Vidéosurveillance, fichage, biométrie

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dimanche, octobre 28 2018

Une mission d'information préconise la réforme des fichiers de police

28 10 2018

Fichiers_de_police.jpgEn 2011, le second rapport Batho-Bénisti notait que sur 80 fichiers de police, 45 % étaient dépourvus de base juridique. Sept ans après, ce problème est réglé. La CNIL a diligenté depuis 2015, 29 contrôles sur les fichiers de police qui n’ont abouti qu’à deux mises en demeure et aucune sanction.
Toutefois, il y a une forte augmentation du nombre de fichiers. La mission d’information a compté 106 fichiers mis à disposition des forces de sécurité (seule la préfecture de police de Paris a refusé de transmettre ses informations) et 17 fichiers de sécurité. Mais cette augmentation se fait « sans réflexion sur la cohérence de l’architecture globale », avec un cloisonnement des fichiers. Ils « sont trop nombreux et forment un ensemble trop complexe », avec par exemple des durées de conservation et des conditions d’effacement très différentes.

Photo : 20minutes.fr

dimanche, octobre 21 2018

Le Conseil d’Etat valide le fichier rassemblant les informations de 60 millions de Français

21 10 2018

Le Conseil d’Etat vient de rejeter les requêtes dirigées contre le décret instaurant le mégafichier regroupant les données personnelles de tous les Français, estimant notamment que sa création ne constituait pas une « atteinte disproportionnée » au droit des personnes au respect de leur vie privée. Le décret créant ce fichier, baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES), était paru au Journal officiel le 30 octobre 2016, en plein week-end de la Toussaint, et avait immédiatement suscité une levée de boucliers. Au nom des libertés publiques, des organisations et des particuliers demandaient à la plus haute juridiction administrative la suppression de ce « monstre », généralisé à l’ensemble du territoire en mars 2017 et qui regroupe les informations personnelles des titulaires d’un passeport ou d’une carte d’identité, soit environ 60 millions de Français.

samedi, octobre 6 2018

"Safe city" ou la gabegie programmée des "Big Data" à la mode

6 10 2018

Centre_de_videosurveillance.jpgLes objectifs du démonstrateur Safe City sont de mettre en synergie un très grand nombre d’informations (Big Data) afin de prédire et/ou d’alerter le plus rapidement possible les autorités locales de tout événement lié à : la sécurité (dans tous ses aspects), les déplacements, les événements climatiques ou sismiques; événements ou combinaison d’événements jugés par les algorithmes comme étant anormaux.
Le montage opérationnel dont Thalès Security est le chef de file, regroupe 14 entreprises privés de droit français et un établissement public.
Le projet est financé par le contribuable, à travers l’Établissement Public BPIFRANCE, mais aussi, indirectement, à travers les interventions de l’INRIA, établissement public d’État, lui-même très largement financé par l’État et les apports de la ville de Nice. Le projet a obtenu, dans le cadre du « programme d’investissements d’avenir » une subvention de 10,9 millions d’euros opérée par BPIFRANCE.

- A Marseille, "La surveillance policière dopée aux Big Data arrive près de chez vous".
- Jean-Marc Manach "Vidéo-protection : les 500 nouvelles caméras coûteront trois fois plus cher que prévu" (Marsactu).
- Maureen Webb et Catherine Caron "Les nouveaux habits de Big Brother" (Relations, 2015).
- "6 provocations à propos des Big Data" (Internetactu.net).
Photo : laquadrature.net

mercredi, septembre 19 2018

La CNIL alerte sur la multiplication des nouveaux usages des technologies de surveillance

19 09 2018

Ecrans_de_surveillance.jpgLa CNIL a constaté ces derniers mois le développement rapide de nouveaux outils de captation et de nouvelles modalités d’exploitation de la vidéoprotection dans l’espace public. Ces technologies, sur lesquelles la CNIL est de plus en plus sollicitée, s’inscrivent dans une optique de prévention ou de répression des troubles à l’ordre public. La légitimité de cet objectif ne peut en tant que telle être contestée. Mais ces dispositifs, qui s’articulent parfois avec des technologies de big data, soulèvent des enjeux importants pour les droits et libertés individuelles des citoyens. Il est aujourd’hui impératif que des garde-fous soient prévus afin d’encadrer les finalités pour lesquelles ces dispositifs peuvent être déployés et prévenir tout mésusage des données traitées par leur biais.

