Polices, gendarmerie

Fil des billets

jeudi, avril 28 2016

Police : la fin de l'état de grâce ?

28 04 2016

welcome_to_reality.jpgAprès les attentats de janvier puis de novembre 2015, le capital sympathie des policiers auprès de la population n'avait jamais été aussi élevé. Cependant, deux rapports récents, l'un sur les contrôles d'identité jugés abusifs, l'autre sur les violences policières en France, viennent remettre en cause le travail quotidien des membres des forces de l'ordre. Faut-il y voir un signe de la fin de l'état de grâce dont bénéficiaient les policiers depuis quelques mois ? Comment et pourquoi des associations en viennent-elles à se mêler des questions de sécurité ? Les policiers français sont-ils si mauvais ?

lundi, mars 28 2016

Le gouvernement a-t-il choisi la matraque face à la jeunesse ?

28 03 2016

police_manifestation_lyceens.jpgQuelques gouttes, parfois des taches, qu’on peine à effacer. Le sang du 17 mars, les hématomes et les os brisés resteront longtemps dans la chair et la mémoire des lycéens et des étudiants matraqués. Pourtant, les grands médias, les télévisions, la presse nationale en parlent à peine. Le terrorisme est un peu plus chaque jour le voile médiatique dont on recouvre l’état d’urgence et l’action de l’Etat.
Mais la mémoire numérique ne s’efface pas. Du moins pas encore. Des témoignages sont diffusés sur les réseaux sociaux. Évacuation de Tolbiac, comparution immédiate de quatre jeunes arrêtes le 17 mars; charge violente des CRS sur le campus de l’université de Strasbourg (5 blessés dont une lycéenne). Le site On vaut mieux que ça propose une synthèse, Mediapart rend compte des circonstances de l’évacuation du site de Paris 1 et le SNESUP-FSU dénonce des « répressions policières inadmissibles », en mentionnant l’arrestation d’un étudiant dans les locaux de Lyon 2. Il a été remis à la police par des agents employés par l’université, sur ordre du président. Son délit : quelques graffiti dans les toilettes…

Photo : 20minutes.fr

mardi, mars 15 2016

Dans la tête du gendarme : une autre façon de filmer

15 03 2016

gendarme_de_dos.jpgCe film propose un face à face entre le mode de pensée personnel du gendarme et la réalité du terrain. Il donne à entendre un certain nombre de réflexions de quelques gendarmes, entre leur part d’humanité, du sens du bien public, la rigidité d’une institution hiérarchique placée sous les ordres du pouvoir politique.
Ce film ne se contente pas de montrer des hauts faits ou de l'action. Le gendarme est « vu » dans sa réalité humaine, ses paradoxes, ses contradictions alors qu’il doit se montrer du point de vue de sa hiérarchie et du pouvoir, sans faille.
Note du producteur : le film a été tourné entre 2008 et 2011 avec des moyens rudimentaires, en Auvergne et dans le Nord Pas de Calais, les principales chaînes de télévision ayant refusé sa production par préférence pour une gendarmerie vue seulement du point de vue de l’action. Les tournages prévus à Grenoble et Toulouse ont dû être annulés.

Photo : huffingtonpost.fr

lundi, mars 14 2016

Risque croissant d’impunité pour les violences policières

14 03 2016

policiers_en_civil_avec_flashball.jpgAu moment où l’État dote les brigades anti-criminalité de la police d’armes longues, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ONG française ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) publie un rapport cinglant sur les violences policières.
Au terme d’une enquête de dix-huit mois, l’ACAT dresse un état des lieux peu reluisant. Elle s’est en particulier penchée sur 89 cas de blessures graves survenues entre 2005 et 2015, et ayant entraîné la mort pour 26 d’entre elles. Leur analyse fait apparaître un changement dans la doctrine du maintien de l’ordre. Pour Aline Daillère, « on glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise ces manifestants. C’est flagrant avec le flash-ball ».

