Statistiques de la délinquance

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samedi, mars 5 2016

Les signalements d'incidents graves dans les lycées sont stables en 2014-2015

5 03 2016

violence_verbale.jpgLa violence en milieu scolaire se caractérise principalement par des atteintes aux personnes.
La plupart des incidents "graves" relèvent des violences verbales dont plus de la moitié à l’encontre des enseignants. Viennent ensuite les violences physiques, généralement entre élèves.
Les incidents sont fortement concentrés dans les mêmes établissements : 5 % des établissements déclarent 24 % de l’ensemble des faits, soit autant que les 70 % d’établissements les moins touchés par la violence. Néanmoins, les types de faits recensés sont très différents suivant le niveau d’exposition à la violence des établissements : les violences verbales à l’encontre des enseignants représentent 31 % des faits signalés par les 5 % d’établissements les plus affectés, mais seulement 14 % des incidents déclarés par les 70 % d’établissements les moins violents.
La répartition des faits commis au lycée a évolué ces dernières années, avec une augmentation de la consommation de stupéfiants : elle a plus que doublé en trois ans en LEGT-LPO.

mercredi, janvier 6 2016

Baisse temporaire de la délinquance en région parisienne suite aux attentats de 2015

6 01 2016

militaire_patrouille_paris_vigipirate.jpgLes attentats meurtriers du 7 janvier 2015 contre la rédaction du journal « Charlie Hebdo » puis les attaques qui ont fait suite les 8 et 9 janvier, ont entrainé un large renforcement des mesures de sécurité dans le cadre du dispositif « Vigipirate » visant la protection des citoyens et du territoire face au terrorisme. On constate dans le mois et demi qui a suivi les attentats de janvier une diminution significative du nombre d’infractions commises. Une estimation pour Paris et son agglomération de ce qui pourrait être l’impact du renforcement des mesures de sécurité évalue à 32% la diminution du niveau des vols violents sans arme et à 24% celle des coups et blessures volontaires dans le mois et demi qui a suivi les attentats. La baisse a été relativement plus forte en Seine-Saint-Denis et à Paris. Elle a également été sensible en ce qui concerne les vols sans violence, les cambriolages, les vols liés aux véhicules à moteurs et les dégradations. À partir du mois de mars, les séries ont retrouvé leur niveau d’avant les attentats.
Une tendance similaire a été constatée après les attentats du 13 novembre.

Photo : franceinter.fr

vendredi, décembre 18 2015

Les magistrats de plus en plus sévères dans les affaires de violences

18 12 2015

salle_audience_tgi.jpgLa hausse est spectaculaire. Entre 2000 et 2012, le nombre de condamnations à des peines de prison ferme pour violences volontaires a augmenté de 62 %. Cela témoigne-t-il d’une explosion des violences en France ? Non, répond l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), dans une note publiée mercredi 16 décembre. L’Observatoire évoque une « évolution sociétale » : ces faits sont en fait « plus souvent reportés, et plus souvent réprimés ».
Une conclusion s’impose donc, à contre-courant de certains clichés : les magistrats sont de plus en plus sévères, et utilisent plus volontiers la prison ferme, y compris pour des violences légères. Ces résultats vont dans le sens des travaux de sociologues tels que Laurent Mucchielli (L’Invention de la violence, 2011, Fayard), notamment sur la moindre tolérance de la société face à la violence. Ni justice laxiste, ni explosion des violences : c’est tout un pan du débat politique français qui est balayé d’un coup.

Petit commentaire égotique : ça fait toujours plaisir quand on finit par se voir (un peu tard) donner raison. Peut-être que, du coup, je ne serai plus boycotté dans Le Monde ces prochains mois et années... (LM).

