Polices, gendarmerie

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lundi, février 23 2015

Le blues des forces de sécurité

23 02 2015

blues.jpgCurieuse actualité en ce début d’année 2015 concernant les forces de sécurité Françaises. Pour celles du Ministère de l’Intérieur une partie de la population a acclamé les policiers et les gendarmes pour saluer leur engagement lors des sanglants épisodes terroristes. Évidemment au pays de Guignol qui rosse le gendarme et qui manifeste régulièrement sa fronde et son attachement aux libertés individuelles cela pouvait surprendre. On venait de découvrir que la mission de sécurité intérieure n’était pas qu’exclusivement suspecte de porter atteinte aux libertés mais qu’elle pouvait au contraire participer à préserver ces mêmes libertés et notamment celle d’expression.
Pourtant après les « vivats » chaleureux qui ont à n’en pas douter fait chaud au cœur des fonctionnaires et militaires de la sécurité intérieure, le ministre a fait connaître par voie de presse les termes d’un plan « anti-suicide » pour les policiers et gendarmes.

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samedi, février 21 2015

Une France réconciliée avec sa police ?

21 02 2015

livre_mouhanna.jpgL’émotion collective qui a accompagné la grande manifestation du 11 janvier 2015 a suscité de multiples commentaires et analyses « à chaud » dans les médias. Les applaudissements et embrassades adressés aux policiers en charge de l’encadrement et de la protection de l’événement sont apparus comme un événement participant à la grande réconciliation nationale intervenue en réaction aux attentats terroristes de la semaine précédente. La France se découvrait un amour immodéré pour sa police. Ce « retournement » de l’opinion publique était d’autant plus frappant qu’à peine quelques semaines auparavant, l’affaire de Sivens – la mort d’un manifestant suite au lancer d’une grenade par les gendarmes – avait relancé le débat sur les stratégies policières et leurs méthodes de maintien de l’ordre. La mort de policiers lors de l’attaque de la rédaction du journal Charlie Hebdo, connu pour sa critique de la police, et les interventions spectaculaires du RAID et du GIGN pour neutraliser les terroristes expliqueraient ce changement d’appréciation. Pourtant, très vite, des doutes ont émergé sur la réalité de cette conversion de la société française à une position « pro‑police », en même temps que celle-ci découvrait la non-adhésion d’une partie de la population au slogan « Je suis Charlie ».

lundi, février 16 2015

La lutte policière contre la radicalisation en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni

16 02 2015

photos_des_deux_terroristes.jpgLe gouvernement français a récemment annoncé un plan de « lutte contre la radicalisation » assorti d’une série de mesures qui ont pour but de prévenir le passage à l’acte violent. Si le terme de radicalisation n’est pas nouveau dans le langage politique français, il marque un tournant dans une politique antiterroriste qui, bien que reposant en grande partie sur des mesures administratives, se justifiait avant tout par l’approche judiciaire. La France se rapproche ainsi des Pays-Bas et du Royaume-Uni, qui ont développé ce type de politiques depuis la moitié des années 2000. Mais que signifie exactement « lutter contre la radicalisation » ?
Comment expliquer ce nouveau tournant du gouvernement français, et que peut-on apprendre de dix ans d’expériences de ces deux pays européens ? Cette étude montre que la lutte contre la radicalisation agit comme un discours efficace de légitimation de l’action policière au-delà de ses domaines de compétence habituels, en investissant de nombreux domaines de « gestion de la diversité » tels que l’école, la religion ou les politiques sociales. Elle retrace la diffusion de ce discours au sein des instances européennes et analyse, au travers de la notion de « multiculturalisme policier », les effets de ses déclinaisons juridique et administrative.

samedi, janvier 31 2015

Le Renseignement Intérieur à l’épreuve du fanatisme religieux

31 01 2015

photos_des_deux_terroristes.jpgIl est loin le terrorisme d’État des années 70, Action directe, les Fractions armée rouge etc. L’idéologie sur fond de guerre froide et de manipulation autour de la décolonisation. Les répercussions sur le territoire national étaient des attentats autour de groupuscules politiques ou des mouvements indépendantistes régionaux, basques, corses, antillais. Les milieux concernés étaient structurés et financés ce qui permettait aux forces de sécurité d’établir une traçabilité, gage d’efficacité.
Aujourd’hui, les actes, le profil des auteurs la nature du fanatisme n’ont rien de commun. Pourtant, curieusement, pour traiter le volet médiatique de ces attentats, il a été fait appel à d’anciens acteurs de la sécurité. Pour certains, j’avoue que leur apparition m’a rendu perplexe car, au regard de leur passé professionnel, j’avais l’impression que l’on demandait aux pyromanes de commenter les images de l’incendie. Je pense notamment à d’anciens responsable des services de renseignement ou d’un ancien ministre de l‘intérieur accusé d’avoir détourné des fonds initialement destinés aux missions des policiers.