Photo : lemonde.fr

jeudi, mars 3 2016

Les patrons des DGSE et DGSI sont sceptiques face à la « réponse sécuritaire »

3 03 2016

Aporie.jpgL’audition conjointe de Bernard Bajolet et de Patrick Calvar s'est déroulée le 17 février devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Force est de constater que les patrons de la DGSE et de la DGSI, avec l’expression mesurée qui est la leur, n’ont pas manié la langue de bois. « Je suis convaincu, à titre personnel, que la réponse sécuritaire n'est que partielle et ne résoudra pas le phénomène », affirme Patrick Calvar.
Selon le patron du renseignement intérieur, les plus de 300 jeunes arrêtés par son service « n'ont aucun espoir, ils n’ont pas d'existence en tant qu'individu, ils ne sont "personne". Une fois qu'ils sont passés dans le monde de la barbarie, cela change, mais au départ, ce que nous entendons est bien un cri de désespoir ». « Si nous les interceptons, qu'allons-nous en faire ? Faut-il les maintenir en prison à vie ? Il y a là un problème psychiatrique. » Et le maître-espion de conclure : « C’est une question pour notre société. »

Illustration : lapoesieetsesentours.blogspirit.com

mercredi, février 24 2016

Le suicide des gendarmes et des policiers depuis 10 ans

24 02 2016

prevention_suicide_police.jpgSi l'Observatoire national du suicide vient de rendre son second rapport intitulé « Suicide - Connaître pour prévenir : dimensions nationales, locales et associatives », force est de constater que les études sur les suicides en général ne sont pas nombreuses et que celles sur les suicides dans la police en particulier, le sont encore moins. Frédérique Mezza-Bellet, sociologue à l'Orphelinat mutualiste, avait ouvert la brèche en 1995, suivie peu de temps après par Nicolas Bourgoin. Puis le sujet retombait dans l'oubli, jusqu'à ce qu'un rapport de l'INSERM estimant en 2010 que le risque de suicide dans la police était supérieur de 36 % au reste de la population en France, ne remette le sujet sur le devant de la scène médiatico-policière. Plus récemment, en réponse à l'augmentation inquiétante des suicides dans la police en 2014, la presse et les médias s'emparèrent à nouveau du sujet et produisirent des chiffres non vérifiés dans des articles alarmistes voulus par des syndicalistes dépassés, ces derniers réclamant des décisions rapides de la part des autorités, aussitôt rassérénés par quelques annonces prometteuses… mais point d'étude sérieuse !

Photos : inpublicsafety.com

jeudi, février 4 2016

Le renseignement : état des lieux

4 02 2016

Le_renseignement_AD.jpg
La revue Après-demain pose, dans son dernier numéro, la question de la relation entre le renseignement, son rôle, ses services, ses pratiques, et les principes fondamentaux de la démocratie et de la citoyenneté. Par une approche dialectique qui permet au peuple d’être informé (éditorial de Pierre Joxe), il réunit d’un côté des professionnels du renseignement qui exposent les enjeux et les besoins d’un système apte à donner au gouvernement les moyens de décider en connaissance de cause, et de l’autre des personnalités qui s’interrogent, voire qui alertent, sur les risques présentés par des structures agissant, par définition, dans l’ombre et rendant peu de comptes.
Fidèle à son rôle de sentinelle des libertés publiques, Après-demain permet ainsi au lecteur de n’être ni ignorant, ni dupe (présentation de la revue).

mercredi, janvier 27 2016

Quelle formation pour les policiers recrutés en urgence après les attentats ?

27 01 2016

Ecole_nationale_de_police.jpgNous proposions il y a près de quatre ans maintenant, une scolarité de Gardien de la paix aménagée pour les anciens Adjoints de sécurité (ADS) : réduire cette formation de quatre mois pour celles et ceux qui justifiaient d’un parcours professionnel complet au sein de l’institution. Les premiers modules de formation sont en effet communs aux deux scolarités. En contrepartie, la formation initiale des ADS aurait pu être allongée d’un mois afin de muscler le bagage théorique et technique de ces jeunes contractuels.
Je me souviens des réactions négatives à tous les niveaux de l’administration centrale. Nombreux sont les responsables administratifs capables de vous expliquer pourquoi le changement n’est pas possible. Alors, quelle ne fut pas ma surprise de constater, dans l’urgence post-attentats, le projet de réduire de moitié la scolarité des anciens Adjoints de Sécurité devenus élèves Gardiens de la paix. Ce qui était totalement impossible hier, dans le cadre d’une réflexion posée sur un temps long, devient soudain réalisable dans l’urgence.