Photo : nato.int

mercredi, juillet 25 2018

Ce que l'Affaire Benalla dit sur la vidéosurveillance

25 07 2018

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgQuelle démonstration plus brutale pourrait-on trouver de l’argument selon lequel la « vidéoprotection », comme l’appellent pudiquement les villes et les entreprises qui y ont recours, protège surtout ceux qui la contrôlent ? L’affaire Benalla n’aurait jamais éclaté si la scène n’avait pas été filmée par des témoins, à l’aide de leur téléphone portable. Censée protéger les citoyens et permettre d’arrêter des suspects, la vidéosurveillance a servi, en ce jour de manifestation du 1er Mai, à protéger un suspect, quand par ailleurs, le même jour, les images de vidéosurveillance étaient abondamment utilisées pour tenter d’identifier des personnes suspectées de violences contre les forces de l’ordre.
Par ailleurs, au terme de la loi, les vidéos sont automatiquement effacées après un délai maximal de 30 jours. Par ailleurs, il est interdit qu’un enregistrement soit copié et/ou puisse sortir d’un centre de supervision urbaine (CSU) en dehors d’une procédure judiciaire. Conclusion : la loi n'est pas respectée par ceux qui sont sensés la faire appliquer.

dimanche, juin 24 2018

Le « crédit social » ou le Big Brother à la chinoise

24 06 2018

Depuis plusieurs mois, la presse européenne dénonce le projet de surveillance de la population, le Plan de planification pour la construction d’un système de crédit social (2014-2020) que le gouvernement de la Chine populaire met progressivement en place. Parfois de manière ironique, mais souvent sans grand discernement. L’ambition est d’attribuer à partir de 2020, à certaines catégories de citoyens chinois comme aux entreprises, une note de confiance, un « crédit social ». Le chercheur néerlandais Rogier Creemers propose ici une traduction du document de présentation du Conseil des affaires de l’État (l’équivalent du gouvernement en Chine).

mardi, mars 27 2018

Quand des citoyens informés refusent la vidéosurveillance

27 03 2018

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgDepuis des années, élus et industriels de la surveillance répètent à la population que la vidéosurveillance "c'est bien", que c'est même "pour leur bien" et par conséquent qu'il en faut partout et tout de suite. Jamais les besoins réels (les besoins de sécurité comme les autres) ne sont diagnostiqués, jamais les évaluations scientifiques de la vidéosurveillance ne sont mentionnées et jamais le coût n'est indiqué à l'avance aux citoyens.
Dans le Gard, à Aigues-Vives (3 200 habitants), la municipalité a au contraire choisi d'informer un minimum les citoyens et d'organiser un référendum. Il faut dire que le projet du maire était quelque peu pharaonique (26 caméras pour un budget total de 350 000 euros), la commune étant déjà endettée. Résultat : avec 386 voies contre 171, c'est une large victoire du non.

mercredi, mars 7 2018

Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance

7 03 2018

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgLa vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir des élections présidentielles de 2007, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance ? Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel : la vidéosurveillance n’est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme. Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le « bluff technologique » des industries de sécurité, le gaspillage de l’argent public et la démagogie politique : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen.

jeudi, janvier 11 2018

Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle

11 01 2018

L’intelligence artificielle est le grand mythe de notre temps. L’un annonce la destruction en masse de nos emplois, un autre l’émergence apocalyptique d’une conscience robotique hostile, un troisième la ruine d’une Europe écrasée par la concurrence. D’autres encore nourrissent plutôt le rêve d’un monde sur mesure, d’un nouvel Âge d’or d’où toute tâche ingrate ou répétitive serait bannie et déléguée à des machines ; un Eden où des outils infaillibles auraient éradiqué la maladie et le crime, voire le conflit politique, en un mot aboli le mal. Sous ses avatars tour à tour fascinants ou inquiétants, solaires ou chtoniens, l’intelligence artificielle dit sans doute plus de nos phantasmes et de nos angoisses que de ce que sera notre monde demain. À considérer l’attrait de ce type de discours eschatologiques en Europe, on en vient à penser que la technique cristallise aussi une puissance de projection dans l’avenir qui fait parfois défaut à nos imaginaires politiques.

mercredi, septembre 13 2017

L'ECRIS-TCN : vers un casier judiciaire pour les non-européens

13 09 2017

Casier_judiciaire_national.jpgL’ECRIS-TCN est l'acronyme du futur fichier qui va venir compléter le "casier judiciaire européen" (ECRIS). Actuellement, l’immense majorité des échanges de casiers judiciaires entre États membres porte sur les ressortissants européens uniquement. Une recherche concernant les ressortissants non UE implique une surcharge administrative importante et coûteuse, d’où l’inclusion de ces ressortissants non UE dans le périmètre du système de "casier(s) judiciaire(s) européen(s)". Si L’ECRIS-TCN s'apparente à un "casier judiciaire européen" qui répertorie les étrangers délinquants, il partagera une interface commune avec l'ECRIS qui recense, quant à lui, les délinquants nationaux (ou ressortissants UE), de manière à faciliter l'emploi de ces deux systèmes par les services utilisateurs nationaux.

