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lundi, avril 7 2014

Les jeux d’argent en France

7 04 2014

jeux_d__argent.jpgEn France, l’attirance pour les jeux d’argent n’a cessé de progresser jusqu’en 2004-2006 (0,9 % de la consommation des ménages) et s’érode un peu depuis (0,8 % en 2012). Entre 2000 et 2012, les sommes misées ont augmenté de 76 % en valeur et atteignent 46,2 milliards d’euros en 2012. Sur la même période, les dépenses des joueurs, nettes des gains, ont augmenté de 48 %, passant de 6,4 à 9,5 milliards d’euros.
Avant 2010, le secteur des jeux s’organisait autour de trois grands pôles : la Française des jeux (FDJ), le Pari mutuel urbain (PMU) et les casinos. L’activité de la FDJ et du PMU a été très dynamique entre 2000 et 2012, celle des casinos s’est essoufflée à partir de 2007.
L’autorisation de jouer légalement en ligne, depuis juin 2010, n’a pas modifié l’équilibre et la hiérarchie du secteur des jeux d’argent : les jeux en ligne ne représentent que 7 % du marché en 2012. Après des débuts très prometteurs, leur croissance est devenue atone.

Photo : lamontagne.fr

samedi, avril 5 2014

Le pitoyable (dernier ?) réquisitoire de Philippe Bilger

5 04 2014

o-vieillesse-ennemie.jpgIl n’est pas facile de rendre compte du dernier livre de Philippe Bilger, ni même de le lire jusqu’au bout. D’abord parce que c’est un mauvais livre. Une trentaine de chapitres assez peu vertébrés qui dépassent rarement trois pages, pour ressasser un ressentiment obsessionnel contre Christiane Taubira que notre auteur, on l’aura compris, n’apprécie guère et qui semble nuitamment peupler ses cauchemars. Le bandeau de l’éditeur fait assez bien le tour de la pensée profonde de l’ouvrage, « Taubira : carton rouge ».
Sur le fond, Philippe Bilger enchaîne, avec un talent que n’a pas l’Institut pour la justice, les mêmes éternels poncifs de la droite « contre la justice laxiste », au moment piquant où les prisons n’ont jamais été aussi pleines depuis la Libération et les peines prononcées de plus en plus longues – les juges rouges ont dû s’assoupir devant le Mur des cons.
C’est d’autant plus difficile que Philippe Bilger a été grand magistrat, sensible, cultivé, touchant même, assurément d’une haute intelligence, pour qui nous étions nombreux à avoir de l’estime.

Illustration : hellocoton.fr

vendredi, avril 4 2014

Prouver et gouverner. Une analyse politique des statistiques publiques

4 04 2014

livre_desrosiere.pngAujourd'hui, les statistiques sont partout. Chacun ressent confusément que, certes, elles fournissent des données utiles sur la société, mais qu'elles servent aussi d'instruments de pouvoir. Comment respecter les informations qu'elles apportent et en même temps les envisager comme politiques ? C'est à cette question clé que ce livre entend répondre, en explicitant l'ambivalence inhérente aux données quantitatives. En douze chapitres historiques concernant le gouvernement néolibéral, les institutions internationales ou les rapports entre quantification et sciences sociales, le lecteur apprendra à faire le tri dans le déferlement quotidien de chiffres.
Alain Desrosières est prématurément décédé alors qu'il mettait la dernière main à la rédaction de ce livre, qui devrait faire date au même titre que La Politique des grands nombres (La Découverte, 1993), devenu un classique et traduit dans le monde entier. Il avait successivement travaillé avec Pierre Bourdieu puis avec les chercheurs français impliqués dans la sociologie de la critique et la sociologie des sciences, deux des environnements les plus innovants intellectuellement en France depuis les années 1980. Il est le fondateur de la sociohistoire de la statistique, une discipline qui se développe désormais très rapidement, en France comme à l'étranger. Ce livre très accessible et d'une grande portée politique peut être considéré comme son testament intellectuel.

samedi, mars 29 2014

Un nouveau paradigme de la race ?

