Controverses, polémiques, pétitions

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vendredi, février 5 2016

Et si l’on répondait aux besoins de la population, pour changer ?

5 02 2016

reflechissons.jpgLe pacte de responsabilité va coûter 46 milliards d’euros à partir de 2017, il s'agit d'une baisse des cotisations des entreprises et les impôts des ménages.
Ces 46 milliards annuels auraient pourtant permis d’accorder, par exemple, un minimum social de 500 euros par mois à 200 000 jeunes (1,2 milliard), de rénover et construire chaque année 100 000 logements sociaux (trois milliards), d’ouvrir 200 000 places de crèche supplémentaires pour quatre milliards d’euros, de créer 300 commissariats dans les quartiers sensibles pour environ un milliard d’euros, d’allouer un chèque autonomie de 500 euros mensuels à 500 000 personnes âgées démunies (trois milliards), de créer 200 000 emplois d’aide éducative en milieu scolaire (cinq milliards), de proposer un chèque loisirs-culture de 350 euros par an à 14 millions de jeunes de moins de 20 ans (4,8 milliards), de créer 200 000 emplois d’utilité publique par an (quatre milliards), de rendre accessibles les bâtiments publics aux personnes à mobilité réduite (deux milliards pour une année), ou encore de rénover 6 000 places de prison par an (un milliard).

Illustration : laclasse.com

samedi, janvier 16 2016

Gilles Kepel (à son tour) hanté par l’islamisation de la France

16 01 2016

on_l__a_perdu.jpgLe dernier ouvrage du politiste Gilles Kepel, Terreur dans l’Hexagone. Genèse du djihad français (en collaboration avec Antoine Jardin), connait une large médiatisation. Il est vrai qu’il s’inscrit dans le contexte anxiogène des attentats de janvier et novembre 2015, et que les citoyens ordinaires, les leaders d’opinion et les décideurs politiques cherchent à comprendre les raisons de l’enracinement du phénomène djihadiste dans le tissu social. L’auteur apporte des explications sociologiques tirées de son travail d’enquête en France et dans différents pays arabes depuis plus de trente ans. Pourtant, sous un registre érudit et savant, ses analyses viennent conforter certaines représentations communes, donnant souvent l’impression de réduire les logiques sociales au « prisme islamique », comme si les mobilisations dans les quartiers populaires pouvaient s’expliquer par la seule variable « islam ».

Illustration : memegen.fr

lundi, décembre 21 2015

Un appel unitaire à sortir de l’état d’urgence

21 12 2015

ca_suffit_comme_ca.jpgEn réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.
La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.

Illustration : liberte.press

mardi, décembre 8 2015

Le mythe de la dédiabolisation du FN

8 12 2015

Mme_Le_Pen.jpgDepuis que Marine Le Pen a été élue présidente du Front national, en janvier 2011, sa stratégie de conquête du pouvoir passe par la « dédiabolisation », visant à donner du FN l’image d’un parti « comme les autres ». Il s’agit notamment de montrer qu’il n’est ni raciste, ni xénophobe, ni surtout antisémite. Marine le Pen, pour sa part, n’a jamais tenu de propos antisémites ou négationnistes, et elle a plus d’une fois condamné les propos antisémites de son père. Elle se présente même comme le meilleur rempart de la communauté juive contre « l’antisémitisme islamique », cherchant, non sans succès, à séduire une partie de cet électorat. Comme le souligne Jérôme Fourquet : « quel meilleur gage de “normalisation” qu’un score élevé (ou conforme à la moyenne nationale) du FN dans l’électorat de confession juive ? ». Et elle vise également l’électorat musulman, comme en témoigne la campagne de son parti en Île-de-France pour les régionales : des tracts sont distribués portant la mention « Musulman peut-être, mais Français d’abord », tandis qu’une affiche intitulée « Quelle banlieue voulez-vous ? » montre d’un côté, une jeune femme portant un bonnet phrygien et le drapeau tricolore peint sur ses joues, de l’autre la même jeune femme portant un niqab.

