Controverses, polémiques, pétitions

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mercredi, novembre 7 2018

A Marseille, une mairie incompétente et un Etat absent

7 11 2018

FRANCE-BUILDING-COLLAPSELes morts de la rue d’Aubagne, ensevelis dans l'effondrement de trois immeubles lundi 5 novembre, ne sont pas les victimes d’un coup du sort et encore moins des « fortes pluies » tombées sur la ville, scandaleuse explication avancée par la municipalité à l'annonce de la catastrophe. Ils sont le bilan tragique des décennies de laisser-faire et d'incurie de la municipalité dirigée par Jean-Claude Gaudin, élu maire (LR) en 1995. Marseille est de longue date une magnifique ville en souffrance. Son prétendu folklore, ses images clichés, ses particularités, sa pauvreté aussi, ont toujours servi d’explications et surtout d’excuses aux responsables politiques comme aux hauts fonctionnaires de l’État.

Photo : mediapart.fr

lundi, octobre 1 2018

La ville anonyme de la finance mondialisée

1 10 2018

Gratte_ciel_a_Montreal.jpgNous connaissions le film Main basse sur la ville de Francesco Rosi qui, en 1963, dénonçait le gigantisme des programmes immobiliers napolitains et l’affairisme local. Désormais, il y aura aussi Main basse sur la ville, film documentaire réalisé en 2017 qui porte sur les logiques du développement immobilier à Montréal. Le contexte est différent, mais les conséquences sont aussi tragiques.
Pour Aubin, les grands capitalistes construisent des bâtiments sans âme et d’une qualité douteuse, dans lesquels ils n’habiteraient bien sûr jamais, et ensuite s’en lavent les mains en invoquant un jeu de l’offre et de la demande qui a bon dos. Sans compter que la « main invisible » du marché a bel et bien besoin des interventions des pouvoirs publics, locaux et nationaux, pour pouvoir opérer.

Photo : metropolitiques.eu

mercredi, septembre 26 2018

Parcoursup : une génération sacrifiée pour des raisons politiques ?

26 09 2018

Parcoursup.jpgParcoursup a donné à quelque 800 000 jeunes une liberté de choix à un instant T sans leur donner les moyens de construire cette liberté… Ce système Parcoursup suppose en amont un travail de pédagogie sur l’orientation, pour qu’au moment de choisir, les élèves aient les clés pour se décider. C’est ce que prévoit la réforme du lycée avec ses 54 heures d’information et conseils en orientation en classe de première et autant en terminale. Soit 108 heures d’accompagnement. Les responsables politiques peuvent toujours dire que la réforme du lycée a été engagée «en même temps». En réalité, elle va se déployer d’ici trois ans. En attendant, c’est toute une génération qui paie le prix maximal de l’absence d’information. Le pire de tout : on a culpabilisé ces jeunes tout l’été en disant qu’ils ne choisissaient pas assez vite, et donc ralentissaient le système… On a fait comme si ces élèves étaient des consommateurs devant choisir entre cinq pots de yaourts.

Photo : lepoint.fr

jeudi, septembre 20 2018

Parcoursup : un collectif de syndicats et associations demande l'abrogation de la loi ORE

20 09 2018

A la rentrée de septembre 2017 avec APB, il restait 6 000 bacheliers sans affectation ; à la rentrée 2018, ils étaient 9 000 recensés par le ministère. Mais ils étaient également 40 000 sur liste d’attente et 70 000 à avoir une place mais à espérer d’autres réponses, donc non satisfaits, et 180 000 à être sortis du dispositif, en abandonnant Parcoursup. Ces candidats se sont résignés et ont renoncé aux études supérieures, ou sont allés remplir les caisses de l’enseignement privé, véritable gagnant de l’opération. Contrairement à APB, Parcoursup ne permet pas de quantifier le nombre d’étudiants qui ont vraiment la place de leur choix, puisque le gouvernement a obstinément refusé de leur faire renseigner leur premier vœu, donc de le prendre comme critère d’affectation.

dimanche, juillet 29 2018

Affaire Benalla : de la lassitude, des excès, mais surtout des questions

29 07 2018

Alexandre_Benalla_au_20h_de_tf1.jpgNon, il n’y a pas que l’affaire Benalla-Macron dans la vie et même dans l’actualité. Oui, des millions de Français sont en vacances et ont sûrement autre chose à penser. Il n’empêche, vu les faits, pourquoi tourner la page d’un feuilleton (oui, c’en est un) alors que plusieurs questions qui n’ont rien de mineures restent en suspens ? Et alors que les révélations ont continué en parallèle de la gestion de crise par l’Elysée, de la contre-attaque de Benalla et du psychodrame à l’Assemblée. Ce sont bien deux affaires, de nature fort différentes, qui se mêlent aujourd’hui dans le tourbillon du scandale. Un fait divers d’abord, concernant toutefois un personnage loin d’être un simple bagagiste de l’Elysée, puis le traitement en catimini par le sommet de l’État de cet épisode et la crise politique qui en a découlé.

