Publications

Fil des billets

mardi, septembre 2 2014

Lorsque le viol est devenu un crime

2 09 2014

livre_Vendemiaire.jpgDepuis l’ouvrage désormais classique de Georges Vigarello sur l’histoire du viol, l’évolution de la perception et du traitement social des violences sexuelles a fait l’objet de maints travaux.
La récente contribution de deux historiens (Jean-Yves Le Naour, Catherine Valenti, Et le viol devint un crime, éditions Vendemiaire, 2014) permet utilement de revenir sur deux aspects de cette évolution : la part contributive des mouvements féministes pour porter sur le devant de la scène les violences sexuelles, d’une part ; la criminalisation du viol, d’autre part.

Lire la suite...

mercredi, août 27 2014

Les fous de Bruxelles. Histoire sociale de la folie

27 08 2014

parmi_les_fous.gifL’historiographie française de la psychiatrie s’est pendant longtemps focalisée sur les XVIIIe et XIXe siècles. Depuis une quinzaine d’années, l’attention s’est néanmoins déplacée vers le XXe siècle comme en attestent plusieurs publications. On se souvient de l’ouvrage d’Isabelle von Bueltzingsloewen sur la famine dans les hôpitaux psychiatriques pendant l’Occupation. Refusant la thèse d’une extermination programmée, elle avait révélé les mécanismes qui ont conduit à la mort de plusieurs milliers d’aliénés durant la Seconde Guerre mondiale. Plus récemment, Hervé Guillemain et Stéphane Tison ont publié un livre sur les soldats victimes de troubles psychiatriques pendant le premier conflit mondial. Ils y rendent compte de l’expérience ordinaire de la folie et montrent les outils thérapeutiques à la disposition des psychiatres de l’époque.

mardi, août 5 2014

Pour une civilisation techniquement soutenable

5 08 2014

livre_bihouix.jpgFace aux signaux alarmants de la crise globale ? croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée ? on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.
Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ».

lundi, juillet 21 2014

Vers la cohabitation : une critique du colonialisme de l’État d’Israël

21 07 2014

livre_judith_butler.jpgComment fonder une nouvelle éthique en Israël/Palestine ? Et peut-on renouer, politiquement, avec la solution d’un État unique et binational ? Dans cet ouvrage, Judith Butler s’interroge sur la possibilité d’articuler les expériences juives de la diaspora et du déplacement et les expériences palestiniennes de la dépossession pour repenser la situation dans la région. Elle place au centre de sa réflexion la notion de cohabitation, une condition de notre vie politique et non quelque chose que nous pouvons refuser. Nul n’est en droit de choisir avec qui cohabiter sur cette terre. Selon Butler, l’éthique de la judéité exige une critique du sionisme. La célèbre philosophe puise ainsi dans la pensée juive des instruments pour mettre en question la violence, le nationalisme et le colonialisme de l’État d’Israël. Elle engage la discussion avec des auteurs comme Hannah Arendt, Emmanuel Levinas, Primo Levi, Martin Buber, Walter Benjamin, mais aussi Edward Said ou Mahmoud Darwich. Elle se confronte aux problèmes du droit des dépossédés et des apatrides, du traumatisme de l’Holocauste, de l’oppression et de l’exil. Elle renouvelle, au nom du caractère irréductible de la pluralité humaine, les concepts classiques de droit, d’État-nation, de citoyenneté ou encore de souveraineté. Mêlant éthique, philosophie et politique, ce livre affirme un idéal de cohabitation, de justice sociale et de démocratie radicale.

jeudi, juillet 3 2014

De la soumission au travail

3 07 2014

caissiere.jpgLes employé-e-s de la grande distribution reçoivent des salaires faibles, guère supérieurs au SMIC, sont soumis-e-s à des conditions de travail difficiles, génératrices d’un nombre important de troubles musculo-squelettiques, dont le statut salarial est souvent atypique (avec un recours important aux CDD ou aux agences d’intérim), et dont les horaires sont tronçonnés. Pourquoi ces salarié-e-s ne se révoltent-elles pas ? Pourquoi continuent-elles à s’investir dans leur travail et à participer, sans pour autant nécessairement adhérer ?
Pour répondre à ces questions, Marlène Benquet se centre sur « les stratégies mises en place par la direction pour obtenir la participation des individus et leur investissement concret dans l’activité » grâce à une méthode originale et fructueuse. Elle étudie un grand groupe de distribution appartenant au CAC40, surnommé Batax, selon les principes « d’une observation participante transversale ». Pour mieux comprendre le système des relations engendrant l’implication et empêchant la révolte ou le freinage généralisé, elle mène trois enquêtes par observation participante aux différents niveaux de la hiérarchie de l’entreprise : la direction des ressources humaines, le salarié de base et un syndicat.

