dans-les-rues-de-bordeaux-le-samedi-9-fevrier-2019.jpgLes discours présentant les mobilisations des « gilets jaunes » comme particulièrement sensibles aux théories du complot en tout genre s’appuient sur des sondages et sur l'observation des réseaux sociaux. Ils ne procèdent pas d'enquêtes de terrain. Sans ignorer la diffusion de théories complotistes par et parmi certains « gilets jaunes » (tout comme par ailleurs au sein de la haute bourgeoisie ou d’institutions étatiques), la mobilisation des travaux sur la sociologie de la rumeur ou sur l’histoire des croyances permet de jeter un autre regard sur la question des croyances au complot, notamment en milieu populaire. Au-delà d’une interprétation restrictive du complot comme un mode de compréhension du monde, porter l’attention sur les contextes sociaux de l’évocation de telles théories permet d’éclairer différemment cette pratique sociale.

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