Vidéosurveillance, fichage, biométrie

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vendredi, avril 15 2016

La tragi-comédie du PNR européen

15 04 2016

salle_d__aeroport.jpgVoilà un motif de satisfaction pour le premier ministre, Manuel Valls et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Parlement européen a adopté en Assemblée plénière, le 14 avril 2016, la directive tant controversée instaurant un transfert par les compagnies aériennes des données sur les passagers de vols intra-européens aux services nationaux de sécurité.
Au risque de gâcher la fête, les apparences sont pourtant trompeuses et de nouveaux rebondissements sont à prévoir. Le PNR (Passenger Name Record), mis en place après les attentats du 11 septembre 2001 entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, est en effet dans le viseur de la justice européenne. Celle-ci doit encore se prononcer sur un autre dossier, le projet d’accord PNR UE-Canada, dont l’issue est de nature à avoir des répercussions sur la directive approuvée ce 14 avril. Un retour à la case départ n’est donc pas à exclure.

mardi, mars 22 2016

À quoi sert la vidéosurveillance ? Le cas français d’une petite ville « exemplaire »

22 03 2016

cameras_de_videosurveillance_globe.jpgLe fort développement de la vidéosurveillance dans l’espace public, en France, à partir des élections présidentielles de 2007, n’a pas fait l’objet d’évaluations scientifiques. Cet article propose une étude de cas et un travail de terrain dans une petite ville dotée d’un système de vidéosurveillance considéré comme exemplaire par les pouvoirs publics locaux. L’étude montre que la vidéosurveillance n’assure ni prévention ni dissuasion des actes de délinquance et qu’elle n’a globalement aucun impact sur le niveau de la délinquance enregistrée. L’étude illustre également le phénomène de déplacement des problèmes. Elle permet ensuite de mesurer la contribution de la vidéosurveillance au travail de police judiciaire, montrant que cette contribution est réelle mais limitée. Au final, la vidéosurveillance apparaît essentiellement comme un outil municipal de gestion urbaine de proximité, qui n’a que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. L’auteur analyse alors les ressorts politiques du succès de cette technologie, montrant qu’elle a constitué une ressource politique tant pour le gouvernement qui a décidé d’inciter à sa généralisation que pour les élus locaux désireux d’afficher une action dans le domaine, le tout en lien avec le fort développement des industries de la sécurité.

Photo : lesinrocks.com

samedi, février 27 2016

Droits humains : Amnesty International dénonce une situation « catastrophique »

27 02 2016

un-policier-surveille-la-manifestation-contre-l-etat-d-urgence.jpgL'année 2015 marquait les 70 ans de l’ONU, mais l’organisation, jugée « plus vulnérable que jamais », et ses valeurs n’ont pas été à la fête, selon le rapport annuel d’Amnesty. « La répression a été pour ainsi dire monnaie courante en 2015, souligne le secrétaire général, présentée comme nécessaire pour la sécurité nationale, l’ordre public et la protection des valeurs nationales ». Il est apparu que « certains États pratiquaient une surveillance digne d’un roman de George Orwell ». Amnesty dénonce « un assaut massif contre les libertés et les droits fondamentaux », basé sur des « mesures sécuritaires draconiennes ».

Voir aussi :
- Amnesty International critique la réponse « liberticide » de la France aux attentats.
- Amnesty International fustige la gestion par l’Europe de la crise des migrants.
- Après trois mois d’état d’urgence, un bilan contesté et mitigé.
- État d’urgence : le Défenseur des droits invite à « retrouver de la raison ».
- Bilan des saisines consécutives à l’état d’urgence et action du Défenseur des Droits

