Polices, gendarmerie

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vendredi, juillet 15 2016

Vers une refonte des services du renseignement ?

15 07 2016

policiers_du_renseignement.jpgAu terme de six mois de travail, la commission d’enquête parlementaire sur l’action de l’État face aux attentats de janvier et de novembre 2015 a rendu son rapport. Ce document de trois cents pages se nourrit notamment des auditions de quatre ministres et des directeurs des services du renseignement. Un important travail de synthèse qui aboutit à trente-neuf propositions. Ces propositions balayent plusieurs thèmes, de l’organisation des secours en situation de crise à la sécurisation du territoire en passant par les failles des services du renseignement. C’est sur ce dernier point que les propositions du rapporteur sont le plus poussées : elles invitent à repenser en profondeur les différents étages de la lutte antiterroriste. Leur examen met en lumière l’étonnant foisonnement d’acronymes qui prolifèrent dans le renseignement français et sa conséquence : un manque criant de coordination.

Photo : lexpress.fr

vendredi, juillet 1 2016

Violences policières pendant les manifestations sur la loi travail : un bilan

1 07 2016

Charge_police_manifestant_Paris_juin_2016.jpgFin avril, une Mission civile d’information a été décidée par un ensemble de journalistes, citoyens et députés afin d’évaluer les violences policières lors des manifestations contre la loi travail. Leur rapport, long de 80 pages, et publié mercredi sur le site de Reporterre, énumère de nombreux témoignages et entretiens réalisés à Rennes, Paris, Toulouse et Nantes. Divisé en plusieurs parties, il recense les différentes violences dont sont victimes les manifestants.
Première partie : les blessures, mutilations, violences et tirs dans le dos sont énumérés. Des dizaines de blessures par grenades de désencerclement, grenades lacrymogènes, balles de lanceurs de défense (LBD) et matraques sont évoquées. Viennent ensuite des tentatives d'explications, y compris des entretiens avec des policiers.

Photo : liberation.fr

mercredi, juin 22 2016

Quand les policiers craquent

22 06 2016

La_prise_de_medicaments_a_l_infirmerie.jpgIci, dans ce bout du monde de l’Indre-et-Loire perdu au milieu des champs de blé, on panse les plaies à l’âme des forces de l’ordre. Les patients sont pour la moitié policiers, gendarmes, pompiers ou agents pénitentiaires, pour l’autre, des hommes et des femmes de la région. Tous combattent burn-out, dépression ou alcoolisme. Parfois les trois. Chaque année, ils sont plus de trois cents à venir, pour un mois ou deux. Le temps de se reconstruire.
Créé par et pour des CRS en 1953, unique en France et reconnu d’utilité publique, cet établissement de soin spécialisé en addictions et burn-out est géré par l’Association nationale d’action sociale des personnels de la police nationale et du ministère de l’intérieur (ANAS) et financé par l’Assurance maladie.

mardi, juin 21 2016

La manifestation du 14 juin 2016 : un maintien de l’ordre très politique ?

21 06 2016

Photo_manif_du_14_juin_2016_hopital_Necker.jpgLe premier résultat au moins objectif de l’ensemble de la manœuvre est assez indiscutable : c’est ce dispositif policier, consistant à enfermer dans une nasse plusieurs dizaines de milliers de manifestants, qui produit au sein du cortège une coupure qui n’existait pas auparavant, qui instaure manu militari une distinction entre « casseurs » et « manifestants » que l’on ne pouvait pas percevoir avant la mise en action du dispositif – et à laquelle, dans le déroulement même de la manœuvre, les manifestants ont essayé de résister : les plus déterminés, en appelant les autres manifestants à combler les trous et à les rejoindre dès que le cortège se rompait ; et ceux-ci, en essayant effectivement de traverser le carrefour de la rue de Sèvres pour reformer la continuité du cortège chaque fois que c’était possible. Devant l’hôpital Necker, on assistait en quelque sorte en direct, et en actes, à la construction policière de la distinction entre casseurs et manifestants. En cela, ce n’était pas une opération de maintien de l’ordre public.

mercredi, juin 15 2016

Une minute de silence à la mémoire du couple de policiers assassinés

15 06 2016

bandeau_deuil.jpg
Qui étaient les deux policiers assassinés à Magnanville ?

