Polices, gendarmerie

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mercredi, juin 7 2017

L’évolution des polices municipales en France : une imitation des polices d’État vouée à l’échec ?

7 06 2017

police-municipale-ecusson.jpgLes polices municipales font un retour remarqué sur la scène policière, dans l’organisation des municipalités et dans le débat public en France depuis les années 1980. Les effectifs cumulés des différentes catégories d’agents municipaux de sécurité dépassent désormais 30 000 personnes, réparties dans environ 3500 communes. Si cette évolution a correspondu à partir des années 1970 à une forte demande de police de proximité de la part des élus locaux, elle se poursuit de nos jours dans une dynamique souvent différente. Derrière un modèle « complémentariste » par rapport aux forces d’État, se profile dans de nombreuses villes un modèle « substitutif ». Ce dernier a été encouragé d’abord par certains maires ayant fortement politisé la question de la sécurité locale. Depuis le tournant sécuritaire des années 2000, amplifié encore par les attentats ayant frappé la France en 2015 et 2016, ce modèle substitutif est désormais encouragé à certains égards par l’État lui-même.

dimanche, juin 4 2017

La fermeture de commissariats en région parisienne contredit le rapprochement police-population

4 06 2017

police_population.jpgAu détour d’une brève d’un hebdomadaire on a pu récemment découvrir qu’il est envisagé la fermeture d’une quarantaine de commissariats dans la région parisienne. Il est précisé que c’est le choix de la préfecture de police validé par le précédent gouvernement entérinant ainsi une réforme lancée sous la présidence Sarkozy.
De cet article, on peut tirer un certain nombre d’enseignements. Par ailleurs le suivi de ce dossier et les décisions qui seront prises par le nouveau Ministre seront un indicateur précieux concernant la mise en œuvre ou pas d’une nouvelle politique de sécurité.

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dimanche, mai 21 2017

Manifestations du 1er Mai à Paris : le maintien de l'ordre en question

21 05 2017

MAY-DAY/FRANCEComme un remake en pire de la mobilisation contre la loi sur le travail, la violence de la manifestation du 1er mai 2017 à Paris a marqué à la fois les manifestants de tête, séparés du cortège syndical à coups de grenades de désencerclement lancées par les policiers, et les CRS, qui ont vu deux de leurs collègues prendre feu. Les tensions entre manifestants et forces de l’ordre, qui avaient paru s'apaiser après que, le 15 septembre dernier, un syndicaliste eut été éborgné par un projectile, sont réapparues, encore plus vives. Des deux côtés, on parle d'escalade inédite, en oubliant un peu vite la violence des manifestations autonomes et de leur répression dans les années 1970.

Photo : mediapart.fr

jeudi, mai 18 2017

De gros chantiers attendent le nouveau ministre de l’Intérieur !

18 05 2017

Y__a_du_boulot.jpgBonne chance au nouveau Ministre de l’Intérieur qui, sans s’en rendre compte, va entrer dans un grand Ministère confronté à de graves enjeux de sécurité lui imposant une révolution stratégique alors que précisément il a été contraint depuis plus de trente ans à gérer les délires idéologiques des divers pouvoirs exécutifs certes intéressés électoralement par les enjeux de sécurité mais qui au fond n’ont jamais pris la mesure des réalités sociologiques de la sécurité.
Tous ces errements ajoutés au basculement radical de 2002 provoqués par un Ministre qui se voyaient déjà en haut de l’affiche ont conduit les forces de sécurité dans une impasse mortifère. En raison d’évidentes erreurs stratégiques, les forces de sécurité sont atteintes d’une maladie qui les paralyse peu à peu.

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dimanche, mars 26 2017

Pour une sécurité publique quotidienne durable

26 03 2017

Policiers_quartier_chatelet_les_halles.jpgLes actions terroristes de janvier et novembre 2015, et de juillet 2016 ont eu un effet révélateur tragique mais peut-être utile. Elles « obligent à voir et à écouter » et elles exigent (de tout Français) un « examen de conscience ». Plus d’un an et demi après, on peut, à grands traits, esquisser un tableau – partiel - de la situation. Ce tableau met en évidence des carences, des lacunes et des faiblesses conceptuelles, organisationnelles, fonctionnelles, éthiques…. préoccupantes, mais qui peuvent être autant d’opportunités pour ouvrir des perspectives de redressement, de réforme et de rénovation. Les unes et les autres sont présentées ci-après pêle-mêle sans les développements particuliers qu’elles auraient mérités.

