Controverses, polémiques, pétitions

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dimanche, mai 17 2015

Prédation Nature, le nouvel eldorado de la finance

17 05 2015

predation.GIFLa protection de l’environnement devient un marché particulièrement juteux. On connaît déjà le business du développement durable et de la croissance verte. Un pas supplémentaire est toutefois en passe d’être franchi : désormais, les terres, les forêts, les animaux et les végétaux sont transformés en produits bancaires et financiers. De fait, selon le vieil adage « tout ce qui est rare est cher », les espèces vivantes en voie de disparition, les terres et les écosystèmes menacés prennent de la valeur. La nature devient alors un capital sur lequel il est possible de spéculer.
Cette enquête raconte l’histoire de la mainmise économique et bancaire sur les ressources vivantes à l’échelle planétaire, une véritable entreprise de prédation. Elle révèle que des banques et des fonds d’investissement achètent aujourd’hui d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales en danger, partout dans le monde, pour les échanger sur des marchés. Elle dévoile également le rôle crucial des lobbies, qui s’activent auprès des institutions européennes et internationales pour favoriser le développement de cette branche financière du green business.

mercredi, avril 8 2015

Le scandale du Crédit Impôt Recherche

8 04 2015

niche_fiscale.jpgA quoi servent les milliards d’euros du crédit impôt recherche (CIR) versés chaque année aux entreprises ? Créé en 1983, ce cadeau fiscal n’a depuis cessé de grossir, la dernière réforme de 2008 l’ayant fait exploser et passer de quelques centaines de millions d’euros à près de 6 milliards d’euros cette année. Deux fois le budget du CNRS.
Alors que la France se singularise par le faible investissement en recherche et développement de ses entreprises, le CIR est censé faciliter l’embauche de chercheurs dans les entreprises et favoriser l’investissement de R&D (recherche et développement). Qu’en est-il réellement ? Une enquête menée au cours des derniers mois par trois chercheurs du collectif Sciences en marche, et transmise à la commission d’enquête du Sénat montre pourtant qu’il n’existe aucune corrélation entre l’emploi en Recherche et développement dans les entreprises et le CIR. Pire, près de 6 milliards d’euros auraient en réalité été détournés de leur objectif dans les entreprises de plus de 500 salariés entre 2007 et 2012.

Photo : sudouest.fr

lundi, avril 6 2015

Mauvaise nouvelle pour les sciences économiques et sociales

6 04 2015

SES.jpgPar Arrêté du 28 mars 2015, le Ministère de l’éducation nationale renouvelant les membres du Conseil national éducation économie a notamment accueilli 3 anciens ou actuels dirigeants de l’Institut de l’entreprise. Cet institut s’est appliqué systématiquement à transformer le contenu de l’enseignement de Sciences économiques et sociales (SES) au lycée avec un objectif idéologique clairement assumé, comme en attestent les propos tenus par Michel Pébereau en 2006 dans une conférence : « il serait peut-être bon d’effectuer un travail pédagogique de fond sur nos lycéens, comme cela a été fait par les entreprises depuis 20 ans auprès de leurs salariés, afin de les sensibiliser aux contraintes du libéralisme et à améliorer leur compétitivité, en adhérant au projet de leur entreprise ». Un projet qui, suite à un lobbying efficace, s’est traduit par un appauvrissement de l’étude de l’Entreprise en SES. En classe de seconde, le nouveau programme en vigueur depuis 2010 présente l’entreprise uniquement comme une entité abstraite qui cherche à combiner le plus efficacement possible ses facteurs de production, en ayant supprimé toute étude du contrat de travail et des relations sociales de travail. De même en terminale, les enjeux liés à l’organisation du travail ont été tout bonnement supprimés du nouveau programme de 2012.

samedi, mars 21 2015

Les mains propres. Plaidoyer pour la société civile au pouvoir

21 03 2015

les-mains-propres.jpgCorinne Lepage a toujours refusé de choisir : pour elle, action citoyenne et engagement politique ne font qu'un.
Tour à tour adjointe au maire de Cabourg, avocate engagée dans le procès de l'Erika, ministre du gouvernement Juppé, députée européenne, elle a vécu le monde politique de l'intérieur et en dévoile la face obscure : enrichissement personnel d'élus, évasion fiscale de ministres en vue, connivences politico-médiatiques.
Forte de ses années d'expérience et d'une foi inébranlable en l'avenir, Corinne Lepage appelle à la mise en place du référendum d'initiative populaire, d'un droit de pétition auprès du Parlement et d'une chambre représentant la société civile dotée de réels pouvoirs.

