Discours politiques et législation

Fil des billets

vendredi, mai 17 2013

Les zones de sécurité prioritaires n'ont-elles rien changé ?

17 05 2013

PATROUILLE DE POLICE DANS LE CENTRE VILLE A NOEL LE 20 12 2011Le président de la République a pris conscience de l'importance que revêt la sécurité aux yeux des Français en créant des zones de sécurité prioritaire (ZSP). Conçues, dès juillet 2012, sous l'autorité du ministre de l'intérieur, Manuel Valls, elles devaient reposer "sur la prise en compte des circonstances et des particularismes locaux (...) en fonction des besoins de sécurité exprimés par la population", selon la présentation qu'en fait le site du ministère.
Nos concitoyens n'imaginaient alors pas que le nouveau ministre pourrait valider les anciennes méthodes, qui ont produit, au cours de la décennie précédente, les échecs que nous savons. Nous pensions que les ZSP seraient identifiées en fonction d'une vision politique clairement établie. Que les objectifs et moyens d'interventions y seraient arrêtés à partir d'une ligne rigoureuse, basée sur un constat et des problématiques dégagés en fonction des spécificités de la criminalité et de la délinquance locales, mais aussi en tenant compte de critères sociologiques, urbains et environnementaux propres à chaque territoire. Cela n'a, hélas, pas été le cas.

Photo : La Marseillaise

dimanche, mai 5 2013

Répression : d’une culture de l’enfermement à une culture du contrôle ?

5 05 2013

alternative_prison.jpgLa question essentielle n’est pas de trouver une alternative générale à la détention mais de construire un nouvel équilibre, permettant de lui redonner du sens et de l’efficacité quand elle est nécessaire, et in fine de mieux traiter nombre de crimes et délits. Trois propositions sont ainsi soumises à consultation :
- Redonner du temps aux magistrats pour juger au cas par cas, grâce à une déjudiciarisation qui permet de donner une réponse autre que par l’institution judiciaire à une série de comportements ;
- Instaurer un débat politique serein sur la politique pénale pour rendre compréhensible et acceptable l’exécution de peines ou de parties de peines en milieu ouvert ;
- Eviter les sorties sèches et organiser le suivi et le contrôle des sortants de prison, tout en généralisant les libérations conditionnelles et créant des cellules de suivi élargies à de nouveaux acteurs.

Photo : lci.tf1.fr

samedi, avril 6 2013

Les « questions fiscales » dans la lutte contre le blanchiment

6 04 2013

Photo_billets_1suisse_flickr.jpgAlors que la problématique fiscale a longtemps été tenue à l’écart de la mobilisation contre le blanchiment de capitaux, cette frontière historiquement négociée est aujourd’hui en cours de recomposition, en France comme à l’international. En analysant les modalités d’intégration des questions fiscales au cœur de l’anti-blanchiment, il s’agit de rendre compte des transformations travaillant actuellement la lutte contre l’« argent sale ». Dans quelle mesure assiste-t-on à un renouvellement normatif dans les activités de différenciation, de hiérarchisation et de gestion des illégalismes économiques et financiers ?

Illustration : 1suisse - flickr - licence cc

lundi, mars 18 2013

Protection des données personnelles : le Sénat évoque un risque d’abaissement des standards nationaux

18 03 2013

image_site_berthelet.jpgLe Sénat vient d’adopter une résolution sur la proposition de directive présentée par la Commission européenne sur la protection des données en matière policière et judiciaire.
Si les sénateurs acceptent les grandes lignes du textes, ils se montrent critiques sur certains aspects (durée de conservation, biométrie, transfert des données aux pays tiers), ils dénoncent en particulier la possibilité donnée à la Commission de court-circuiter les autorités de protection de données et surtout le risque d’abaissement des standards nationaux de protection.
Le Sénat considère comme un objectif essentiel d'assurer la sécurité des citoyens européens, à travers la coopération judiciaire et policière, tout en maintenant un niveau élevé de protection de leurs droits fondamentaux, en particulier de leurs droits sur leurs données personnelles.

