C’est la première fois de puis 1958 que l’Assemblée nationale publie un rapport parlementaire exclusivement consacré à la compréhension des services de renseinement. Certes, des propositions de loi l’ont évoqué , des projets de loi y font référence, des rapports budgétaires s’y sont intéressés. Tous feront d’ailleurs ici l’objet de développements. Mais jamais cet univers, qui est par essence celui du secret et de la dérogation par rapport à la règle commune, n’a été abordé comme un service public à part entière.
Telle était l’intention de la commission des Lois quand elle décida d’instituer, dès le début de la XIVe législature, une mission d’information destinée à évaluer le cadre juridique applicable aux services de renseignement. Mais encore convenait-il au préalable définir cette activité, tâche très délicate et rarement consensuelle si l’on en juge d’après les dizaines d’ouvrages consacrés au sujet.
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Un rapport de la Cour des comptes, en date du 18 mars 2013, critique la gestion des dépenses du ministère de l'intérieur, la tendance au dépassement des crédits alloués et l'accumulation de mesures catégorielles néfastes accordées, suite à la réforme des corps et carrières instaurée dans la police en 2004 et au plan similaire mis en place dans la gendarmerie en 2005.
L’année qui s’achève s’est révélée riche en informations sur le fonctionnement de la police marseillaise. Dans un premier temps, la presse a abondamment commentée ce que l’on appelle « les règlements de compte », outre l’émotion suscitée cela pouvait faire montre d’une certaine impuissance dans la lutte contre la criminalité. A l’automne, ce sont les habitants d’un quartier qui s’organisent pour évincer des nomades en dehors de tout cadre légal. Enfin il y eu l’affaire de la BAC Nord.
New York est devenu dans l’imaginaire public le lieu d’un miracle en matière de lutte contre la délinquance. Les touristes se félicitent du niveau de sécurité de l’île de Manhattan, ceux qui y avaient séjourné au début des années 1990 ne manquent pas de rappeler les heures sombres de la ville, tandis que les journalistes relaient souvent la communication de la Ville sur la réussite du modèle new yorkais. Le 26 novembre 2012 a ainsi été célébré dans les médias occidentaux comme la première journée sans homicide de la ville depuis 50 ans. Ce qui frappe ici, c’est le caractère durable du phénomène, puisque New York avait commencé il y a déjà plus de quinze ans à communiquer avec succès sur la réussite de sa stratégie de lutte contre la criminalité, s’imposant comme la Mecque de la lutte contre le crime à l’échelle internationale.
Plan de prévention des risques psychosociaux déployé en son temps par Brice Hortefeux, pôle de vigilance suicide annoncé par le Directeur Général de la Police Nationale… Notre Institution fait l’objet, depuis quelques mois, d’une attention particulière dans le domaine de la santé-sécurité au travail. On peut s’en réjouir. Mais on doit aussi se poser quelques questions.
Il aura fallu plus de deux ans après la publication des résultats de l'étude épidémiologique de l'INSERM portant sur les suicides dans la police (1) pour que les plus hautes instances du Ministère de l'Intérieur mettent en place un plan de lutte concret contre ce fléau.
Les Français préfèrent les gendarmes, qu'ils jugent "plus proches de la population" et "plus honnêtes" que les policiers, selon un sondage Ifop pour le mensuel
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« Le chef de la police municipale de Saint-Arnoult-en-Yvelines (Yvelines) a été égorgé dans son bureau vendredi par l'ex-mari de sa compagne, qui s'est rendu à la gendarmerie après ce crime passionnel ». La dépêche de l’AFP glace le sang. Pourtant, celui de Jean-Patrick Grumberg ne fait qu’un tour. Ce dernier se présente sur son site comme journaliste et photographe de rue. Des caniveaux devrait-il préciser car cet énergumène, visiblement enclin à l’islamophobie, exploite cette tragédie en évoquant un « égorgement rituel », le tout accompagné d’une photo montrant le sacrifice de deux boucs dans le cadre de l’Aïd. Une écœurante manipulation à des fins de propagande raciste qui permet aux xénophobes de vomir leur haine avec des commentaires particulièrement nauséabonds. La plume brandie bien haut, il poste rapidement un autre billet sur ce sujet, tout aussi tendancieux : « Le policier de St-Arnould a-t-il été égorgé par un musulman ? » mais il l’a vite supprimé car diffamatoire et mensonger. Hélas pour lui, la Toile conserve tout en mémoire.
A l’heure où de nombreux policiers font l’objet de poursuites pénales partout en France (à Marseille, Lyon, Lille, Le Havre, Bobigny), au point que le ministre de l’Intérieur a dû dissoudre la brigade anticriminalité (BAC) de Marseille-Nord et réaffirmer sa volonté d’une police exemplaire, il est urgent que soit réintégré en son sein un officier de police dont la carrière a été exemplaire. Exclu depuis le 9 décembre 2011, le commandant Philippe Pichon a fait l’objet, depuis plusieurs années, d’un acharnement politique particulièrement injuste en raison de ses seuls engagements de policier républicain.
Il y a une certaine jouissance chez Mohamed Merah, alors cerné par le RAID ce mercredi 21 mars, à pointer les ratés de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), pourtant sur ses traces depuis des mois. "Sur ce coup-là, moi je pense que vous vous êtes complètement loupés, parce que j'ai pu faire trois attaques, j'ai tué plus de sept personnes et en
Il n’est pas facile de rendre justice au livre publié en octobre dernier par notre collègue anthropologue Didier Fassin (La force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, éditions du Seuil). En effet, d’un côté ce livre dit des choses fondamentales sur la façon dont la police nationale intervient souvent de nos jours dans les quartiers réputés sensibles et, plus largement, sur la façon dont le gouvernement français traite les habitants de ces quartiers. Mais, d’un autre côté, notre collègue a observé un cas extrême - une BAC commandée par un policier aux opinions d’extrême droite virulentes - auquel il donne un retentissement voire une valeur exemplaire qui semblent à tout le moins exagérés. Le risque est donc que beaucoup de citoyens (et parmi eux les policiers) rejettent en bloc ce travail qui peut pourtant permettre non seulement de dénoncer des pratiques violentes et racistes déshonorant la République, mais aussi et plus profondément de comprendre dans quelle impasse nous ont entraîné les politiques sécuritaires qui se renforcent sans cesse depuis le début des années 1990, et plus encore depuis les émeutes de 2005. Parions donc positivement que nos lecteurs seront capables d’entendre un message un minimum complexe et de faire la part des choses. Dans un premier temps, nous nous concentrerons sur la contribution directe et positive de ce livre au débat sur l'organisation de la police nationale en France. Dans un second temps, nous discuterons certaines de ses interprétations générales qui nous semblent plus fragiles.