Génie méconnu ou faux prophète ? À l’ère du dérèglement climatique, de la sixième extinction de masse, de la transition écologique et du greenwashing, il devient urgent de lire, ou de relire, un auteur connu des seuls spécialistes, et encore plus injustement ignoré que son ami Jacques Ellul.
L’ancien responsable de la rubrique « environnement » du journal Le Monde, le regretté Roger Cans (1945-2018), ne s’y était du reste pas trompé dans sa Petite Histoire du mouvement écolo en France : « Les premiers intellectuels à se préoccuper de la nature, en France, se trouvent habiter à Bordeaux dans les années 1930 ».
Animateurs d’une troisième tendance au sein du mouvement personnaliste, Bernard Charbonneau et Jacques Ellul publient en 1935 un texte intitulé « Directives pour un manifeste personnaliste », qui constitue la première proposition occidentale moderne d’une limitation volontaire de la croissance économique.