Polices, gendarmerie

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mercredi, mai 25 2016

Un splendide isolement. Les politiques françaises du maintien de l’ordre

25 05 2016

Gendarmes_mobiles.jpgAprès la tenue d’une manifestation à Paris contre la « haine anti-flics », il nous semble que le décalage comparatif pourrait éclairer la compréhension de ce que l’on appelle en France le « maintien de l’ordre », c’est-à-dire la gestion des foules par les forces de police et de gendarmerie.
Qu’en est-il ailleurs de la violence contestataire et de l’hostilité aux policiers ? Voyons le week-end du 1er mai en Allemagne. Depuis le milieu des années 1980, ce jour est l’occasion déclarée par divers groupes anarchistes, autonomes et anti-fascistes, d’une confrontation violente avec la police. Cette année, un important dispositif était déployé dans les lieux habituels de confrontation, mais l’imposant cortège policier, et une politique habile de « désescalade » (nous y reviendrons), ont tenu les hostilités à un niveau très bas.

lundi, mai 23 2016

Rien ne va plus aux Stups

23 05 2016

saisie_drogue.jpgC’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

mercredi, mai 18 2016

La "haine anti-flics", émotion, diversion et récupérations politiques

18 05 2016

Manifestation_alliance_18_mai_2016.jpgLa prétendue "haine anti-flics" est une émotion assez puérile, une diversion assez claire, qui suscite diverses récupérations politiques.
Sur le terrain, la situation est complexe. Les casseurs sont une réalité. Certains sont de dangereux extrémistes qui méritent d'être arrêtés et jugés. Mais le ras-le-bol exaspéré contre la dérive droitière et autoritaire de ce gouvernement est une autre réalité qui solidarise une partie des manifestants autour des plus violents. Le fait que certaines stratégies policières renforcent les tensions au lieu de les faire baisser est également une réalité. L'usage de la force est légitime dans son principe. Mais certains usages de la force sont illégitimes, ce sont des violences policières. Rappelons que l'IGPN elle-même a proscrit l'usage du flash-ball dans son rapport de 2015. Le gouvernement masque cette complexité et cherche à faire oublier qu'il est la cause de toutes ces manifestations. La droite et l'extrême droite tentent de leur côté de récupérer le mouvement policier, avec le syndicat Alliance à la manœuvre. La majorité de la population assiste, médusée, à un spectacle violent où elle ne comprend sans doute pas grand chose.

mardi, mai 17 2016

La vie quotidienne des services secrets : une enquête de Mediapart

17 05 2016

espion.jpgN’en déplaise au ministre de l’intérieur, il existe bien un souci du côté de notre contre-espionnage. Et ceci n’est pas qu’une élucubration de méchants journalistes. Sept des terroristes du A3 novembre 2015 étaient des Français partis s’entraîner dans les camps de l’État islamique et rentrés perpétrer leurs crimes de masse sans aucune difficulté.
Nous avons pris plus de 5 mois pour rencontrer une dizaine d’officiers de renseignement, certains à plusieurs reprises. Ces agents exercent dans les trois principaux services dépendant de la place Beauvau : la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le service central de renseignement territorial (SCRT) et la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

Dessin : organiser-anniversaire.fr

lundi, mai 2 2016

Un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime

2 05 2016

Des_policiers_en_civil_aspergent_des_manifestants.jpgDans ce rapport entre violence légitime et illégitime se joue la possibilité de quatre composantes d’une mobilisation sociale de faire leur jonction ou non : la classe ouvrière, les quartiers populaires, les couches moyennes précarisées et la gauche radicale. Cette jonction est apparue jusqu’à maintenant improbable, car ne s’appuyant pas sur un rapport social commun, notamment le rapport au travail.
Le but de la violence légitime est de faire apparaître comme illégitime toute opposition à sa violence. Ceux qui sont dépositaires de cette violence légitime sont les corps constitués de l’État, en l’occurrence la police et l’armée. Ce qui s’est passé ce 1er mai à Paris est un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime.

Photo : lemonde.fr

dimanche, mai 1 2016

Manifestations : quelles stratégies policières et quelles consignes gouvernementales ?

1 05 2016

intervention_CRS_manifestation_avril_2016.jpgAlors que des manifestations se déroulent comme tous les 1er mai, mais dans un contexte de tensions sociales et politiques croissantes, des questions se posent de plus en plus sur les stratégies policières et les consignes gouvernementales. L'existence de groupes de "casseurs" ne fait aucun doute, généralement des petits groupes se réclamant de l'extrême gauche ou de l'anarchisme, qui ne viennent pas pour manifester pacifiquement et qui n'hésitent pas à blesser des policiers. Le fait est classique et ces groupuscules sont bien connus des services de renseignement. Mais les actions policières ne semblent pas nécessairement destinées à les isoler et les empêcher de nuire. Les consignes de fermeté et d'interpellations se multiplient, prenant parfois les allures d'une politique du chiffre. Les policiers - que l'on sait très fatigués par leur intense mobilisation depuis l'état d'urgence - apparaissent souvent très nerveux, se tenant trop proches des manifestants, intervenant dès le départ des manifestations et non simplement au moment où les cortèges se dispersent, "arrosant" trop indifféremment de gaz les manifestants, tout cela au risque de tomber dans la provocation et d'aggraver les problèmes. Les cas de violences illégitimes se multiplient. Des questions se posent sur l'usage des pistolets Flash-Ball, sur des façons de tirer les grenades lacrymogènes, sur les coups portés à des personnes déjà menottées et se tenant tranquilles. La bonne stratégie se serait-elle pas plutôt de se tenir le plus à distance possible, de n'intervenir qu'en cas d'incidents ingérables par les services d'ordre des syndicats et de travailler en amont sur les groupes de casseurs plutôt que d'attendre qu'ils agissent ?

