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mercredi, septembre 17 2014

Sociologie de la délinquance : une synthèse

17 09 2014

socio_de_la_delinquance.jpgRedonnant tout son sens au programme de recherche tracé par Edwin Sutherland dès les années 1920, ce livre explore les trois aspects fondamentaux de la délinquance.
D'abord, la production des normes, qui ne cesse de redéfinir les contours d'une notion propre à une société donnée, à un moment donné de son histoire.
Ensuite, les mécanismes de transgression, qui sont à la fois complexes et variés. Loin de se limiter aux phénomènes les plus visibles, tels que les délinquances juvéniles ou les violences physiques et sexuelles, la sociologie nous entraîne aussi dans les méandres de la délinquance des élites économiques et politiques, ainsi que dans les multiples formes de violences politiques et de crime organisé.
Enfin, les réactions sociales qui vont de l'indifférence aux poursuites policières et judiciaires, au terme de profondes inégalités sociales.

mardi, septembre 16 2014

Crime, justice et lieux communs : un livre incontournable !

16 09 2014

crime_justice_lieux_communs.pngDans une période où les thèmes de l’insécurité, de la délinquance et de la justice répressive envahissent le champ des médias et font l’objet de multiples polémiques, ce livre est conçu comme un outil permettant à chacun de construire sa propre réflexion autour d’un ensemble de lieux communs trop rarement questionnés. Ces derniers saturent nos conversations courantes et il est parfois difficile de se situer par rapport à la simplicité de ces idées. Ils sont, ici, pris au sérieux mais sont situés dans un contexte qui les déconstruit en les complexifiant.
Les lieux communs suivants sont ainsi abordés : 1) Les délinquants sont de plus en plus violents et de plus en plus jeunes, 2) Frauder n’est pas tuer, 3) Une mère qui tue son enfant est un monstre, 4) Plus jamais ça !, 5) Les délinquants sexuels récidivent toujours, 6) Et une fois de plus, c’est un étranger qui a fait le coup !, 7) La délinquance ne cesse d’augmenter, 8) La police arrête les délinquants et, deux heures plus tard, ils sont dehors, 9) La justice n’en fait pas assez pour les victimes, 10) Les peines ne sont pas assez sévères, 11) Les prisons sont devenues des hôtels cinq étoiles.

dimanche, septembre 14 2014

Drones : le triomphe d'une nouvelle arme ?

14 09 2014

drone_2.jpgLe nombre de drones est en augmentation constante dans le monde. Les États-Unis, de très loin les mieux équipés en la matière, disposent aujourd'hui de plus de 600 appareils. D'autres nations investissent également dans cette nouvelle technologie d'armement : soixante-seize pays posséderaient déjà des drones et on peut estimer que ces armes continueront à se répandre. Un de leurs avantages réside dans leur prix, très compétitif par rapport aux avions de combat : un drone du type Reaper M-9 coûte 10,5 millions de dollars, contre 150 millions de dollars pour un avion de chasse F-22. Aussi les dépenses liées à l'acquisition de matériaux et à la recherche dans le domaine des engins volants sans pilote embarqué ne cessent-elles d'augmenter. En ce qui concerne les seuls États-Unis, le budget dans ce domaine est passé de 667 millions de dollars en 2001 à 4,5 milliards en 2012. À l'échelle mondiale, il s'élève actuellement à 6,6 milliards de dollars.
Si, pour l'heure, la plus grosse partie des dépenses est liée aux emplois militaires, l'utilisation civile des drones se développe elle aussi rapidement.

