Image_livre_dangerosite.jpgEn un temps où trop souvent l’exploitation de faits divers dramatiques tient lieu de moteur pour la politique pénale au nom d’un principe de précaution perverti et de l’utopie du risque zéro, la dangerosité est saisie par le droit pénal.
Cet ouvrage est consacré au mouvement d’affranchissement néo-positiviste d’avec le droit pénal classique, non sans réserves, non sans freins. Le paradoxe de ce début de XXIe siècle réside dans une invocation et des garanties croissantes des droits fondamentaux et des droits de l’homme sans scrupule pour les exceptions comme la rétention de sûreté. Le lecteur mesurera le poids des peurs individuelles et collectives, comprendra la stigmatisation jusqu’à l’irrationnel de figures dangereuses qui ne sont pas partout les mêmes, s’interrogera sur les faiblesses de l’évaluation de la dangerosité psychiatrique, criminologique et pénitentiaire ici ou là, devinera dans le durcissement et le caractère aléatoire de la réaction sociale au crime la dangerosité de la dangerosité comme assise du droit pénal. Ce sont les fondements du droit pénal classique qui sont ébranlés voire bafoués : le principe de légalité, le principe de nécessité, le principe de proportionnalité, la présomption d’innocence.
Ne sommes-nous pas en train de bâtir sur le sable une société de la peur où l’égale dignité de chaque être humain est en danger sans que pour autant des gages nouveaux de sécurité accrue et de protection publique soient donnés ?