Photo : lemonde.fr

jeudi, avril 28 2016

Police : la fin de l'état de grâce ?

28 04 2016

welcome_to_reality.jpgAprès les attentats de janvier puis de novembre 2015, le capital sympathie des policiers auprès de la population n'avait jamais été aussi élevé. Cependant, deux rapports récents, l'un sur les contrôles d'identité jugés abusifs, l'autre sur les violences policières en France, viennent remettre en cause le travail quotidien des membres des forces de l'ordre. Faut-il y voir un signe de la fin de l'état de grâce dont bénéficiaient les policiers depuis quelques mois ? Comment et pourquoi des associations en viennent-elles à se mêler des questions de sécurité ? Les policiers français sont-ils si mauvais ?

lundi, mars 28 2016

Le gouvernement a-t-il choisi la matraque face à la jeunesse ?

28 03 2016

police_manifestation_lyceens.jpgQuelques gouttes, parfois des taches, qu’on peine à effacer. Le sang du 17 mars, les hématomes et les os brisés resteront longtemps dans la chair et la mémoire des lycéens et des étudiants matraqués. Pourtant, les grands médias, les télévisions, la presse nationale en parlent à peine. Le terrorisme est un peu plus chaque jour le voile médiatique dont on recouvre l’état d’urgence et l’action de l’Etat.
Mais la mémoire numérique ne s’efface pas. Du moins pas encore. Des témoignages sont diffusés sur les réseaux sociaux. Évacuation de Tolbiac, comparution immédiate de quatre jeunes arrêtes le 17 mars; charge violente des CRS sur le campus de l’université de Strasbourg (5 blessés dont une lycéenne). Le site On vaut mieux que ça propose une synthèse, Mediapart rend compte des circonstances de l’évacuation du site de Paris 1 et le SNESUP-FSU dénonce des « répressions policières inadmissibles », en mentionnant l’arrestation d’un étudiant dans les locaux de Lyon 2. Il a été remis à la police par des agents employés par l’université, sur ordre du président. Son délit : quelques graffiti dans les toilettes…

Photo : 20minutes.fr

mardi, mars 15 2016

Dans la tête du gendarme : une autre façon de filmer

15 03 2016

gendarme_de_dos.jpgCe film propose un face à face entre le mode de pensée personnel du gendarme et la réalité du terrain. Il donne à entendre un certain nombre de réflexions de quelques gendarmes, entre leur part d’humanité, du sens du bien public, la rigidité d’une institution hiérarchique placée sous les ordres du pouvoir politique.
Ce film ne se contente pas de montrer des hauts faits ou de l'action. Le gendarme est « vu » dans sa réalité humaine, ses paradoxes, ses contradictions alors qu’il doit se montrer du point de vue de sa hiérarchie et du pouvoir, sans faille.
Note du producteur : le film a été tourné entre 2008 et 2011 avec des moyens rudimentaires, en Auvergne et dans le Nord Pas de Calais, les principales chaînes de télévision ayant refusé sa production par préférence pour une gendarmerie vue seulement du point de vue de l’action. Les tournages prévus à Grenoble et Toulouse ont dû être annulés.

Photo : huffingtonpost.fr

lundi, mars 14 2016

Risque croissant d’impunité pour les violences policières

14 03 2016

policiers_en_civil_avec_flashball.jpgAu moment où l’État dote les brigades anti-criminalité de la police d’armes longues, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ONG française ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) publie un rapport cinglant sur les violences policières.
Au terme d’une enquête de dix-huit mois, l’ACAT dresse un état des lieux peu reluisant. Elle s’est en particulier penchée sur 89 cas de blessures graves survenues entre 2005 et 2015, et ayant entraîné la mort pour 26 d’entre elles. Leur analyse fait apparaître un changement dans la doctrine du maintien de l’ordre. Pour Aline Daillère, « on glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise ces manifestants. C’est flagrant avec le flash-ball ».