mercredi, octobre 7 2015

La statistique de police rentre au bercail

7 10 2015

Logo_interstat.pngLes statistiques de police et de gendarmerie rentrent au bercail. Créé par un décret du 8 octobre 2014 au sein de l’administration du ministère de l’intérieur, le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) est placé sous l’autorité fonctionnelle conjointe des directeurs généraux de la police nationale (DGPN) et de la gendarmerie nationale (DGGN) et rattaché organiquement à la direction centrale de la police judiciaire de la DGPN. En même temps, le service est dirigé par un inspecteur général de l’Insee qui est le seul responsable, technique et éditorial, des informations et des données qui y sont publiées, ainsi que de leurs dates de publication, conformément aux prescriptions du code des bonnes pratiques de la statistique européenne.
Deux logiques peuvent donc structurellement s'affronter et rien ne garantit que le pouvoir politique n'essayera pas à l'avenir de s'immiscer dans cette production statistique comme il le fit de façon massive dans les années 2000 au point qu'un collectif de statisticiens et de chercheurs (dont l'auteur de ces lignes) dénonça un "grand trucage". Mais les choses sont désormais redevenues claires là où l'ONDRP avait tant entretenu la confusion des genres du fait de la présence de M. Bauer, qui revendiquait l'indépendance de l'organisme tout en co-animant les conférences de presse du ministre de l'Intérieur et en faisant office de conseiller politique de M. Sarkozy.

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jeudi, août 13 2015

Délinquance et justice des mineurs : le ministère fait le bilan

13 08 2015

justice_des_enfants_et_des_adolescents.jpgLa justice des mineurs a connu des changements importants depuis trente ans, dans des directions parfois opposées, au point que le sentiment de crise et de perte de références ont pu dominer les débats récents. C’est pourquoi nous avons voulu réaliser un état des connaissances relatif à la délinquance juvénile, aux réponses judiciaires et aux modalités de prise en charge, appuyé sur les travaux des chercheurs, les publications des professionnels ou les rapports des parlementaires et des autorités publiques. L’objectif de ce travail était de mieux comprendre les questions posées par les évolutions de la société et de la justice des mineurs. La journée du 2 février 2015 a permis de confronter ces travaux à la discussion et de mieux saisir les évolutions contemporaines.

vendredi, mai 29 2015

Victimation et sentiment d’insécurité à Marseille : une enquête inédite

29 05 2015

Photo_Marseille.jpgMarseille, parce qu’elle serait submergée par une violence sans cesse croissante, constitue l’un des principaux territoires de mise en scène médiatique et politique du thème de « l’insécurité ». Pour approcher scientifiquement cette problématique, l’article présente les premiers résultats d’une enquête inédite sur la victimation et le sentiment d’insécurité chez les Marseillais. Les auteurs présentent d’abord, de façon détaillée, la méthodologie de l’enquête, puis les résultats portant sur la victimation réellement subie. Ils analysent ensuite les données concernant les représentations et le sentiment d’insécurité. En conclusion, ils discutent les relations statistiques entre victimation et sentiment d’insécurité, ainsi que la place de Marseille au regard d’enquêtes menées dans d’autres villes françaises.

mardi, mai 5 2015

Ouverture d'un Observatoire scientifique du crime et de la justice

5 05 2015

tableau_stat.pngLe CESDIP vient de créer un Observatoire scientifique sur le crime et la justice (OSCJ) dans le cadre d’un projet de "métrologie pénale".
Cet Observatoire poursuit des recherches quantitatives menées principalement du point de vue des citoyens, à travers l’analyse seconde d’enquêtes en population générale menées à différentes échelles (nationale, régionale, locale), mais aussi à travers l’analyse de données institutionnelles.
Un des buts de l’OSCJ est de mettre à la disposition des chercheurs, enseignants, étudiants et du public intéressé une information claire et lisible. Ainsi, le site qui vient d’être ouvert permet d’observer dans la durée les agressions, les vols personnels, les cambriolages, les atteintes aux véhicules, le renvoi par la victime à la police, le sentiment d’insécurité.
Ces recherches obéissent à deux règles : observer sur la durée la plus longue possible pour dégager des tendances et échapper aux apparences du court terme, confronter des indicateurs d’origines différentes.

dimanche, avril 12 2015

Hommes battus : une réalité méconnue

12 04 2015

violence_conjugale.jpgCe sont des affaires dont on parle peu. Comme d'autres hommes, Maxime Gaget a été battu. Menacé et humilié par son ex-compagne pendant quinze mois, il a témoigné au procès de sa femme, jeudi 9 avril devant le tribunal correctionnel de Paris. Cinq ans d'emprisonnement ont été requis dans cette affaire où la procureure a évoqué une « inversion des rôles » avec une « femme bourreau et un homme victime ».
Pourtant, si les femmes restent, de loin, les premières victimes de violences conjugales, le cas des hommes battus ou maltraités est moins exceptionnel qu'on pourrait le croire.