mercredi, septembre 23 2015

Le business de la peur : un documentaire salutaire

23 09 2015

business_de_la_peur.jpgLa chaîne France 2 a diffusé lundi soir dernier (21 septembre), à 11h du soir et jusqu'à minuit et demi, un numéro du magasine Cash Investigation consacré au « Business de la peur ».
Cette enquête a été réalisée notamment par deux journalistes indépendants, Jean-Marc Manach et Jean-Pierre Canet. L'émission se présente ainsi : « La menace terroriste est devenue une réalité qui inquiète de nombreux Français. Ce climat de peur fait les affaires du secteur de la sécurité, qui pèse aujourd'hui dix milliards d'euros. Cash investigation révèle les dessous de ce business qui a le vent en poupe. Certains industriels sont par exemple prêts à manipuler les statistiques pour faire gonfler leur bénéfices. L'enquête présentée par Elise Lucet montre également les failles de la biométrie, présentée comme la solution miracle. Gros plan également sur les caméras de surveillance, qui ont envahi le paysage urbain. Plus de 40 000 objectifs surveillent les villes de France et, depuis peu, les petites communes rurales. Mais ces caméras sont-elles vraiment efficace ? »
Ce ton étonne à la télévision. L'on est tellement habitué à ces publireportages sur la sécurité.

jeudi, août 20 2015

Le géant des télécoms AT&T a aidé la NSA à espionner des milliards d’emails

20 08 2015

le_siege_de_la_NSA.jpgL’agence américaine de renseignement NSA a trouvé en AT&T, le géant des télécoms, un partenaire particulièrement efficace pour espionner les communications, selon de nouvelles informations trouvées dans les documents de l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden, exploitées par le New York Times et le site d’investigation ProPublica.
On ignore, selon le New York Times, si le programme décrit par les documents, qui datent de 2003 à 2013, est encore actif aujourd’hui. Les documents montrent que AT&T a permis à la NSA d’avoir accès à des milliards de mails échangés sur le territoire américain, parmi lesquels ceux du siège des Nations unies à New York, dont AT&T est le fournisseur d’accès internet.

mardi, juillet 28 2015

La mise en place d’un répertoire public de délinquants sexuels aux États-Unis

28 07 2015

Fichier.jpgÀ travers l’étude de la mise en place de la « loi de Megan » suscitée par une panique morale liée au meurtre d’une fillette par un délinquant sexuel (New Jersey, 1994), l’article vise à comprendre en quoi une même réponse pénale peut être sous-tendue par deux rationalités de contrôle du crime apparemment étrangères sinon incompatibles entre elles. À partir du cas étudié, sont mises à jour, d’un côté, la présence d’une approche de politique expressive « dure avec le crime » et peu nuancée relevant de la souveraineté ; de l’autre, une logique aseptisée de gestion du risque visant l’efficacité, relevant d’une rationalité post-disciplinaire. L’analyse montre que si certaines incompatibilités entre les deux rationalités demeurent évidentes, certaines circonstances et caractéristiques internes les rendent étonnement complémentaires.

dimanche, juillet 26 2015

Des caméras sur les policiers, proviseurs, parents... et puis qui encore ?

26 07 2015

photo_rue89_camera_police.jpgÇa a d’abord commencé par les policiers. Pourquoi ne pas les équiper de caméras pour enregistrer leurs interactions avec les citoyens ? Comme ça, en cas de plainte d’un côté ou de l’autre, en cas de bavure, il suffit de visionner les images pour constater d’où vient la faute.
Dans les faits, c’est un peu plus compliqué que cela, et l’équipement des forces de l’ordre de caméras soulève un grand nombre de problèmes (qui déclenche ? combien de temps sont conservées les images ? qui les conserve ? etc). Mais ça n’a a pas empêché que la pratique soit en pleine expansion et franchisse l’Atlantique pour arriver jusqu’à nous.
Et voici qu’après les policiers, une autre catégorie de personnels pourrait bientôt en être doté : le personnel scolaire. C’est ce qu’une école du sud de l’Iowa a récemment décidé. Doter chaque encadrant d’une body-caméra qui filmerait ses interactions avec les élèves et avec les parents.

lundi, juillet 13 2015

Comment réduire les risques liés à la surveillance électronique ?

13 07 2015

surveillance_net.jpgLes multiples révélations d’Edward Snowden concernant les dérives des programmes de surveillance de la NSA ont bien montré que les États-Unis et leurs alliés (mais ce ne sont pas les seuls) écoutent et traitent massivement les informations de gouvernements étrangers, d’entreprises et de citoyens (majoritairement non américains) souvent par l’intermédiaire de compagnies telles que Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, AOL, Apple… En plus de cette surveillance étatique, un utilisateur peut aussi être la cible d’entreprises commerciales et de pirates informatiques mal intentionnés. Conformément à son objet social de protection des individus face aux risques de l’informatique, le CECIL vous propose un recueil de fiches pratiques pour découvrir, pas à pas, des outils visant à mieux maitriser les informations exposées, protéger la vie privée et les libertés fondamentales. Il ne s’agit pas ici d’être exhaustif, mais de faire (re)découvrir au citoyen inquiet, quoique peu connaisseur, une sélection de techniques de base.

