaire Elf et de l’Angolagate pour lesquels plusieurs protagonistes figurent sur la liste. De l’homme d’affaires André Guelfi, dit « Dédé la sardine », à André Tarallo, l’ancien patron d’Elf au Gabon. En filigrane, apparaissent les puissants réseaux d’alors, précisément ceux de Charles Pasqua. L’ancien ministre de l’intérieur n’y figure pas, mais c’est le cas de l’un de ses hommes forts. Jean-Charles Marchiani, condamnés dans l’affaire de l’Angolagate, figure ainsi dans la liste.

Photo : montrealcampus.ca

dimanche, février 8 2015

Le système d’évasion fiscale du deuxième groupe bancaire mondial

8 02 2015

HSBC_2.jpgLes chiffres donnent le vertige. Le Monde publie le premier volet d’une enquête à la fois spectaculaire et inédite. Fruit d’investigations hors norme, menées entre Paris, Washington, Bruxelles ou Genève, elle dévoile les dessous d’un vaste système d’évasion fiscale accepté, et même encouragé, par l’établissement britannique HSBC, deuxième groupe bancaire mondial, par l’intermédiaire de sa filiale suisse HSBC Private Bank.
Le Monde, qui enquête sur l’affaire HSBC depuis son origine, est entré début 2014 en possession de données bancaires mondiales, portant sur la période 2005-2007 et établissant une gigantesque fraude à l’échelle internationale.
Selon les enquêteurs, 180,6 milliards d’euros auraient transité, à Genève, par les comptes HSBC de plus de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore, très précisément entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007. Une période correspondant aux archives numérisées dérobées chez HSBC PB par Hervé Falciani, ancien employé de la banque.

Photo : lefigaro.fr

samedi, février 7 2015

Les contrastes de la criminalité économique (relire Sutherland)

7 02 2015

white_collar_crime.jpgLes archives de la première série des Cahiers de la sécurité (intérieure) sont librement accessibles en ligne, donnant accès à une soixantaine de numéros, sur une période allant de janvier 1990 (n° 0 : "La sécurité intérieure : défis et enjeux") au début 2007 (n° 63 : "Environnement, changement climatique et sécurité").
Parmi ceux-ci, on peut redécouvrir avec intérêt, une quinzaine d'années plus tard, le n° 36 (2ème trim. 1999), intitulé "Noir, blanc, gris : les contrastes de la criminalité économique". Il contient notamment la première traduction française d'Edwin Sutherland, "La délinquance en col blanc est-elle criminelle?", réalisée par Pierre Lascoumes, qui signe aussi une introduction à cette traduction (p. 187-209).

Dans l'actualité, lire aussi :

Photo : champpenal.revue.org

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