Photo : lepoint.fr

vendredi, septembre 12 2014

Sociologie des élites délinquantes : du crime en col blanc à la corruption politique

12 09 2014

livre_lascoumes_nagels.jpgLa dénonciation régulière des « affaires » et des « scandales » laisse croire que les élites économiques et politiques ne sont pas à l’abri des mises en cause et des procès. Ces événements masquent pourtant une toute autre réalité. Les déviances et délinquances des élites ne sont pas perçues comme ayant la même gravité que celles portant atteinte aux personnes et aux biens. Elles ne suscitent pas non plus la même réaction sociale.
Une des originalités de ce sujet est de poser des questions qui ne sont jamais soulevées quand il s’agit d’atteintes traditionnelles aux biens et aux personnes. Où placet- on le curseur entre les déviances acceptables et celles qu’il faut réprouver pour assurer la stabilité d’une organisation sociale ? Suffit-il d’une norme pénale pour identifier un acte transgressif ? S’il y a bien eu des abus, leurs auteurs sont-ils vraiment mal intentionnés ? Ne sont-ils pas plutôt victimes d’organisations laxistes et de pratiques tolérées ? Quelle est enfin la sanction adéquate à ces débordements ? Ces enjeux sont autant intellectuels que politiques et éthiques.

mercredi, septembre 10 2014

Le travail social et le politique

10 09 2014

livre_henri_pascal.jpgLes liens entre le travail social, les ressources idéologiques et les doctrines politiques en vigueur à différentes époques, ont déjà été discutés par le passé, par exemple dans les travaux de Pierre Rosanvallon, Jacques Donzelot ou Michel Chauvière, pour ne citer que quelques auteurs. Le récent ouvrage d’Henri Pascal (Histoire du travail social en France, Presses de l’EHESP, 2014), qui déborde largement cette question, permet d’y revenir avec utilité en ces temps où nos exigences politiques ne dépassent guère l’horizon du pragmatisme. Foin des débats au profit de l’obtention de résultats visibles, rapides et concrets ! Tel est l’impératif catégorique qui s’impose aussi aux travailleurs du social ou de l’éducatif, que ceux-ci y souscrivent ou non. Revenir sur les origines et l’histoire du travail social – au-delà des dates, des personnes ou des lois –, comme le fait Henri Pascal, incite à (re)poser la question du social et du politique.

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mardi, septembre 9 2014

Migrations et mutations de la société française

9 09 2014

livre_migrations_la_decouverte.pngLes réalités migratoires ont changé depuis les années 2000 : de nouveaux flux ont entraîné l'installation de populations qui n'ont ni les mêmes profils ni les mêmes modalités d'installation et de relations avec la France que par le passé. D'autres migrations sur le sol hexagonal, plus anciennes, poursuivent leurs parcours complexes et multiformes en interpellant la société sur les points d'achoppement de leur intégration.
Pour rendre compte de ces mutations, cet État des savoirs fait le point sur les recherches multidisciplinaires menées depuis le début du XXIe siècle : apports théoriques, résultats significatifs, nouveaux chantiers, enjeux. Il ouvre la réflexion sur les problématiques internationales ou européennes, dans lesquelles la France s'inscrit par la mondialisation des échanges : nouvelles migrations et diasporas, politiques publiques, questions identitaires, représentation et transmission.

vendredi, septembre 5 2014

L'analyse sociologique des effets de quartiers

5 09 2014

livre_sampson.jpgL’écologie humaine vient de faire un retour remarqué avec la publication de l’ouvrage Great American City, plus d’un demi‑siècle après avoir été évincée des productions sociologiques américaines. L’auteur, Robert Sampson, s’emploie à mettre en évidence l’existence de ce qu’il appelle les effets de quartier (neighborhood effects) en s’inspirant des méthodes de l’École de Chicago. Il entend réfuter les théories pronostiquant la fin des lieux (placelessness) et cherche à démontrer « que les différences entre quartiers ne sont pas seulement visibles partout mais qu’elles ont également des propriétés durables – avec des mécanismes de reproduction sociaux et culturels – et des effets couvrant une grande variété de phénomènes sociaux ».
Rejetant dos à dos approche déterministe et individualisme méthodologique, Sampson s’attache à prendre en compte les comportements individuels comme les dynamiques collectives et les effets structurels, ainsi qu’à considérer à la fois les processus top‑down et bottom‑up.

mardi, septembre 2 2014

Lorsque le viol est devenu un crime

2 09 2014

livre_Vendemiaire.jpgDepuis l’ouvrage désormais classique de Georges Vigarello sur l’histoire du viol, l’évolution de la perception et du traitement social des violences sexuelles a fait l’objet de maints travaux.
La récente contribution de deux historiens (Jean-Yves Le Naour, Catherine Valenti, Et le viol devint un crime, éditions Vendemiaire, 2014) permet utilement de revenir sur deux aspects de cette évolution : la part contributive des mouvements féministes pour porter sur le devant de la scène les violences sexuelles, d’une part ; la criminalisation du viol, d’autre part.