Image : francebleu.fr

mardi, juin 16 2015

La loi sur le renseignement : un Patrioct Act à la française ?

16 06 2015

maniere_de_voir_140.jpgLa situation est d’une ironie mordante : après l’adoption à une écrasante majorité par l’Assemblée nationale du projet de loi controversé sur le renseignement et la surveillance, le Congrès américain a rechigné à renouveler le célèbre Patriot Act qui, peu après le 11-Septembre, a délié les mains de la National Security Agency (NSA). Et même si la posture critique de l’Amérique à l’égard de la surveillance de masse sera probablement de courte durée, il est choquant de voir la France avancer en sens inverse.
L’expérience américaine est éclairante pour comprendre le projet de loi française et notamment ses dispositions les plus controversées. Parmi ces dernières, de nombreux débats ont concerné les « boîtes noires » qui doivent être installées chez les principales entreprises de télécommunications, afin de repérer les comportements suspects d’internautes avec l’aide d’algorithmes et d’analyse de métadonnées (les données hors du contenu d’un message : son destinataire, son heure d’envoi…). Après tout, si des algorithmes sont capables de nous recommander des films à regarder, pourquoi ne pourraient-ils pas nous conseiller des suspects sur lesquels enquêter ?

vendredi, juin 12 2015

De la prévention situationnelle au predictive policing

12 06 2015

minority_report_2.jpgCet article traite d’un corpus de textes scientifiques correspondant à un moment important dans le processus de légitimation de la prévention situationnelle : les recherches sur la victimisation à répétition et la construction d’algorithmes de prédiction. Le corpus permet de mettre en scène une controverse souvent ignorée, opposant Ken Pease et Tim Hope, relative à l’interprétation de résultats issus de la modélisation statistique de la distribution de la victimisation dans la population. Mise en perspective avec les résultats des recherches de Ken Pease et ses collaborateurs, la critique de Tim Hope permet de rendre compte de l’ignorance qui évolue avec le développement des connaissances sur la prédiction des victimisations et des innovations qui leur sont associées. En conclusion, il est fait appel à une définition des politiques publiques de prévention et de sécurité non pas à partir des connaissances produites par les experts, mais à partir d’un accord rendu public sur leurs désaccords.

samedi, mai 16 2015

Une note interne de l’Inria étrille la loi sur le renseignement

16 05 2015

Reseaux_mai_2015.GIFLes scientifiques du prestigieux Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) sont plus que sceptiques concernant la loi sur le renseignement, adoptée en première lecture le 5 mai à l’Assemblée.
Dans une note datée du 30 avril qui devait initialement être envoyée dans les cabinets ministériels et aux députés et que Le Monde s’est procurée, l’Inria étrille certains points techniques et controversés du projet de loi. L’Institut, placé sous la tutelle de Bercy et du ministère de la recherche, critique vertement l’article 851-4 de la loi, qui prévoit la mise en place d’algorithmes – les fameuses « boîtes noires » – pour détecter automatiquement les comportements terroristes sur Internet. La loi prévoit que cette analyse se fasse sur des données anonymes, toute identification intervenant uniquement si une menace est détectée : un argument martelé par le gouvernement lors de l’examen du texte à l’Assemblée et des premières auditions au Sénat. « Il n’existe pas aujourd’hui de technique d’anonymisation sûre. Un texte de loi ne devrait pas se fonder sur la notion de donnée anonyme ou anonymisée », tranche l’Inria.

