Drogues et toxicomanies

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jeudi, mai 12 2016

Un bilan des politiques de réduction des risques

12 05 2016

reduction_des_risques.jpgC’est à partir du milieu des années 1980 que l’approche de la RDR s’est fortement développée, face à l’émergence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). La littérature sur l’efficacité des réponses apportées en matière de RDR s’avère assez vaste. Toutefois, il est important de préciser la nature et les contours de la littérature examinée. Il n'existe pas dans la littérature scientifique d’étude d’impact permettant de démontrer l’efficacité ou l’inefficacité des politiques globales de RDR en France ou à l’étranger ou d’en comparer les résultats. Les difficultés méthodologiques pour évaluer scientifiquement l’efficacité d’une politique regroupant plusieurs actions et répondant à des besoins hétérogènes sont nombreuses. Une difficulté majeure à laquelle les chercheurs se heurtent est celle liée aux biais d’imputabilité des effets observés. Plus la politique est complexe, plus il est laborieux de faire émerger la preuve de son efficacité et plus le coût en est dissuasif.

Photo : federationaddiction.fr

jeudi, février 18 2016

La vente en ligne de substances illicites décolle en Europe

18 02 2016

drug.jpegSi la plus grande partie des drogues et produits illégaux est toujours achetée en personne, les ventes en ligne sont sur le point de révolutionner le marché, grâce aux nouvelles technologies, à la mondialisation et à l’innovation commerciale, assure l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA).
Les ventes en ligne pourraient donc bientôt avoir le même effet sur le marché des substances illicites que eBay, Amazon et PayPal ont eu sur les marchés légaux, estiment les experts de l’EMCDDA dans un nouveau rapport, Internet et les marchés des drogues.
Les médias sociaux et applications sont à présent également de plus en plus utilisés, souligne le rapport. Des ventes ont ainsi lieu dans des petits groupes sur les réseaux sociaux, grâce à la langue vernaculaire du secteur.

lundi, janvier 25 2016

Alcool, tabac et cannabis durant les « années collège »

25 01 2016

photo_college.jpgPremière substance psychoactive expérimentée par les collégiens, l’alcool fait cependant l’objet d’un moindre engouement (expérimentations et usages récents d’alcool en nette baisse en 2014, premières ivresses plus tardives et moins fréquentes qu’en 2010).
Le tabac, dont l’expérimentation au collège reste largement moins répandue que celle de l’alcool, est la substance la moins sexuellement différenciée même si, dorénavant, les filles présentent une expérimentation inférieure à celle des garçons et un tabagisme quotidien moins précoce qu’en 2010.
L’expérimentation de cannabis est restée stable par rapport à 2010. Si elle demeure très rare parmi les plus jeunes (11-13 ans), elle progresse, néanmoins, toujours aussi fortement au fil du collège pour concerner près d’un élève de 3e sur quatre en 2014.

mercredi, janvier 13 2016

Substances psychoactives en France : tendances récentes (2014-2015)

13 01 2016

Image_drogues.jpgCe numéro décrit d'abord les problèmes liés à la précarité sociale des usagers dans l'espace urbain et festif et les tensions et difficultés qu'elle engendre. En matière d’offre, l’analyse de TREND souligne une modernisation dans l’organisation des deals, via par exemple la téléphonie mobile et le développement des achats sur Internet sur le deep web (qui échappe aux moteurs de recherche).
Concernant les substances, TREND souligne, dans la continuité des observations précédentes, la hausse des teneurs moyennes, notamment documentée grâce aux collectes et analyses du système national d'identification des substances (SINTES). Le phénomène est très net pour les stimulants (cocaïne et surtout MDMA, poudre et comprimés d’ecstasy) mais s’observe aussi pour l’herbe et la résine de cannabis. L’héroïne est également concernée par l’élévation de la pureté des échantillons analysés alors que les médicaments opiacés semblent plus nombreux à faire l’objet de détournements.

lundi, novembre 9 2015

L'argent de la drogue

9 11 2015

argent_drogue.jpgCe document a pour objectif de présenter de façon synthétique les estimations de l’envergure, en volume et en valeur, du marché des drogues illicites en France, plus précisément celles du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne et une estimation inédite, à notre connaissance, concernant les drogues dites de synthèse.
S’il est utile de rappeler que l’économie souterraine est principalement alimentée par la fraude (travail dissimulé, fraude fiscale, etc.), ce qu’on nomme l’économie du crime provient en grande partie du commerce de drogues illicites. Différentes sources comme le rapport du CHEMI et l’origine des saisies recensées par l’AGRASC indiqueraient que l’argent de la drogue alimenterait pour plus de la moitié de la totalité de l’argent généré par le crime. Dans cette perspective, cette recherche a pour objectif d’améliorer la connaissance au sein de l’économie française du marché illicite des stupéfiants.