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vendredi, janvier 30 2015

J'ai fait un rêve ou on nous aime ?

30 01 2015

aime_ou_pas_la_police.jpgEh oui, il va falloir s’y faire, nos concitoyens aiment leurs policiers. Si, si, je vous assure, ils nous aiment ! On l’a tous constaté un dimanche de rassemblement républicain à Paris. Les colonnes de forces mobiles ont été applaudies, les CRS embrassés, les collègues en faction remerciés… « Nous sommes tous policiers » titraient même certaines pancartes.
Il aura fallu pour cela que nous perdions dans la lutte contre le terrorisme deux policiers nationaux et une policière municipale. Il aura fallu les assauts héroïques des policiers du RAID, de ceux de la BRI et des gendarmes du GIGN – retransmis en directe sur les chaines d’information en continue – pour que nos concitoyens s’unissent, toutes voiles dehors, derrière leur police et lui crient leur gratitude éternelle, leur attachement indéfectible.
Gratitude éternelle ? Attachement indéfectible ? Vraiment ?

Sur Mediapart et sur la police, lire aussi :

Photo : fragmentdetags.net

mercredi, janvier 14 2015

Kouachi-Coulibaly, le réseau terroriste oublié par les services de renseignement

14 01 2015

police_dgsi_interpelle.jpgLes archives ont parlé. Dans les heures qui ont suivi l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, la police a compris qu’elle avait un dossier pour remonter très vite aux assassins. L’oubli de la carte d’identité de l’un des deux auteurs du massacre dans une voiture pendant leur fuite, a suffi. Le nom des Kouachi a aussitôt fait émerger le dossier de l’enquête antiterroriste ouverte en 2010 sur l’opération visant à faire évader de prison plusieurs chefs islamistes, parmi lesquels l’artificier des attentats de 1995.
Déjà condamné en 2008 dans le dossier de la filière de recrutement djihadiste dite “des Buttes-Chaumont”, Chérif Kouachi avait été soupçonné, en 2010, d’avoir rejoint ce nouveau réseau chargé de l'évasion de Belkacem. Tout comme Amedy Coulibaly, mis en cause dans les assassinats de Montrouge et de la porte de Vincennes. Actuellement recherchée pour son implication présumée dans les dernières actions, Hayat Boumeddienne, la compagne de Coulibaly, avait elle aussi été arrêtée, entendue et perquisitionnée dans cette même affaire.
Alors que Kouachi a bénéficié d’un non-lieu à l’issue de l’instruction, Coulibaly a été condamné à cinq ans de prison, le 20 décembre 2013. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a donc induit l’opinion publique en erreur en déclarant, vendredi, que « rien ne témoignait du fait » que les frères Kouachi et Amedy Coulibaly « pouvaient s'engager dans un acte de ce type. Leur situation n'avait pas été judiciarisée ».

Photo : liberation.fr

dimanche, janvier 4 2015

Une première association professionnelle pour les gendarmes

4 01 2015

gendarmes.jpgEn catimini, la veille du premier week-end de l’année, le monde militaire a connu une petite révolution. Vendredi 2 janvier, Gend XXI, la première association professionnelle de gendarmes, a été officiellement déclarée en préfecture. Treize hommes de tous grades et issus des différents corps – gendarmerie mobile, gendarmerie départementale, brigade motorisée, garde républicaine, gendarmerie de l’air, etc. – constitueront le conseil d’administration de ce « syndicat ».
Un « syndicat » un peu particulier, puisqu’il ne pourra organiser ni appel à la grève ni manifestations et verra sa prise de parole strictement encadrée. La rupture est néanmoins forte : contrairement aux policiers, les gendarmes, comme les autres militaires, étaient jusqu’alors interdits de syndicat et n’avaient pas le droit de s’exprimer.