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mercredi, août 27 2014

Les fous de Bruxelles. Histoire sociale de la folie

27 08 2014

parmi_les_fous.gifL’historiographie française de la psychiatrie s’est pendant longtemps focalisée sur les XVIIIe et XIXe siècles. Depuis une quinzaine d’années, l’attention s’est néanmoins déplacée vers le XXe siècle comme en attestent plusieurs publications. On se souvient de l’ouvrage d’Isabelle von Bueltzingsloewen sur la famine dans les hôpitaux psychiatriques pendant l’Occupation. Refusant la thèse d’une extermination programmée, elle avait révélé les mécanismes qui ont conduit à la mort de plusieurs milliers d’aliénés durant la Seconde Guerre mondiale. Plus récemment, Hervé Guillemain et Stéphane Tison ont publié un livre sur les soldats victimes de troubles psychiatriques pendant le premier conflit mondial. Ils y rendent compte de l’expérience ordinaire de la folie et montrent les outils thérapeutiques à la disposition des psychiatres de l’époque.

mardi, août 5 2014

Pour une civilisation techniquement soutenable

5 08 2014

livre_bihouix.jpgFace aux signaux alarmants de la crise globale ? croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée ? on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.
Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ».

lundi, juillet 21 2014

Vers la cohabitation : une critique du colonialisme de l’État d’Israël

21 07 2014

livre_judith_butler.jpgComment fonder une nouvelle éthique en Israël/Palestine ? Et peut-on renouer, politiquement, avec la solution d’un État unique et binational ? Dans cet ouvrage, Judith Butler s’interroge sur la possibilité d’articuler les expériences juives de la diaspora et du déplacement et les expériences palestiniennes de la dépossession pour repenser la situation dans la région. Elle place au centre de sa réflexion la notion de cohabitation, une condition de notre vie politique et non quelque chose que nous pouvons refuser. Nul n’est en droit de choisir avec qui cohabiter sur cette terre. Selon Butler, l’éthique de la judéité exige une critique du sionisme. La célèbre philosophe puise ainsi dans la pensée juive des instruments pour mettre en question la violence, le nationalisme et le colonialisme de l’État d’Israël. Elle engage la discussion avec des auteurs comme Hannah Arendt, Emmanuel Levinas, Primo Levi, Martin Buber, Walter Benjamin, mais aussi Edward Said ou Mahmoud Darwich. Elle se confronte aux problèmes du droit des dépossédés et des apatrides, du traumatisme de l’Holocauste, de l’oppression et de l’exil. Elle renouvelle, au nom du caractère irréductible de la pluralité humaine, les concepts classiques de droit, d’État-nation, de citoyenneté ou encore de souveraineté. Mêlant éthique, philosophie et politique, ce livre affirme un idéal de cohabitation, de justice sociale et de démocratie radicale.

jeudi, juillet 3 2014

De la soumission au travail

3 07 2014

caissiere.jpgLes employé-e-s de la grande distribution reçoivent des salaires faibles, guère supérieurs au SMIC, sont soumis-e-s à des conditions de travail difficiles, génératrices d’un nombre important de troubles musculo-squelettiques, dont le statut salarial est souvent atypique (avec un recours important aux CDD ou aux agences d’intérim), et dont les horaires sont tronçonnés. Pourquoi ces salarié-e-s ne se révoltent-elles pas ? Pourquoi continuent-elles à s’investir dans leur travail et à participer, sans pour autant nécessairement adhérer ?
Pour répondre à ces questions, Marlène Benquet se centre sur « les stratégies mises en place par la direction pour obtenir la participation des individus et leur investissement concret dans l’activité » grâce à une méthode originale et fructueuse. Elle étudie un grand groupe de distribution appartenant au CAC40, surnommé Batax, selon les principes « d’une observation participante transversale ». Pour mieux comprendre le système des relations engendrant l’implication et empêchant la révolte ou le freinage généralisé, elle mène trois enquêtes par observation participante aux différents niveaux de la hiérarchie de l’entreprise : la direction des ressources humaines, le salarié de base et un syndicat.