mardi, mars 17 2015

Politique de la ville, égalité des territoires : récit d’un échec

17 03 2015

index_kafka.jpgQuand une agence nationale du développement des territoires, puis soudain… du développement économique, remplacerait un commissariat général à l’égalité des territoires : pour quoi faire ?
« Mon Dieu pardonnes leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » ! C’est l’exclamation qui peut nous venir à l’esprit en apprenant la décision récemment de créer une agence nationale pour le développement des territoires annoncée par le Premier Ministre, suite aux assassinats du 11/12 janvier 2015, devenue depuis quelques jours... agence nationale du développement économique !
Pourquoi s’alarmer ? Après tout, cette nouvelle création ne serait pas surprenante, au moment où une crise majeure touche notre pays, et où une réforme territoriale est en cours de configuration. Ce ne serait pas surprenant si…

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mercredi, mars 11 2015

Le « maffesolisme », une imposture confirmée par un canular

11 03 2015

Photo_kerolic_flickr.jpgL’objectif de cet article est d’expliciter la genèse, l’élaboration et les motivations qui ont conduit à la publication, dans la revue Sociétés dirigée par le sociologue français M. Maffesoli, d’un article dénué de tout fondement empirique et de toute consistance théorique, coécrit par les auteurs de la présente note. Après avoir résumé le thème et la thèse défendue dans notre article-canular, et avoir rappelé, de manière plus générale, l’usage du canular en sciences et en sciences sociales, nous précisons notre rapport passé et présent face à l’objet visé dans notre critique, soit le « maffesolisme », entendu comme une entité académique à la fois théorique, institutionnelle et éditoriale. Nous présentons ensuite, tour à tour, le lexique, la rhétorique, l’iconographie, la vision conjecturale de l’homme et du monde, ainsi que l’épistémologie que nous avons mobilisés dans la rédaction de notre canular et qui nous ont permis de rendre ce dernier acceptable pour publication, dans une revue d’apparence académique où ces différents éléments sont la norme, quand bien même leur mise en relation s’oppose à l’éthique usuelle de l’activité scientifique.

Illustration : kerolic - flickr - licence cc

vendredi, février 27 2015

La pernicieuse utilisation politique des préoccupations de sécurité

27 02 2015

on_m__aurait_menti.jpgPourtant tout avait si bien commencé après l’élection présidentielle de 2012. Un nouveau sémillant Ministre de l’intérieur prenait place avec pour projet « la fermeté », sans doute pour refouler le vieux complexe de la gauche en matière de gestion des problèmes de sécurité. Pour ce faire, peu de changement à la tête des Institutions Police et Gendarmerie sauf pour les fonctionnaires les plus zélés comme le préfet de police et le directeur général de la police qui, depuis, ont d’ailleurs confirmé leur attachement plus politique que technique à la sécurité. De plus, ceci peut expliquer cela, un célébrissime criminologue de plateau télé réputé proche du Ministre tout en ayant été le conseiller de l’ombre en matière de sécurité du précédent quinquennat, était toujours très présent.

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vendredi, février 13 2015

Il n'y a pas de guerre des identités

13 02 2015

manif_je_suis_charlie.jpgAprès l’ignoble attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, l’abominable tuerie de l’hypermarché casher et le lâche assassinat de policiers, et alors que l’émotion des Français(es) est à son comble, des voix commencent à se faire entendre qui reprennent une litanie bien inquiétante : la presse de tous bords, y compris celle dont ce n’est pas l’habitude, annonce que nous sommes terrassés par un « malaise identitaire », voire par une supposée « névrose de l’islam » (sic), puisqu’un « choc culturel et religieux » créerait une « insécurité culturelle » au sein de la nation.
Voilà qui donne du grain à moudre aux identitaires de tous poils et nous engage dans une voie dangereuse : l’« identité française », chrétienne, « blanche », « de souche », serait menacée dans son essence par l’islam, perçu comme un tout. Cette idéologie a été analysée de longue date par les spécialistes des sciences sociales : elle peut être nommée essentialiste et différentialiste.

vendredi, janvier 23 2015

« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? ». Réflexions après les attentats de janvier 2015

