Controverses, polémiques, pétitions

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samedi, mai 11 2019

Contre la guerre aux drogues et aux usagers : pour la dépénalisation de l’usage

11 05 2019

La question des drogues se place avec force arguments sur le plan de la santé et celui, essentiel, de la réduction des risques, laissant entre les lignes du débat la réalité de la répression, son mécanisme et ses non-dits. Or, c’est une question centrale. La politique des drogues est policière avant même d’être judiciaire. Comment l’oublier alors que figure aujourd’hui dans la loi l’amende forfaitaire délictuelle ? Ce dispositif met à mal les droits des usagers justiciables, il fait des forces de l’ordre une autorité de constatation, de poursuite et de jugement, au mépris de la séparation des pouvoirs, et bien que figurant dans le code de la santé publique et s’appliquant à une conduite individuelle et à risques, il brise le lien avec… la santé publique.

mercredi, mai 8 2019

Enquête sur la science sous influence des millions de Coca-Cola

8 05 2019

Ballot Measure DealsMontants faramineux. Experts introuvables. Résultats non publiés. Opérations marketing maquillées en recherches. Un « institut » à but purement lucratif piloté par des célébrités de la médecine française. Voilà un échantillon des étonnantes découvertes de l’enquête menée par Le Monde sur les millions d’euros distribués par Coca-Cola aux professionnels de santé français ces dix dernières années. A l’origine, un geste de transparence inédit pour la marque de soda la plus célèbre du monde, plus connue pour entretenir le secret autour de ses recettes comme de ses activités.

Photo : lemonde.fr

dimanche, mai 5 2019

Pour que cesse la violence d'Etat : appel d'un collectif d'enseignants et d'universitaires

5 05 2019

E._Macron_et_C._Castaner.pngFace à la dérive autoritaire du gouvernement, un très large collectif d'universitaires et de membres de la société civile s'insurge contre la « criminalisation » de toute personne s'opposant « à ses lois et à ses politiques funestes » et contre une « violence d'État » servie par l'usage d'armes de guerre. Ils appellent l’ensemble des citoyens « à se joindre au mouvement social pour dénoncer la dérive autoritaire du gouvernement », ils « exigent la démission de M. Castaner ainsi que l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante ».

samedi, mai 4 2019

1 400 artistes dénoncent la répression des Gilets Jaunes

4 05 2019

Gilets_Jaunes_a_Bordeaux_29_12_2018.jpgNous ne sommes pas dupes ! Nous voyons bien les ficelles usées à outrance pour discréditer les ­gilets jaunes, décrits comme des anti-écologistes, extrémistes, racistes, casseurs… La manœuvre ne prend pas, ce récit ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-parole du gouvernement voudraient bien nous y faire croire. Comme cette violence qu’ils mettent en exergue chaque samedi. Pourtant la violence la plus alarmante n’est pas là.
C’est indigne de notre République.

Photo : liberation.fr

vendredi, mai 3 2019

Mensonges au ministère de l'Intérieur, justice expéditive dans les tribunaux

3 05 2019

C._Castaner_et_L._Nunez.jpgPendant que le ministre de l'Intérieur invente une prétendue "attaque de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière", et que de nombreux médias ne faisant pas leur travail, relayent sans vérification une autre Fake News (la prétendue "invasion du commissariat de police de Besançon"), le tribunal de Paris juge les manifestants, ou présumés tels, interpelés 1er Mai à Paris. L’utilisation quasi systématique de l’article « participation à un groupement en vue de » violences permet à l’accusation de s’émanciper des faits. Ce sont désormais les intentions et les présupposés qui sont jugés, avec à la clé une effarante distribution de peines de prison.

Photo : ledauphine.com

jeudi, mai 2 2019

Qu'est-ce qu'un "Black bloc" ?

2 05 2019

Black_bloc.jpgNi parti, ni syndicat, n’ayant aucune existence légale et résultant de la réunion éphémère d’un certain nombre d’acteurs politiques ne se connaissant pas nécessairement en amont, mais qui sont issus des rangs de l’extrême-gauche « extra-parlementaire, anti-capitaliste et antifasciste » : un black-bloc pourrait se définir comme une forme d’action et d’apparition collective non conventionnelle de militants révolutionnaires habillés en noir dans le cadre d’une manifestation de rue. Autrement dit, comme « un cortège de militants révolutionnaires habillés en noir susceptibles de recourir à l’action directe ». Ceux qui décident d’agir en commun en se regroupant momentanément dans l’espace public pour former un « black bloc » sont, le plus souvent, partie prenante de « groupes d’affinités » qui s’inscrivent eux-mêmes dans ce que l’on désigne de façon générique sous le nom de « mouvance autonome ».

