Quartiers, "ghettos", émeutes, politique de la ville

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lundi, avril 30 2018

Les propositions de J.-L. Borloo pour faire renaître la politique de la ville

30 04 2018

Recréer de la cohésion sociale dans les quartiers de la politique de la ville, c’est l’objectif du plan Borloo et de ses 19 programmes, élaboré en lien avec les acteurs de la politique de la ville, les associations d’élus locaux. Ceux-ci, depuis des mois, alertent sur l’aggravation de la situation sur le terrain, le manque de moyens, le risque d’embrasement de certains quartiers les plus en difficulté.
« L’inefficacité, l’éparpillement, l’absence de définition claire de stratégie et de méthode créent de l’incompréhension, faisant croire à des dépenses avec peu de résultats. Les correctifs, mis en place il y a plus de 10 ans, se sont étiolés et estompés : la rénovation urbaine s’est totalement arrêtée depuis 4 ans, le programme de réussite éducative baisse, les zones franches urbaines ont été vidées de leur substance, le fond de cohésion sociale a quasiment disparu, le soutien à l’apprentissage et le plan de services à la personne ont été très réduits », pointe le rapport en introduction.

mercredi, avril 18 2018

De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires

18 04 2018

Dans le cadre d’une vaste enquête réalisée auprès de 7 000 lycéens visant à mesurer leur degré d’adhésion à des thèses et pratiques radicales, l’INJEP participe plus spécifiquement au volet portant sur le sentiment d’injustice et de discrimination. Les résultats font apparaître un puissant désir de réussite de la part de lycéens déclarant pourtant subir de multiples injustices et discriminations. La forte adhésion des jeunes des quartiers populaires au modèle d’intégration, qui est censé garantir l’égalité des chances à chacun quelle que soit sa place sur le territoire français, peut toutefois engendrer de profondes frustrations en cas de défaillance de ce principe d’égalité.

jeudi, avril 5 2018

Rénovation urbaine : le dossier de Métropolitiques

5 04 2018

Dossier_renovation_urbaine.jpgDepuis le début des années 2000, les quartiers prioritaires des politiques de la ville sont engagés dans un processus de profonde transformation, dans le cadre du Programme national de rénovation urbaine (PNRU) instauré par la loi du 1er août 2003. Présenté par son promoteur d’alors, Jean-Louis Borloo, comme « le plus grand chantier du siècle » et soutenu par de lourds investissements financiers (47 milliards au 1er février 2018), ce programme repose sur une condamnation du modèle urbain des grands ensembles, la refonte de la trame urbaine de ces quartiers populaires et une transformation massive de l’offre de logements. Alors que le PNRU est en voie d’achèvement et qu’un Nouveau Programme national de renouvellement urbain (NPNRU), moins ambitieux mais reprenant ses principaux postulats, a été adopté, Métropolitiques propose de revenir sur les origines, les effets et les enjeux politiques, sociaux et territoriaux de la rénovation urbaine.

dimanche, octobre 1 2017

40 ans de politique de la ville : des pratiques aux idées

1 10 2017

La_politique_de_la_ville_livre.jpgAlors que les tensions sociales « en banlieue » se sont rappelées aux médias et aux élus, à travers la violence des confrontations entre forces de police et jeunesse des quartiers populaires depuis plusieurs mois, la « politique de la ville » a été très peu présente dans les récents débats de la campagne présidentielle 2017. Ce silence peut sembler assourdissant au regard des enjeux et des questions scientifiques et politiques que pose pourtant cet objet depuis bien des années déjà. La publication d’un ouvrage collectif, issu du séminaire « Politiques de la ville : idéologies et réalité » tenu en 2008/2009 à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine, offre le point de vue de chercheurs et de professionnels.

mardi, septembre 12 2017

Politique de la ville : la colère froide des acteurs locaux

12 09 2017

Logo_Gazette_des_communes.png« Il y a une forme de mépris de la part de l’exécutif qui nous met tous en colère, peste cet élu de banlieue, vieux routier de la politique de la ville. Le mépris, c’est d’annoncer en plein milieu de l’été que les quartiers prioritaires se font amputer de 46,5 millions d’euros de crédit. Mais c’est aussi que depuis lors, toutes nos sollicitations auprès de l’Elysée sont restées lettre morte ». A l’instar de ce maire en rogne, les élus et les professionnels de banlieue ne décolèrent pas depuis la publication du décret du 20 juillet 2017 amputant le budget de la politique de la ville de 11%.
A « Ville et banlieue », où les maires se disent « stupéfaits et atterrés » et appellent le gouvernement à rétablir les moyens pour 2017, 83 élus d’exécutifs de communes et d’intercommunalités ont d’ores et déjà signés la « lettre ouverte au président de la République », mise en ligne dès le début du mois d’août. Une lettre qui, à ce jour, n’a toujours pas reçu de réponse, « ni le moindre accusé de réception » souligne-t-on à l’association.

