Statistiques de la délinquance

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dimanche, mai 12 2013

Un mensonge d’État. L’imposture sécuritaire

12 05 2013

mensonge_d__etat.jpgPourquoi les Français éprouvent-ils un irrationnel sentiment d’insécurité, alors qu’on compte 670 000 délits de moins depuis 2002 et un taux d’élucidation des infractions en hausse de 12 points ? Irrationnel ? Et si les chiffres affichés étaient faux ? Et si l’appareil statistique avait été dévoyé au service d’un message politique illusoire ?
Depuis dix ans, la lutte contre la délinquance est marquée par l’empreinte de celui qui en a fait, sinon son combat, au moins sa marque de fabrique. Avec une précision chirurgicale, un ancien Colonel de gendarmerie, Jean-François Impini, révèle comment les statistiques ont été impunément dévoyées. Il dévoile la dictature des chiffres et les tricheries utilisées pour produire de « bons » résultats, et détaille les pratiques qui ont permis d’éluder des délits par centaines de milliers tout en élucidant des infractions imaginaires.
À l’heure où « nul n’est censé ignorer la réalité », Jean-François Impini, chiffres à l’appui, jette une lumière crue sur la réalité d’une police détournée de sa mission, et d’une politique de sécurité devenue simple entreprise de communication au profit d’un discours politique vide d’action.

lundi, mai 6 2013

La mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences

6 05 2013

histogramme.jpg Les statistiques des délinquances et de leurs conséquences, objet du présent rapport, ont pris une importance considérable dans le débat public. Tour à tour utilisées pour présenter un bilan favorable de l’action des gouvernements ou, au contraire, pour asseoir, à partir de l’état des lieux qu’elles fournissent, une nouvelle politique pénale, elles sont déraisonnablement mises en avant.
La valorisation de ces statistiques, tant par les gouvernants que par les médias, est d’autant plus paradoxale que, comme vos rapporteurs entendent vous le démontrer, ces statistiques n’ont qu’une fiabilité très limitée et ne permettent nullement de mesurer finement les délinquances.
Ceci est d’autant plus vrai que c’est généralement un « chiffre unique » qui sert de fondement à la communication et au débat. Or, ce chiffre, qui résulte de l’agrégation grossière de données éparses, n’est porteur d’aucune réalité. Fabriqué de toutes pièces à des fins de communication politique, il ne peut que faire reculer le niveau du débat public, alors même que la connaissance de la réalité des délinquances est, par nature, susceptible d’éclairer les acteurs publics autant que les observateurs de la réalité sociétale.

Illustration : statistix.fr

vendredi, mai 3 2013

Mesurer l’implication des jeunes dans la violence

3 05 2013

deviance_et_societe.jpg
Depuis un demi-siècle, on mesure la délinquance à l’aide de données de plus en plus éloignées du seul champ pénal. L’article montre comment les enquêtes françaises en santé publique contribuent à la connaissance du rapport des jeunes à la violence. Certaines de ces enquêtes renseignent sur la part des jeunes parmi les auteurs d’agressions, mais surtout, elles élargissent à des violences que les enquêtes de victimation classiques ne saisissent pas dans l’estimation de la surexposition des moins de 25 ans. L’article en analyse les raisons et les rapporte aux spécificités de la violence physique dans cette classe d’âge.

samedi, mars 30 2013

Violences au travail : que mesure-t-on dans les enquêtes ?

30 03 2013

violence_au_travail.jpgÀ propos des situations de travail comme des autres situations sociales, se pose la délicate question de la définition – toujours fuyante – de la ou des violence(s). Elle se pose en particulier à qui souhaite donner un contenu explicite et clair aux indicateurs statistiques destinés à mesurer les actes visés. En France, au moins deux types d’approches statistiques cherchent à prendre cette mesure : les enquêtes sociodémographiques, qui de manière transversale abordent les violences dans diverses sphères de la vie sociale, et celles qui se limitent aux situations de travail. Chacune semble œuvrer dans un champ distinct avec ses propres vocables et questionnements. Pourtant, et grâce aux glissements lexicaux qui se sont opérés ces dernières années, n’analysent-elles pas les mêmes événements ?
On peut souhaiter pour l’avenir qu’elles clarifient leurs objets et, si possible, interagissent afin de marier les avancées de la statistique générale sur les violences aux progrès de la connaissance du travail hérités d’une quarantaine d’années d’enquêtes spécialisées.