Photo : lechorepublicain.fr

lundi, août 24 2015

Le rapport mondial sur les drogues (2015)

24 08 2015

ONUDC.jpgLe rapport 2015 de l'Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime est en ligne. D’après les données les plus récentes, la situation générale mondiale en matière de production et d’usage de drogues illicites et de leurs conséquences sanitaires a peu évolué. Les conséquences sanitaires de l’usage illicite de drogues restent un sujet de préoccupation mondial, car une large majorité des usagers problématiques de drogues n’ont toujours pas accès à un traitement. De plus, la hausse de la culture mondiale de pavot à opium et de la production d’opium jusqu’à des niveaux records devrait encore avoir des répercussions importantes sur le marché mondial des opiacés. Cela suscite des inquiétudes quant à l’ampleur du défi que présentent les groupes criminels organisés de plus en plus complexes et évolutifs pour les services de détection et de répression.

mardi, juillet 7 2015

L’Oregon légalise la marijuana à usage récréatif

7 07 2015

cigarette_de_cannabis.jpgQuarante-deux ans après avoir dépénalisé la possession de petites quantités de marijuana, l’Oregon est devenu, mercredi 1er juillet, le quatrième État américain à en autoriser un usage récréatif. En novembre, les résidents de l’État avaient approuvé à 56 % un référendum sur la « mesure 91 », rendant légal le fait de consommer, faire pousser et posséder du cannabis.
Dorénavant, les habitants de l’Oregon âgés de 21 ans et plus pourront légalement consommer de la marijuana et en faire pousser jusqu’à quatre plants. La consommation de cette drogue restera toutefois proscrite dans l’espace public, mais la police de Portland encourage les résidents à ne pas composer le 911 pour signaler les fumeurs. Pour ce qui est de la commercialisation, il faudra attendre encore quelques mois et obtenir un permis.
La tendance à la légalisation de cette drogue douce se poursuit dans l’ouest des États-Unis. L’Alaska, le Colorado et l’État de Washington avaient déjà légalisé le cannabis à usage récréatif ces derniers mois. Si la marijuana reste illégale au niveau fédéral, plus de 20 États l’autorisent à usage médical.

Photo : theguardian.com

mardi, juin 30 2015

Drogues : chiffres clés 2015

30 06 2015

Image_drogues.jpgCe document de 8 pages rassemble périodiquement les indicateurs chiffrés les plus récents et les plus pertinents pour quantifier et décrire le phénomène des substances psychoactives en France.
Il repose sur les enquêtes et travaux de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ainsi que sur ceux d’autres organismes impliqués dans le champ.
Drogues, Chiffres clés présente d'abord de façon synthétique les niveaux de consommation chez les adultes et les jeunes de 17 ans pour les principales substances.
Des informations détaillées sur les usages, les prises en charge, les conséquences sanitaires et sociales et les trafics sont ensuite développées par produit, en donnant, à chaque fois que c'est possible, une tendance d'évolution. Les produits concernés sont le cannabis, la cocaïne, la MDMA/ecstasy, les nouveaux produits de synthèse, l'héroïne et les autres opiacés ainsi que le tabac et la cigarette électronique, l'alcool et les médicaments psychotropes.

Illustration : journaldunet.com

lundi, juin 8 2015

La dynamique du marché de la drogue en Europe

8 06 2015

Image_drogues.jpgTandis que les initiatives entreprises en Amérique du Nord et du Sud en rapport avec la vente réglementée de cannabis et de ses produits dérivés génèrent un intérêt et un débat au niveau international, les discussions sur le cannabis en Europe restent essentiellement centrées sur les coûts de santé potentiellement associés à cette drogue. Les nouvelles données mettent en lumière le rôle majeur joué par le cannabis dans les statistiques sur la criminalité liée à la drogue, cette drogue représentant 80 % des saisies réalisées et la consommation ou la détention de cannabis pour usage personnel, plus de 60 % des infractions liées à la drogue enregistrés en Europe (voir figure). En outre, la production et le trafic de cannabis sont reconnus comme revêtant une importance accrue dans le domaine de l’application de la loi en raison de l’implication accrue de la criminalité organisée. Il existe, cependant, des disparités considérables dans les pratiques nationales de sanction des délits relatifs à l’offre de cannabis: les sanctions infligées pour un premier délit d’offre d’un kilogramme de cannabis varient, selon les experts nationaux, de moins d’un an à dix ans d’emprisonnement.