29 03 2014

race_decoded.jpgDans une tribune publiée en mai 2013, le biologiste Michel Raymond et la romancière Nancy Huston croyaient nécessaire de rappeler à la communauté des sciences sociales que l’existence de « races » au sein de l’espèce humaine constituait un fait biologique incontestable, établi par les plus récents progrès de la génétique. On y apprenait, par la même occasion, que la génétique « se contente de décrire » ces « réalités », sans « aucun jugement de valeur », tandis que les « sciences sociales » faisaient, elles, preuve d’une ignorance coupable envers les progrès de ladite génétique. Pourtant, on ne compte plus depuis quelques années les travaux d’anthropologie ou de sociologie qui se penchent sur les recherches que les généticiens consacrent à la diversité biologique humaine. Nous présenterons ici quelques résultats issus de récents ouvrages américains traitant de ces questions. Très divers dans leurs thématiques, qui vont de la pharmacogénomique à l’analyse des rapports entre génétique et discours de la parenté, ces travaux se rejoignent par la discipline dont sont majoritairement issus leurs auteurs : l’anthropologie, qui leur permet de nous faire entrer, en s’appuyant sur des entretiens et des enquêtes de terrain, dans le détail des manières dont généticiens et chercheurs en biomédecine élaborent leurs données et leur donnent des sens en accord avec leurs valeurs et leurs engagements sociopolitiques.

dimanche, mars 23 2014

Les pouvoirs locaux à l'heure des élections municipales

23 03 2014

bandeau_maire.jpgComme tout scrutin, les élections municipales des 23 et 30 mars prochains se traduisent dans les librairies par une recrudescence de publications concernant la gestion des villes françaises et les enjeux liés à la recomposition des pouvoirs locaux.
On ne pourrait cependant faire grief à René Dosière, député de l'Aisne apparenté socialiste, de ne s'intéresser à ces questions que de manière épisodique. Son ouvrage Le métier d'élu local , reprenant le titre d'un livre de science politique publié il y a vingt ans sous la direction de Joseph Fontaine et Christian Le Bart , est à la fois un témoignage et un plaidoyer contre le cumul des mandats. Dans un autre registre, l'ouvrage collectif Les Roitelets ou la France des fiefs sous la direction d'Olivier de Lagarde, journaliste à France Info, vise davantage à dépeindre un paysage politique, d'une manière très (trop ?) centrée sur les personnes, celui des grandes villes de France, envisagées quasi-uniquement sous la forme de baronnies locales. De manière plus classique, enfin, la revue Pouvoirs propose un numéro riche et divers à cet élu de proximité qu'est le maire, à la fois d'un point de vue historique, juridique et sociologique.

Photo : slate.fr

dimanche, mars 9 2014

La bibliothèque idéale des sciences sociales

9 03 2014

openeditionbooks.pngFaire lire et relire les sciences sociales : telle est l'ambition de la Bibliothèque idéale des sciences sociales (Bi2S). En publiant des rééditions électroniques et imprimées d’ouvrages marquants en sciences sociales, cette collection veut permettre au plus grand nombre de découvrir ou redécouvrir les grands textes classiques qui fondent les différentes disciplines des sciences sociales (sociologie, histoire, géographie, économie, anthropologie, science politique...). Elle ambitionne également de permettre aux lecteurs d'accéder à des ouvrages et des textes de références plus récents, mais devenus introuvables ou difficilement accessibles.
Les textes originaux des œuvres rééditées dans la Bibliothèque des sciences sociales sont systématiquement accompagnés d’une nouvelle préface, proposée par un grand spécialiste de l’auteur et de l’œuvre rééditée. Selon les titres, l’édition des textes originaux peut être augmentée de textes complémentaires, de traductions, d’entretiens avec les auteurs, d’annexes inédites…

vendredi, février 21 2014

Vitrolles, un laboratoire de l'extrême droite et de la crise de la gauche (1983-2002)

21 02 2014

megret_vitrolles.jpgDepuis trente ans avec quelques idées simples, mensongères et dangereuses, le Front national attire des millions d’électeurs. Pourquoi ? De très nombreux ouvrages ont tenté de répondre à cette question. Le parti pris de ce livre est de passer à la loupe, l'exemple vitrollais. En s’appuyant sur des archives inédites, des interviews et témoignages de quatre-vingts acteurs politiques, associatifs, syndicaux, journalistes, avocats, chercheurs, artistes, il cherche à comprendre ce qui a conduit, dans cette ville de la grande banlieue de Marseille, à l'élection de Catherine Mégret en 1997.
Sur fond d'une gauche qui abandonne son combat historique tandis que se généralisent la casse sociale, la dégradation des liens sociaux et le chômage de masse, il décrypte ce double mouvement de défiance et de rejet du politique qui nourrit l’essentiel du vote FN.

