Controverses, polémiques, pétitions

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dimanche, février 23 2014

CNAM : Criminologie oui, Diversité non ?

23 02 2014

diversity.jpgEn 2010, les instances du CNAM ont adopté, sur proposition de ses personnels, la création d’une chaire Diversité. Or, depuis lors, malgré des demandes répétées, les personnels attendent toujours que cette décision soit finalisée par la direction de l’école Management et Société au sein de laquelle cette chaire prendra place. Au printemps 2013, la demande de création de cette chaire a été rappelée et actée au sein du Conservatoire. Les équipes pédagogiques et de recherche concernées ont élaboré et transmis une proposition de profil.
Tout est donc prêt pour la publication de cette chaire, or rien ne se passe et aucune explication claire n’est fournie sur les raisons de cette non mise en œuvre des décisions de l’établissement par la direction de l’école Management et Société. Les personnels sont nombreux à attendre l’appel à candidature pour une chaire de diversité. Au moment où le CNAM adopte un projet de contrat quinquennal dans lequel le Conservatoire rappelle sa mission prioritaire vis-à-vis des publics vulnérables, et alors que le CNAM s’honore par une exposition sur nos grilles qui rappelle la déportation des enfants juifs de notre arrondissement, alors que les discriminations en matière d’emploi, de logement continuent à être un problème majeur, dans un contexte de montée de la xénophobie, de l’homophobie et de contestation des études de genre, il entre dans les missions du CNAM de faire entendre sa voix par l’élaboration de formations et la réalisation de recherches sur ces questions de la diversité pour faire pièce à un climat inquiétant.
Autant la création de postes pour la criminologie était relayée avec empressement par la direction de l’école Management et société, autant celle-ci traîne les pieds pour mettre en place cette chaire Diversité. Cherchez l’erreur !

lundi, février 17 2014

Jeux de Sotchi 2014 : nous ne serons pas complices

17 02 2014

poutine_sotchi.jpgNul ne peut plus l'ignorer aujourd'hui, Vladimir Poutine organise les Jeux olympiques d'hiver dans la droite ligne de toutes les dictatures qui ont instrumentalisé les grandes manifestations sportives. Ses objectifs sont clairs : − Restriction des libertés civiles et contrôle militaro-policier des espaces publics et privés au nom de la « paix olympique ».
− Extension des zones d'influence géopolitique et économique grâce aux investissements olympiques pharaoniques.
− Médiatisation à haute dose du grand show sportif en tant qu'opération de propagande que le parcours de la flamme olympique a portée à son paroxysme.
− Endoctrinement et obnubilation nationalistes de la population par la promotion de champions d'État transformés en vitrines publicitaires.
− Durcissement autoritaire du pouvoir, des services de sécurité et des groupes supplétifs qui bafouent les libertés démocratiques élémentaires avec la complicité des partenaires économiques.

Photo : europe1.fr

mercredi, novembre 20 2013

La prochaine fois que quelqu’un vous bassine avec le voile, parlez-lui de l’Alsace Moselle

20 11 2013

Strasbourg_Jesus.jpgCela va faire maintenant un peu plus de 25 ans qu’en France, politiques, journalistes, universitaires et autres « personnalités qualifiées » s’agitent régulièrement autour du caractère ou non acceptable du port du voile au sein d’une société se définissant comme laïque. De relativement confidentiel au début des années 1990, ce débat n’a cessé d’enfler au point de constituer depuis le début des années 2000 un véritable feuilleton politique et médiatique.
Or, pendant qu’on nous bassine avec la supposée difficulté des « musulmans » à se soumettre à la « laïcité », ce principe qu’on nous présente comme si solidement « chevillé » à la « sacro-sainte » République française, il existe une région en France où se sont bien les institutions publiques qui piétinent quotidiennement et en toute légalité la neutralité religieuse de l’Etat, ainsi que le principe d’une égalité de traitement des différents cultes présent sur le territoire national. Simplement, comme c’est réputé rapporter moins de voix que de parler du « problème de l’islam », comme ça se vend aussi sans doute moins bien qu’un article illustré par une jeune fille portant le hidjab dans un amphi ou à la sortie du lycée, personne n’en parle jamais.
Vous pensez que j’exagère ? Alors laissez-moi vous faire découvrir quelques unes des réalités sidérantes du statut concordataire alsacien. Et au terme de ce petit voyage vous penserez peut être comme moi que, finalement, avant de regarder le voile sur la tête de sa voisine, on ferait bien de s’occuper de ce qui se passe en Alsace-Moselle.