mercredi, mai 25 2016

Un splendide isolement. Les politiques françaises du maintien de l’ordre

25 05 2016

Gendarmes_mobiles.jpgAprès la tenue d’une manifestation à Paris contre la « haine anti-flics », il nous semble que le décalage comparatif pourrait éclairer la compréhension de ce que l’on appelle en France le « maintien de l’ordre », c’est-à-dire la gestion des foules par les forces de police et de gendarmerie.
Qu’en est-il ailleurs de la violence contestataire et de l’hostilité aux policiers ? Voyons le week-end du 1er mai en Allemagne. Depuis le milieu des années 1980, ce jour est l’occasion déclarée par divers groupes anarchistes, autonomes et anti-fascistes, d’une confrontation violente avec la police. Cette année, un important dispositif était déployé dans les lieux habituels de confrontation, mais l’imposant cortège policier, et une politique habile de « désescalade » (nous y reviendrons), ont tenu les hostilités à un niveau très bas.

lundi, mai 23 2016

Rien ne va plus aux Stups

23 05 2016

saisie_drogue.jpgC’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

mercredi, mai 18 2016

La "haine anti-flics", émotion, diversion et récupérations politiques

18 05 2016

Manifestation_alliance_18_mai_2016.jpgLa prétendue "haine anti-flics" est une émotion assez puérile, une diversion assez claire, qui suscite diverses récupérations politiques.
Sur le terrain, la situation est complexe. Les casseurs sont une réalité. Certains sont de dangereux extrémistes qui méritent d'être arrêtés et jugés. Mais le ras-le-bol exaspéré contre la dérive droitière et autoritaire de ce gouvernement est une autre réalité qui solidarise une partie des manifestants autour des plus violents. Le fait que certaines stratégies policières renforcent les tensions au lieu de les faire baisser est également une réalité. L'usage de la force est légitime dans son principe. Mais certains usages de la force sont illégitimes, ce sont des violences policières. Rappelons que l'IGPN elle-même a proscrit l'usage du flash-ball dans son rapport de 2015. Le gouvernement masque cette complexité et cherche à faire oublier qu'il est la cause de toutes ces manifestations. La droite et l'extrême droite tentent de leur côté de récupérer le mouvement policier, avec le syndicat Alliance à la manœuvre. La majorité de la population assiste, médusée, à un spectacle violent où elle ne comprend sans doute pas grand chose.

mardi, mai 17 2016

La vie quotidienne des services secrets : une enquête de Mediapart

17 05 2016

espion.jpgN’en déplaise au ministre de l’intérieur, il existe bien un souci du côté de notre contre-espionnage. Et ceci n’est pas qu’une élucubration de méchants journalistes. Sept des terroristes du A3 novembre 2015 étaient des Français partis s’entraîner dans les camps de l’État islamique et rentrés perpétrer leurs crimes de masse sans aucune difficulté.
Nous avons pris plus de 5 mois pour rencontrer une dizaine d’officiers de renseignement, certains à plusieurs reprises. Ces agents exercent dans les trois principaux services dépendant de la place Beauvau : la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le service central de renseignement territorial (SCRT) et la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

Dessin : organiser-anniversaire.fr

lundi, mai 2 2016

Un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime

2 05 2016

Des_policiers_en_civil_aspergent_des_manifestants.jpgDans ce rapport entre violence légitime et illégitime se joue la possibilité de quatre composantes d’une mobilisation sociale de faire leur jonction ou non : la classe ouvrière, les quartiers populaires, les couches moyennes précarisées et la gauche radicale. Cette jonction est apparue jusqu’à maintenant improbable, car ne s’appuyant pas sur un rapport social commun, notamment le rapport au travail.
Le but de la violence légitime est de faire apparaître comme illégitime toute opposition à sa violence. Ceux qui sont dépositaires de cette violence légitime sont les corps constitués de l’État, en l’occurrence la police et l’armée. Ce qui s’est passé ce 1er mai à Paris est un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime.

Photo : lemonde.fr

dimanche, mai 1 2016

Manifestations : quelles stratégies policières et quelles consignes gouvernementales ?

1 05 2016

intervention_CRS_manifestation_avril_2016.jpgAlors que des manifestations se déroulent comme tous les 1er mai, mais dans un contexte de tensions sociales et politiques croissantes, des questions se posent de plus en plus sur les stratégies policières et les consignes gouvernementales. L'existence de groupes de "casseurs" ne fait aucun doute, généralement des petits groupes se réclamant de l'extrême gauche ou de l'anarchisme, qui ne viennent pas pour manifester pacifiquement et qui n'hésitent pas à blesser des policiers. Le fait est classique et ces groupuscules sont bien connus des services de renseignement. Mais les actions policières ne semblent pas nécessairement destinées à les isoler et les empêcher de nuire. Les consignes de fermeté et d'interpellations se multiplient, prenant parfois les allures d'une politique du chiffre. Les policiers - que l'on sait très fatigués par leur intense mobilisation depuis l'état d'urgence - apparaissent souvent très nerveux, se tenant trop proches des manifestants, intervenant dès le départ des manifestations et non simplement au moment où les cortèges se dispersent, "arrosant" trop indifféremment de gaz les manifestants, tout cela au risque de tomber dans la provocation et d'aggraver les problèmes. Les cas de violences illégitimes se multiplient. Des questions se posent sur l'usage des pistolets Flash-Ball, sur des façons de tirer les grenades lacrymogènes, sur les coups portés à des personnes déjà menottées et se tenant tranquilles. La bonne stratégie se serait-elle pas plutôt de se tenir le plus à distance possible, de n'intervenir qu'en cas d'incidents ingérables par les services d'ordre des syndicats et de travailler en amont sur les groupes de casseurs plutôt que d'attendre qu'ils agissent ?