Photo : 20minutes.fr

mardi, février 18 2014

Le premier rapport anti-corruption de l'Union européenne et ce qu'il dit à la France

18 02 2014

corruption_en_europe.jpgLa France a pris récemment, en matière de conflits d’intérêts, des mesures législatives applicables au personnel politique et aux agents publics. En revanche, les risques de corruption dans le secteur des marchés publics et dans les transactions commerciales internationales n’ont pas été traités. Dans ce rapport, la Commission européenne propose donc que la France procède à une évaluation globale visant à détecter les risques au niveau local et fixe des priorités pour des mesures de lutte contre la corruption dans le secteur des marchés publics. De manière générale, l'annexe sur la France formule quatre recommandations clefs à destination des autorités françaises :
1) réaliser une étude complète sur les risques de corruption au niveau local (notamment à propos des marchés publics),
2) réformer le droit de la corruption internationale,
3) aller au bout de l'indépendance du ministère public (parquet),
4) renforcer les règles sur le financement des partis politiques.

Photo : rnw.nl

samedi, février 1 2014

La sociologie de Charles Wright Mills

1 02 2014

sociologie_de_Mills.pngSociologue engagé et franc-tireur, Charles Wright Mills (1916-1962) tient lieu de « classique » aux États-Unis. Mais si ses ouvrages les plus célèbres ont été diffusés en France (Les Cols blancs, L'Élite au pouvoir, L'Imagination sociologique), nombre de ses travaux y demeurent méconnus.
Mills a pourtant rédigé plus d'une dizaine d'ouvrages marquants sur des sujets extrêmement variés : de Max Weber au marxisme, en passant par la psychologie sociale.
Ce livre retrace son parcours intellectuel, présente ses recherches et démontre leur actualité. Redécouvrir le travail sociologique de C. Wright Mills permet de revisiter l'histoire de la sociologie américaine et de dégager des orientations de recherche pour aujourd'hui : sur le pouvoir, les institutions, la stratification sociale et les méthodes permettant de les étudier.

jeudi, janvier 23 2014

Criminologie et lobby sécuritaire : une controverse française

23 01 2014

criminologie_et_lobby_securitaire.jpgL’existence de la « criminologie » comme discipline universitaire fait l’objet d’une intense controverse en France depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Qui sont les protagonistes de cette querelle ? Quelles conceptions de la science s’affrontent dans cette dispute ? Où et comment doit-on former les professionnels de la prévention, de la sécurité et de la justice ? Quelles recherches et quelles productions statistiques sur la délinquance faut-il encourager ? Les politiques pénales peuvent-elles échapper à la surenchère sécuritaire ? De quelle expertise doivent disposer les pouvoirs publics au niveau national comme au niveau local ?
Laurent Mucchielli est l’un des principaux acteurs de cette controverse. Dans cet ouvrage, il propose d’abord une mise en perspective historique des débats sur la criminologie, qui remontent à la fin du 19ème siècle. Ensuite, il se positionne dans les affrontements actuels. Enfin, il montre qu’au cœur de cette affaire, se déploie l’offensive d’un lobby néoconservateur qui, derrière le paravent de la Science, tente de légitimer sa vision du monde ultra-sécuritaire tout en réalisant de bonnes affaires.

vendredi, janvier 10 2014

L'empowerment, une pratique émancipatrice

10 01 2014

empowerment_bacque_biewener.pngCe livre s'adresse à toutes celles et ceux qui questionnent l'incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Et qui s'interrogent sur la façon dont les citoyen(ne)s peuvent construire des alternatives. Ce questionnement est en effet à l'origine, dans les États-Unis d'après-guerre, du concept d'empowerment, désignant le « pouvoir d'agir » des individus et des collectifs. Ce concept a connu depuis un succès planétaire dans le monde anglophone. Mais il n'a percé que plus récemment dans les autres espaces culturels, dans les milieux du travail social comme dans la littérature du management.
D'où l'utilité de ce livre qui synthétise la foisonnante littérature anglophone sur la notion d'empowerment. Il retrace sa genèse, l'histoire de ses multiples variantes - conservatrices ou progressistes - et celle des pratiques sociales qu'elles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud jusqu'aux programmes de la Banque mondiale et de l'ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d'émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi son importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie.

lundi, décembre 30 2013

Enquête sur la multinationale Vinci

30 12 2013

les_predateurs_du_beton.gifNée en 2000, Vinci est vite devenu un champion du CAC 40 et l’un des leaders mondiaux du BTP. Autoroutes, parkings, aéroports (dont celui de Notre-Dame-des-Landes), voies ferrées, industrie nucléaire et réseaux d’eaux constituent les marchés de Vinci pour la phase construction et pour l’exploitation. Pour les partenariats public-privé et les grands chantiers, Vinci a constitué avec quelques autres majors une oligarchie très restreinte, surpuissante, imposant son ordre au monde économique et aux collectivités. Vinci incarne le capitalisme moderne avec un discours de façade écolo, une rhétorique bien rodée sur l’humain au cœur de l’entreprise, des œuvres de bienfaisance bien orchestrées. Ce qui n’empêche pas des pratiques de prédateur en profitant des opportunités ouvertes par la crise financière et économique, l’exploitation de la précarité des salariés, les proximités avec le pouvoir et quelques ennuis devant les tribunaux.