Photo : 20minutes.fr

samedi, mars 25 2017

De la nécessité du rapprochement police-population

25 03 2017

Patrouille_de_police_liberation.fr.jpgAprès avoir mis en doute la volonté des gouvernants d'œuvrer concrètement à un véritable rapprochement entre la police et la population (dans un précédent article), rapprochement que de nombreuses études estiment nécessaires (voir par exemple le rapport de Terra Nova) et que de nombreux citoyens et policiers appellent de leurs vœux (découvrir l'association Citoyens & Policiers), examinons quelles pourraient être les avantages d'un tel rapprochement et les conditions nécessaires pour y parvenir.

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jeudi, mars 16 2017

L’art français de la déviance policière

16 03 2017

Image_police_LVI.jpg« Négro, bamboula, salope » : la violences des assignations raciales et sexuelles prononcées par les policiers qui ont interpellé Théo, 22 ans, résidant à la Cité des 3000, le 2 février 2017 à la suite d’un contrôle d’identité, s’est accompagnée d’un tabassage à coup de poings, de pieds et de matraque télescopique. Cette dernière a également été utilisée pour provoquer une « grave blessure rectale » constatée par un médecin de l’hôpital Robert-Ballanger à Aulnay. À la violence verbale et physique s’ajoute donc un viol commis avec une arme de service. Sans ambigüité, la force, la soumission et la dégradation se sont substituées au droit.

mardi, mars 7 2017

Ces pays qui refusent la course à l'armement des polices

7 03 2017

Police_municipale_woippy.jpgL’enquête menée par le Washington Post montre que la sécurité des policiers pas liée au port d‘une arme, bien au contraire. Le journal présente cinq pays où les policiers ne sont pas armés, sauf circonstances particulières : Royaume-Uni, Irlande, Norvège, Islande et Nouvelle-Zélande. Une stratégie qui porte ses fruits.
Le Royaume-Uni et l’Irlande ont toujours cultivé leur différence dans le domaine de la police. Le «bobby» désarmé et avenant reste une réalité. Selon un sondage publié en 2004, 82% des policiers ne veulent pas être armés.
En France, les maires de Nice (C. Estrosi) et désormais de Woippy (F. Grosdidier) poussent au contraire à une course à l'armement continuelle.

Photo : republicain-lorrain.fr

mercredi, février 15 2017

La persistance des mauvaises relations police-jeunes : jusqu’à quand ?

15 02 2017

Adama_Theo_Police.jpgL’affaire « Théo » vient s’ajouter à la longue liste des dérapages, bavures, et autres dérives policières, réelles ou supposées, médiatisées ou non, qui depuis des dizaines d’années font partie de l’image des banlieues dites sensibles. S’y ajoute une ampleur médiatique qui voit se rejouer un scénario maintes fois observé, au moins depuis les Minguettes en 1981 : cela débute par un accident mettant en cause des policiers et certains de ces jeunes, une montée en puissance des tensions, des manifestations de protestations et l’attente de l’émeute qui viendra, a posteriori, montrer que la violence se trouve du côté des jeunes.

Photo : theconversation.com

jeudi, février 2 2017

Et si la préfecture de police de Paris faisait doublon, entretenant la guerre des polices ?

2 02 2017

Quai_des_orfevres.jpgCe rapport ne manquera pas de hérisser des poils du côté de la préfecture de police de Paris. Sénateur LR de Paris, Philippe Dominati s’est intéressé pour la commission des Finances au fonctionnement de cette baronnie vieille de plus de deux siècles. Est-il pertinent et efficace de continuer à doublonner certains services de police judiciaire et de renseignement ?
La réforme proposée par Dominati se veut avant tout pragmatique : «Alors que la gendarmerie est caractérisée par l’unité de sa direction, trois personnalités coexistent au sommet de la hiérarchie policière : le directeur général de la police nationale (DGPN), le préfet de police et le directeur général de la sécurité intérieure (DGSI). Or, l’absence d’unité de l’organisation policière est susceptible de se traduire non seulement par une déperdition de moyens mais également par des difficultés de coordination – voire des conflits – entre les services.»