mardi, mai 9 2017

Rapport 2016 de l'Observatoire National de la Politique de la Ville

9 05 2017

marseille-quartier-hlm.jpgL'observatoire national de la politique de la ville a rendu son rapport pour l'année 2016 le 6 avril. Parmi les trois études thématiques, l'une est consacrée aux premiers effets de la rénovation urbaine sur la diversification de l'habitat et la mixité sociale.
L’un des objectifs principaux du programme national de renouvellement urbain était d’accroitre la mixité sociale des quartiers, en renouvelant l’offre de logements, et en améliorant leur attractivité. De premières études, notamment réalisées dans le cadre du Comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU, qui a été fusionné au sein de l’Observatoire national de la politique de la ville, ont démontré que si le cadre de vie des habitants avait bien été amélioré, la composition sociale des quartier ne se modifie pas seulement à coup de pelleteuses.

Photo : lagazettedescommunes.com

vendredi, février 10 2017

Quand les politiques sécuritaires se veulent participatives

10 02 2017

policiers_en_patrouille.jpgLes zones de sécurité prioritaires (ZSP) ont fait grand bruit lors de leur lancement en 2012 et 2013. À Marseille, leur mise en place fait suite auxdites « vagues de règlements de compte » que connaît la ville depuis quelques années. Elle répond à la demande politique et médiatique sans prendre en compte l’apport des recherches récentes (Mucchielli 2013). Ce nouveau dispositif associe les forces de police et les acteurs institutionnels, sociaux et associatifs dans la construction d’une « approche globale » face aux questions de la « délinquance », dans les 80 cités identifiées par la préfecture de police. Notre enquête de neuf mois, réalisée dans un quartier populaire de Marseille, a montré comment, à l’échelle micro-locale, se dessine une participation sécuritaire : le dispositif policier, par sa forme participative, a pour effet de diffuser les normes policières auprès des acteurs sociaux.

Photo : efus.eu

vendredi, janvier 27 2017

Et si on essayait vraiment la mixité sociale ?

27 01 2017

Demolition_anru.jpgLa mixité n’a pas bonne presse, le modèle d’intégration à la française non plus… au motif que les cités sont à cran, au prix de quelques amalgames rapides sur les banlieues et le terrorisme et en s’appuyant sur l’aggravation de la situation depuis quelques années, on en vient à tirer hâtivement la conclusion que l’un des volets de la politique urbaine des dernières années, la mixité, ne marche pas. C’est une faute logique et politique.
C’est une faute logique parce que c’est construire très vite un lien de causalité entre un constat subjectif – « ça va plus mal aujourd’hui » – et un objectif politique tenant plus du totem que du décret en Conseil d’État – « la mixité ». Ce raccourci rapide s’explique par la tendance toujours présente à considérer que le plan masse et le pourcentage de logements sociaux résument une politique urbaine. C’est un double leurre.

Photo : anru.fr

mardi, décembre 6 2016

Radicalisation à l’école : faire classe ou faire flic ?

6 12 2016

radicalisation_ecole.jpgDepuis les attentats de janvier 2015, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, demande à ses troupes de signaler à leur hiérarchie tout changement d’attitude, comportement ou propos d’élève pouvant laisser penser qu’il se«radicalise» religieusement. Une procédure a été mise en place : le chef d’établissement transmet l’alerte au rectorat (il y a désormais un référent «radicalisation») qui informe aussitôt la préfecture. Lors de la dernière année scolaire, 1 848 cas ont été signalés, sur les 12,5 millions d’élèves (lire ci-contre). Dans le lot, combien de suspicions se sont révélées fondées ? Mystère. Le ministère de l’Éducation renvoie la balle à l’Intérieur, qui rétorque que ces signalements tombent dans «le tuyau général», et qu’il est donc impossible d’avoir une vision détaillé

Illustration : lalibre.be

lundi, octobre 31 2016

Le stigmate territorial dans les discours politiques

31 10 2016

ghetto_youth.jpgQuelle est la nature du stigmate porté par les quartiers français d’habitat social, voire par des communes ou un département entier comme celui de la Seine-Saint-Denis ? Quel est ce « quelque chose » qui les disqualifie et les empêche d'être pleinement acceptés par la société ?
C’est au tout début des années 1970 que les autorités nationales ont commencé à incriminer l’urbanisme des grands ensembles, dont l’État avait pourtant planifié la construction à grande échelle au cours des années précédentes. Jugée mal équipée, trop massive et compacte, voire criminogène, cette forme d’habitat aurait encouragé les conduites déviantes chez les jeunes et anémié toute vie sociale. Force est de constater, quelques décennies plus tard, que le stigmate n’a pas disparu malgré le Programme national de rénovation urbaine.