Photo : lexpansion.lexpress.fr

mercredi, mars 20 2013

« Victimations sensibles » : les violences commises au sein ou en dehors du ménage

20 03 2013

enfants_violence_conjugale.jpgLe questionnaire auto-administré est la dernière sous-partie de l’enquête Cadre de Vie et Sécurité de L’INSEE. Sont qualifiés de « sensibles » : les attouchements, les agressions sexuelles ainsi que les menaces et les violences physiques commises par une personne qui vit avec l’enquêté au moment de l’enquête. Les auteurs montrent d’abord que les habitants de la région PACA ne sont pas plus ou moins touchés par ces victimations que l’ensemble des habitants de la France métropolitaine. Ensuite, les résultats démontrent l’importance du conjoint ou de l’ex-conjoint en tant qu’auteur. Par exemple, les violences physiques sont pour moitié commises par une personne qui vit avec l’enquêté au moment de l’enquête. Les résultats montrent également que les victimes sont principalement des femmes, plutôt jeunes, vivant le plus souvent seules ou dans une famille monoparentale. Les auteurs mettent également en évidence un phénomène de multi-victimation ou cumul des victimations. Enfin, les résultats confirment la très forte sous-déclaration de ces violences de l’intimité. Pour toutes ces victimations « sensibles », moins de 15% des victimes se sont rendues dans un service de police ou de gendarmerie et moins de 8% ont déposé une plainte en bonne et due forme.

Photo : blog-france-emmanuelle.com

dimanche, mars 17 2013

Victimation et insécurité en Île-de-France : une analyse géosociale

17 03 2013

Photo_Metro_Transportation_Library_and_Archive_flickr.jpgÀ partir de données de cinq enquêtes successives réalisées entre 2001 et 2009 par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France, cet article analyse les différentes combinaisons de la victimation et du sentiment d’insécurité selon la localisation des enquêtés. La complexité de la situation vient du fait que ces deux dimensions ne fonctionnent pas de la même manière. L’exposition au risque de victimation dépend beaucoup de l’implantation : Paris et sa proche banlieue Nord constituent une zone où il est élevé ; le reste de la région est moins exposé. Le sentiment d’insécurité fonctionne autrement : il apparaît surtout lié au rang social. Ceux qui bénéficient de multiples capitaux ne présentent guère de crispations sécuritaires : la délinquance ne constitue jamais à leurs yeux qu’un enjeu mineur qu’ils y soient exposés ou non. L’insécurité est au contraire l’apanage des classes populaires et des petites classes moyennes, mais elle ne fonctionne pas toujours de la même manière selon que l’on se situe dans la proche banlieue populaire ou aux confins de l’Île-de-France.

Illustration : Metro Transportation Library and Archive - flickr - licence cc

samedi, janvier 19 2013

Les élus socialistes face aux chiffres de la délinquance

19 01 2013

histogramme.jpgPlusieurs travaux récents convergent autour du constat que l'une des transformations majeures de l'action publique tient dans l'usage croissant d'indicateurs chiffrés censés optimiser la conduite de cette dernière. Le cas des politiques publiques de sécurité ne semble pas échapper à ce mouvement. De nombreuses recherches ont ainsi analysé la mise en place et les effets d'une « culture du résultat » supposée permettre d'améliorer l'efficacité de la police. L'une des particularités des indicateurs mobilisés à cet effet réside dans la double instrumentation, interne et externe, dont ils font l'objet. Censées orienter l'action des services de police et de gendarmerie, les statistiques constituent également un puissant levier de la communication politique.
Néanmoins, sur les questions de sécurité comme sur d'autres, les travaux traitant des relations entre statistique et politique se bornent au constat que les professionnels de la politique s'en tiendraient à un usage cynique des chiffres dans le cadre de la compétition électorale, sans que les modalités discursives et les ressorts sociaux de cette appropriation ne soient documentés. Ni les formes, ni les ressorts de l'inscription proprement politique de ce « langage conventionnel de référence » ne sont analysées pour eux-mêmes.

Illustration : statistix.fr

mercredi, novembre 14 2012

Les cadres de la police dénoncent des statistiques totalement biaisées

14 11 2012

Dessin_agoravox.jpg(texte intégral du communiqué)
Le débat sur les statistiques est récurent et fait l’objet de toute les instrumentalisations.
Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) a depuis le début dénoncé la politique du chiffre. La mise en place d’une industrie de la statistique, chronophage et contre productive, adossée au développement de primes individuelles trop importantes a conduit les forces de sécurité à s’éloigner des citoyens et des vraies priorités républicaines.
Le SCSI souhaite que les réformes dans ce domaine interviennent rapidement et surtout de manière concrète et pragmatique sur le terrain, afin de remettre l’humain au centre de la Police nationale et de privilégier la qualité du service public de la sécurité.
La police traite aujourd’hui 80% de la délinquance. L’explosion étonnante des chiffres dans la gendarmerie démontre encore une fois, si cette augmentation est uniquement liée à la mise en place d’un nouveau système comptable, tout le coté artificiel de tels dispositifs.
Des indicateurs pertinents, limités et orientés vers la qualité doivent maintenant être retenus et mis en place de manière identique dans la Police et la Gendarmerie.