Photo : lamed.fr

vendredi, mars 6 2015

Violences sexuelles faites aux enfants : une urgence humanitaire

6 03 2015

eleve_sous_preau.jpgLes récentes études internationales de l’UNICEF et de l’OMS et notre enquête menée en France convergent dans le terrible constat d’une insuffisante reconnaissance et prise en charge des violences sexuelles subies par les enfants.
De toutes les violences sexuelles, celles qui touchent les enfants font partie des plus cachées. Chaque année, nous dit-on, 102 000 adultes sont victimes de viols et de tentatives de viol (86 000 femmes et 16 000 hommes) en France, mais on ne nous parle pas des victimes mineures pourtant bien plus nombreuses, estimées à 154 000 (124 000 filles et 30 000 garçons). Dans le monde, 120 millions de filles (une sur dix) ont subi des viols, et la prévalence des violences sexuelles est de 18 % pour les filles et de 7,5 % pour les garçons.

lundi, novembre 17 2014

Les agressions comparées aux accidents de la vie quotidienne : un risque mineur

17 11 2014

accident_de_la_vie_courante.jpg« La violence » constitue une catégorie omniprésente du débat public, suscitant indignations médiatiques, rodomontades politiciennes et inquiétudes citoyennes. Il s’agit pourtant d’une catégorie normative et non descriptive. « La violence », c’est ce qui n’est « pas bien ». Mais sur le plan empirique, c’est surtout un vaste fourre-tout dans lequel on mélange des choses qui n’ont rien à voir, de l’insulte à l’acte terroriste, en passant par les émeutes, les bagarres de jeunes, les violences conjugales, les viols et agressions sexuelles, les échanges de coups entre voisins, les règlements de compte meurtriers entre malfaiteurs, etc. A travers ces amalgames, « la violence » devient un risque majeur et parfois une peur présente dans la vie quotidienne des personnes les plus fragiles et donc les plus sensibles au « sentiment d’insécurité ».
A distance de ces représentations, de ces amalgames et de ces peurs, on va ici poser deux questions simples et concrètes : le risque d’être agressé d’une façon ou d’une autre, pour une raison ou une autre, constitue-t-il un risque majeur de la vie quotidienne ? Et quelle place a ce risque parmi tous ceux qui peuvent porter atteinte à notre intégrité physique dans cette même vie quotidienne ?

Illustration : mon-guide-retraite.fr

jeudi, octobre 9 2014

La Provence, terre de violence ? Les préjugés culturalistes à l’épreuve de la statistique

9 10 2014

l__esprit_des_lois.jpgÀ en croire les agendas politique et médiatique, la région provençale connaîtrait des problèmes de « violence » exceptionnels. Cet article soumet cette représentation à l’épreuve de la vérification statistique. Après avoir examiné les données policières disponibles, les auteurs mobilisent les enquêtes en population générale pour comparer la région provençale au reste de la France puis à la région francilienne. Les résultats sont contrastés : les trois ensembles – la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la région Île-de-France (IDF) et la France métropolitaine – présentent des taux différents selon les victimations. Mais dans tous les cas, les victimations qui correspondent le plus à l’idée de « violence », c’est-à-dire d’atteintes à l’intégrité physique (agressions physiques, vols avec violence), ne spécifient pas la région PACA. Les données permettent par ailleurs de mesurer le poids de certains facteurs structurels tels que la densité urbaine et la précarité socio-économique. Fort de ces résultats, les auteurs concluent en critiquant les approches culturalistes en sociologie.