mercredi, avril 22 2015

Le cannabis en France : état des lieux et réponses publiques

22 04 2015

France_cannabis.jpgLe cannabis est, de loin, la drogue illicite la plus disponible et consommée en France. Une personne sur quatre, entre 11 et 75 ans, déclare en avoir déjà fait usage, ce qui représente 13,4 millions d’expérimentateurs (un quart environ de la population). La diffusion du cannabis touche tout particulièrement les jeunes générations (15-30 ans). Au-delà de l’initiation, les niveaux de consommation des jeunes Français dépassent nettement la moyenne européenne. Paradoxalement, en dépit d’une législation parmi les plus sévères d’Europe (supposée être dissuasive), la France est un des pays les plus consommateurs de cannabis, surtout parmi les jeunes.
Ce « paradoxe français » alimente des controverses récurrentes sur l’efficacité de l’interdit et le statut légal du cannabis. Certains plaident pour une dépénalisation de l’usage, voire de la détention de petites quantités destinées à l’usage personnel, ce qui permettrait, selon eux, de rendre la consommation moins transgressive et donc à la fois moins attractive et mieux contrôlable. Pour d’autres, la dépénalisation pourrait être perçue comme un relâchement, au risque d’aggraver les maux liés à l’usage du produit.

vendredi, avril 17 2015

Les usages de drogues sont en hausse en France

17 04 2015

cigarette_de_cannabis.jpgL’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et l’Inpes publient conjointement les résultats du Baromètre santé Inpes 2014 concernant l’usage des substances psychoactives illicites en France. Chez les 18-64 ans, le cannabis a déjà été expérimenté par 4 personnes sur 10. Son usage, qu’il soit occasionnel ou régulier, et celui de produits stimulants, comme l'ecstasy et la cocaïne sont en hausse.
Tous produits confondus, l’expérimentation de substances illicites concerne plus les hommes que les femmes. Parmi ces produits, le cannabis est toujours le produit illicite le plus consommé en France. Il a été expérimenté au moins une fois dans leur vie par quatre adultes sur 10 en 2014. L’usage actuel (au cours de l’année) concerne un adulte sur dix, proportion en hausse par rapport à 2010. Il est plus répandu parmi les jeunes de 18-25 ans : l’usage de cannabis au cours de l'année atteint son niveau maximum avec 34 % d’hommes et 23 % de femmes dans cette tranche d’âge. Les auteurs de la note analysent que la hausse de la consommation de cannabis est portée, chez les femmes, par les moins de 40 ans, alors que chez les hommes, la hausse est nette également entre 35 et 55 ans.

Photo : theguardian.com

mercredi, décembre 31 2014

Marijuana an 1: bilan globalement positif dans le Colorado

31 12 2014

plantation_cannabis.jpgLes scénarios catastrophe ne se sont pas réalisés. Un an après la légalisation des ventes de marijuana à usage récréatif dans le Colorado, le bilan de la mise en place est jugé largement positif. « On nous disait : les ados vont se ruer sur le cannabis, les adultes vont se défoncer et ne plus aller travailler…Rien de tout cela ne s’est concrétisé », se félicite l’avocat Brian Vicente, l’un des rédacteurs de l’amendement par lequel 55% des électeurs ont autorisé, en novembre 2012, la production et la vente de marijuana aux adultes de plus de 21 ans.
Le processus a été très encadré. Le Colorado se sait aux avant-postes du combat pour la fin de la prohibition, et à ce titre, très surveillé. Pari, pour l’instant, réussi. Aucun nuage de cannabis ne flotte sur la ville. Le crime a baissé de 10 % selon le FBI. Le nombre d’accidents de la route aussi. Il est interdit de fumer dans les lieux publics, y compris les parcs et cafés. Les achats sont limités : une once (28,34 g) par personne pour les résidents du Colorado. 7g pour les visiteurs. Chaque plant est recensé dans un fichier central informatisé. Chaque mouvement consigné. Chaque employé enregistré et badgé.