Photo : 20minutes.fr

dimanche, juin 29 2014

Entreprises et déviance

29 06 2014

Terrains_et_travaux.jpgScandales financiers, catastrophes sanitaires, désastres écologiques... beaucoup de situations ont donné lieu, ces dernières années, à la mise en cause d’entreprises, de leurs patrons et/ou de certains de leurs employés. L’affaire Kerviel, la crise du Médiator ou encore le scandale des prothèses PIP comptent ainsi parmi les cas les plus médiatiques de mises en accusation récentes d’entreprises. Par ailleurs, sans être portées sur la place publique, bien d’autres pratiques engendrent régulièrement des litiges plus locaux, à l’échelle d’un secteur industriel, d’une société, ou même d’un service (optimisation fiscale, corruption, travail « en perruque »…).
Ce numéro de Terrains & Travaux entend aborder la « déviance d’entreprise » en rendant compte de la pluralité des formes de dénonciation des pratiques des entreprises en tant que personnes morales, comme des pratiques en entreprise (maquillage des comptes, délits d’initiés, arrangements avec les autorités, larcins, dissimulation de fautes professionnelles etc.). Il vise ainsi à rassembler des contributions mettant en lumière les fondements, les formes et les effets de la mise en cause des entreprises en tant qu’institutions économiques et/ou des individus qui constituent les maillons de ces organisations.

vendredi, juin 27 2014

Contextes et conséquences des violences subies par les femmes et les hommes

27 06 2014

homme-femme.jpgL'Enquête Violences et rapports de genre (VIRAGE) a pour ambition de produire une nouvelle approche des violences liées aux inégalités hommes/femmes, en incluant les hommes dans son échantillon. Cette enquête quantitative sera menée auprès de 35000 répondants (femmes et hommes), âgés de 20 à 69 ans. Elle innove par un mode de collecte multimodes (qui combine téléphone et internet). Dans chacune des sphères de vie (espaces publics, travail, études, couple, famille), sont explorés tous les faits de violence subis lors des 12 derniers mois et au cours de la vie. On construira une typologie des situations de violence en tenant compte de leur gravité, de leur répétition et cumul, pour comprendre les trajectoires des victimes et saisir les conséquences sociales et économiques des violences. VIRAGE vise ainsi à éclairer les politiques publiques en évaluant les besoins des victimes et en proposant des pistes pour adapter les politiques de prévention à chacun des deux sexes.

dimanche, juin 15 2014

De Casque d’Or à Albertine : penser la prostitution

15 06 2014

prostitution.jpgL’examen de la loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel », adoptée le 4 décembre dernier par l’Assemblée nationale, a ravivé le débat public sur le travail du sexe. Comme plusieurs commentateurs l’ont noté, cette loi a inversé le statut légal et moral des prostitué(e)s et de leurs clients. De « coupables », les prostitué(e)s sont devenu(e)s des « victimes » – la loi prévoit notamment la suppression du délit de racolage passif créé en 2003 –, tandis qu’à l’inverse leurs clients sont dorénavant des contrevenants passibles d’une amende. Cette nouvelle loi et ce récent débat ne sont jamais que l’ultime épisode de l’histoire déjà longue de la prostitution et de son traitement par la police des mœurs, histoire qui a vu alterner des périodes de relative tolérance et de pseudo légalisation et des périodes de plus grande rigueur et de pseudo interdiction. L’inversion de l’opprobre des prostitué(e)s vers leurs clients est cependant loin de faire l’unanimité et de clore les polémiques qui de tout temps ont accompagné le travail du sexe et que l’on peut sommairement résumer ainsi : la prostitution est-elle une violence faite à celles et ceux qui l’exercent ou bien est-elle l’illustration du droit des individus à disposer de leur corps, y compris de le vendre ?

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