Photo : lemonde.fr

jeudi, avril 28 2016

Police : la fin de l'état de grâce ?

28 04 2016

welcome_to_reality.jpgAprès les attentats de janvier puis de novembre 2015, le capital sympathie des policiers auprès de la population n'avait jamais été aussi élevé. Cependant, deux rapports récents, l'un sur les contrôles d'identité jugés abusifs, l'autre sur les violences policières en France, viennent remettre en cause le travail quotidien des membres des forces de l'ordre. Faut-il y voir un signe de la fin de l'état de grâce dont bénéficiaient les policiers depuis quelques mois ? Comment et pourquoi des associations en viennent-elles à se mêler des questions de sécurité ? Les policiers français sont-ils si mauvais ?

lundi, mars 28 2016

Le gouvernement a-t-il choisi la matraque face à la jeunesse ?

28 03 2016

police_manifestation_lyceens.jpgQuelques gouttes, parfois des taches, qu’on peine à effacer. Le sang du 17 mars, les hématomes et les os brisés resteront longtemps dans la chair et la mémoire des lycéens et des étudiants matraqués. Pourtant, les grands médias, les télévisions, la presse nationale en parlent à peine. Le terrorisme est un peu plus chaque jour le voile médiatique dont on recouvre l’état d’urgence et l’action de l’Etat.
Mais la mémoire numérique ne s’efface pas. Du moins pas encore. Des témoignages sont diffusés sur les réseaux sociaux. Évacuation de Tolbiac, comparution immédiate de quatre jeunes arrêtes le 17 mars; charge violente des CRS sur le campus de l’université de Strasbourg (5 blessés dont une lycéenne). Le site On vaut mieux que ça propose une synthèse, Mediapart rend compte des circonstances de l’évacuation du site de Paris 1 et le SNESUP-FSU dénonce des « répressions policières inadmissibles », en mentionnant l’arrestation d’un étudiant dans les locaux de Lyon 2. Il a été remis à la police par des agents employés par l’université, sur ordre du président. Son délit : quelques graffiti dans les toilettes…

Photo : 20minutes.fr

mardi, mars 15 2016

Dans la tête du gendarme : une autre façon de filmer

15 03 2016

gendarme_de_dos.jpgCe film propose un face à face entre le mode de pensée personnel du gendarme et la réalité du terrain. Il donne à entendre un certain nombre de réflexions de quelques gendarmes, entre leur part d’humanité, du sens du bien public, la rigidité d’une institution hiérarchique placée sous les ordres du pouvoir politique.
Ce film ne se contente pas de montrer des hauts faits ou de l'action. Le gendarme est « vu » dans sa réalité humaine, ses paradoxes, ses contradictions alors qu’il doit se montrer du point de vue de sa hiérarchie et du pouvoir, sans faille.
Note du producteur : le film a été tourné entre 2008 et 2011 avec des moyens rudimentaires, en Auvergne et dans le Nord Pas de Calais, les principales chaînes de télévision ayant refusé sa production par préférence pour une gendarmerie vue seulement du point de vue de l’action. Les tournages prévus à Grenoble et Toulouse ont dû être annulés.

Photo : huffingtonpost.fr

lundi, mars 14 2016

Risque croissant d’impunité pour les violences policières

14 03 2016

policiers_en_civil_avec_flashball.jpgAu moment où l’État dote les brigades anti-criminalité de la police d’armes longues, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ONG française ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) publie un rapport cinglant sur les violences policières.
Au terme d’une enquête de dix-huit mois, l’ACAT dresse un état des lieux peu reluisant. Elle s’est en particulier penchée sur 89 cas de blessures graves survenues entre 2005 et 2015, et ayant entraîné la mort pour 26 d’entre elles. Leur analyse fait apparaître un changement dans la doctrine du maintien de l’ordre. Pour Aline Daillère, « on glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise ces manifestants. C’est flagrant avec le flash-ball ».

Photo : lemonde.fr

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