justice_balance_2.jpgLors de l’affaire Sauvage, des associations ont réclamé l’instauration d’une «légitime défense différée» pour les femmes battues. C’est désormais au tour du gouvernement de vouloir élargir le concept de légitime défense, très strictement ­défini, cette fois en faveur des policiers et gendarmes. Le nouveau projet de loi antiterroriste, que les députés de la commission des lois discutaient cette semaine, prévoit de rendre pénalement irresponsables ceux qui feraient l’usage, «absolument nécessaire», de leur arme pour mettre hors d’état de nuire l’auteur d’un homicide susceptible de recommencer. Sommes-nous en train de nous habituer à donner, au cas par cas, des permis de tuer ? Pour Olivier Cahn, maître de conférences à la faculté de droit de Cergy-Pontoise, chercheur au CESDIP-CNRS, chaque fait divers risque de justifier une nouvelle dérogation.

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