Illustration : agoravox.fr

lundi, octobre 29 2012

Suite des auditions de la Commission des lois sur les statistiques de la délinquance

29 10 2012

histogramme.jpgLe 18 juillet 2012, le bureau de la commission des lois a créé une mission d’information "Mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences".
"Les chiffres officiels de la délinquance font régulièrement l’objet, dans le débat public, de polémiques nourries. Autrefois appréhendée par les seules statistiques de la Justice, la délinquance est, depuis le début des années 1970, principalement mesurée par le biais des données relatives à l’activité policière dont la production, comme l’interprétation, est aujourd’hui critiquée. Afin d’éclairer la façon dont la délinquance est mesurée en France, la commission des Lois a décidé, en juillet 2012, de créer une mission d’information relative à la mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences. La mission s’interrogera sur la façon dont sont construites, analysées et exploitées les statistiques policières. La place des enquêtes de victimation, comme celle des autres sources d’information, seront étudiées. La mission s’intéressera également aux conséquences des délinquances, en particulier au travers des statistiques judiciaires et pénitentiaires et de l’économie du crime. Enfin, les pratiques des pays étrangers seront observées." On questionnera aussi le fonctionnement de l'OND-RP.

Illustration : statistix.fr

dimanche, octobre 28 2012

Femmes agressées, au domicile ou à l'extérieur : une analyse des risques

28 10 2012

femme_qui_a_peur.jpgL'enquête cadre de vie et sécurité (CVS) permet de mesurer différentes formes d'agressions envers les personnes, depuis les injures, vols, jusqu'aux agressions physiques ou sexuelles, en dehors du ménage ou en son sein. Les femmes sont plus souvent victimes que les hommes de violences sexuelles et de violences physiques dans le ménage. Elles sont également plus sujettes au sentiment d'insécurité. Elles connaissent fréquemment leur agresseur personnellement, quand ce n'est pas le conjoint ou l'ex conjoint. Cette proximité de la victime et de son agresseur a pour corollaires la répétition des violences et une faible propension de la femme qui les endure à porter plainte. Les femmes jeunes, vivant seules ou en situation de monoparentalité, sont la cible privilégiée de la plupart des types d'agression. Celles bénéficiant d'un niveau socioculturel élevé sont plus souvent victimes d'agressions de faible gravité (vols, injures, gestes déplacés). Les femmes de milieux modestes subissent plus fréquemment des agressions sexuelles ou des violences intrafamiliales.

Illustration : archives-lepost.huffingtonpost.fr

vendredi, octobre 12 2012

La Commission des lois auditionne sur les statistiques de la délinquance

12 10 2012

histogramme.jpgLe 18 juillet 2012, le bureau de la commission des lois a créé une mission d’information "Mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences".
"Les chiffres officiels de la délinquance font régulièrement l’objet, dans le débat public, de polémiques nourries. Autrefois appréhendée par les seules statistiques de la Justice, la délinquance est, depuis le début des années 1970, principalement mesurée par le biais des données relatives à l’activité policière dont la production, comme l’interprétation, est aujourd’hui critiquée. Afin d’éclairer la façon dont la délinquance est mesurée en France, la commission des Lois a décidé, en juillet 2012, de créer une mission d’information relative à la mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences. La mission s’interrogera sur la façon dont sont construites, analysées et exploitées les statistiques policières. La place des enquêtes de victimation, comme celle des autres sources d’information, seront étudiées. La mission s’intéressera également aux conséquences des délinquances, en particulier au travers des statistiques judiciaires et pénitentiaires et de l’économie du crime. Enfin, les pratiques des pays étrangers seront observées." On questionnera aussi le fonctionnement de l'OND-RP.

(A venir celles de Christian Mouhanna, Jean-Hugues Matelly et Laurent Mucchielli).