vendredi, juin 20 2014

Première enquête sur la victimation et le sentiment d'insécurité à Marseille

20 06 2014

Photo_Marseille.jpgC'était ce mardi 17 juin, dans l'amphithéâtre de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme. L'Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux présentait les résultats de la première enquête sur la victimation et le sentiment d'insécurité jamais réalisée sur la ville de Marseille. Durant les premiers mois de l'année 2014, les télé-enquêteurs formés par l'ORDCS ont interrogé 3 000 habitants de la ville d'une part sur les victimationns éventuellement subies durant les années 2012 et 2013, d'autre part sur leurs opinions, leurs peurs et leur éventuel sentiment d'insécurité.
Côté faits, cette enquête innove en ajoutant les discriminations et les violences institutionnelles à la liste des victimations interrogées. Côté représentations, elle innove également en interrogeant les opinions sur les politiques de sécurité et non simplement sur leurs peurs et leurs représentations de "l'insécurité".
Au final, les chercheurs dressent le portrait d'une ville "normale" en ce sens où les résultats enregistrés ne diffèrent pas particulièrement de ceux obtenus dans les enquêtes réalisées les années précédentes dans la région, ni de ceux obtenus par les autres équipes de chercheurs en région parisienne. Une fois encore, la réalité marseillaise semble très éloignée de l'épouvantail politico-médiatique en faisant "la ville la plus dangereuse de France".

mercredi, mars 12 2014

La violence à l’égard des femmes : un phénomène omniprésent

12 03 2014

violence_aux_femmes.jpgUn nouveau rapport publié par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) présente les résultats de la plus grande enquête mondiale sur la violence à l’égard des femmes, qui révèle l’étendue des abus dont les femmes sont victimes chez elles, au travail, en public et en ligne.
L’enquête a interrogé des femmes sur leur vécu en matière de violence physique, sexuelle ou psychologique, y compris la violence domestique. D’autres sujets ont été traités, tels que la traque furtive (stalking), le harcèlement sexuel, les violences subies dans l’enfance, et le rôle joué par les nouvelles technologies.
Tout en démontrant la vaste prévalence de la violence à l’égard de femmes adultes, le rapport détaille également les actes de violence physique et sexuelle vécus par les femmes pendant leur enfance. L’enquête indique que les décideurs politiques doivent reconnaître l’ampleur de la violence à l’égard des femmes et garantir que les réponses apportées couvrent les besoins et les droits de toutes les victimes de violence à l’égard des femmes non seulement en théorie, mais aussi en pratique.

lundi, mars 3 2014

Ah bon, les chiffres de la délinquance étaient truqués sous Sarkozy ? Quelle surprise !

3 03 2014

delinquance-les-chiffres-parisiens-truques-sous-sarkozy.jpg"Explosif" : un haut fonctionnaire le qualifie ainsi. Commandé par le préfet de police de Paris Bernard Boucault en septembre 2012, le rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) visait à établir un état des lieux des pratiques d'enregistrement des faits de délinquance à Paris et dans la petite couronne. Selon l'AFP et "Europe 1" qui ont pu en consulter des extraits, ce document décrypte le maquillage de statistiques de la délinquance qui a eu cours, assurent-ils, pendant des années. Et qui, affirment les mêmes sources, a fortement diminué, sans toutefois disparaître complètement, depuis l'arrivée de Manuel Valls place Beauvau.

lundi, février 24 2014

Victimation et sentiment d'insécurité sur un campus universitaire (Luminy, Marseille)

24 02 2014

luminy.jpgCette recherche de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) constitue à notre connaissance le seul diagnostic de sécurité réalisé sur un campus universitaire en France par une équipe de chercheurs en sciences sociales.
Aix-Marseille Université est aujourd’hui une des plus jeunes universités de France, c’est aussi la plus grande au regard du nombre de ses étudiants, de ses personnels et de par son budget. Quant au campus de Luminy, qu’ils soient étudiants, enseignants chercheurs, chercheurs ou personnels administratifs et techniques, on compte 14 000 personnes susceptibles d’être présents sur le site quotidiennement.
Nous avons privilégié une double approche, à la fois quantitative et qualitative. La première partie de notre enquête a consisté en la passation d’un questionnaire à un échantillon représentatif d'usagers de tout type travaillant au sein des différentes composantes du campus. L’enquête a été passée auprès de 409 personnels et 529 étudiants, soit 938 personnes fréquentant quotidiennement le campus.
Parallèlement à l'enquête par questionnaire, nous avons effectué une enquête de terrain, durant deux mois, par entretiens individuels et observations in situ.

Photo : ueeh.net

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