Illustration : laviedesidees.fr

dimanche, décembre 6 2015

Face au FN, un autre récit national

6 12 2015

livre_FN.jpgAprès les attentats du 13 novembre, il est devenu plus urgent que jamais de contrer la montée du Front national (FN). Au-delà du chômage et de l’incapacité des partis de gouvernement à le faire reculer, on ne peut comprendre le succès exceptionnel de l’extrême droite en France par rapport aux autres pays européens sans prendre en compte sa capacité à surfer sur le «déclinisme», et le malaise particulier qu’il suscite dans la société française. La nostalgie du «bon vieux temps des colonies» était inscrite dans les gènes du FN. Mais son expansion récente doit beaucoup à son appropriation de la phraséologie gaulliste laissée en déshérence par ses héritiers officiels.
Pour combattre le FN, on peut, certes, essayer d’être plus cocardier que lui en brandissant le drapeau bleu-blanc-rouge à tout bout de champ ou en faisant chanter la Marseillaise dans les écoles. On peut aussi envoyer le Charles-de-Gaulle et les avions français sur de nouveaux théâtres d’opération. Mais, en matière de chauvinisme, les électeurs préféreront sans doute l’original à la copie et, sur le plan militaire, ce mirage de grandeur se heurte rapidement au mur du réel. Pour contrer efficacement le FN, il faudrait, au contraire, avoir le courage de lui opposer un autre «récit national» : la France n’est plus et ne sera plus jamais une grande puissance, et c’est très bien ainsi.

jeudi, décembre 3 2015

Les véritables saboteurs du climat

3 12 2015

pollution.jpgLe changement climatique, à qui la faute ? Vous, moi, les Etats, les riches, les pauvres ? Oui, mais pas seulement. Derrière les émissions de gaz à effet de serre, des multinationales et des banques s’obstinent au nom du profit à maintenir le vieux monde, fondé sur le charbon, le pétrole ou le gaz. Elles financent les climato-sceptiques et influencent les gouvernements par un lobbying d’autant plus intense qu’il est caché. Elles soutiennent une agriculture industrielle désastreuse et une déforestation dramatique. Elles brandissent l’éco-blanchiment pour détourner les regards.
Dans cette enquête fourmillant d’informations méconnues, Nicolas de La Casinière démonte les ressorts de la mécanique qui empêche une lutte résolue pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une mécanique où de grandes groupes français, comme Total, Société générale ou Michelin, jouent un rôle notable. Pour enrayer le changement climatique, il faut empêcher de nuire les saboteurs du climat. En commençant par bien les connaître.

mercredi, décembre 2 2015

La sociologie excuse-t-elle les terroristes ? (et autres sottises)

2 12 2015

citation_Spinoza.jpgAu Sénat, le jeudi 26 novembre, le sénateur communiste Christian Favier a demandé à Manuel Valls quelles politiques publiques il comptait mettre en œuvre après les attentats du 13 novembre « pour que toute la jeunesse, sans discrimination ni stigmatisation, puisse redonner sens à sa vie, reprendre confiance en son avenir et renouer avec l'espoir d'une vie meilleure ». Ce à quoi le Premier ministre a répondu qu'il fallait bien entendu « mener une lutte implacable contre la radicalisation ». Il a cependant ajouté sur un ton véhément, reprenant des propos qu'il avait déjà tenu la veille à l'Assemblée nationale : « Mais moi je vous le dis : j'en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qu'il s'est passé ». Le propos n'a, hélas, rien d'original. Voilà plus de quinze ans que revient régulièrement dans la bouche des responsables politiques et de certains journalistes l'argument selon lequel la sociologie – et les sciences sociales en général – « excuseraient » les comportements les moins acceptables en mettant en évidence le poids des déterminismes sociaux, tendant à nier par là le fait que les individus sont responsables de leurs actions.