dimanche, novembre 24 2013

Le banal métier de tuer

24 11 2013

Livre_Soldats.pngLes éditions Gallimard ont entrepris de publier l’ensemble des ouvrages d’Harald Welzer (Université de Essen), qui se définit lui-même comme psychosociologue. Harald Welzer reconsidère les approches théoriques des explications de la violence de masse qui prennent pour objets le comportement des tueurs. Il est vrai que ces recherches, portées à l’origine par les interrogations sur la Shoah, mais qui dépassent très largement ce champ aujourd’hui, reprenaient un nombre limité d’études, et particulièrement la fameuse expérience de Yale de Stanley Milgram sur le degré d’obéissance d’un individu convaincu par une institution d’infliger des tortures allant jusqu’à la mort. L’ouvrage d’Harald Welzer Les Exécuteurs. Des hommes ordinaires aux meurtriers de masse, a été traduit en français en 2007.
Le livre Soldats, rédigé en collaboration avec l’historien Sönke Neitzel, propose une explication de la facilité a priori déconcertante avec laquelle des hommes — et dans ce volume, uniquement des hommes — se prêtent aux massacres les plus étendus, y compris, et sans distinction, contre les civils. Les deux auteurs reposent à nouveaux frais la question du caractère ordinaire des bourreaux, question posée dans un livre classique de Christopher Browning.

mardi, novembre 12 2013

Trente ans après : la Marche pour l'égalité et contre le racisme

12 11 2013

la_marche_pour_l__egalite.jpgTrente ans après, que reste-il de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de l’automne 1983 ?
Initiée par des jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux et des militants antiracistes de la Cimade à la suite des rébellions urbaines de la banlieue lyonnaise, cette mobilisation sans précédent symbolise l’apparition dans l’espace public des enfants d’immigrés post-coloniaux.
La Marche représente une sorte de « Mai 68 » des jeunes immigrés qui prennent la parole contre les crimes racistes, pour l’égalité devant la justice et la police, le droit au travail, le droit au logement, l’accès à la culture.

la_marche_pour_l__egalite_2.jpgS’appuyant sur une étude empirique, le livre de Abdellali Hajjat La Marche pour l’égalité et contre le racisme se donne pour objectif d’éclairer certaines zones d’ombre d’un événement mythique mais méconnu (voir la présentation de ce livre sur le site de l'éditeur).

Cette histoire ne serait sans doute rien sans celle de Toumi Djaïdja, initiateur et symbole vivant de la Marche, dont l'histoire est racontée dans un autre livre cosigné avec Adil Jazouli (voir la présentation de ce livre sur le site de l'éditeur).

dimanche, novembre 10 2013

La réponse pénale. Dix ans de traitement des délits

10 11 2013

reponse_penale.jpgComment la Justice pénale en charge des délits, la Justice du quotidien, a-t-elle évolué le temps d’une décennie ? Telle est la question centrale à laquelle ce livre veut répondre. Pendant quatre ans, une équipe de chercheurs a travaillé ensemble sur cinq juridictions de l’ouest de la France de tailles différentes et situées dans trois cours d’appel distinctes. Une analyse fouillée de plus de 7000 dossiers a été réalisée. Parallèlement, des dizaines d’entretiens ont été menés avec tous les acteurs du système pénal depuis l’administration centrale jusqu’aux magistrats, greffiers et personnel d’exécution sans oublier les élus, les policiers et tous ceux qui composent l’environnement des juridictions. De la phase d’enquête à l’exécution des nouvelles peines et des stages, des observations sont venues compléter cette étude à la fois quantitative et qualitative.
Le tableau ainsi dressé conjointement par des juristes, des sociologues, un psycho-sociologue et des spécialistes du budget de la Justice ressort à la fois riche par la diversité des approches conjuguées et nuancé tant en ce qui concerne le fonctionnement de la justice pénale que son administration. La réponse pénale est devenue un processus d’une réelle complexité. Les évolutions du traitement des délits depuis dix ans comptent sans aucun doute parmi les plus profondes depuis les codes de l’époque révolutionnaire ; elles dépassent largement le seul cadre de la loi. Tantôt méconnues des citoyens, tantôt illisibles, elles suscitent au sein de l’institution et de son environnement des jugements partagés. Des solutions existent pour améliorer la qualité de cette Justice. Il y faut des moyens mais surtout mieux penser son organisation.

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