mercredi, novembre 13 2013

Mettons la haine hors-jeu

13 11 2013

logo_ldh_general.gifLes agressions répétées, ouvertement et pleinement racistes dont la ministre de la Justice Christiane Taubira a été la cible indiquent clairement que nous avons affaire à une offensive assumée, concertée, froidement haineuse. Elles s’inscrivent en effet dans une trop longue liste de « dérapages » détestables.
Il y a eu cette déclaration hallucinante du député-maire de Cholet, à ce jour toujours membre de l’UDI, à propos des Roms : « Hitler n’en a peut-être pas tué assez ». Il y a eu le maire de Croix, dans le Nord, affirmant qu’il serait aux côtés de l’un de ses administrés s’il « commettait l’irréparable » à l’encontre d’un Rom… Il y a eu ce sénateur confiant à la cantonade qu’il avait « vraiment envie » de tirer sur François Hollande et la répartie du maire de Marseille, lui proposant obligeamment une Kalachnikov…
Ces saillies pseudo humoristiques ou soi-disant « maladroites » alimentent une foule de propos et d’actes de violence et toutes, contribuent à la fragmentation de notre société, tout en nous inscrivant collectivement dans une logique de désignation de boucs émissaires.
Cette remontée sidérante de pratiques et de discours qu’on pensait exorcisés n’est pas sans lien avec les consultations à venir. Mais les ramener à une simple poussée de fièvre préélectorale serait s’aveugler à bon compte et sous-estimer le danger. Au-delà des femmes, des hommes et des populations prises pour cibles, c’est le débat démocratique qu’on vise, et en plaçant ses valeurs hors jeu c’est la République qu’on veut atteindre.

lundi, octobre 14 2013

Le bijoutier niçois, Facebook et les médias : comment fabriquer un faux événement

14 10 2013

facebook.jpgSamedi 14 septembre 2013, 17h. Nous n'en revenons pas, une page facebook, en ligne depuis le 11 septembre, dépasse allègrement le million de fans ! C'est du jamais vu. La progression est tellement hallucinante que nous voulons en savoir plus.
Premier coup d'oeil, la page est anonyme. Incroyable, les internautes sont en train de "liker" massivement une page dont ils ne savent absolument rien !
Pourtant, ce qui nous intrigue, ce ne sont pas les raisons pour lesquelles les gens "likent", chacun fait ce qu'il veut, mais la rapidité fulgurante à laquelle ils l'ont fait (sans savoir qui est derrière cette page). On peut comprendre qu'on se sente proche du bijoutier, mais bizarrement, sur Facebook, tous les "héros" n'ont pas droit au même traitement. Ainsi, la page en hommage à Jacques Blondel - mort en tentant d'arrêter des braqueurs un mois avant le bijoutier- ne connait elle qu'un engouement... limité (2 214 likes en tout). Faut-il donc en déduire que ni lui, ni sa famille, ne méritent de soutien pour ce qu'il a fait ? Pourquoi tous ceux qui hurlent aujourd'hui contre le système, le pouvoir, la justice, auraient "liké" la page du bijoutier et pas celle du "héros de Marignane" ? Dans les deux cas, un homme se rebelle contre des délinquants, dans un cas l'homme meurt, dans l'autre l'homme tue. Le mort recueille 2 214 likes, l'auto-justicier 1,6 million... Étrange... Trop de "likers" en même temps, trop de passions, trop d'émotions, trop d'insultes aussi, il y a quelque chose qui cloche.

Illustration : lesmoutonsenrages.fr

lundi, septembre 30 2013

Délinquance : les coupables sont à l’Intérieur

30 09 2013

livre_delapierre.jpgLa délinquance : de quoi parle-t-on ? Que sont ces « chiffres de la délinquance » dont les médias se font régulièrement l’écho ? Que comptabilisent-ils exactement ? Qui sont ces experts qui viennent nous en parler ? La sécurité n’est-elle vraiment ni de droite ni de gauche ? Et que fait la police ?
Ce livre veut répondre à ces questions. Il montre comment la lutte contre la délinquance a été confisquée, détournée, manipulée par une poignée de politiciens ambitieux et de charlatans attirés par ce juteux business. Il révèle l’incroyable manipulation des statistiques à laquelle s’est livré Nicolas Sarkozy pour cacher son échec. Il donne le nom des complices de cette véritable escroquerie en bande organisée. Il détaille comment Manuel Valls a mis ses pas dans ceux de ses prédécesseurs. Il annonce l’impasse à laquelle conduit sa politique. Il propose les solutions pour en sortir.
Après avoir lu ce livre, vous constaterez que les principaux responsables de la délinquance sont à l’Intérieur. Et vous comprendrez pourquoi rien ne bougera tant que le peuple ne s’en mêlera pas.

mardi, septembre 24 2013

Bijoutier de Nice: pendez-les haut et court, tant qu'on y est !