vendredi, octobre 30 2015

La haine des causes et les intellectuels du déclin

30 10 2015

Le_crieur_2.GIFQu’il s’agisse de la crise grecque ou des menaces terroristes, des enjeux sécuritaires ou des questions économiques, la politique contemporaine dans sa version dominante a choisi d’ignorer ce qui fait les sociétés : leur histoire, leurs structures, leurs contradictions sociales et, par-dessus tout, leur foncière diversité ethnique, culturelle et religieuse. Les sciences humaines et sociales sont ainsi bannies, discréditées ou vilipendées, au nom du fait qu’elles installeraient une « culture de l’excuse ».
Tout effort d’explication historique ou d’analyse sociologique d’un phénomène social est disqualifié comme tentative de justification. Aussi absurde que grossier, ce soupçon est une arme idéologique au service de l’ordre établi, justifiant une politique fière de ne plus penser à long terme. Évacuées, les causes sociales de la délinquance, les origines historiques de l’État islamique et de la décomposition du Moyen-Orient, les fondations idéologiques de la crise des dettes publiques et de la zone euro. Circulez, il n’y a plus rien à penser !

lundi, octobre 26 2015

Un rapport accablant de la LDH sur la mort de Rémi Fraisse à Sivens

26 10 2015

affrontements_Sivens.jpgSuite aux événements qui ont provoqué la mort de Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, la Ligue des droits de l’Homme a constitué une Commission d’enquête citoyenne visant à recenser systématiquement les faits liés à cet événement, à analyser son contexte et à porter ainsi un éclairage sur les conditions qui ont conduit à la mort de ce jeune militant écologiste sur le site de Sivens.
Le rapport s’attache à l’historique du projet de barrage, aux conditions de gestion du dossier et de la décision publique, ainsi qu’au jeu des différents acteurs impliqués. Dans une deuxième partie, il considère l’ensemble des violences commises sur le site dès la mise en œuvre du chantier, tant celles commises sur les forces de l’ordre que celles perpétrées par ces dernières à l’encontre des opposants au barrage. Le rapport examine de façon particulière le contexte spécifique du décès de Rémi Fraisse et particulièrement les conditions d’intervention des agents et des autorités responsables du maintien de l’ordre. Enfin, il revient sur ce qu’ont été les réactions des autorités étatiques et judiciaires dans les heures et les jours qui ont suivi cette mort.

Photo : 20minutes.fr

mardi, octobre 6 2015

Ces catastrophes naturelles qui sont aussi provoquées par la gouvernance néo-libérale

6 10 2015

inondations_alpes_maritimes_2015.jpgSeule une gigantesque dose de naïveté ou de malhonnêteté politique peut faire dire que la catastrophe qui vient de se produire dans les Alpes-Maritimes et ses victimes sont le fait d’une inondation violente non prévisible. Il y a déjà plusieurs années que nombre d’études de géologues et chercheurs de différentes disciplines montrent de manière indiscutable que depuis trente ans, ce genre de désastres et d’autres sont devenus plus fréquents et plus dévastateurs, en France comme en Italie, en Europe et dans le monde entier (même si nous n’avons pas les cyclones, les tornades ou les tsunamis habituels sur d'autres continents).
Selon les données disponibles, les inondations ont provoqué en France plus de 397 morts de 1990 à aujourd’hui, presque autant que dans les autres pays comparables – sans compter toutefois les morts dus aux «effets collatéraux». Les dommages matériels sont énormes et les coûts supportés par la population elle-même, par les collectivités locales et par les Etats sont impressionnants.