Photo : rtl.fr

jeudi, janvier 1 2015

Police, justice, etc. : Ce qui va changer en 2015

1 01 2015

hotte_noel.pngEn début d’année, il est courant de prendre de bonnes résolutions. Pour les policiers, magistrats et gendarmes, c’est une nécessité : 2015 s’annonce chargée. Le changement est en marche, souvent sous la pression européenne. Dès le 1er janvier, plusieurs mesures modifient le déroulement de l’enquête pénale, d’autres l’application des peines. Et certaines égratignent nos libertés individuelles. Sans porter aucun jugement, voici un panorama laconique des principales modifications.

lundi, décembre 29 2014

Un projet de maîtrise des risques dans la police

29 12 2014

amaris-logo.pngDepuis le mois de septembre dernier, la police nationale s'est engagé dans un projet intitulé AMARIS, acronyme de « Améliorer la Maîtrise des Activités et des RISques ». « Il s'agit d'un projet de grande ampleur ayant pour ambition d'organiser l'ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise des activités au sein de la police nationale » nous dit la présentation sur le site internet qui lui est consacré. Avec un objectif principal affiché de « Créer une vraie dynamique d'amélioration continue et durable du fonctionnement des services qui reposera principalement sur une démarche d'analyse des risques au sein de la police nationale » selon Jean-Marc FALCONE, Directeur Général de la Police Nationale.
Lancé par Madame MONEYER-GUYOMARC'H, directrice, cheffe de l'IGPN et pilote opérationnel du projet, en présence de tous les directeurs des services actifs de la police, le projet est né du retour d'expérience des quelques 650 missions d'inspection des services réalisées par l'IGPN au cours des trois dernières années qui ont fait émerger trois enseignements.

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dimanche, décembre 7 2014

Santé et sécurité au travail dans la police nationale : un guide pour rien ?

7 12 2014

pas_glop.jpgLe 5 novembre dernier, le Directeur général de la Police nationale Jean-Marc Falcone présentait le Guide santé et sécurité au travail dans la police nationale : « Il s’agit d’un document pédagogique qui recense et décrit l’ensemble des dispositifs de soutien médicaux, sanitaires et psychologiques à la disposition des personnels et de leur hiérarchie. »
Ce livret de 46 pages comprenant 30 fiches réflexes est consultable sur l’intranet police et s’inscrit dans le prolongement du plan de prévention des risques psycho-sociaux. Préfacé par Bernard Cazeneuve, « il doit être considéré comme une aide car rien ne remplacera jamais les liens de solidarité et de confiance qu’il faut parallèlement développer entre collègues comme au sein de la chaîne hiérarchique » , dit le Ministre de l’intérieur. Dont acte !
Publié à la suite de la réunion avec les partenaires sociaux convoqués par le DGPN pour évoquer le problème des suicides dans la police, c’est avec grand intérêt que j’ai pris connaissance de son contenu. J’espérais y trouver enfin des réponses aux préoccupations des policiers concernant les problèmes engendrés par les horaires décalés ou sur le nombre de blessés en augmentation et pourquoi pas, des mesures concrètes pour tenter d’endiguer le nombre préoccupant de suicides dans la police...

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vendredi, novembre 28 2014

Mort de Rémi Fraisse : vers une commission d'enquête ?

28 11 2014

crs.jpgRémi Fraisse est le premier mort en manifestation sous un gouvernement de gauche sous la Ve République. Comment en est-on arrivé là, et que nous dit ce drame sur les conditions du maintien de l’ordre en France ? Pour Fabien Jobard, politiste, spécialiste de la police, seule une commission parlementaire permettrait de tirer toutes les conséquences politiques de cet événement.
Commentant l’affaire Rémi Fraisse, le ministère de l’Intérieur a exclu, le 28 octobre dernier, d’utiliser le terme de « bavure ». Quelle définition peut-on donner de ce terme et pourquoi est-il, dans le cas présent, aussi sujet à controverse ?
Le terme est polémique et ne relève donc pas d’une définition a priori, mais de luttes concrètes et contingentes. C’est une notion employée comme arme dans une lutte pour la définition d’un événement. À l’origine, la bavure est la conséquence inintentionnelle d’un processus dans lequel il y a eu, à un moment ou un autre, erreur de conception. Mais le sens polémique contemporain du terme prend justement le contrepied de cette acception, puisque par « bavure » on entend désormais mettre à l’index un usage spectaculairement illégitime de la force publique. L’exemple-type est celui de Malik Oussekine.

