Vidéosurveillance, fichage, biométrie

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mercredi, janvier 30 2013

À Berlin, la chasse aux caméras de surveillance est ouverte

30 01 2013

Photo_mosieur_J._flickr.jpgDes Allemands encagoulés détruisent une à une des caméras de surveillance installées dans des espaces publics de Berlin. L’objectif de l’opération CAM OVER la fin des caméras est d’en neutraliser le plus possible avant le Congrès européen de la police qui débute le 19 février dans la capitale. Sur leur site, les activistes de CAM OVER expliquent que les caméras de surveillance permettent à la police de discriminer certains groupes de personnes, et notamment les jeunes qui seraient, selon eux, automatiquement perçus comme des "criminels". Ils encouragent un maximum de personnes à participer à ce qu’ils présentent comme une "compétition" qui se terminera avec l’ouverture du Congrès.

Illustration : Môsieur J. - flickr - licence cc

Le pistolet à ADN, dernier gadget créé par des commerçants britanniques

30 01 2013

papattes_en_l__air.jpgAu royaume du business de la sécurité, les commerçants ont de l'imagination. La société de sécurité britannique Selectamark a créé une arme d'un nouveau genre : le pistolet ADN. Présenté à Las Vegas lors d'un salon spécialisé, le Selecta DNA High Velocity System agit comme un marqueur. Disponible sous forme de pistolet ou de fusil, il permettrait aux forces de l'ordre de tirer une balle contenant un code ADN unique sur des suspects au milieu d'une foule, tout en se tenant à bonne distance (30 à 40 mètres) puis de les interpeller lorsque la situation le permet grâce à la marque laissée par l'ADN.
Cette société de sécurité s'est fait une spécialité de produire des systèmes de sécurité autour de la reconnaissance de l'ADN. Sa dernière création utilise des capsules d'un gramme d'ADN fabriquées en laboratoire qui, lorsqu'elles touchent leur cible, laissent une trace biologique durable (plusieurs semaines) qui permettra aux autorités de confirmer ou non l'implication d'une personne dans une affaire. Cette preuve biologique pourra "mener une arrestation ou une mise en accusation" selon le PDG de Selectamark.
Qui dit mieux ?

Illustration : lineal.blogspirit.com

vendredi, décembre 14 2012

Minority Report, est-ce pour demain ?

14 12 2012

minority_report.jpgLa peur du terrorisme a poussé l'Union Européenne à miser à fond sur les nouvelles technologies. Depuis quelques années, les chercheurs financés par Bruxelles essaient de détecter les "comportements suspects" des individus via les réseaux de caméras de surveillance.
Depuis quatre ans, les projets européens de recherche en matière de reconnaissance des comportements “suspects“ se multiplient. Parmi la centaine de projets du volet sécurité du FP7, le programme de recherche et développement de la Commission européenne, une demi-douzaine sortis tout droit d’un bouquin de science-fiction sont destinés à développer des technologies permettant de repérer un “comportement anormal“. Tout ceci se chiffre en dizaines de millions d’euros.
Ce concept de vidéosurveillance intelligente (VSI), qui rencontre un certain succès en France, a un seul objectif : prévenir les crimes et les attentats. Plan le plus connu, le projet INDECT. Les recherches sont financées à hauteur de 10,9 millions d’euros par la Commission européenne. Objectifs : détecter les comportements “suspects” sur Internet (forums, groupes Usenet, serveurs FTP, Peer-to-Peer) et dans la “vraie vie“, via la VSI.

mardi, décembre 4 2012

Incidences et représentations de la vidéosurveillance à l'université

4 12 2012

video.jpgPeu à peu les usages de la caméra se diversifient afin de lutter contre la délinquance, l’insécurité et le sentiment d’insécurité. Les nouvelles fonctionnalités de la caméra et sa promotion étatique incitent les universités et notamment celle de Bordeaux III à adopter ce système de sécurisation de l’espace. C’est en 2002 que les premières caméras ont commencé à coloniser l’espace universitaire. En 2011, il y en avait environ 45 sur le campus de Bordeaux III, intérieur et extérieur confondus. Soit environ 30 caméras à l’intérieur des bâtiments et une quinzaine à l’extérieur. Les caméras d’intérieur sont placées aux endroits dits sensibles, dans les salles ou les amphithéâtres, où du matériel de valeur comme les rétroprojecteurs sont installés. A l’extérieur, les caméras sont installées au niveau des accès principaux des bâtiments.

samedi, novembre 10 2012

Vidéosurveillance : tous dans le brouillard ?