23 01 2015

question.jpgLes attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 ont provoqué en France un grand moment de communion nationale. La peine, la compassion, la stupeur, la peur et/ou la colère, ainsi qu’une couverture médiatique inédite des événements, ont solidarisé en quelques heures des dizaines de millions de personnes, en France mais aussi dans beaucoup d’autres pays, autour de trois mots semblant soudainement symboliser la résistance du Bien contre le Mal ou du sens contre le non-sens : « Je suis Charlie ». De ce moment aussi rare qu’intense de cristallisation émotionnelle de la conscience collective sont issus de multiples discours et de multiples actions collectives que nous ne commenterons pas ici. Pas plus que nous ne commenterons les diverses formes de réactions et d’instrumentalisations que ce moment, ces discours et ces actions ont suscité et continueront à susciter. Il nous semble en effet que le rôle des intellectuels n’est pas de redire avec des mots plus ou moins savants ce que l’émotion collective exprime déjà. S’auto-instituer en commentateur, a fortiori en porte-parole, d’une émotion (devenant ainsi le défenseur d’une cause quelle qu’elle soit) n’est pas intéressant. Le rôle des intellectuels est bien plutôt de rompre avec les registres événementiel et émotionnel, qu’ils soient consensuels ou conflictuels, pour tenter d’apporter quelques éléments de débat collectif en réponse à la question qui a inévitablement et légitimement jailli une fois la stupeur passée : « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? ». On le fera ici autour de quatre séries de questions.

Illustration : fr.hdyo.org

jeudi, janvier 22 2015

Guerre contre le terrorisme ou défense de la sécurité démocratique ?

22 01 2015

debat.jpgPour définir une stratégie sécuritaire et politique face à un islamisme extrémiste armé, violant l’État de Droit par des actions terroristes, il faut mettre en scène le caractère planétaire de la situation en même temps que le caractère spécifique du problème dans chaque pays. Il n'est pas question d'apaiser en France le mouvement "Charlie" d'indignation et de compassion, de réaffirmation des valeurs républicaines et de mobilisation populaire hors-partis. Plutôt de se demander où il ira.
Ce mouvement aboutit aujourd'hui à la fois à la dénonciation des assassinats islamistes et du racisme, avec l'approbation des imams français et aux applaudissements et aux baisers accordés au gendarmes et policiers redevenus gardiens de la Paix, par leurs performances héroïques (effaçant la bavure d'octobre à Silvens). Même la médiatisation du moment, par la présence de tous les responsables politiques de la catastrophe humaine des guerres sanglantes du Moyen Orient, soudain touchés par la grâce, et qui viennent célébrer la mémoire de nos humoristes-dessinateurs anti conformistes et anti-militaristes, n'a eu aucun impact sur l"évènement. Les représentants des États-Unis, de l’OTAN, le premier Ministre Nétanyahou et ses alliés, les ambassadeurs de dictatures princières bancaires ou militaires etc, tous s'affichent pour une photo indélébile. Ceci mérite un commentaire moqueur se substituant aux proclamations de "Paris capitale du monde" et autres fantaisies destinée à créer l'unité nationale sur un patriotisme populaire (tout en détruisant quotidiennement dans le détail la souveraineté démocratique).

mardi, janvier 20 2015

« La France Big Brother », le nouvel enfumage idéologique de Laurent Obertone

20 01 2015

enfumage.jpgOn ne présente plus Laurent Obertone (un pseudonyme), écrivain et essayiste-polémiste, tant le succès de son précédent opus, La France Orange Mécanique a été impressionnant. Pas moins de 200.000 lecteurs, longtemps premier au classement Amazon des essais d’actualité, une diffusion importante grâce au premier distributeur de France, des relais médiatiques prestigieux. Il constitue le premier volet d’une trilogie dont « La France Big Brother » à nouveau préfacé par Xavier Raufer, vieux routier de l’extrême droite anticommuniste, est le second (la sortie du troisième est d’ores et déjà prévue pour janvier 2017). Et s’il est un reproche que l’on ne peut faire à l’auteur c’est bien celui de l’inconstance : ce dernier livre s’inscrit dans la continuité du précédent en véhiculant autant de préjugés identitaires et déclinistes. Dans sa droite ligne, si l’on peut dire. Muni de la même rhétorique de l’anti-politiquement correct, l’auteur prétend détricoter la pensée dominante forcément « de gauche » et progressiste. La France Big Brother à contre-courant ? pas si sûr…

- "La France orange mécanique", le lobby sécuritaire et la lepénisation des esprits (21 02 2013).
- La France Orange mécanique : le vrai parcours de « Laurent Obertone » (01 03 2013).
- Trois choses à savoir sur « Laurent Obertone », le journaliste fétiche du FN (12 03 2013).

Illustration : megacomik.fr

vendredi, janvier 16 2015

Pourquoi ont-ils attaqué Charlie-Hebdo ?