Photo : securiteinterieure.fr

dimanche, septembre 3 2017

Bilan catastrophique pour une expérience de vidéosurveillance dite « intelligente »

3 09 2017

Poudre_de_perlimpinpin.JPGTrente-cinq cas de « faux positif », et une arrestation d’un innocent : c’est le bilan catastrophique d’une expérience de « vidéosurveillance intelligente », menée à la fin d’août durant le carnaval de Notting Hill à Londres, selon une enquête de la télévision nationale Sky News. Le carnaval de Notting Hill, le plus grand événement populaire de la capitale britannique, attire chaque année environ un million de personnes sur deux jours. Cette année, il était encadré par un dispositif de sécurité exceptionnel, après les attentats de Londres et de Manchester. La police londonienne utilisait notamment un système de caméras capable de reconnaître des visages en les comparant à une base de données, qui devait permettre d’identifier les personnes recherchées par la police. Résultat : dans 35 cas, le programme a cru reconnaître une personne recherchée, mais il s’est trompé. Et inversement, aucune arrestation de personne réellement recherchée n’a été rendue possible par les caméras.

lundi, juillet 31 2017

Aux Etats-Unis, des puces électroniques implantées sur des salariés (!)

31 07 2017

Puce_electronique.jpgUne nouvelle étape sur la planète cyborg. A partir du 1er août, les salariés de la compagnie Three Square Market de River Falls (Wisconsin) n’auront plus besoin de farfouiller dans leur sacoche pour trouver leur badge ou leur carte de cafétéria. Il leur suffira d’un geste de la main – pour peu qu’ils aient accepté l’offre de leur employeur de se laisser implanter une puce électronique sous la peau. Sur 80 salariés, une cinquantaine s’est portée volontaire pour l’expérience. La puce, de la taille d’un grain de riz, leur sera gratuitement introduite entre le pouce et l’index.
Ainsi des humains vont-ils être bagués comme tant d'animaux le sont déjà. Le troupeau, les moutons, Panurge...

mardi, mai 30 2017

L’intelligence artificielle reproduit aussi le sexisme et le racisme des humains

30 05 2017

robot_et_humain.jpgLes femmes associées aux arts et au foyer, les hommes aux mathématiques et aux professions scientifiques… Ces stéréotypes ont tellement la vie dure qu’ils se retrouvent aujourd’hui reproduits dans des programmes d’intelligence artificielle (IA). Dans un article publié vendredi 14 avril par la revue Science, Joanna Bryson, Aylin Caliskan et Arvind Narayanan, des chercheurs des universités de Princeton (New Jersey) et de Bath (Royaume-Uni), montrent comment une technologie de machine learning (apprentissage machine) reproduit les biais humains, pour le meilleur et pour le pire.

Illustration : robothuman.wordpress.com

vendredi, avril 7 2017

Portiques de sécurité dans les lycées : la mauvaise idée

7 04 2017

Alerte_attentat.jpgDans un contexte de dissémination territoriale du risque terroriste, d’autres événements viennent accentuer les enjeux de sécurité des lieux scolaires, comme ceux récents au Lycée de Grasse : un élève y a fait irruption pour faire feu sur d’autres élèves, peut-être dans une logique de vengeance. Il n’y a aucun mort et les blessés ne semblent pas dans des états préoccupants. Mais cela relance la question de la sécurité dans les lieux scolaires. En réalité il n'est ni possible ni raisonnable de mettre des portiques de sécurité à l’entrée des collèges et des lycées.
Plus largement, cela pose la question de savoir s’il est possible et souhaitable de transformer les lieux scolaires en « forteresses » ? En fait, l’issue n’est plus uniquement dans les solutions de protection, y compris physique. La sécurité de tous dépend de la vigilance de chacun et de la revalorisation des comportements civiques.

Photo : theconversation.com

samedi, janvier 21 2017

Le fichier TES sévèrement critiqué par un audit

21 01 2017

Surveillance_numerique.jpgLes deux services de l'Etat chargés de plancher sur le fichier des titres électroniques sécurisés, qui doit regrouper les données de 60 millions de Français, ont rendu leur rapport. Et le constat est plutôt sévère.
«La sécurité globale du système TES est perfectible.» Les termes sont feutrés, mais le constat n’est pas flatteur. Or il émane de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et de la Direction interministérielle du numérique et de la sécurité du système d’information de l’Etat (Dinsic), chargées conjointement il y a deux mois par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, de plancher sur le fameux «mégafichier» qui a provoqué début novembre une levée de boucliers.

Photo : lesechos.fr

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