mardi, janvier 17 2017

Panorama des polices municipales en France

17 01 2017

police-municipale-ecusson.jpgDes effectifs en croissance, des agents de plus en plus équipés et armés, une vidéo-protection en plein boom. Dans un contexte post-attentat, marqué par de nombreuses évolutions sécuritaires, l’association « Villes de France » a diffusé le 16 janvier 2017 les résultats d’une vaste enquête sur les polices municipales des villes moyennes. S'interrogeant sur l'extension des missions des agents, la présidente Caroline Cayeux appelle les pouvoirs publics à clarifier la doctrine d’emploi des polices municipales qui doit rester, selon elle, une police de proximité et un relais d’information du maire.

vendredi, janvier 6 2017

La marginalité juvénile à l’épreuve de la présence policière à Châtelet-les-Halles

6 01 2017

Policiers_quartier_chatelet_les_halles.jpgPartant du constat de la dégradation de l’image de la police chez une partie des habitants des quartiers populaires en milieu urbain, cet article s’interroge sur la représentation que peuvent avoir les jeunes des forces de police. Il s’agit de restituer un travail d’observation des rapports jeunes/police en privilégiant la rencontre de jeunes identifiés comme appartenant à des bandes qui circulent dans le quartier de Châtelet-les-Halles. Si la grande majorité des jeunes se rendent aux Halles pour consommer et se divertir, nous avons cependant noté l’existence, sur ce terrain d’enquête, de trois groupes de jeunes rencontrant des difficultés avec les forces de police.

Photo : 20minutes.fr

dimanche, décembre 11 2016

Quelques raisons profondes du malaise policier

11 12 2016

Voiture_de_police_en_feu.jpgLa police va mal. Depuis le milieu du mois d’octobre, un événement ayant servi de déclencheur (les tentatives d’homicides par incendie de quatre policiers à Viry-Chatillon le 9 octobre), des milliers de gardiens de la paix manifestent régulièrement dans de nombreuses villes, le soir, en tenue ou en civil, manifestations qui s’improvisent en dehors des organisations syndicales elles-mêmes décriées par beaucoup. Leurs revendications mélangent des questions liées aux conditions d’emploi, au fonctionnement interne de l’institution (la hiérarchie, la politique du chiffre), aux droits des policiers et de leur « clientèle », aux relations avec l’institution judiciaire, aux sanctions prononcées par les juges. Ces derniers jours, la colère prend une nouvelle forme à l’image de ce collectif de quelques 250 policiers enquêteurs qui ont demandé le retrait de leur habilitation d'OPJ (officier de police judiciaire) au Procureur Général près la cour d'appel de Montpellier (voir ici). Et le mouvement s’étend.

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samedi, décembre 10 2016

La vraie légitime défense du policier

10 12 2016

policier_seul.jpgDu côté du pouvoir exécutif on pense s’en tirer à bon compte, après le mouvement d’humeur prolongé des policiers. En effet, après avoir tenté de négocier avec une force sans leader, le gouvernement va proposer un aménagement de la légitime défense et des perspectives optimisées en matière de renouvellement des matériels. Mais ce que n’a pas compris cet exécutif, ni l’opposition du moment qui pourrait devenir dans quelques mois le prochain pouvoir exécutif, c’est la réalité du malaise et le rejet de la structure décisionnelle classique.

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dimanche, décembre 4 2016

Les officiers de police judiciaire en colère contre des procédures toujours plus lourdes

4 12 2016

manifestation-de-policiers.jpgAprès la grogne des policiers de voie publique, le ras-le-bol des officiers de police judiciaire (OPJ). Depuis deux semaines, un mouvement de contestation contre la lourdeur de la procédure pénale essaime au sein des forces de l’ordre. De nombreux fonctionnaires ont ainsi demandé le retrait de leur habilitation d’OPJ. Envoyées sous forme de rapports, adressées au parquet général, ces demandes restent symboliques, l’habilitation d’OPJ ne pouvant être annulée que par le biais d’une sanction. Mais la démarche prend de l’ampleur.

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