24 09 2013

operation_facebook_Nice.jpgC’est avant tout un drame. Celui de deux vies brisées. Un gamin à la dérive, délinquant multirécidiviste, tué par un homme sans histoire. La justice éclairera les circonstances exactes de l’événement. Car ce n’est pas l’exactitude des faits qui est au centre de l’affaire du "bijoutier de Nice", mais les réactions qu’elle suscite. En effet, le soutien massif dont est l’objet le commerçant soulève bien des interrogations. Un peu sur la réalité des chiffres flatteurs annoncés sur la page Facebook dédiée (1,6 million à ce jour) et sur les intentions des créateurs de ladite page (citoyens indignés ou agitateurs d’extrême-droite ?), de toute façon aujourd’hui dépassés par leur succès.
Mais surtout, interrogeons-nous sur la nature de ce soutien. Environ mille personnes ont défilé à Nice lundi dernier pour réclamer d’office l’acquittement du bijoutier et il apparaît qu’une partie de l’opinion française approuve son geste sachant qu’il ne s’agit pas d’un acte d’auto-défense légitime mais bien d’auto-justice. Pour les soutiens du bijoutier, il est évident qu’on a le droit de défendre son bien. Et tant pis pour le braqueur qui, après tout, connaît "les risques du métier". Le débat sur la sécurité peut-il se résumer à un commentaire de ce bras d’honneur collectif à nos valeurs humanistes ?

vendredi, septembre 13 2013

La construction du prétendu « ras-le-bol » fiscal

13 09 2013

manipulation.jpgLes comparaisons internationales de prélèvements obligatoires n’ont aucun sens. L’artifice utilisé en France pour dénoncer le poids de l’impôt sur le revenu est de mettre en avant le chiffre de l’ensemble des prélèvements (impôts, cotisations, taxes diverses), parmi les plus élevés au monde. L’ensemble des taxes représentait 42,9 % de la richesse nationale en 2010, moins que le Danemark (47,6 %) mais bien plus que le Royaume-Uni (34,9 %). Ce chiffre n’a pas de sens car il compare des services rendus totalement différents selon les pays. Les Anglais paient moins d’impôts, mais déboursent davantage de leur propre budget individuel pour l’école des enfants ou les retraites. En termes de niveau de vie, cela revient au même. La France a choisi de répondre collectivement à certains besoins, pour garantir un accès universel. La France dépense plus que les autres en matière d’éducation non parce que l’école coûte plus cher, mais parce que sa natalité est dynamique et que l’accueil des jeunes enfants est gratuit dès trois ans. On pourrait réduire l’impôt en rendant la maternelle payante, il n’est pas certain que les Français approuveraient. Plus de la moitié de l’écart de prélèvements entre la France et la moyenne européenne résulte de notre système de retraites : non parce que les retraites sont plus élevées, mais du fait de l’ampleur du baby-boom et de la hausse du taux d’activité féminin dès les années 1960.

Illustration : bworldconnection.tv

jeudi, mai 30 2013

Memorandum sur la criminologie

30 05 2013

memorandum.jpgLa criminologie fait l’objet, depuis 2009, d’un vif débat au sein de la communauté scientifique française. Une grande majorité des universitaires et des experts s’est accordée pour déplorer un manque de lisibilité des formations et regretter un trop fort cloisonnement des disciplines œuvrant dans ce champ de recherche.
Pour remédier à cette situation, la Conférence nationale de criminologie a préconisé en 2010, la création d’une section de criminologie au sein du Conseil national des universités (CNU). Cette préconisation a été suivie par le précédent ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche mais elle n’a pas entraîné l’adhésion de la plupart des enseignants-chercheurs concernés, si bien que l’arrêté du 13 février 2012 portant création de cette 75e section a été abrogé par la nouvelle ministre le 6 août 2012.
Dans ce contexte, la Conférence pluridisciplinaire des directeurs de centres de recherche et de diplômes en criminologie a décidé de réunir, à Cergy-Pontoise, le 28 janvier 2013, des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des experts de toutes disciplines désireux de s’accorder, sinon sur la définition de la criminologie, du moins sur les liens susceptibles d’être développés entre les différentes spécialités qui la composent et sur les moyens à mettre en œuvre pour la revaloriser. A l’issue de cette réunion, la concertation s’est poursuivie pour aboutir, fin avril 2013, à la rédaction d’un mémorandum sur l’état et les perspectives de la criminologie en France.