jeudi, novembre 6 2014

Le suicide dans la police : pour des intervenants de proximité

6 11 2014

prevention_suicide_police.jpgDepuis le début de l'année, il y a eu plus de 40 suicides de fonctionnaires de police (1), soit autant que pour toute l'année 2013 (2).
La reconnaissance de la responsabilité de l'administration par le Tribunal Administratif de Nice, le 10 octobre dernier, dans le suicide de Nelly Bardaine (3) n'est pas une première puisque en mai dernier déjà, le Tribunal Administratif de Poitiers avait rendu un arrêté similaire concernant le suicide d'un brigadier chef qui s'était donné la mort en 2004. Mais ces décisions sont suffisamment rares pour être soulignées et c'est ce qui aurait décidé le Directeur Général de la Police Nationale, Jean-Marc Falcone, à convoquer les syndicats de police le 05 novembre prochain autour d'une table pour en discuter (4). Lors d'un discours devant les responsables de la police et de la gendarmerie le 29 septembre dernier, il a annoncé vouloir analyser les causes des suicides des policiers et tenter de définir des solutions. Car si l'administration a mis en œuvre des mesures particulières depuis quelques années (5), elle semble malgré tout impuissante à enrayer de manière significative le nombre de passage à l'acte. Et encore, ne sont recensés que les suicides constatés et non les tentatives de suicide, ce qui serait intéressant à relever...

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mercredi, novembre 5 2014

Les violences policières augmentent-elles en France ?

5 11 2014

manif_sivens.jpgLe décès de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive, l’usage abusif et en forte augmentation des « armes non-létales » (pistolet Taser ou Flash-ball) dénoncé par le Défenseur des droits dans son rapport, ont ramené sur le devant de la scène médiatique cette question politiquement sensible. Il est vrai que la justice semble ne plus fonctionner quand les forces de l’ordre sont en cause : réticence à poursuivre les responsables, circonstances du « drame » maintenues opaques, procédure lente et souvent à charge contre les victimes qui aboutit généralement à une ordonnance de non-lieu, à un classement sans suite ou à une relaxe (pour la plupart des affaires), à une peine de prison avec sursis ou, fait rarissime, à une peine de prison ferme. Seules 5 % des affaires recensées ont conduit à cette dernière option. Le déséquilibre est frappant : rappelons que le meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Si le traitement pénal semble invariablement favoriser les policiers face à leurs victimes, quel que soit le gouvernement en place, en revanche leurs « passages à l’acte » redoublent d’intensité sous les législatures de droite.

Photo : rtl.fr

samedi, mai 10 2014

Contrôles d’identité : une attente forte face aux discriminations

10 05 2014

REA_171403_015Un sondage sur les contrôles d’identité en France, rendu public aujourd’hui par Graines de France, Human Rights Watch et Open Society Justice Initiative, montre que la pratique des contrôles d’identité en France reste trop souvent discriminatoire, que les Français estiment que le contrôle au faciès est une réalité, et que les mesures prises à ce jour par le gouvernement ne sont pas suffisantes. Ce sondage confirme l’impact négatif des contrôles, perçus comme discriminatoires, sur la confiance dans les forces de l’ordre. Il démontre aussi une attente forte des Français de mesures susceptibles de faire reculer ces contrôles. Pour les trois organisations, les résultats du sondage viennent en appui à la demande faite au gouvernement depuis 2012 pour qu’il engage une profonde réforme des contrôles d’identité en France.

lundi, avril 14 2014

Le rapport 2013 de l’Observatoire sur les Violences Policières Illégitimes

14 04 2014

violence_policiere.jpgL’Observatoire départemental sur les Violences Policières Illégitimes (OVPI) est composé de la Ligue des Droits de l’Homme 13, du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), de la CIMADE et de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT) avec cette année la participation de Rencontres Tsiganes et Médecins du monde.
L’OVPI recense et analyse les différentes affaires pour lesquelles les associations membres de l’Observatoire ont été sollicitées ; suit leur traitement par l'institution judiciaire ; soutient les personnes victimes de violences policières illégitimes (écoute, conseil, communiqués, conférences de presse…) ; informe le citoyen et interpelle les pouvoirs publics (Préfecture de Police, Tribunaux de Grande Instance, Parquets).
L'objet de l'Observatoire n'est pas de recenser l'ensemble des violences policières illégitimes commises. Néanmoins son activité permet de dégager des tendances fortes en ce domaine. C’est cette activité 2012-2013 qui vous est ici présentée. L'Observatoire a été saisi de 42 nouveaux cas. Nous en avons écarté trois qui ne présentaient pas d'éléments probants.

Photo : fr.sott.net

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