Photo : liberation.fr

vendredi, juillet 20 2018

Les SES et la fabrique des programmes scolaires

20 07 2018

Le 10 mai dernier, l’Institut Sapiens, organisme sans but lucratif qui se présente comme la première « think tech française » ayant pour vocation de « définir le rôle de l’humain dans une société bouleversée par le numérique » 1, publiait sur son site un rapport intitulé « Comment élever le niveau des Français en économie ? ». Un titre suffisamment attractif pour voir le résumé de ses conclusions relayé sans recul par certains médias 2. Signé par Pierre Robert, ancien professeur de sciences économiques et sociales (SES) en classes préparatoires aux grandes écoles de commerce au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, ce document commence par compiler les résultats de quelques sondages récents censés démontrer l’intérêt des Français pour l’économie, mais aussi, et surtout, leur supposée « méconnaissance » en la matière.

mardi, juin 26 2018

Chercheurs sous surveillance : le retour du bâillon ?

26 06 2018

Un colloque s’est tenu ce mois de juin à Aix-en-Provence, qui laisse apparaître l’inquiétude du monde de la recherche face à ce que certains universitaires dénoncent comme un dangereux mélange des genres, voire une surveillance. Le colloque s’intitulait “Terrains et chercheurs sous surveillance. (Auto)contrôle, (auto)censure et mise en administration des sciences sociales”.
“Surveillance” apparaît un cran en dessous de “l’obsession sécuritaire” dénoncée par une autre initiative, qui a vu le jour au même moment à travers une pétition d’une soixantaine de chercheurs CNRS. Les signataires dénoncent les pressions et les menaces sur le financement de certaines recherches et s’opposent au partenariat que le CNRS vient de conclure le 30 mai 2018 avec la direction du renseignement militaire (DRM). Ce partenariat permettrait au ministère de la Défense de financer certains projets de recherche, voire de mettre à profit les enquêtes des chercheurs en train de se faire sur le terrain.

vendredi, juin 15 2018

« Trop de pognon » dans les aides sociales ? La face cachée du non-recours

15 06 2018

Le 29 mai, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, estimait sur RTL qu’il y a trop d’aides sociales en France, distinguant les aides sociales utiles pour les « gens qui sont cassés par la vie » (Allocation aux adultes handicapés, Allocation de solidarité aux personnes âgées) des aides sociales qui entretiennent l’inactivité.
Le 12 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, indiquait dans une vidéo filmée par son service de communication qu’« on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif ».
Ces deux interventions dénotent une incompréhension profonde de notre protection sociale qui vise à sécuriser les parcours de vie par des mécanismes d’assurance (rôle intégrateur fort du travail) et de solidarité.

mercredi, juin 6 2018

Affaiblissement de la loi littoral : nos côtes en danger d’urbanisation

6 06 2018

Le littoral fait toujours l'objet de nombreuses convoitises : pressions foncières importantes, urbanisation accélérée, projets économiques axés sur le tourisme… le tout au détriment du maintien des activités agricoles, maritimes locales respectueuses de l’environnement et des espaces naturels riches de leur biodiversité. Avec la loi « Littoral », la France a préfiguré et donné à voir ce que peut être une politique concrète de développement durable avec ses dimensions économiques, sociales et environnementales.
Depuis plusieurs années et particulièrement depuis un an, des parlementaires prônent l'assouplissement de la loi. Il s’agit en réalité de l'affaiblir, tout en feignant d'en louer les mérites. Telle est la scène qui s'est à nouveau jouée à l’Assemblée Nationale, selon un scénario bien au point : la rédaction d'amendements de dernière minute, non concertés, sans étude d'impact, discutés hâtivement. L’exact contraire, au fond, de ce que devrait être une démocratie participative. A l’occasion de l’examen du projet de loi ELAN, la commission des affaires économiques a donc adopté des amendements, permettant d'ouvrir des espaces naturels et agricoles littoraux à de nouvelles zones d'activités économiques et pôles d’urbanisation et de pouvoir y construire par exemple des centrales solaires, des plateformes logistiques ou encore des décharges.