Illustration : gallica.bnf.fr

lundi, avril 22 2013

Mariage pour tous : une France repliée sur elle-même

22 04 2013

France_Mariage_Gay.jpgLes anti Mariage pour tous sont représentatifs d'une France effrayée et méfiante, écrit la presse internationale, qui s'inquiète des récentes agressions homophobes à Paris.
Le Daily Telegraph rapporte le florilège de propos lancés par les anti : "Hollande veut du sang, il en aura", de la "blonde peroxydée" Frigide Barjot ou encore "le coup d’Etat législatif" de l'orateur du groupe UMP Hervé Mariton. Sans oublier bien sûr, "vous êtes en train d’assassiner des enfants", lancé par le député UMP Philippe Cochet à l’Assemblée nationale le 18 avril.
Le correspondant d’El Pais dresse de son côté un rapide portrait des anti, représentatifs de cette France "bigote et inquiète, provinciale et parisienne à 50% et blanche à 99% (...) Une mobilisation qui s’est habilement camouflée par une mise en scène de type Disney, des habits et des pancartes couleur pastel. Qui, au nom de la pluralité et du respect, s’est autoproclamée Manif pour tous." Le journaliste espagnol écrit : "la France, la nation qui a inventé les droits de l’homme est aujourd’hui un pays effrayé et méfiant où prolifèrent les phobies. L’islamophobie a envahi la campagne électorale. Le racisme et la xénophobie font partie du langage courant. Et l’homophobie a commencé à montrer son visage le plus violent depuis que François Hollande a décidé de lancer la nouvelle loi sur le mariage homosexuel".

mercredi, avril 3 2013

Le CNAM face à la dérive des recrutements: lettre ouverte à madame Fioraso

3 04 2013

a_la_derive.jpgMadame la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,
Le Conseil scientifique du CNAM est en attente de réponse à plusieurs demandes adressées à votre cabinet ou à vous-même concernant les pratiques et les procédures de recrutement des enseignants-chercheurs dans notre établissement. Les questions exposées successivement dans une audience, dans un recours hiérarchique et par message électronique concernent les chaires ministérielles, les procédures de recrutement des professeurs du CNAM, et le recrutement d’enseignants-chercheurs de criminologie au Conservatoire. Les modalités de recrutement des enseignants chercheurs sont une question clef qui intéresse au plus haut point toute la communauté académique, d’où notre décision de les relayer par une lettre ouverte.
En effet, les pratiques et les procédures de recrutement des enseignants-chercheurs en vigueur au CNAM posent problème du point de vue de la transparence, du respect de critères scientifiques, des pouvoirs des instances, de l’indépendance des professeurs, bref des valeurs et des usages de la communauté académique en la matière, valeurs et usages dont vous êtes en tant que Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche la garante.

Illustration : vagabond.fr

mercredi, mars 27 2013

France orange mécanique : une liste de faits divers en guise d'argumentation

27 03 2013

orange_mecanique.jpgLes représentants du lobby sécuritaire ont la vie facile. Plutôt que de s'ennuyer à faire de longues études et d'essayer de s'initier un tant soit peu à la rigueur scientifique de la recherche, il leur suffit d’égrainer des listes de faits divers. Cela leur tient lieu d'argumentation. Ainsi le célèbre criminologue auto-proclamé "Xavier Raufer" (un pseudonyme), qui a préfacé La France Orange mécanique (écrit par un prétendu journaliste se cachant lui aussi sous un pseudonyme), a-t-il diffusé lundi 25 mars un communiqué intitulé "Orange mécanique", le réel criminel. Le dit communiqué tient en une page et il est constitué par une pure et simple liste de 19 faits divers, la plupart empruntés au quotidien Le Parisien. Pas un mot, pas une analyse. Juste les titres des articles ou des dépêches. La page s'ouvre par une phrase : "Oui ! C'est bien La France Orange mécanique". Et se conclut par un autre slogan, plus commercial : "Achetez le livre - Diffusez-le !". Ainsi en va t-il de la "science" des représentants du lobby sécuritaire. Elle consiste tout simplement à lire la presse le matin et à découper les pages consacrées aux faits divers. Du point de vue intellectuel, c'est pitoyable. Mais tellement facile et confortable. Et si, en plus, cela permet de gagner de l'argent, pourquoi s'en priver ?