Photo : lexpress.fr

jeudi, octobre 1 2015

Renseignement : la course folle à la surveillance internationale de masse

1 10 2015

surveillance_de_masse.jpgL’examen de la proposition de loi relative aux mesures de surveillance des communications électroniques internationales débutera à bas bruit demain, 1er octobre 2015. On lui prédit déjà un avenir radieux, fait d’examens éclair et débats expédiés. Après la censure du Conseil constitutionnel, qui avait amputé le système généralisé de renseignement de sa branche internationale, ce texte prétend combler le vide et introduire un « progrès décisif » : l’encadrement des activités du renseignement extérieur.
En fait d’encadrement, le texte construit minutieusement la toute-puissance de l’exécutif dans la surveillance hors des frontières nationales. L’espionnage international à grande échelle y est pensé comme une nécessité incontestable et qu’il est donc vain de contrôler : à peine les rédacteurs se sont-ils astreints, sous la timide incitation du Conseil constitutionnel, à enjoliver le texte de quelques limites, aussi lointaines que peu contraignantes.

Photo : lediligent.com

vendredi, septembre 25 2015

La France dispose d'au moins 100 000 places pour l'accueil des réfugiés

25 09 2015

refugies.jpgAlors que les propositions d’hébergement et de logement arrivent par unité ou par dizaines, Le Monde a pris connaissance d’une proposition globale incluant 20 000 places de logement vacantes utilisables sous six mois. Adoma, ex-Sonacotra, qui gère 12 000 places d’accueil des demandeurs d’asile, a, à la demande de l’État, recensé les ressources disponibles et découvert ce gisement dans des immeubles lui appartenant.
Outre ce gisement inespéré, d’autres acteurs se mobilisent. Ainsi, Marie-Arlette Carlotti, présidente du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, propose, elle, les 77 650 logements HLM vacants depuis plus de trois mois. La fédération des offices publics HLM estimait dans une étude publiée en novembre 2014 qu’entre 10 % et 20 % de son parc était inoccupé et méritait d’être démoli.
Le défi de loger 30 000 personnes de façon durable est donc à portée de main.

Photo: fr.news.yahoo.com

samedi, septembre 19 2015

Contre ces intellectuels apôtres d'une France moisie

19 09 2015

citron_moisi.jpgIl n'y a pas qu'Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut. Le paysage intellectuel français est aujourd'hui dominé par quelques figures qui attisent les peurs, vantant une France fermée, conservatrice, machine à exclure toutes les différences et indifférente aux nouvelles questions sociales.
Ce débat à voir sur Internet réunit Arlette Farge (historienne, directrice de recherche au CNRS, auteur de Le Peuple et les choses), Jean-Pierre Filiu (historien et spécialiste de l'Islam contemporain, auteur de Les Arabes, leur destin et le nôtre), Sudhir Hazareesingh (historien et professeur à Oxford. Il publie Ce pays qui aime les idées : histoire d'une passion française) et Edwy Plenel (directeur de Mediapart).

mercredi, septembre 16 2015

Vite, un nouveau regard sur les crises migratoires

16 09 2015

« Vous n'êtes pas les bienvenus ». Cette sentence filmée de Robert Ménard, maire de Béziers et figure décomplexée du fascisme hexagonal, donne le ton de l'abjection. Sur les réseaux sociaux, deux camps s'affrontent et parfois s'invectivent. A l'humanisme modéré, admirablement représenté par Valls, qui ne peut « pas accueillir toute la misère du monde » mais juge indispensable « d'y prendre sa part », s'oppose le patriote exclusif, parfaitement incarné par Moscato, nouvel icône d'une France franchouillarde, subitement prise de passion pour le SDF couleur locale. Cette soudaine compassion repose sur un aphorisme scandé à l'unisson par les lepénistes : « les français d'abord ! ». On pourrait décliner la préférence sous toutes ses teintes tant elle forme le principal argument de l'intolérance. Plutôt que de nous étendre sur ses diverses applications pratiques, efforçons nous de sonder ce qu'il confesse comme archaïsmes hypocrites de la société française et de ses sœurs continentales.

samedi, septembre 12 2015

France, où est passée ta fraternité ?

12 09 2015

refugies.jpg



Lire la Lettre ouverte au Président de la République sur l’accueil des réfugiés et des migrants en France et en Europe





Photo: fr.news.yahoo.com

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