mardi, avril 28 2015

Pourquoi la surveillance généralisée d'Internet est un leurre

28 04 2015

BB.jpgLe but annoncé de cette loi est d'élargir les compétences tout en encadrant les pratiques des services de renseignements, particulièrement en ce qui concerne la surveillance des réseaux de télécommunications. Il y a déjà tout un arsenal de lois qui permettent de surveiller ces réseaux: LPM, LCEN, LOPPSI, pour ne citer que les plus connues. Ces lois ne sont visiblement pas efficaces pour lutter contre le terrorisme. À part les stratégies (souvent ridicules) de force brute, il y a peu de choses dont le manque d'efficacité vient du fait qu'on ne les utilise pas assez. Mais admettons que ce soit le cas de la surveillance des réseaux.
L'objectif est donc de surveiller plus et mieux les réseaux. Comment ? Grâce à des « boîtes noires » qui seraient placées (entre autres) chez les fournisseurs d'accès à internet (FAI), c'est-à-dire chez Orange, Free, SFR, et Bouygues. Alors on a des boîtes noires partout. Mais comment font-elles pour surveiller les terroristes et seulement les terroristes ?

jeudi, avril 23 2015

Loi sur le renseignement : un projet liberticide et non démocratique

23 04 2015

mobilisation_contre_le_terrorisme.jpgL'argument selon lequel il convient d'encadrer des pratiques policières occultes serait acceptable si leur caractère indispensable était démontré, leur contrôle renforcé et des sanctions prévues, ce qui n'est pas le cas. Au contraire, le projet de loi étend massivement le champ d'intervention des atteintes administratives à l'intimité de la vie privée et au domicile des particuliers.
La très vive émotion provoquée en janvier dernier par les attentats contre Charlie Hebdo et le commerce Hyper Cacher de Paris ne saurait, par ailleurs, être mise à profit pour porter des atteintes inutiles aux libertés publiques ni perpétuer la pratique détestable héritée du quinquennat précédent, qui consiste à faire voter une loi à chaque nouveau drame qu'offre l'actualité, alors qu'une loi contre le terrorisme vient tout juste d'être promulguée, en novembre 2014.

Photo : sudouest.fr

vendredi, avril 10 2015

Associations et syndicats dénoncent un projet de loi instaurant une surveillance généralisée

10 04 2015

sous_surveillance.pngLes débats sur le projet de loi relatif au renseignement débuteront lundi 13 avril 2015 à l'Assemblée nationale.
En fait d'encadrement, ce projet entérine les pratiques illégales des services et légalise, dans de vastes domaines de la vie sociale, des méthodes de surveillance lourdement intrusives. Le texte ajoute des moyens de surveillance généralisée comparables à ceux de la NSA dénoncés par Edward Snowden, sans garantie pour les libertés individuelles et pour le respect de la vie privée.
Les méthodes de surveillance sont massives, le contrôle inconsistant. Le texte issu de la Commission des lois porte un déséquilibre liberticide : l'usage des techniques de surveillance est entre les mains de l'exécutif, sans contrôle solide. La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement, soi-disant garante des libertés, ne disposera ni des pouvoirs ni des moyens nécessaires pour accomplir sa mission. Le Premier ministre pourra toujours passer outre son avis, et elle ne pourra rien interrompre par elle-même. Le gouvernement se refuse à assurer un contrôle systématique et indépendant a priori des demandes des services et organise un contrôle a posteriori illusoire. La saisine du juge administratif restera aléatoire et la procédure asymétrique, les principes processuels fondamentaux cédant devant le secret défense.

mardi, mars 24 2015

La loi sur le renseignement menace-t-elle les libertés publiques ?

24 03 2015

mobilisation_contre_le_terrorisme.jpgLe Premier Ministre a présenté en Conseil des ministres un projet de loi relatif au renseignement. Le Conseil national du numérique y relève des avancées : outre le fait que le renseignement disposera d’un cadre général et d’un contrôle accru, la définition de ce cadre fera l’objet d’un vrai débat contradictoire, au Parlement et dans la société. Le Conseil déplore toutefois le projet d’étendre de manière significative le périmètre de la surveillance, sans que cette extension ne s’accompagne de garanties suffisantes en termes de libertés. Il souligne par ailleurs la nécessité de porter une attention particulière au contrôle des techniques de cette surveillance.
Le Conseil s’inquiète en premier lieu d’une extension significative du périmètre de la surveillance. De plus, le Conseil est préoccupé par l’introduction de nouvelles techniques de renseignement, dont certaines peuvent confiner à une forme de surveillance de masse.

Photo : sudouest.fr

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