10 11 2012

Image_livre_videoprotection.jpgSuite à l'adoption de la LOPPSI en mars 2011, la "vidéosurveillance" est devenue "vidéoprotection". Si, en pratique, ce glissement sémantique ne bouleverse pas les choses, symboliquement, il en dit long sur les intentions de l'État à l'égard de cet outil. Pourtant, le doute persiste quant à son efficacité. Ce livre analyse l'engouement des élus locaux pour la vidéoprotection ainsi que les principaux écueils que recèle le déploiement d'un tel système.
- Voir ce livre sur le site de l'éditeur.

Dans l'actualité, sur le même sujet :
- Puteaux (Hauts-de-Seine) : la ville la plus "vidéosurveillée" de France ? (blog d'un élu du Modem)
- Comment Lyon veut faire de la vidéosurveillance éthique (Rue 89 Lyon).
- Des caméras sous surveillance (Le Quotidien, Luxembourg)

jeudi, octobre 18 2012

Clochemerle-les-caméras

18 10 2012

rennes-les-bains-cc-flickr-Niriel.jpgÇa nous sert même pas à battre un record”, soupire Jeanne une habitante de Rennes-les-Bains, une minuscule station thermale du Languedoc, 170 habitants en basse saison, le quintuple au moins l’été quand les touristes affluent. “Ça”, c’est un projet d’installation de dix caméras de vidéosurveillance pour mettre fin aux troubles que provoqueraient des “marginaux”. De fait, si le record de Beaudinard-sur-Verdon, 12 caméras pour 146 habitants, n’est pas battu, le dispositif porte ce gentil bled de l’Aude sur la deuxième marche du podium. Ou plutôt le porterait. Car un sondage organisé par les opposants, dépouillé ce mardi, donne 92 voix contre, sur 109 personnes interrogées.
Contacté, le maire intérimaire Patrick Borredon a refusé de commenter, arguant qu’ils étaient en campagne électorale. En effet, le maire a démissionné voilà quelque temps, pour manifester sa désapprobation, après que le conseil municipal a approuvé par 5 voix contre 3 l’achat de caméras, pour un montant de 60 000 euros, soit la moitié du budget du village.
Heureusement pour les conseillers municipaux, le ridicule ne tue pas (LM).

lundi, octobre 1 2012

Fichiers scolaires : où en sommes-nous ?

1 10 2012

base_eleve.jpgEn matière de libertés individuelles, le système d’information développé par le ministère de l’éducation nationale n’est sans doute pas le plus dangereux de tous ceux mis en place en France ces dernières années. Cependant, parce qu’il porte sur l’ensemble de la population en âge scolaire, qu’il s’agit très majoritairement de mineurs, que la technologie utilisée (identifiant national unique, bases et entrepôts de données, interopérabilité, …) offre toutes les possibilités d’exploitation d’une masse considérable de données incontestablement personnelles et souvent sensibles, cela nous incite à l’examiner avec la plus grande attention.
Son examen n’est pas achevé, mais nous estimons disposer de suffisamment d’informations pour pouvoir mettre en évidence un certain nombre des risques inhérents à un tel système pour les droits et libertés des jeunes. Cela devrait nous aider à réfléchir à l’orientation des actions à entreprendre, ce qui constitue l’objectif principal de ce document.

Illustration : archives-lepost.huffingtonpost.fr

mercredi, septembre 26 2012

Vidéosurveillance à Amiens : le degré zéro de l'expertise

26 09 2012

Photo_mosieur_J._flickr.jpg La ville d'Amiens se demande à quoi sert le dispositif de vidéosurveillance dans lequel elle a investi au fil des ans plusieurs millions d'euros. Elle a raison, c'est l'argent des contribuables. Pour le savoir, elle avait lancé un appel d'offre. Une société privée bien connue sur le marché de la sécurité a emporté le bout de gras (17 000 euros). Estimant la somme sans doute trop petite (dans ce milieu là on facture facilement 900 euros la journée de travail), cette société a rendu un rapport plus que modeste : il est à peu près nul sur le plan de l'évaluation et de l'expertise. Un copié-collé sur le cadre juridique et réglementaire, quelques verbatims issus de 7 entretiens et de très longues et ennuyeuses pages détaillant les statistiques de police avec moultes "camenbergs" en couleur, ce que le commissariat de police aurait pu fournir lui-même directement à la mairie. Le tout accompagné d'une introduction expliquant pourquoi il est quasiment impossible d'évaluer l'impact de la vidéosurveillance sur la délinquance, tout en soutenant par ailleurs que ça ne remet pas en cause le dispositif. Dispositif qui, comme le rappelle le responsable du Centre de Sécurité Urbaine, doit historiquement son existence "à l’augmentation des voies piétonnes sur le centre ville, dans la mesure où le dispositif de vidéoprotection servait à gérer les bornes d’accessibilité au centre ville".
Ainsi, en ce domaine de la sécurité théoriquement prioritaire, nous continuons à avancer à l'aveugle, en répétant des discours convenus, sans évaluation digne de ce nom et en finançant un business privé d'autant plus ravi de l'aubaine qu'il fournit en échange un travail totalement superficiel.