Photo : cartesfrance.fr

jeudi, janvier 14 2016

L'état d'urgence est au bout du rouleau

14 01 2016

ca_sent_la_fin.jpgL'état d’urgence a été appliqué avec efficacité, dans le respect du droit et avec un contrôle effectif. À tel point que la plupart des objectifs recherchés ont déjà été atteints et qu’il n’est, concrètement, presque plus appliqué. Tel est en substance le message adressé, mercredi 13 janvier, par la commission de contrôle parlementaire des mesures prises pendant l’état d’urgence lors de la présentation de son deuxième rapport d'étape (voir ci-dessous). En clair : « Circulez, y’a rien à voir. »
Les deux mesures les plus utilisées par les autorités ont bien entendu été les perquisitions administratives et les assignations à résidence. Au total, du 14 novembre au 12 janvier, les forces de l’ordre ont mené 3 021 perquisitions administratives. Ces perquisitions ont été essentiellement menées dans les premières semaines. Les deux premières semaines représentent 58 % de l’ensemble des perquisitions.

Photo : closemag.fr

lundi, novembre 30 2015

Antiterrorisme : c'est la cacophonie

30 11 2015

cacophonie.jpgLe 15 janvier 2015, une voiture banalisée de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) prend en filature la voiture d’Amar R. Les services secrets s’intéressent à cet ancien voisin de cellule d’Amedy Coulibaly, car il est l’un des derniers à avoir vu le futur tueur de l'Hyper Cacher, le 6 janvier, soit la veille de l’attaque contre Charlie Hebdo. La voiture arrive à destination, au Fort de Rosny (Seine-Saint-Denis), là où sont installés plusieurs services de la gendarmerie. Le véhicule de la DGSI se gare sur la chaussée qui longe l’entrée de la caserne. L’un des agents en planque reconnaît un visage familier dans une voiture voisine, stationnée non loin. C’est un collègue de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris, un autre service de renseignement. Jusqu’à cette rencontre fortuite, la DGSI et la DRPP ignoraient qu’elles surveillaient l’une et l’autre la même cible, en même temps. Cette anecdote pourrait, à elle seule, résumer le désordre de la lutte antiterroriste française.

Illustration : altermedia.info

dimanche, novembre 29 2015

Le ministre de l'Intérieur obligé de recadrer préfets et policiers

29 11 2015

police_perquisition.jpg"C'est parce que la perquisition administrative est une mesure exceptionnelle qui porte particulièrement atteinte aux libertés individuelles des personnes que les policiers ou les gendarmes qui y procèdent sont tenus d'être exemplaires dans son exécution." Bernard Cazeneuve a envoyé une circulaire à tous les préfets, mercredi 25 novembre, pour recadrer un peu les perquisitions administratives : "L'état d'urgence n'est en aucune façon une dérogation à l’État de droit."
Par certains aspects, on pourrait surnommer le texte "circulaire Pepper Grill". Le ministre de l'intérieur revient ainsi sans le dire sur les aspects les plus contestables de la perquisition du restaurant de Saint-Ouen-l'Aumône. Un exemple : "Dans un premier temps et dans toute la mesure du possible, l'ouverture volontaire de la porte devra être recherchée." Au Pepper Grill (comme lors de nombreuses perquisitions de domiciles), les forces de l'ordre ont en effet eu une fâcheuse tendance à casser d'abord et à sonner ensuite.