Photo : 20minutes.fr

dimanche, juin 29 2014

Entreprises et déviance

29 06 2014

Terrains_et_travaux.jpgScandales financiers, catastrophes sanitaires, désastres écologiques... beaucoup de situations ont donné lieu, ces dernières années, à la mise en cause d’entreprises, de leurs patrons et/ou de certains de leurs employés. L’affaire Kerviel, la crise du Médiator ou encore le scandale des prothèses PIP comptent ainsi parmi les cas les plus médiatiques de mises en accusation récentes d’entreprises. Par ailleurs, sans être portées sur la place publique, bien d’autres pratiques engendrent régulièrement des litiges plus locaux, à l’échelle d’un secteur industriel, d’une société, ou même d’un service (optimisation fiscale, corruption, travail « en perruque »…).
Ce numéro de Terrains & Travaux entend aborder la « déviance d’entreprise » en rendant compte de la pluralité des formes de dénonciation des pratiques des entreprises en tant que personnes morales, comme des pratiques en entreprise (maquillage des comptes, délits d’initiés, arrangements avec les autorités, larcins, dissimulation de fautes professionnelles etc.). Il vise ainsi à rassembler des contributions mettant en lumière les fondements, les formes et les effets de la mise en cause des entreprises en tant qu’institutions économiques et/ou des individus qui constituent les maillons de ces organisations.

vendredi, juin 27 2014

Contextes et conséquences des violences subies par les femmes et les hommes

27 06 2014

homme-femme.jpgL'Enquête Violences et rapports de genre (VIRAGE) a pour ambition de produire une nouvelle approche des violences liées aux inégalités hommes/femmes, en incluant les hommes dans son échantillon. Cette enquête quantitative sera menée auprès de 35000 répondants (femmes et hommes), âgés de 20 à 69 ans. Elle innove par un mode de collecte multimodes (qui combine téléphone et internet). Dans chacune des sphères de vie (espaces publics, travail, études, couple, famille), sont explorés tous les faits de violence subis lors des 12 derniers mois et au cours de la vie. On construira une typologie des situations de violence en tenant compte de leur gravité, de leur répétition et cumul, pour comprendre les trajectoires des victimes et saisir les conséquences sociales et économiques des violences. VIRAGE vise ainsi à éclairer les politiques publiques en évaluant les besoins des victimes et en proposant des pistes pour adapter les politiques de prévention à chacun des deux sexes.

dimanche, juin 15 2014

De Casque d’Or à Albertine : penser la prostitution

15 06 2014

prostitution.jpgL’examen de la loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel », adoptée le 4 décembre dernier par l’Assemblée nationale, a ravivé le débat public sur le travail du sexe. Comme plusieurs commentateurs l’ont noté, cette loi a inversé le statut légal et moral des prostitué(e)s et de leurs clients. De « coupables », les prostitué(e)s sont devenu(e)s des « victimes » – la loi prévoit notamment la suppression du délit de racolage passif créé en 2003 –, tandis qu’à l’inverse leurs clients sont dorénavant des contrevenants passibles d’une amende. Cette nouvelle loi et ce récent débat ne sont jamais que l’ultime épisode de l’histoire déjà longue de la prostitution et de son traitement par la police des mœurs, histoire qui a vu alterner des périodes de relative tolérance et de pseudo légalisation et des périodes de plus grande rigueur et de pseudo interdiction. L’inversion de l’opprobre des prostitué(e)s vers leurs clients est cependant loin de faire l’unanimité et de clore les polémiques qui de tout temps ont accompagné le travail du sexe et que l’on peut sommairement résumer ainsi : la prostitution est-elle une violence faite à celles et ceux qui l’exercent ou bien est-elle l’illustration du droit des individus à disposer de leur corps, y compris de le vendre ?