Photo : lemonde.fr

jeudi, mars 3 2016

Les patrons des DGSE et DGSI sont sceptiques face à la « réponse sécuritaire »

3 03 2016

Aporie.jpgL’audition conjointe de Bernard Bajolet et de Patrick Calvar s'est déroulée le 17 février devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Force est de constater que les patrons de la DGSE et de la DGSI, avec l’expression mesurée qui est la leur, n’ont pas manié la langue de bois. « Je suis convaincu, à titre personnel, que la réponse sécuritaire n'est que partielle et ne résoudra pas le phénomène », affirme Patrick Calvar.
Selon le patron du renseignement intérieur, les plus de 300 jeunes arrêtés par son service « n'ont aucun espoir, ils n’ont pas d'existence en tant qu'individu, ils ne sont "personne". Une fois qu'ils sont passés dans le monde de la barbarie, cela change, mais au départ, ce que nous entendons est bien un cri de désespoir ». « Si nous les interceptons, qu'allons-nous en faire ? Faut-il les maintenir en prison à vie ? Il y a là un problème psychiatrique. » Et le maître-espion de conclure : « C’est une question pour notre société. »

Illustration : lapoesieetsesentours.blogspirit.com

mercredi, février 24 2016

Le suicide des gendarmes et des policiers depuis 10 ans

24 02 2016

prevention_suicide_police.jpgSi l'Observatoire national du suicide vient de rendre son second rapport intitulé « Suicide - Connaître pour prévenir : dimensions nationales, locales et associatives », force est de constater que les études sur les suicides en général ne sont pas nombreuses et que celles sur les suicides dans la police en particulier, le sont encore moins. Frédérique Mezza-Bellet, sociologue à l'Orphelinat mutualiste, avait ouvert la brèche en 1995, suivie peu de temps après par Nicolas Bourgoin. Puis le sujet retombait dans l'oubli, jusqu'à ce qu'un rapport de l'INSERM estimant en 2010 que le risque de suicide dans la police était supérieur de 36 % au reste de la population en France, ne remette le sujet sur le devant de la scène médiatico-policière. Plus récemment, en réponse à l'augmentation inquiétante des suicides dans la police en 2014, la presse et les médias s'emparèrent à nouveau du sujet et produisirent des chiffres non vérifiés dans des articles alarmistes voulus par des syndicalistes dépassés, ces derniers réclamant des décisions rapides de la part des autorités, aussitôt rassérénés par quelques annonces prometteuses… mais point d'étude sérieuse !

Photos : inpublicsafety.com

jeudi, février 4 2016

Le renseignement : état des lieux

4 02 2016

Le_renseignement_AD.jpg
La revue Après-demain pose, dans son dernier numéro, la question de la relation entre le renseignement, son rôle, ses services, ses pratiques, et les principes fondamentaux de la démocratie et de la citoyenneté. Par une approche dialectique qui permet au peuple d’être informé (éditorial de Pierre Joxe), il réunit d’un côté des professionnels du renseignement qui exposent les enjeux et les besoins d’un système apte à donner au gouvernement les moyens de décider en connaissance de cause, et de l’autre des personnalités qui s’interrogent, voire qui alertent, sur les risques présentés par des structures agissant, par définition, dans l’ombre et rendant peu de comptes.
Fidèle à son rôle de sentinelle des libertés publiques, Après-demain permet ainsi au lecteur de n’être ni ignorant, ni dupe (présentation de la revue).

mercredi, janvier 27 2016

Quelle formation pour les policiers recrutés en urgence après les attentats ?

27 01 2016

Ecole_nationale_de_police.jpgNous proposions il y a près de quatre ans maintenant, une scolarité de Gardien de la paix aménagée pour les anciens Adjoints de sécurité (ADS) : réduire cette formation de quatre mois pour celles et ceux qui justifiaient d’un parcours professionnel complet au sein de l’institution. Les premiers modules de formation sont en effet communs aux deux scolarités. En contrepartie, la formation initiale des ADS aurait pu être allongée d’un mois afin de muscler le bagage théorique et technique de ces jeunes contractuels.
Je me souviens des réactions négatives à tous les niveaux de l’administration centrale. Nombreux sont les responsables administratifs capables de vous expliquer pourquoi le changement n’est pas possible. Alors, quelle ne fut pas ma surprise de constater, dans l’urgence post-attentats, le projet de réduire de moitié la scolarité des anciens Adjoints de Sécurité devenus élèves Gardiens de la paix. Ce qui était totalement impossible hier, dans le cadre d’une réflexion posée sur un temps long, devient soudain réalisable dans l’urgence.

Photo : cartesfrance.fr

jeudi, janvier 14 2016

L'état d'urgence est au bout du rouleau

14 01 2016

ca_sent_la_fin.jpgL'état d’urgence a été appliqué avec efficacité, dans le respect du droit et avec un contrôle effectif. À tel point que la plupart des objectifs recherchés ont déjà été atteints et qu’il n’est, concrètement, presque plus appliqué. Tel est en substance le message adressé, mercredi 13 janvier, par la commission de contrôle parlementaire des mesures prises pendant l’état d’urgence lors de la présentation de son deuxième rapport d'étape (voir ci-dessous). En clair : « Circulez, y’a rien à voir. »
Les deux mesures les plus utilisées par les autorités ont bien entendu été les perquisitions administratives et les assignations à résidence. Au total, du 14 novembre au 12 janvier, les forces de l’ordre ont mené 3 021 perquisitions administratives. Ces perquisitions ont été essentiellement menées dans les premières semaines. Les deux premières semaines représentent 58 % de l’ensemble des perquisitions.

Photo : closemag.fr

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