- Samuel Laurent : "Cannabis : pourquoi la répression n'est sans doute plus la solution".
- Samuel Laurent : "Cannabis : comment États-Unis et Europe ont évolué".
- Laetitia Clavreul : "Cannabis : les bénéfices objectifs de la légalisation".

samedi, décembre 27 2014

Substances illicites ou détournées : les tendances récentes

27 12 2014

tendances_96.jpgCe numéro rassemble les principaux résultats du quatorzième exercice d’observation du dispositif TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) et de ses sept sites en deux grandes parties. La première est consacrée aux éléments marquants de l’année 2013 et des premiers mois de 2014, avec notamment la précarisation croissante d’une part des usagers, le « retour » du comprimé d’ecstasy en parallèle à une présence de plus en plus visible de la MDMA, une remontée de la pureté de l’héroïne circulant en France et le signalement de deux nouvelles pratiques d’offre de substances. La seconde partie décrit des phénomènes importants, identifiés depuis plusieurs années, mais qui continuent à se développer, notamment l’essor des cultures commerciales d’herbe de cannabis, la diffusion de l’usage de kétamine et le recours croissant au sulfate de morphine. L’enracinement des nouvelles drogues de synthèse est également largement commenté. Enfin, un point particulier est consacré à la cocaïne, dont l’évolution du marché et de l’usage fait toujours l’objet d’une observation attentive.

lundi, décembre 1 2014

La politique française des drogues : l’impossible évolution ?

1 12 2014

Image_drogues.jpgLe récent rapport du comité d’évaluation des politiques publiques consacré à la politique de lutte contre les drogues dresse un constat édifiant des résultats : la confrontation entre l’augmentation des usages et celle des sanctions, entre la diversification des usages et la complexification de la politique judiciaire, signe l’échec d’une politique centrée sur l’interdit pénal, notamment pour le cannabis. Cette double tendance à la hausse devrait ouvrir un débat sur la nécessaire évolution de la politique. Mais le système politique français manichéen aboutit à la triste juxtaposition de deux propositions qui s’ignorent. Certes, et c’est une première, ces propositions évoquent la nécessité de dépasser la loi de 70, mais comment ne pas regretter ce face à face stérile.
D’autant que le reste du constat est tout aussi intéressant : il souligne la confusion qui résulte d’un système où les interventions s’entremêlent jusqu’à l’absurde. L’addiction est un problème majeur, la lutte contre la drogue mobilise bien des énergies, les politiques n’en finissent pas de promettre des mesures et actions toutes plus vigoureuses les unes que les autres, mais le rapport dévoile un budget de la Mildeca en baisse, et un entremêlement des financements et des modes d’action telle que l’on ne sait plus qui fait quoi et pour quel prix et à quel résultat.

Illustration : journaldunet.com

lundi, juillet 28 2014

Le New York Times prône la légalisation du cannabis

28 07 2014

plante_cannabis.jpgLe grand quotidien américain plaide en faveur la légalisation du cannabis, comparant sa pénalisation aux errements de l'époque de la Prohibition. Dans un éditorial, le journal affirme que l'addiction et la dépendance sont des « problèmes relativement mineurs », en particulier par rapport à l'alcool et au tabac. « Les États-Unis ont mis 13 ans à reprendre leurs esprits et mettre fin à la Prohibition, 13 ans au cours desquels les gens continuaient à boire, de sorte que des citoyens respectueux de la loi sont devenus des criminels et que les syndicats du crime ont émergé et prospéré », écrit le journal.
« Il y a plus de 40 ans, le Congrès a adopté l'interdiction actuelle du cannabis, infligeant un grand préjudice à la société simplement pour interdire un produit beaucoup moins dangereux que l'alcool. Le gouvernement fédéral devrait dépénaliser le cannabis », poursuit cet éditorial.
Le Times, qui cite des chiffres du FBI recensant 658.000 arrestations pour détention de marijuana en 2012, estime que la pénalisation conduit à un « résultat raciste, frappant de manière disproportionnée les jeunes noirs, gâchant leur vie et donnant naissance à de nouvelles générations de criminesl ». Tout en étant opposé à la vente de cannabis aux mineurs (moins de 21 ans), le Times affirme que la « consommation modérée de marijuana ne semble pas présenter un risque pour les adultes en bonne santé ».

Photo : 20minutes.fr

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