Lire la suite...

samedi, juin 14 2014

Le travail social en quête de légitimité académique

14 06 2014

livre_jaeger.jpgSi la mise en relation du monde de la recherche académique avec celui du monde du travail social n’a rien d’évident, « à plus forte raison lorsqu’il est envisagé que les travailleurs sociaux puissent être définis comme des chercheurs ou que leurs capacités à transformer leurs savoirs professionnels en savoirs scientifiques soient pleinement reconnues » (selon les mots utilisés par le coordinateur de l’ouvrage Marcel Jaeger en guise d’introduction, voir page 6-7.), comment faire du travail social une discipline universitaire légitimé par un CNU indépendant dédié à cet effet ? C’est l’ambition du coordinateur de cet ouvrage, Marcel Jaeger, professeur de la chaire de travail social et de l’intervention sociale au Cnam, et d’une partie des contributeurs appartenant, pour la plupart d’entre eux, aux écoles du travail social. L’objectif de cet ouvrage est donc de restituer l’opposition entre les partisans à l’autonomisation du travail social comme discipline universitaire (appartenant majoritairement aux écoles du travail social) et les sociologues, le plus souvent universitaires ou au CNRS, qui ne voient dans le travail social qu’un objet ou un champ d’étude. Pour le moment, le travail social est un champ d’étude partagé par les psychologues, sociologues, politologues, historiens, etc., et ne constitue en rien du point de vue des institutions une discipline voire une science à part entière.

mardi, juin 10 2014

Dictionnaire des inégalités

10 06 2014

dico_inegalites.jpgEn près de 600 entrées, ce dictionnaire interdisciplinaire offre les clés indispensables à la compréhension de la dynamique des inégalités sociales : entre classes et sexes, âges et générations, nationalités et groupes ethniques, selon les différents espaces (villes et campagnes, régions, etc.). Inédit, il donne tous les repères indispensables sur la question : repères lexicaux, conceptuels et méthodologiques, contextualisation historique et culturelle, vision explicative des inégalités, focus sur des auteurs clés, comparaisons internationales.
Huit champs d’exploration dans ce livre collectif : - les inégalités entre classes sociales, - les inégalités de genre ou entre sexes sociaux, - les inégalités entre classes d’âge et entre générations, - les inégalités entre nationalités, ethnies, groupes racisés ou racialisés à l’intérieur d’un même État, - les inégalités sociospatiales (entre quartiers urbains, centres et périphéries, entre villes et campagnes, entre régions), - les inégalités au niveau mondial (entre États et groupes d’États, entre continents ou régions continentales, etc.), - les débats autour des inégalités sociales et du concept d’inégalité sociale mettant aux prises les principaux courants philosophiques, politiques et idéologiques contemporains, - enfin les questions de méthode que posent l’étude et la mesure empiriques des inégalités.

dimanche, mai 25 2014

Les inégalités dans l'Union européenne

25 05 2014

livre_Langouet.jpgLa mondialisation avance à pas de géant. Elle creuse sans vergogne les inégalités, au profit d’une infime minorité et au détriment de l’immense majorité, notamment des plus pauvres et des chômeurs, mais aussi de notre planète, de plus en plus pillée et fragilisée.
Née du refus des guerres qui l’ont marquée, et fondée sur l’idée profondément humaniste du regroupement des peuples, l’Union Européenne reste trop méconnue des Européens eux-mêmes. C’est pourquoi l’auteur a d’abord voulu décrire les populations qui la composent, en fonction des domaines de développement humain - revenus, santé et éducation -, puis les inégalités qu’elles connaissent, notamment selon la répartition des revenus ou le genre ; enfin les comparer, entre elles mais aussi par rapport à d’autres populations du globe.
Certes, aux extrêmes, la Bulgarie et la Roumanie restent éloignées de la Finlande ou de la Suède, mais de façon assez similaire aux deux parties de l’Allemagne avant leur réunification ; et plusieurs anciennes républiques socialistes de l’Est, n’ont rien à envier, notamment en matière d’éducation ou de réduction des inégalités, à celles de l’Ouest ou du Sud...
L’UE possède un atout majeur, sa relative homogénéité : aucun État n’atteint la situation de pauvreté de l’Inde ou de la Chine, ni les inégalités sociales que connaissent l’Afrique du Sud ou le Brésil. Elle est en mesure de produire un bel exemple de complémentarité entre progrès du développement humain et réduction des inégalités. Il appartient aux forces politiques de s’en saisir.

lundi, avril 21 2014

Les usages d’Internet à la fin de l’adolescence

21 04 2014

jeu_video_en_ligne.jpgLa pratique d’Internet pour s’informer, échanger, travailler, apprendre ou jouer, se déploie désormais sur de multiples supports : ordinateurs, tablettes, smartphones... Elle est devenue quotidienne pour une grande majorité de la population (Enquête, y compris adolescente. Si la plupart des personnes ont un usage approprié d’Internet, certaines peuvent parfois y consacrer beaucoup de temps et développer une pratique excessive voire problématique et ce particulièrement chez les adolescents. Certains d’entre eux en viennent à prendre sur leur temps de sommeil, à empiéter sur leur vie de famille et leur scolarité pour se consacrer à la pratique de jeux vidéo en ligne.
Les résultats des enquêtes ESPAD et ESCAPAD 2011 montrent clairement que la pratique d’Internet est aujourd’hui largement partagée par les adolescents de 16 et 17 ans. Ils confirment également que cette pratique se décline de multiples manières même si le besoin d’échanger et de communiquer demeure la première des utilisations. Cette description des pratiques d’Internet constitue donc un préalable à l’étude des éventuels usages problématiques d’Internet.