Illustration : allocine.fr

samedi, mars 23 2013

Le CNAM, une loge de choix pour la criminologie d'Alain Bauer ?

23 03 2013

Photo_CNAM_wikipedia.jpgAlors qu’il existe une seule unité d’enseignement de criminologie au CNAM qui a reçu 17 inscrits en 2011-2012 et 16 inscrits en 2012-2013, la direction du CNAM propose de créer quatre postes de criminologie pour la rentrée 2014. On peut en effet lire dans les propositions de renouvellement et de création de postes d’enseignants-chercheurs de l’École Management et société (MS) du CNAM, les demandes de création d’un poste de professeur de Finances criminelles, au sein du département économie finances assurance banque (EFAB), et d’un poste de maître de conférences en sciences criminelles au sein du département DISST. Parmi les propositions de l’École des sciences industrielles et technologies de l’information ( SITI) du CNAM, il est également prévu de créer deux postes : un Professeur spécialisé en Cyber criminalité dans le département Informatique, et un professeur en criminalistique dans le département d’ingéniérie mathématique (Imath).
Rien ne justifie ces propositions : ni la procédure d’instruction, ni les priorités pédagogiques et scientifiques du CNAM, ni une soi-disant « demande ministérielle ». Depuis les tentatives d’imposer au CNAM un pôle national de criminologie, avec l’appui du président Sarkozy, c’est toujours la même démarche : instrumentaliser le CNAM pour développer une orientation et un courant en matière de criminologie en dehors de toute confrontation avec le monde académique, sans concertation avec les enseignants-chercheurs du Conservatoire, leurs équipes pédagogiques et de recherche. Le CNAM mérite mieux que de servir de refuge à de telles manœuvres.

mardi, mars 12 2013

Trois choses à savoir sur « Laurent Obertone », le journaliste fétiche du FN

12 03 2013

je_suis_pas_raciste_mais.jpgA en croire les classements des meilleures ventes de livres, c'est l'essai du moment. A 28 ans, le journaliste Laurent Obertone se fait peu à peu un nom avec La France Orange mécanique, un ouvrage paru à la mi-janvier, dans lequel il mène une enquête à charge contre "l'ensauvagement" de la France. Le tout en liant insécurité et immigration, en s'appuyant sur des dizaines de faits divers, et de nombreux chiffres effrayants qui seraient tenus secrets par les autorités : toutes les vingt-quatre heures, il y aurait selon lui "13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols".
Le succès du livre est impressionnant. Selon le site MyBoox, 35 000 exemplaires ont déjà été vendus, et l'éditeur en réimprimerait 40 000. Le coup de pub que Marine Le Pen lui a fait durant son passage télévisé, le 21 février, n'y est sans doute pas pour rien.
Mais quelles thèses Laurent Obertone défend-il, et qui se cache derrière ce pseudonyme ? Alors que sa légitimité est questionnée, trois choses à savoir avant d'ouvrir son livre.

Illustration : skyrock.com

dimanche, mars 3 2013

Un Observatoire de la discrimination et de la répression syndicales

3 03 2013

repression_syndicat.jpgIl ne s’agit pas d’amnistier des criminels mais des salariés qui se sont engagés pour défendre leurs collègues. Ce projet de loi le montre bien, la «démocratie sociale» désormais si souvent célébrée ne peut faire illusion. Ce discours ne doit pas masquer une réalité plus crue : être syndiqué, exercer un mandat syndical, c’est bien souvent faire l’expérience de la répression et de la discrimination. Selon une enquête du ministère du Travail, 30% des élus syndiqués et 40% des délégués syndicaux considèrent que l’exercice de leur mandat représente un frein à leur carrière. L’étude menée par Thomas Breda à l’École d’économie de Paris a montré qu’un délégué syndical gagnait en moyenne 10 % de moins qu’un salarié non syndiqué ayant le même âge, le même niveau d’études et le même poste. Pas étonnant que les salariés évoquent la «peur des représailles» comme principale raison de leur non adhésion à un syndicat (sondage TNS-Sofres, 2008).

Illustration : sudeducation.org

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