Photo_centrale_par_klairmak_sur_flickr.jpgEn ces temps dramatiques, face à un accident nucléaire majeur qui va quoi qu'il arrive causer d'innombrables morts et maladies sur plusieurs générations, le débat public est occupé essentiellement par les représentants des agences gouvernementales et par les opposants au nucléaire. On voudrait ici simplement signaler qu'il existe également des travaux de recherche indépendants en France, qui tentent d'étudier les sites industriels potentiellement dangereux, les territoires et les populations environnants, et ainsi de contribuer à mesurer les risques de tous genres. On signalera ici en particulier les travaux de deux sociologues.
Pierre Fournier est maître de conférences à l'Université de Provence et chercheur au Laboratoire méditerranéen de sociologie, spécialiste de la sociologie des industries à risque. Sur le thème nucléaire, il a notamment publié « Les "kamikazes" du nucléaire : un même mot pour une réalité qui change » (Sociétés contemporaines, 2000), « Attention dangers ! Enquête sur le travail dans le nucléaire » (Ethnologie française, 2001), ainsi qu'un récent chapitre du livre collectif Observer le travail (La Découverte, 2008).
Annie Thébaud-Mony est directrice de recherche à l’Inserm, spécialiste des questions de santé au travail. Elle dirige le GISCOP 93 (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle) à l’Université Paris 13. Elle a notamment publié L'industrie nucléaire : sous-traitance et servitude (INSERM, 2000) et Travailler peut nuire gravement à votre santé. Sous-traitance des risques, mise en danger d'autrui, atteintes à la dignité, violences physiques et morales, cancers professionnels (La Découverte, 2008).