Illustration : Môsieur J. - flickr - licence cc

dimanche, septembre 16 2012

Des logiciels espions contre la démocratie

16 09 2012

TrojanHorse20111.jpgFin juillet, on découvrait que le logiciel espion du marchand d’armes de surveillance numérique britannique FinFisher avait été utilisé à l’encontre de défenseurs des droits humains bahreïnis. En août, on découvre que des journalistes marocains ont, eux, été ciblés par Hacking Team, un concurrent italien de FinFisher. Mamfakinch (“nous n’abandonnerons pas“, en arabe marocain), est un site d’informations créé par un collectif de blogueurs et militants marocains dans la foulée du printemps arabe, et plus particulièrement du mouvement dit du 20 Février, Devenu, en moins d’un an, l’un des médias citoyens les plus populaires au Maroc, il a plusieurs fois fait l’objet d’attaques ou de tentatives de déstabilisation visant à le faire taire.
FinFisher, Hacking Team et leurs quelques concurrents défendent leurs logiciels espions en expliquant qu’ils ne le vendent qu’à des services de renseignement, forces de police et gouvernements, et qu’ils ne seraient donc utilisés que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité. On a désormais la preuve qu’ils servent aussi à espionner des défenseurs des droits humains et journalistes.

Image CC quantumlars du Trojan Horse de Burning Man 2011

jeudi, juillet 26 2012

La « gérontechnologie » : une nouvelle industrie de surveillance ?

26 07 2012

images_personnes_agees.jpgSelon l’INSEE, 12 millions d’individus sont âgés de plus de 60 ans, ce qui représente 20 % de la population française. Autres chiffres indicatifs : 800 000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer ou apparentée. Parmi elles, 350 000 hommes et femmes sont classés en affection longue durée (ALD) ce qui leur permet de bénéficier d’une prise en charge à 100 % de leurs frais de santé.
En lien avec ces évolutions démographiques et médicales, le secteur de la gérontechnologie est en pleine expansion. Celui-ci a pour objectif : « d’appliquer les nouvelles technologies de communication, de compensation, de prévention aux soins des personnes âgées et en situation de handicap et ainsi de contribuer à leur bien-être, au maintien de leur anatomie » (Plaquette présentation D.I.U. gérontechnologies, Montpellier).

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mercredi, juillet 25 2012

La Cnil dispense à la légère l’école

25 07 2012

Image_ecoliere.jpgL'autorité chargée de veiller à la bonne application de la loi Informatiques et Libertés de 1978 vient de dispenser de déclaration les fichiers scolaires locaux. Une décision rationnelle de bon sens selon elle. Pourtant, les fuites récentes de données nominatives et les quelques contrôles qu'elle a effectués devraient l'inciter au contraire à plus de vigilance.
Il est vrai que les fichiers scolaires ne semblent pas la priorité de la Cnil. Ainsi, Base élève premier degré avait fonctionné plus d’un an sans attendre la délivrance du récépissé de la déclaration auprès de la Cnil, de 2004 à 2006, comme l’avait détaillé le Conseil d’État dans sa décision du 19 juillet 2010, suite à sa saisine par le CNRBE. Et le conseil des sages avait jugé excessive la durée de conservation de 35 ans des données dans Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), un base nationale qui rassemble les immatriculations uniques de chaque élève depuis son entrée dans le système scolaire.