16 01 2015

debat.jpgLa séquence des attentats à Paris de cette semaine a entraîné des réactions — prévisibles — emplies d’émotion, d’apparence, de voyeurisme et de répression. C’est ce que l’on peut appeler le « premier degré » au sens où l’on interprète un propos ironique ou une litote au premier degré, de façon naïve et à côté de la plaque. Cela consiste notamment à privilégier l’angle de la religion, musulmane en l’espèce, dans les évocations de ces événements tragiques, l’endoctrinement étant censé être la raison de cette tuerie. Mais n’est-il pas simpliste de croire sur parole les jeunes terroristes lorsqu’ils revendiquent leurs actions par une « mission », un téléguidage de ce type conforté par telle ou telle organisation djihadiste, vision que journalistes, politiques et experts s’empressent de valider ? Mais après la phase de sidération, le risque est d’en rester à celle de la réaction apeurée se fiant aux apparences (« que faire maintenant ? ») et donc à réduire celle de la réflexion à la portion congrue au nom de l’imminence du danger.

jeudi, janvier 15 2015

Une invocation discutable de la liberté d’expression

15 01 2015

debat.jpgJ’ai rencontré Charb à deux reprises. La première fois, c’était début février 2006. Je voulais l’intercepter juste avant la conférence de rédaction du mercredi matin afin de lui demander la permission d’utiliser un de ses dessins pour la couverture de mon premier livre, Une Histoire politique du boycott. Sur son casier au journal, il y avait un autocollant « Boycott Israël ». Charb a été très aimable et m’a dit oui de tout de suite, et qu’il ne m’en coûterait rien. La deuxième fois, c’était à la fête de l’Huma, en septembre 2006. Beaucoup d’admirateurs se pressaient autour de lui.
La première fois, à l’intérieur des locaux de Charlie Hebdo, protégés par la police à l’extérieur, il régnait une atmosphère d’effervescence et d’euphorie : le hasard avait fait que je m’étais rendu là-bas quelques jours avant la publication des caricatures du Jyllands-Posten. J’ai réalisé aussi juste après coup que cette euphorie était notamment liée à la perspective de profits juteux pour le journal. Ceux-ci furent redistribués aux actionnaires principaux des Editions Rotatives, au premier rang desquels Philippe Val, qui empocha en 2006 la coquette somme de 330 000 euros.

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mercredi, janvier 14 2015

Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie »

14 01 2015

debat.jpgRien ne peut justifier un assassinat, a fortiori le meurtre de masse commis de sang-froid. Ce qui s’est passé à Paris, en ce début du mois de janvier constitue un crime absolument inexcusable. Dire cela n’a rien d’original : des millions de personnes pensent et le ressentent ainsi, à juste titre. Cependant, au vu de cette épouvantable tragédie, l’une des premières questions qui m’est venue à l’esprit est la suivante : le profond dégoût éprouvé face au meurtre doit-il obligatoirement conduire à s’identifier avec l’action des victimes ? Dois-je être Charlie parce que les victimes étaient l’incarnation suprême de la liberté d’expression, comme l’a déclaré le Président de la République ? Suis-je Charlie, non seulement parce que je suis un laïc athée, mais aussi du fait de mon antipathie fondamentale envers les bases oppressives des trois grandes religions monothéistes occidentales ?

mardi, janvier 13 2015

Comment devient-on terroriste ?

13 01 2015

terroriste.jpgQui devient terroriste, comment et pourquoi ? Les auteurs citent notamment un article de Post (2005), selon lequel les terroristes « ne sont ni déprimés, ni très perturbés ; ce ne sont pas non plus des fous fanatiques ». On peut même les qualifier de » normaux », ajoute-t-il, du fait qu’ils ne sont pas cliniquement fous. La cause de leur comportement est plutôt à chercher dans leur « identité sociale », c’est-à-dire dans le ou les groupes dans lesquels ils se reconnaissent, et dans le milieu qui les y conduit.
Nicole Tausch et ses collaborateurs s’interrogent sur les facteurs associés, chez les musulmans anglais, à une vision plus ou moins indulgente des attentats de 2005 à Londres. A 1 000 Anglais musulmans, ils ont posé une seule et même question : « Certains disent que les attentats à la bombe de juillet étaient justifiés par le soutien apporté par les Britanniques à la guerre des Américains contre le terrorisme. Êtes-vous d’accord ? » Seule une minorité l’est. Mais ce sont les caractéristiques de cette minorité qui sont intéressantes : l’identité religieuse ne joue pas, puisque les réponses ne diffèrent pas en fonction du degré de pratique affirmé. En revanche, l’identité nationale joue fortement : plus on se sent « anglais », plus on condamne les attentats. Et cette identité naît sur une base matérielle : on est plus porté à se voir comme anglais si l’on habite un quartier où les Musulmans sont peu nombreux, et si l’on fréquente couramment des non-Musulmans.

Photo : maliactu.net

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