Photo : skyrock.com

mercredi, mai 4 2016

Portrait des habitants des quartiers de la politique de la ville

4 05 2016

Cite_des_4000_La_Courneuve.jpgEn France métropolitaine, 4,8 millions de personnes vivent dans les 1 300 quartiers de la politique de la ville. La population de ces quartiers, de par leur définition même, est fréquemment touchée par la pauvreté. Les habitants sont plus jeunes qu'en moyenne dans la population urbaine. Il s'agit également plus souvent de familles nombreuses ou monoparentales ou d'étrangers. Au-delà de la pauvreté monétaire, la population des quartiers de la politique de la ville présente des fragilités dans plusieurs domaines. Notamment, elle s'insère difficilement sur le marché du travail et manque de formation et de qualification. Dans les quartiers de la politique de la ville, le logement social est très présent : 8 logements sociaux pour 10 ménages, soit trois fois plus que dans l'urbain englobant ces quartiers.

Photo : (cc) Hadrien Sayf/Flick

jeudi, mars 31 2016

Fatima moins bien notée que Marianne : pour une laïcité d’inclusion

31 03 2016

Fatima_moins_bien_note_e_que_Marianne.jpgFatima moins bien notée que Marianne pour un devoir équivalent, Issam et Kader plus punis que Mathieu pour un même comportement, des écoles publiques qui concentrent 90 % ­d’enfants musulmans quand d’autres n’en comptent aucun, des manuels scolaires qui réduisent l’islam à l’islamisme… Il ne s’agit pas là d’impressions jetées en pâture au débat polémique, mais du résultat d’années d’enquêtes et de recherches ­scientifiques. Cette réalité a des conséquences. En janvier 2015, les ­réactions de certains élèves lors de la minute de silence en hommage aux victimes des attentats contre Charlie Hebdo questionnent sur le degré d’adhésion à notre République. Les attaques du 13 ­novembre 2015 interrogent sur le ressentiment de jeunes radicalisés qui ont fait leur scolarité au sein du système éducatif français. Au final, les auteurs ­proposent une « laïcité d’inclusion » en mesure de faire de l’école une arme puissante ­d’intégration, meilleur rempart contre les haines.

mardi, mars 1 2016

L’arnaque, une pratique ordinaire en copropriétés dégradées

1 03 2016

L__arnaque.jpgDans le théâtre de « l’arnaque », d’un côté, ceux que nous pourrions appeler des « arnaqueurs ». Ils prennent tour à tour le visage du propriétaire bailleur, du syndic de copropriété ou du fournisseur d’énergie, mais aussi de l’État, qui, par l’entremise de certaines politiques publiques, peut être perçu par les habitants comme trompeur. De l’autre, les « arnaqués », qui sont locataires de ces copropriétés dégradées, parfois propriétaires bailleurs ou occupants.
« L’arnaque » désigne ainsi un ensemble de procédés qui vont du vol à l’exaction, du détournement à l’abus de faiblesse, en passant par l’escroquerie, l’extorsion ou encore la tromperie. Elle caractérise le procédé selon lequel un « arnaqueur » prend pour cible une personne afin de mettre en œuvre une pratique qui a pour effet de l’enrichir et qui, a contrario, appauvrit financièrement et vulnérabilise économiquement celui qui la subit. Les modes opératoires pour pratiquer « l’arnaque » sont variables : ils peuvent reposer sur l’intimidation, se fonder sur des rapports sociaux asymétriques et de domination, ou sur une personnalisation des relations.

Photo : sosordi25.com

lundi, février 29 2016

Après les démolitions, les « relogeurs » profitent des vulnérabilités des habitants

29 02 2016

Demolition_anru.jpgLa mise en place en 2003 de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a généralisé les opérations de démolition dans les quartiers d’habitat social anciennement ciblés par la politique de la ville. Les recherches engagées aujourd’hui dans ce domaine se sont jusqu’ici focalisées davantage sur la genèse politique et l’architecture institutionnelle de la démolition (Epstein 2013), sur ses effets (limités) sur la composition sociale des quartiers, comme sur les trajectoires résidentielles de leurs résidents, et moins sur les conditions concrètes dans lesquelles elle est menée. Étudier ces opérations de démolition à partir d’une sociologie du travail du relogement, que l’on peut considérer à quelques exceptions près comme le parent pauvre des recherches consacrées à la rénovation urbaine des années 2000, constitue alors un cadre d’analyse intéressant.

Photo : anru.fr

dimanche, février 28 2016

Comment les élus étouffent les mobilisations dans les quartiers populaires

28 02 2016

Je_partage_pas.jpgLa sociologie de l’action collective s’est fortement intéressée aux formes de répression dont sont l’objet les mouvements sociaux, en particulier par les forces de l’ordre. Si la répression peut prendre des tournures dramatiques, à l’image de la mort de Rémi Fraisse à Sivens en 2014 ou des condamnations judiciaires visant des militants syndicaux à Goodyear récemment, des tactiques moins visibles sont mises en œuvre quotidiennement par les élus, les institutions et les pouvoirs locaux pour empêcher la constitution de contre-pouvoirs, voire de toute forme de contestation. Entre les pratiques très fréquentes de cooptation et de clientélisme et la répression violente se dessine une multitude de formes plus diffuses d’étouffement des mobilisations qui contraignent très fortement l’activité des mouvements sociaux et des associations.

Illustration : memegen.fr

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