Illustration : statistix.fr

jeudi, septembre 13 2012

Données de cadrage sur la récidive

13 09 2012

Image_recidive.jpg« Les politiques pénales des cinq dernières années ont aggravé la récidive », déclare Christiane Taubira en juin. Pour réfléchir aux questions de la dangerosité et de la récidive, le ministère de la Justice installe une « conférence de consensus » le 18 septembre.
Des professionnels de la justice, experts et politiques de tous bords doivent désigner un jury, qui rendra une synthèse d’ici la fin de l’année. Le gouvernement veut partir de cette base pour infléchir sa politique pénale.
Mais quand on parle de récidive, comment éviter les clichés, les préjugés et la manipulation politique des chiffres ? Avec notre infographie et quelques rappels, pour un débat éclairé.

Illustration : yahoo.bondyblog.fr

dimanche, juillet 15 2012

A La Réunion : moins de violences, plus de sentiment d'insécurité

15 07 2012

Image_la_reunion.jpgLes actes de délinquance sont moins fréquents qu’en France métropolitaine mais le sentiment d’insécurité est plus prégnant à La Réunion. En effet, 18 % des personnes déclarent se sentir souvent ou de temps en temps en insécurité dans leur quartier (11 % en France métropolitaine) et 17 % à leur domicile (8,5 % en France métropolitaine).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette inquiétude. D’une part, les actes de délinquance et en particulier les violences sont très médiatisés, ce qui peut alimenter la crainte. D’autre part, les Réunionnais se sentent peu protégés. Ils se déclarent majoritairement (51 %) insatisfaits de l’action de la police ou de la gendarmerie dans la société française actuelle. C’est sept points de plus qu’en France métropolitaine. Ces éléments contribuent sans doute à accentuer le sentiment d’insécurité que les seuls faits ne justifient pas.

Illustration : iledelareunion.net

mercredi, mars 28 2012

Sécurité et délinquance : les illusions d’un diagnostic à la veille des élections

28 03 2012

images_blogterritorial.expertpublic.fr.jpgLes dramatiques assassinats de Montauban et de Toulouse vont-ils remettre la sécurité au cœur du débat public et donc de la campagne électorale ? Ce n'est pas ce que semblent indiquer les derniers sondages publiés. Il est en tous cas éminemment regrettable que le suspect des dramatiques assassinats de Montauban et de Toulouse n’ait pas été capturé vivant, que sa culpabilité n’ait pas fait l’objet d’une information et d’un procès menés par de vrais juges. Un débat contradictoire aurait permis de clarifier sa trajectoire et la surveillance dont elle faisait l’objet. On aurait ainsi pu savoir si son apprentissage des techniques de combat et l’accumulation d’un imposant arsenal sont compatibles avec le récit d’une auto-radicalisation solitaire. A défaut d’un procès, on aurait pu recourir à une commission d’enquête présidée par un juge indépendant. On aurait ainsi pu mesurer si les différents aspects du dispositif antiterroriste sont vraiment optimaux. La matière est trop grave pour que l’on s’en tire en s’offusquant de la moindre interrogation comme d’une lèse-majesté. Cette façon de faire aurait aussi permis de ne pas voir tous les problèmes de délinquance et de sécurité des citoyens sous le seul prisme d’un drame terroriste dont les caractéristiques sont bien particulières. On court ainsi le risque d’aggraver encore la manière insatisfaisante dont la campagne électorale en cours aborde la sécurité. C’est sur ce dernier point que nous voudrions insister.

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vendredi, février 24 2012

Délinquances, chômage des jeunes et inégalités de revenus en région PACA

24 02 2012

Carte_PACA_2.jpgCette étude constitue le premier grand travail statistique réalisé par l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) sur la région PACA, à partir des chiffres de la police et de la gendarmerie.
Dans une première partie, les auteurs expliquent longuement les précautions méthodologiques indispensables à l’utilisation de ces données administratives, signalant au passage les critiques qui peuvent être adressées aux organismes utilisant couramment ces statistiques (notamment l'ONDRP). Ils expliquent, dans une seconde partie, la sélection qu’ils ont réalisée parmi les index de cette statistique administrative, ainsi que les regroupements qu’ils ont opérés pour construire de nouveaux indicateurs de délinquances. Les auteurs présentent ensuite un travail inédit de calcul de taux tenant compte non seulement de la population résidente sur les territoires mais aussi des flux touristiques. Ces calculs conduisent à des changements notables dans l’évaluation des niveaux de délinquances sur les territoires. Dans une troisième partie, les auteurs développent une analyse cartographique et statistique poussée afin de rechercher les relations significatives existant entre, d’une part les indicateurs de délinquance et d’autre part les variables de contextes démographique et socio-économique. Ils mettent ainsi en évidence l’importance de plusieurs variables au premier rang desquelles le taux de chômage, en particulier celui des jeunes. Ils formulent enfin une hypothèse de corrélation entre certains types de délinquance et l’ampleur des inégalités de revenus.

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