Photo : maif.fr

jeudi, juillet 12 2012

Surveillance via smartphone : les chiffres explosent aux Etats-Unis

12 07 2012

photo_1341421838586-1-0.jpgLe Parlement Français nouvellement élu pourrait s’inspirer de ses collègues américains car les résultats sont proprement ahurissants et l’on se demande si la situation est semblable dans notre pays. En effet, sommés par les représentants du Congrès, les opérateurs américains de téléphonie mobile ont délivré aux parlementaires US le nombre de demandes de surveillance de la part de la police, de cours de justice et autres agences gouvernementales. L’année dernière, le chiffre a dépassé le million trois. Et les demandes concernent le contenu de messages SMS, la localisation d’un abonné à un instant précis, les appels téléphoniques émis et reçus, etc.
Le rapport précise que les opérateurs rejettent fréquemment les demandes provenant des agences gouvernementales qu’elles considèrent comme sujettes à caution d’un point de vue légal ou non justifiées. Un opérateur est même allé jusqu’à refuser une demande en provenance du FBI. Dans l’article publié par le New York Times, ll est précisé que de tels chiffres sont si importants qu’ils surprennent même les parlementaires les plus au fait de ces questions.

Photo : linformaticien.com

lundi, juillet 2 2012

Vidéosurveillance : où êtes-vous le plus filmé dans le Grand Lyon ?

2 07 2012

Photo_zigazou76_dome_flickr.jpgPour calculer quelle est la commune qui installe, sur ses deniers, le plus de caméras de vidéosurveillance, nous avons calculé le nombre d’habitants pour une caméra. Plus ce nombre est petit, plus la commune compte de caméras par habitant.
Sur la plus haute marche du podium se place donc Champagne-au-Mont d’Or avec 1 caméra qui surveille en moyenne 206 habitants. La commune résidentielle de l’Ouest lyonnais compte en effet 24 caméras pour 4951 habitants.
Contrairement aux résultats nationaux de l’enquête menée par Owni, dans l’agglomération lyonnaise, la tendance à vidéosurveiller ne semble pas liée à la couleur politique des mairies, même si les maires des trois communes où l’on filme le plus sont classés à droite.

Illustration : zigazou76 - flickr - licence cc

mardi, juin 5 2012

3 commissions du Parlement européen se prononcent contre ACTA

5 06 2012

Image_drapeaux_europeens.jpgLa commission des libertés civiles a voté massivement contre ACTA, dont l'objectif est de faire respecter les droits de propriété intellectuelle, de même que la commission des affaires juridiques et celle de l'Industrie ont voté le rejet du traité. L'accord ne peut entrer en vigueur que s'il est ratifié par 6 des 11 États signataires, à savoir l'Union européenne, l'Australie, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, le Maroc, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, Singapour, les États-Unis et la Suisse. Dans le cas où l'accord ne serait approuvé que par le Parlement européen, la loi ne vaudrait que pour l'U.E. ACTA a été signé par la Commission européenne et 22 États membres au mois de janvier dernier, mais après les vives protestations de la société civile dans toute l'Europe contre le projet, de nombreux pays ont fait marche arrière et sont revenus sur leur décision, la plupart ayant suspendu la ratification du traité.
Le pacte anti-piratage suscite la controverse depuis le premier projet rendu public par Wikileaks en 2008. Les manifestants sont en colère notamment parce que les termes de cet accord ont été négociés dans le secret. Ils sont aussi préoccupés par la possibilité laissée aux différents pays de forcer les FAI à surveiller leurs propres clients.

samedi, mai 19 2012

Dernière salve liberticide avant une refonte de la législation des fichiers de police ?

19 05 2012

Image_fichier_de_police_lefigaro.fr.jpgÀ la suite des dispositions introduites par la LOPPSI 2 (voir ici), trois décrets d’application relatifs aux fichiers de police viennent d’être publiés au Journal officiel. Le décret n° 2012-652 du 4 mai 2012 fusionne les fichiers STIC et JUDEX dans un traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), initialement développé sous l’acronyme ARIANE. Si les durées de conservation des données, les infractions et les personnes visées évoluent peu, ce traitement ne constitue pas une stricte réplique des fichiers antérieurs. À la différence du STIC et du JUDEX, le TAJ contiendra un dispositif de reconnaissance faciale permettant de procéder à des comparaisons biométriques des visages, y compris sur la base d’images collectées via des dispositifs de vidéosurveillance. De façon à faire ressortir les liens et similitudes entre fiches, bien d’autres critères pourront donner lieu à des requêtes spécifiques ou périodiques et automatisées (signalement, mode opératoire, mobile, etc.). L’ancienne majorité n’a pas jugé utile d’introduire, comme l’y invitait la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), l’interdiction de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de données « sensibles » (orientation politique, sexuelle, religieuse, etc.).

Photo : lefigaro.fr

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