Keyword - Stigmatisation

Fil des billets

vendredi, avril 5 2013

Dossier : le mythe de l'islamisation

peur_de_l__islam.jpgDepuis le milieu des années 2000, un mot s’est immiscé dans le débat : islamisation. Les musulmans, dont la population s’accroîtrait dangereusement, chercheraient à submerger numériquement et culturellement l’Europe. L’imaginaire du complot déborde ainsi peu à peu le cadre de l’islamophobie ordinaire. Si cette perception paranoïaque était restée l’apanage d’une poignée d’extrémistes, elle ne ferait pas question, mais elle envahit aujourd’hui l'espace public, imprègne les discours de politiciens écoutés et les analyses d'auteurs réputés sérieux.
Cet essai salutaire s’attelle à déconstruire ce qui n’est autre qu’un mythe et interroge l’obsession collective qu’il recèle. Il montre ainsi que la « bombe démographique musulmane » qui serait prête à éclater sur le triple front de la natalité, de l’immigration et de la conversion relève du fantasme. Quant au regain de ferveur spirituelle et au renouveau identitaire des musulmans, ils n’ont pas la signification conquérante ni même politique que suggère l’épouvantail de l’« islamisme ». Cette réfutation en règle permet enfin de comprendre pourquoi l’Europe et la France en particulier ont tant besoin de l’« ennemi musulman ».

Photo : nantes.indymedia.org

jeudi, avril 14 2011

Les deux usages du mot « racaille » : une observation de terrain

Photo_David_Puaud.jpgJe travaille en tant qu’éducateur de rue dans un quartier d’une ville moyenne de province. Ce matin, en consultant le journal local, un fait divers m’interpelle. Il est intitulé : « Mais qui signe sur les panneaux de direction ? ». En effet, depuis quelques jours de mystérieuses inscriptions apparaissent sur des panneaux indicateurs signalant la direction du collège du quartier. L’une d'elles apparaît comme une signature : « les Rakaille » (voir notre photo). Apposée sur un panneau de direction entre le collège et le centre du quartier, elle n'est pas anodine.
Depuis 2005 je constate sur le terrain que le terme « racaille » fait l’objet d’un double usage. Ce substantif est perçu comme une marque de mépris de manière globale, mais il est également utilisé comme une marque de reconnaissance par certains groupes de jeunes.

Lire la suite...

lundi, février 14 2011

Des journalistes voudraient traiter autrement les habitants des quartiers populaires

Image_HLM_par_adeupa_de_Brest_sur_Flickr.jpg En France, les rapports entre les habitants des quartiers populaires et les médias seraient au plus mal. L’affaire du fixeur du Point, la « Cité du mâle » d’Arte, le sept à huit d’Harry Roselmack et sa « Cité de la peur » à Maubeuge ont récemment attisé le feu de la discorde. Images préconçues, idées reçues, enfermement stigmatisant, sensationnalisme, des accusations parfois fondées qui rendent souvent les journalistes personæ non gratæ.
Premières victimes des crises économiques et financières depuis le milieu des années 70, les populations de ces quartiers subissent de plein fouet des difficultés liées à la violence, au chômage et aux discriminations racistes. Sans nier les difficultés de vie dans ces quartiers, l’image de ces hommes et de ces femmes véhiculée dans les médias est trop souvent caricaturée.
A la logique du spectaculaire et à celle de la dictature de l’audimat, nous affirmons que le journaliste a une éthique et une fonction sociale : constater, décrypter les causes et conséquences des politiques mises en place dans ces quartiers, et aller au plus proche des habitants pour informer avec honnêteté (présentation officielle).