Lorsque l’on évoque les évolutions de la fonction publique en matière d’emploi, l’accent est souvent mis sur la réduction des effectifs ou sur le poids croissant des contractuels, mais il est un autre phénomène massif dont les effets sont plus diffus : l’adoption progressive de logiques « managériales » dans la gestion des personnels de l’État. La détection, l’évaluation et la promotion accélérée de cadres « managers » spécialisés dans le travail de réorganisation et la maîtrise des coûts font partie des outils récurrents de la transformation des organisations publiques, quitte à marginaliser les cadres plus expérimentés dont les compétences professionnelles sont plus ancrées dans le terrain. Ce phénomène, qui a d’abord été observé s’agissant des entreprises publiques désireuses de se « moderniser » afin de passer du « monopole au marché », s’est pour partie transféré aux fonctionnaires d’État, à la faveur notamment des restructurations consécutives à la Révision générale des Politiques publiques menée durant le quinquennat Sarkozy.