mercredi, mars 13 2013

Amnistie sociale : fâcheuse coïncidence

13 03 2013

manifestation_goodyear_rueil.jpgLe 27 février dernier, le Sénat adoptait de justesse une loi d’amnistie sociale déposée par le groupe communiste, républicain et citoyen afin que « ceux qui ont préféré l’indignation et la dignité à la résignation et à la peur ne soient pas condamnés de ce seul fait » (Dominique Watrin, sénateur du Pas-de-Calais). Un texte aussitôt attaqué par l’opposition (UMP et centristes) et le patronat, qui dénoncent d’une même voix « un chèque en blanc à la violence » d’après Eric Woerth, député UMP de l’Oise, « un appel à encourager la destruction et le cassage » selon la présidente du Medef, Laurence Parisot. C’est pourtant un texte a minima puisque plusieurs amendements socialistes ont singulièrement restreint la portée de la proposition de loi. Étrangement, des échauffourées ont opportunément éclaté quelques jours plus tard, entre des salariés de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord et les forces de l'ordre près du siège du fabricant américain de pneumatiques à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine. Une fâcheuse coïncidence qui alimente le soupçon d’un dérapage prémédité, d’autant que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a immédiatement condamné la « violence » des ouvriers de Goodyear et promis des poursuites judiciaires.

Photo : la-croix.com

lundi, février 18 2013

Parentalité sous contrainte : abrogation de la loi Ciotti, et après ?

18 02 2013

legifrance.jpgLa loi du 31 janvier 2013 vient d’abroger celle du 28 septembre 2010 visant à lutter contre l'absentéisme scolaire, dite loi Ciotti. Le cœur de ce texte reposait sur une extension du dispositif de suspension des prestations familiales dont les parlementaires ont relevé pour le moins la faible efficacité (voir ici).
A cette occasion a également été abrogée une des dispositions phare du plan de Cohésion sociale de 2006 (Loi Borloo), à savoir le Contrat de responsabilité parentale. Ce texte prévoyait la possibilité pour le président de conseil général de proposer aux personnes responsables de l’enfant la signature d’un contrat de responsabilité parentale (CRP) en raison d’absentéisme scolaire, de trouble porté au fonctionnement de l’établissement ou toute manifestation de carence de l’autorité parentale (article L. 222-4-1 du code de l’action sociale et familiale). Ce contrat visait à rappeler leurs obligations aux titulaires de l’autorité parentale et devait comporter des mesures d’aide et d’action sociales de nature à remédier à la situation constatée.

Lire la suite...

vendredi, février 8 2013

Un rapport au vitriol fustige les politiques d'intégration

8 02 2013

Un rapport commandé par Matignon dresse un bilan accablant de la politique d’intégration menée depuis 30 ans et suggère plusieurs réformes, dont la création d’un «titre de tolérance» pour régulariser par étapes une grande partie des sans-papiers. L'auteur est un conseiller d'Etat, Thierry TUOT, qui travaille depuis vingt-cinq ans sur l'accueil des immigrés en France. En 2000, déjà, il avait fustigé les carences de cette politique dans un livre remarqué, Les indésirables.
«La politique de lutte pour l’intégration des immigrés a toujours été un désir ou un regret (...) plutôt qu’une réalité», écrit le conseiller d’Etat Thierry Tuot. Les responsables, «tous partis confondus», ont «oublié jusqu’au mot même d’intégration» et ont «détruit les outils» de cette politique, en coupant les crédits des établissements et des associations, poursuit-il.

dimanche, janvier 27 2013

Quelle place pour l'aide aux victimes dans les politiques de prévention et de sécurité ?

27 01 2013

femme_qui_a_peur.jpgAlertés par les acteurs de terrain sur la diminution des moyens alloués à l’aide aux victimes, les membres du CNV publient un avis présentant un état des lieux et des propositions pour une politique publique nationale de soutien et de protection des victimes pour les deux années à venir.
Le CNV, qui constate une dégradation de cette politique dont pâtissent particulièrement les associations et les services d’aide aux victimes d’urgence (SAVU), s’inquiète de l’absence de prise en compte suffisante des victimes en dehors de la procédure de constitution de partie civile et de la dissolution potentielle de cette politique partenariale.
Le CNV plaide ainsi pour la tenue d’un comité interministériel sur l’aide aux victimes, en termes de financement et d’orientations et pour un Conseil national de l’aide aux victimes (CNAV), doté d’un secrétariat général permanent et indépendant, ayant un rôle de conseil au Gouvernement.