Photo : theconversation.com

mardi, avril 30 2019

La banlieue jaune. Enquête sur les recompositions d’un mouvement

30 04 2019

Gilets_Jaunes_LVI.jpgAprès plus de quatre mois de mobilisation, l’heure semble être au bilan du « Grand débat ». Réel effort de concertation du gouvernement pour les uns, mascarade pour les autres, la controverse médiatique et politique place les revendications des gilets jaunes au cœur de l’actualité. Elle focalise ainsi l’attention sur les dimensions délibérative et nationale du mouvement (qu’il s’agisse du « Grand débat », de son alternative, le « Vrai débat », porté par d’autres gilets jaunes, ou encore de l’ « Assemblée des assemblées » réunie à Saint-Nazaire), au risque de faire oublier que la pratique des assemblées ne va pas de soi, mais aussi que les mobilisations locales, nées sur les ronds-points, se poursuivent.

lundi, avril 22 2019

Légion d'honneur pour Michel Houellebecq, l'islamophobie (à nouveau) consacrée

22 04 2019

Michel_Houellebecq_a_Madrid_le_21_aout_2014.jpgMichel Houellebecq a été fait chevalier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Une distinction que le romancier a accueillie devant une petite trentaine de convives sélectionnés par ses soins. Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire, du côté des responsables politiques, côtoyaient Jérôme Coumet. Teresa Cremisi, l’éditrice de Houellebecq chez Flammarion, était là, elle aussi, tout comme les romanciers Frédéric Beigbeder et Marin de Viry, ou le philosophe Alain Finkielkraut. Côté journalistes, David Pujadas est arrivé en retard, mais il s’est rattrapé en allant dîner avec l’honoré du soir. Geoffroy Lejeune et Charlotte d’Ornellas, figures de proue de l’hebdomadaire ultraconservateur Valeurs actuelles – qu’affectionne particulièrement Houellebecq – étaient bien à l’heure, eux.

Photo : 20minutes.fr

jeudi, avril 18 2019

La légitimité plus que limitée du « grand débat national »

18 04 2019

top-et-flop-png.pngInitiative citoyenne indépendante, lancée fin janvier 2019 par l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne (ICPC) et le Groupement d’intérêt scientifique Démocratie et Participation, l’Observatoire des débats réunit une centaine d’observatrices et d’observateurs bénévoles. Leur mobilisation a permis, grâce à une grille d’observation commune et un court questionnaire sociopolitique, l’observation de plus de 260 réunions locales. Des données ont ainsi été collectées sur les publics réunis (près de 5 000 questionnaires recueillis dans la moitié de ces réunions), mais aussi l’organisation, le déroulement, les thématiques discutées et les propositions formulées lors de réunions locales.

Illustration : equidia.fr

mercredi, avril 10 2019

Ne luttons pas davantage contre les pauvres mais contre la pauvreté

10 04 2019

Alors que les « gilets jaunes » focalisent l’attention sur les couches populaires laborieuses, le premier ministre vient de faire diversion, dans le cadre du grand débat national, en exhumant l’idée de contreparties aux aides sociales. Flattant implicitement ceux qui n’y recourent pas, tout en répondant à son électorat. S’il reconnaît le sujet comme « explosif », c’est qu’il fait référence au concept du workfare anglo-américain, rarement loué comme un modèle enviable ; et que, (re)lancé en 2011 par Laurent Wauquiez puis Nicolas Sarkozy, il a suscité des levées de boucliers.
Mettre en regard, de façon simpliste, chômage et emplois non pourvus, c’est faire fi de ces chantiers politiques et imputer le paradoxe à des chômeurs qui feraient la fine bouche devant les emplois proposés ; donc rendre les plus démunis responsables. Car fondamentalement, le recours aux aides sociales découle du découragement face aux échecs répétés à s’insérer de façon durable et décente sur le marché du travail.