Photo : bfmtv.com

mercredi, octobre 28 2015

Mater la meute. La militarisation de la gestion policière des manifestations

28 10 2015

Layout 1La restructuration néolibérale des institutions économiques et politiques entraîne une militarisation progressive des forces policières et de leurs tactiques de maintien de l’ordre. Surveillance, infiltration, brigades spéciales, armes sublétales, arrestations préventives... En Amérique du Nord comme en Europe, il semble que tous les moyens soient bons pour neutraliser la contestation sociale.
Refusant de céder au schématisme habituel qui fait des forces de l’ordre un simple instrument des élites politiques, la sociologue Lesley J. Wood revient sur l’histoire récente de la police nord-américaine pour mettre au jour les dynamiques complexes qui la traversent. Elle étudie l’influence croissante du secteur privé – multinationales et consultants en sécurité –, de l’armée et des grandes associations professionnelles sur les pratiques policières et leur diffusion.

mardi, octobre 20 2015

Retour sur la manifestation des policiers du 15 octobre 2015

20 10 2015

manifestation_policiers_15_oct_2015.jpgLes conditions de travail des policiers n'ont cessé de se dégrader ces quinze dernières années. Toujours moins d'effectifs et de moyens, toujours plus de pression hiérarchique sur fond de politique méritocratique. Dans le même temps, plusieurs réformes des retraites sont venues allonger la durée de carrière des policiers. La génération des quarantenaires, qui a vu partir nos anciens en retraite entre 50 et 52 ans, devra travailler cinq à sept années de plus pour disposer d'une pension parfois inférieure. Enfin, personne ne peut le nier, les missions au quotidien sont de plus en plus techniques et dangereuses. Le stress professionnel progresse partout et encore bien davantage au sein de notre métier. Dans ce contexte, qui s'impose hélas à tous, comment s'étonner de la démotivation et de la souffrance exprimées par de nombreux policiers notamment en deuxième partie de carrière ?

Photo : franceinfo.fr

dimanche, octobre 11 2015

Des délégués du Défenseur des droits vont traiter des litiges impliquant les forces de l'ordre

11 10 2015

controle_de_police_2.jpgLe Défenseur des droits a mis en place, à titre d’expérimentation, un dispositif de délégués territoriaux chargés, outre leurs missions traditionnelles, de traiter par la voie du règlement amiable certains litiges mineurs relevant du domaine de la déontologie de la sécurité.
Cette expérimentation est lancée le 1er octobre dans six régions de France et pour une période de 6 à 9 mois (1 an dans la décision).
Le Défenseur des droits a sélectionné, parmi ses délégués territoriaux, six correspondants locaux qui se sont vu attribuer une compétence locale pour traiter, dans un délai de 3 à 6 mois, les saisines que reçoit l’institution mettant en cause le comportement de représentants des forces de l’ordre (police nationale, gendarmerie, …) portant exclusivement sur des litiges du type refus d’enregistrement de plainte ou tenue de propos déplacés. Ils interviendront par la voie de la médiation, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés dans un souci de règlement amiable.

Photo : leplus.nouvelobs.com

samedi, octobre 3 2015

Police nationale, combien de divisions ?

3 10 2015

playmobile_police.jpgCombien y-a-t-il de policiers nationaux en France ? Voilà une question à laquelle il n’est pas simple de répondre. D’annonces en controverses politiciennes, une personne non aguerrie s’y perdra rapidement et finira au bout du compte par abandonner toute tentative d’obtenir une réponse fiable. Cependant, plus que de connaître les chiffres bruts, il convient peut-être davantage de s’intéresser à l’évolution de ces effectifs dans le temps... Tout d’abord, un peu de pédagogie. Lorsque j’aborde ici la question des effectifs de police, j’évoque celui des policiers actifs. Je laisse volontairement de côté la question des personnels administratifs, techniques et scientifiques. Non pas qu’ils n’aient pas une grande importance pour le fonctionnement de la Police nationale ; sans eux, celle-ci aurait bien du mal à accomplir ses missions. Mais ces personnels ne sont en revanche que très exceptionnellement en relation avec le public dans la réalisation des principales missions de police.

Image : autotitre.com

- page 1 de 12