Illustration : archives-lepost.huffingtonpost.fr

mardi, décembre 18 2012

Les liaisons dangereuses du droit à l’image et du droit à l’information du public

18 12 2012

droit_a_l__image.jpgLa question du droit à l’image des personnes détenues, dérivé du droit au respect de la vie privée, est le plus souvent liée, en fait, à celle du droit à l’information du public, dérivé de la liberté d’expression. Dans deux affaires récentes!1 que nous commenterons, l’exercice de leur droit à l’image par des personnes détenues venait conforter la demande de diffusion télévisuelle de séquences filmées en détention, mais dans des contextes et avec des objectifs radicalement différents. Dans d’autres cas, le droit à l’image de personnes détenues est délibérément bafoué au nom du droit à l’information du public revendiqué par des médias peu respectueux de la volonté des personnes détenues exécutant leur peine, voire libérées. Après avoir rapidement rappelé les données juridiques relatives au droit à l’image, nous commenterons successivement une décision du tribunal administratif de Paris, puis un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), avant de faire quelques observations sur les situations de heurt frontal entre droit à l’information du public et droit à l’image; un «droit à l’oubli» est, depuis quelques années, revendiqué pour lequel nous envisagerons des voies d’accès à une reconnaissance juridique, fusse-t-elle indirecte et difficile.

lundi, décembre 10 2012

Vers un observatoire européen pour la prévention de la délinquance ?

10 12 2012

Europe.jpgDans le programme de Stockholm, le Conseil européen a invité la Commission à présenter une proposition en vue de créer un observatoire pour la prévention de la criminalité (OPC), « qui sera chargé de collecter, d’analyser et de diffuser les connaissances sur la criminalité, notamment la criminalité organisée (y compris les statistiques) et les moyens de la prévenir, de soutenir et d’encourager les États membres et les institutions de l’Union lorsqu’ils prennent des mesures préventives, et d’échanger les meilleures pratiques. Cet observatoire devrait poursuivre les travaux réalisés par le réseau européen de prévention de la criminalité (REPC) et leur évaluation. Il devrait inclure ou remplacer le REPC, son secrétariat étant assuré par une agence existante de l’Union et fonctionnant comme une unité distincte ».
Le programme de Stockholm prévoit qu’une proposition soit présentée d’ici à 2013 au plus tard. En conséquence, le rapport de la Commission évalue le travail du REPC au cours des deux dernières années et demie et formule des recommandations pour l’avenir, y compris en ce qui concerne la possibilité de mettre en place un observatoire pour la prévention de la criminalité.

mardi, octobre 30 2012

Les ministres européens contre la traite des êtres humains

30 10 2012

campagne_contre_la_traite.jpgPourrait-on voir d'ici 2016 une « Année européenne de la lutte contre la traite des êtres humains » ? C’est ce que souhaitent en tous cas les 27 Ministres de l’Intérieur et de la Justice. Ces ministres réunis en Conseil de l’UE font, ou plutôt maintiennent ce thème de la traite à l’agenda politique. La situation est sérieuse : ce phénomène génère chaque année des dizaines de milliards d'euros de bénéfices.
Les ministres ont adopté ce mois-ci des conclusions dans lesquelles saluent les propositions de la Commission du 19 juin 2012 inscrites dans sa communication intitulée « La stratégie de l'UE en vue de l'éradication de la traite des êtres humains pour la période 2012-2016 ». Selon eux, il importe de mettre en œuvre cette stratégie et de faire rapport sur les progrès accomplis lors de la première évaluation du texte en 2014. On le voit bien, il faut aller vite et agir de concert. Quant à la stratégie avalisée par les Ministres, elle est ambitieuse en dressant cinq priorités, notamment : détecter les victimes de la traite, les protéger et leur porter assistance ; renforcer la prévention de la traite ; poursuivre plus activement les auteurs d'infractions ; améliorer la coordination et la coopération entre les principaux acteurs. Le principal enjeu est de transposer et d’appliquer la toute nouvelle directive du 5 avril 2011 concernant la prévention et la lutte contre de la traite ainsi que la protection des victimes.

samedi, octobre 6 2012

La terreur dans le miroir : encore une loi "antiterroriste"

