Couverture_vous_tetes_filmes.jpgQuelle démonstration plus brutale pourrait-on trouver de l’argument selon lequel la « vidéoprotection », comme l’appellent pudiquement les villes et les entreprises qui y ont recours, protège surtout ceux qui la contrôlent ? L’affaire Benalla n’aurait jamais éclaté si la scène n’avait pas été filmée par des témoins, à l’aide de leur téléphone portable. Censée protéger les citoyens et permettre d’arrêter des suspects, la vidéosurveillance a servi, en ce jour de manifestation du 1er Mai, à protéger un suspect, quand par ailleurs, le même jour, les images de vidéosurveillance étaient abondamment utilisées pour tenter d’identifier des personnes suspectées de violences contre les forces de l’ordre.
Par ailleurs, au terme de la loi, les vidéos sont automatiquement effacées après un délai maximal de 30 jours. Par ailleurs, il est interdit qu’un enregistrement soit copié et/ou puisse sortir d’un centre de supervision urbaine (CSU) en dehors d’une procédure judiciaire. Conclusion : la loi n'est pas respectée par ceux qui sont sensés la faire appliquer.