mardi, avril 9 2019

Les résultats du "Grand débat national" sur Internet... ne valent presque rien

9 04 2019

Restitution_du_Grand_debat_national.jpgLes bonnes résolutions d’Édouard Philippe n’auront duré que quelques minutes. Dans son discours suivant la restitution du « grand débat », organisée lundi 8 avril au Grand Palais de Paris, le premier ministre a pris plusieurs précautions oratoires pour expliquer que la synthèse de la consultation n’avait « pas l’exhaustivité comme objectif ». Le chef du gouvernement a bien raison : ce « grand débat » n’a aucune valeur représentative.
Certains contributeurs ont copié et collé des dizaines (voire des centaines) de fois leur texte. Plus de la moitié des textes rédigés comportent moins de dix mots. Plus de la moitié des textes rédigés sont des doublons. Plus de la moitié des contributeurs n’ont répondu qu’à un seul thème.

Photo : lemonde.fr

lundi, avril 1 2019

Les contributions des Gilets jaunes au "Vrai débat"

1 04 2019

Depuis des semaines, un site, le Vrai débat, se revendiquant proche des Gilets Jaunes, a donné la parole aux Français sur le modèle du grand débat lancé par Emmanuel Macron. Le groupe de travail Gilets Jaunes du laboratoire UMR CNRS Triangle de Lyon a analysé les revendications de cette plateforme. Jean-Claude Zancarini, Professeur émérite au Laboratoire Triangle de Lyon nous en livre les résultats et donne à voir une France jaune, éprise de justice sociale, réclamant davantage de service public et qui veut profondément changer le système politique.

samedi, mars 30 2019

Le Puy du Fou : sous le divertissement, un « combat culturel »

30 03 2019

E._Macron_au_Puy_du_fou.jpg« L’histoire n’attend que vous »… « meilleur parc d’attractions au monde » : difficile de passer à côté des campagnes de communication du Puy du Fou. Et de fait, chaque année, plus de deux millions de visiteurs se pressent dans la petite commune des Epesses, en Vendée, dans une ambiance bon enfant. De fait, le divertissement est garanti. Majoritairement familial, le public en ressort avec la sensation d’avoir partagé une expérience amusante et forte en émotions, faite de spectacles historiques, de déambulations dans un « village d’époque », mais aussi de joyeux banquets et de nuits hors du temps.
Et pourtant, le Puy du Fou cache une réalité moins avouable : les nationalismes européens y puisent une partie de leur arsenal culturel.

lundi, mars 25 2019

Les chiffres (effarants) de la répression des Gilets Jaunes

25 03 2019

Gilet_jaune_interpele.jpgQuelque 2 000 personnes ont été condamnées parmi les plus de 8 700 placés en garde à vue depuis le 17 novembre 2018, début du mouvement des « gilets jaunes », a déclaré, dimanche 24 mars, la ministre de la justice. « Sur les 2 000 jugements de condamnation qui sont déjà intervenus, le chiffre qu’il convient de retenir, c’est que 40 % sont des peines d’emprisonnement ferme et 60 % sont d’autres types de sanction, par exemple des travaux d’intérêt général, des sursis, etc. », a dit Nicole Belloubet sur BFM-TV. Enfin, « près de 1 800 » personnes interpellées lors des manifestations, qui se tiennent tous les samedis depuis plus de quatre mois en France, doivent encore être jugées, selon la ministre.

Photo : francebleu.fr

mercredi, mars 20 2019

La mortalité des personnes sans domicile fixe

20 03 2019

Plusieurs médias ont titré sur un nombre (566), issu du recensement du collectif des Morts de la rue, mais qui n'a pas de prétention à l'exhaustivité. Pour ce qui est de l’estimation globale, qui permet une appréhension statistique de la mortalité des personnes sans domicile, le collectif renvoie au bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de novembre 2015. Il est consacré à une étude qui avait estimé le nombre de personnes sans domicile fixe mortes entre janvier 2008 et décembre 2010 en s’appuyant d’une part sur les données du collectif des Morts de la rue, d’autre part sur les données du CépiDc-Inserm, qui traite l’ensemble des certificats de décès en France. Après avoir croisé les données des deux sources, les auteurs de l'étude étaient arrivé à une estimation de 6 730 morts de personnes sans domicile entre janvier 2008 et décembre 2010 en France. Il ne s'agit toutefois pas de personnes SDF décédés nécessairement dans la rue.

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