6 10 2012

DCRI_Anonymous.jpgEn France, l’agenda de plusieurs années d’antiterrorisme triomphant devrait suffire à convaincre les responsables politiques de sa perversion, pour peu qu’il soit feuilleté. Mais ce devoir d’inventaire-là n’est pas convoqué. La force des habitudes sûrement. Et donc depuis mercredi Paris annonce plein de confiance un renforcement de son “dispositif antiterroriste” – déjà le plus draconien d’Europe – par l’entremise du projet de loi proposé par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls.
Depuis les lois de 1986 qui ont institué une justice d’exception pour sanctionner les crimes terroristes, jusqu’aux cinq dernières années au cours desquelles l’État a encouragé le développement d’une police secrète – la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) – dotée de prérogatives et de moyens comme la France n’en avait pas accordé depuis 1945 à un service de sécurité intérieure, avec une belle régularité, le droit commun et des principes républicains ont été sommés de se tordre pour rendre l’antiterrorisme plus efficace.

vendredi, septembre 28 2012

Les législations relatives à l’usage et à la détention de cannabis en Europe

28 09 2012

Photo_cannabis_martius_flickr.jpgMême s’ils sont régulièrement employés dans le débat public, les termes de libéralisation, légalisation, dépénalisation, décriminalisation, contraventionnalisation n’ont pas toujours de définition communément admise. Certaines notions couramment utilisées n’ont ni définition générale consacrée par les dictionnaires de langue française, ni valeur juridique, dès lors qu’elles décrivent des processus de décision politique. L’utilisation de ces termes est donc fluctuante et, souvent, équivoque. Conçu grâce aux références citées en bibliographie et avec l’aide de juristes, ce lexique rassemble quelques propositions de définitions des principaux termes utilisés dans les débats récurrents relatifs au statut légal du cannabis. Il est suivi d’un aperçu des législations sur l’usage et la détention de cannabis en vigueur en France et en Europe.

Illustration : martius - flickr - licence cc

mardi, septembre 25 2012

Prévention de la délinquance: le Conseil national des villes veut un changement de cap

25 09 2012

Changement_de_cap.jpgLe Conseil national des villes (CNV) veut relancer le débat. Après la publication, en janvier dernier, d’une enquête cinglante sur la politique de prévention de la délinquance alors menée par le gouvernement de François Fillon, cette instance consultative, présidée par le Premier ministre et composée d’élus et de professionnels de banlieue, renouvelle son appel à une redéfinition de l’action gouvernementale.
Sous la forme d’une note d’orientations, adoptée le 13 septembre, le CNV fait passer le message : la loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance est – tout autant que le plan éponyme mis en œuvre en 2010 – « en décalage profond avec les besoins locaux », car « centrée sur le traitement de la délinquance et le renforcement des sanctions, plutôt que sur la prévention de la délinquance ».
Ce constat d’échec, relayé ces dernières années par les inspections générales du ministère de l’Intérieur comme par les associations d’élus, s’appuie sur un diagnostic particulièrement sévère.

Illustration : chroniquescathares.blog.lemonde.fr

dimanche, septembre 23 2012

Le FN en ses mairies: affaires, condamnations en série et clientélisme

23 09 2012

Image_livre_Virginie_Martin.jpg« Tête haute, mains propres ». Aujourd'hui encore, Marine Le Pen reprend volontiers à son compte ce slogan des maires frontistes des années 1990. « Nous sommes le seul parti à avancer tête haute et mains propres. Nous faisons de la politique de manière complètement différente de l'UMP ou le PS », se félicite-t-elle ainsi dans l'Union, en 2011.
La référence est culottée. « En 1995, les maires FN, notamment celui de Toulon, avaient voulu se démarquer des majorités précédentes en faisant campagne avec ce slogan. Or, on s’est rendu compte que non seulement le FN était un parti comme les autres sur cette question-là, mais qu’en plus il allait au-delà d’autres partis : trois maires frontistes sur quatre ont été condamnés », rappelle Gilles Ivaldi, chercheur au CNRS, spécialiste des populismes européens et du Front national (lire notre boîte noire). Corruption, clientélisme, chasse aux sorcières : à Vitrolles, Toulon, Orange et Marignane, les municipalités frontistes ont laissé un bilan déplorable.

- page 1 de 9