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jeudi, février 20 2014

Prévention spécialisée et prévention de la délinquance : liens, obstacles et enjeux

prevention_specialisee.jpgLa loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance a semé le trouble parmi les professionnels de l’action éducative. Fortement mobilisés pour faire entendre leurs réticences à l’énoncé des premières moutures du projet de loi, leur sentiment était que la prévention spécialisée, missionnée pour œuvrer dans le champ de la protection de l’enfance, se situait à peu près à l’opposé de la sensibilité éthique et politique traduite dans les articles de la future loi de 2007. Les premiers entretiens réalisés auprès des éducateurs et des cadres de l’Addap13 d’une part et le vent mauvais qui a soufflé sur des associations de prévention spécialisée dans certains départements durant la durée de l’étude d’autre part, ont renforcé le sentiment des sociologues que leur travail portait sur une pratique professionnelle inquiète pour son avenir.
Les chercheurs se sont fixés trois objectifs : 1) déterminer en quoi et comment les pratiques, les postures et les outils mis en œuvre par les éducateurs auprès de leurs publics peuvent-ils permettre de prévenir les passages à l’acte délinquant ou leur réitération ? 2) comment des professionnels qui doivent traiter les phénomènes d’inadaptation sociale de jeunes dans le cadre institutionnel de la protection de l’enfance peuvent-ils contribuer à la prévention de la délinquance ? 3) quelle place les dispositifs locaux de prévention de la délinquance ou plus globalement les politiques locales de sécurité accordent-elles à la prévention spécialisée ? Et, symétriquement, quelle part la prévention spécialisée entend-elle y prendre ?

Photo : lesmetiers.net

lundi, octobre 25 2010

Les responsables locaux fustigent le plan national de prévention de la délinquance

Image_gratuite.jpg Un an après son lancement, en grandes pompes, par le gouvernement, le plan national de prévention de la délinquance et d’aides aux victimes affiche un bilan plus que mitigé. C’est un véritable camouflet qui remonte du terrain par le biais d'une enquête du Conseil national des villes (CNV) réalisée cet été auprès des coordonnateurs du partenariat local de sécurité.
77,3% des coordonnateurs estiment que la gouvernance locale, censée être recentrée sur le maire, n’a pas changé. Pire, ils évoquent « l’impression d’un retour en arrière, d’une perte de sens ». « S’il y a toujours eu des orientations et des priorités nationales – qu’ils ne contestent pas, soulignent les auteurs, leur déclinaison locale s’est en général faite dans la coproduction du fait de la primauté à la réalité de terrain incarnée par le maire et le contexte territorial ». Or, constatent-ils, « depuis les derniers plans, le préfet demanderait au maire de devenir un supplétif de l’Etat afin de permettre la réussite des actions nationales ». Et de déplorer entre autres la « confusion » née du remplacement des contrats locaux de sécurité, par des « stratégies territoriales » qui viseraient surtout « à ce que les plans des villes reprennent les orientations nationales ».
S’agissant des financements, 60,3% des « coordonateurs » interrogés soulignent une baisse ou une diminution de l’enveloppe, qu’il s’agisse du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ou des crédits issus du contrat urbain de cohésion sociale. En outre, « la prédominance de la vidéosurveillance, qui a pu atteindre 80% voire 85% des financements FIPD sur un département, réduit d’autant les moyens humains », déplorent-ils.