Image_livre_sportes.jpgNous nous souvenons de l’affaire dite du « gang des Barbares » survenue début 2006 : l’enlèvement et la séquestration pendant trois semaines d’Ilan Halimi dans un appartement puis dans une cave d’une cité de Bagneux et les sévices qui lui ont été infligés avant qu’il soit laissé agonisant le long d’une voie de chemin de fer peu avant de décéder. Cet évènement eut un retentissement énorme, à cause du caractère dramatique des faits et par la jeunesse des auteurs impliqués – de très jeunes adultes et deux mineurs –, mais aussi parce que la victime était de confession juive. Des défilés à sa mémoire et contre la montée de l’antisémitisme eurent lieu avec à leur tête un grand nombre de leaders politiques. Et l’on entendit ici ou là parler d’ « islamo-fascisme », de « choc des civilisations » ou de « terrorisme », opinions avivées par les propos insolents de celui que l’on avait baptisé ou qui s’était auto-proclamé le « cerveau du gang », Youssouf Fofana, à travers des déclarations vociférantes sur la « force de l’Islam » ou sa « haine des Juifs ». Durant l’instruction, 27 personnes seront mises en examen et, lors du procès en 2009, 19 furent condamnées à des peines de prison.
C’est de cette histoire dont s’est emparé l’écrivain Morgan Sportes dans un livre récent (Tout, tout de suite, Fayard, 2011).