Depuis la fin des années 1980 et plus encore la fin des années 1990, la question des drogues en prison est plus prégnante dans le débat social français. Deux moments s’avèrent déterminants dans cette nouvelle orientation : la création des services médico-psychologiques régionaux (SMPR) en 1986 et des antennes toxicomanie en 1987; le transfert, en 1994, de la prise en charge de la santé des personnes détenues au ministère de la Santé par l’intermédiaire d’unités de consultations et de soins ambulatoires rattachées à l’hôpital public. Ces deux événements rendent davantage visibles les addictions en milieu carcéral. Les personnes incarcérées apparaissent alors comme présentant une situation sanitaire plus fragile que la population générale. De nombreux travaux ont également souligné l’importance des conduites addictives dans ce public.