Photo : lefigaro.fr

lundi, avril 7 2014

Les jeux d’argent en France

7 04 2014

jeux_d__argent.jpgEn France, l’attirance pour les jeux d’argent n’a cessé de progresser jusqu’en 2004-2006 (0,9 % de la consommation des ménages) et s’érode un peu depuis (0,8 % en 2012). Entre 2000 et 2012, les sommes misées ont augmenté de 76 % en valeur et atteignent 46,2 milliards d’euros en 2012. Sur la même période, les dépenses des joueurs, nettes des gains, ont augmenté de 48 %, passant de 6,4 à 9,5 milliards d’euros.
Avant 2010, le secteur des jeux s’organisait autour de trois grands pôles : la Française des jeux (FDJ), le Pari mutuel urbain (PMU) et les casinos. L’activité de la FDJ et du PMU a été très dynamique entre 2000 et 2012, celle des casinos s’est essoufflée à partir de 2007.
L’autorisation de jouer légalement en ligne, depuis juin 2010, n’a pas modifié l’équilibre et la hiérarchie du secteur des jeux d’argent : les jeux en ligne ne représentent que 7 % du marché en 2012. Après des débuts très prometteurs, leur croissance est devenue atone.

Photo : lamontagne.fr

samedi, avril 5 2014

Le pitoyable (dernier ?) réquisitoire de Philippe Bilger

5 04 2014

o-vieillesse-ennemie.jpgIl n’est pas facile de rendre compte du dernier livre de Philippe Bilger, ni même de le lire jusqu’au bout. D’abord parce que c’est un mauvais livre. Une trentaine de chapitres assez peu vertébrés qui dépassent rarement trois pages, pour ressasser un ressentiment obsessionnel contre Christiane Taubira que notre auteur, on l’aura compris, n’apprécie guère et qui semble nuitamment peupler ses cauchemars. Le bandeau de l’éditeur fait assez bien le tour de la pensée profonde de l’ouvrage, « Taubira : carton rouge ».
Sur le fond, Philippe Bilger enchaîne, avec un talent que n’a pas l’Institut pour la justice, les mêmes éternels poncifs de la droite « contre la justice laxiste », au moment piquant où les prisons n’ont jamais été aussi pleines depuis la Libération et les peines prononcées de plus en plus longues – les juges rouges ont dû s’assoupir devant le Mur des cons.
C’est d’autant plus difficile que Philippe Bilger a été grand magistrat, sensible, cultivé, touchant même, assurément d’une haute intelligence, pour qui nous étions nombreux à avoir de l’estime.

Illustration : hellocoton.fr

vendredi, avril 4 2014

Prouver et gouverner. Une analyse politique des statistiques publiques

4 04 2014

livre_desrosiere.pngAujourd'hui, les statistiques sont partout. Chacun ressent confusément que, certes, elles fournissent des données utiles sur la société, mais qu'elles servent aussi d'instruments de pouvoir. Comment respecter les informations qu'elles apportent et en même temps les envisager comme politiques ? C'est à cette question clé que ce livre entend répondre, en explicitant l'ambivalence inhérente aux données quantitatives. En douze chapitres historiques concernant le gouvernement néolibéral, les institutions internationales ou les rapports entre quantification et sciences sociales, le lecteur apprendra à faire le tri dans le déferlement quotidien de chiffres.
Alain Desrosières est prématurément décédé alors qu'il mettait la dernière main à la rédaction de ce livre, qui devrait faire date au même titre que La Politique des grands nombres (La Découverte, 1993), devenu un classique et traduit dans le monde entier. Il avait successivement travaillé avec Pierre Bourdieu puis avec les chercheurs français impliqués dans la sociologie de la critique et la sociologie des sciences, deux des environnements les plus innovants intellectuellement en France depuis les années 1980. Il est le fondateur de la sociohistoire de la statistique, une discipline qui se développe désormais très rapidement, en France comme à l'étranger. Ce livre très accessible et d'une grande portée politique peut être considéré comme son testament intellectuel.

- page 1 de 14