Photo_gendarme_par_llamnudds_flickr.jpgLe Décret du Président de la République radiant le Chef d'escadron Jean-Hugues Matelly des cadres de la fonction publique cristallise actuellement le malaise des gendarmes. A l'origine, la Direction générale de la gendarmerie reproche à cet officier d'avoir exprimé des critiques sur la fusion progressive de la gendarmerie et de la police, dans un article à caractère scientifique signé par l'officier en tant que chercheur associé à un laboratoire du CNRS et en compagnie de deux autres chercheurs au CNRS. Même si cet officier (par ailleurs excellemment noté par ses supérieurs) avait déjà reçu un blâme pour une autre publication, la radiation apparaît comme une sanction totalement disproportionnée. Les gendarmes l'interprètent comme un avertissement qui leur est lancé collectivement, une façon de tenter de désamorcer leur fréquente hostilité aux réformes en cours. Les réactions se multiplient. Le 3 avril, un autre gendarme a été suspendu pour avoir, en soutien à son collègue, diffusé un poème satirique jugé "outrageant" pour le Président de la République.