jeudi, mai 31 2018

Réforme de l'université

31 05 2018

En supprimant le recours au tirage au sort qui avait pu être pratiqué les années précédentes dans les formations les plus demandées, et en s’engageant contre la méconnaissance des débouchés, le nouveau dispositif national d’inscription à l’université, Parcoursup, se veut plus rationnel que l’ancienne plate-forme Admissions Post-Bac. Cela suffit-il pourtant à éliminer l’arbitraire des affectations dans l’enseignement supérieur ? Il semblerait plutôt que cet arbitraire ressurgisse sous une autre forme, mieux admise, car conforme au projet d’une société moderne. Le point à travers trois dimensions saillantes de Parcoursup.

mercredi, mai 23 2018

Le retour régulier de la biologisation de l'intelligence et de la réussite scolaire

23 05 2018

1690466L’intelligence et la réussite scolaire sont-elles déterminées génétiquement ? Des recherches menées en génétique comportementale semblent abonder en ce sens, avec une héritabilité qui avoisinerait les 50 %. A la suite de ces résultats, Laurent Alexandre, président de l’entreprise DNAVision et chroniqueur au Monde supplément « Science et médecine..., a cru pertinent d’affirmer dans un hebdomadaire que « ce n’est pas parce qu’il y a des livres dans les bibliothèques des bourgeois que leurs enfants sont de bons lecteurs, c’est parce qu’ils ont reçu un bon patrimoine génétique », et que Bourdieu avait donc eu tort de nier l’importance de la génétique (ce qu’il n’a au demeurant jamais fait). Postulat (plus que) contestable.

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lundi, mai 14 2018

Où va le train des réformes de l'université ?

14 05 2018

Etudiant.jpgAlors même qu’aucune nouvelle loi n’a été votée récemment concernant une réforme en profondeur des universités (la dernière datant de 2013, loi Fioraso), les grandes universités françaises entament pourtant depuis quelques mois un vaste chantier de restructuration sans qu’aucun cadre national ne soit donné publiquement, laissant les acteurs universitaires dans un flou total concernant les buts et finalités des nouvelles structures. Il semble pourtant que tout ceci participe d’une cohérence implacable relevant d’un changement radical de vision de l’université.

Photo : bfmtv.com

samedi, avril 28 2018

Classement mondial de la liberté de la presse 2018 : la haine du journalisme menace les démocraties

28 04 2018

L’édition 2018 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) témoigne de l’accroissement des sentiments haineux à l’encontre des journalistes. L’hostilité revendiquée envers les médias, encouragée par des responsables politiques et la volonté des régimes autoritaires d’exporter leur vision du journalisme menacent les démocraties.
De plus en plus de chefs d’Etat démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement essentiel de la démocratie, mais comme un adversaire pour lequel ils affichent ouvertement leur aversion. Donald Trump, adepte du “media-bashing” décomplexé, en qualifiant les reporters d’“ennemis du peuple”, use d’une formule utilisée autrefois par Joseph Staline.

mardi, avril 3 2018

Réforme de la SNCF : en finir avec les données fausses

3 04 2018

Sncf_en_greve.jpgLe projet de réforme ferroviaire marque le début d’une double bataille du rail. Cette bataille, c’est d’abord celle de la SNCF confrontée à un risque destructeur, du fait de l’arrivée prochaine d’entreprises concurrentes circulant sur le réseau, mais aussi du fait de l’intensification de la concurrence intermodale avec le développement du covoiturage et du transport par autocar. Mais ce qui se joue également est une bataille des chiffres autour des performances du système ferroviaire français et des effets attendus d’une réforme en cours, déjà qualifiée d’historique. Pour justifier certaines des orientations du gouvernement, une partie des médias et des commentateurs paraissent avoir cédé à des arguments simplificateurs quand ils ne sont pas faux, n’hésitant pas à mobiliser des statistiques tronquées, voire en complet décalage avec la réalité.

Photo : theconversation.com

samedi, mars 31 2018

Le discours sur la révolution numérique est une idéologie

31 03 2018

De plus en plus d’outils et de procédures sont numériques. C’est incontestable : le monde d’aujourd’hui ne ressemble pas à celui existant au siècle dernier. Le numérique est un fait social, massif. Mais le discours disant que cette numérisation est : un, une révolution et, deux, un progrès favorisant la communication est une idéologie (la volonté d’imposer sa vision du monde en niant sa diversité). Pourquoi ?
Tout d’abord, parce qu’il n’y pas que le numérique qui prétend tout changer : toutes les technologies, de l’électricité à la pilule en passant par les nanotechnologies ou le nucléaire peuvent prétendre avoir « révolutionné le monde ».

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