lundi, avril 12 2021

L’espérance de vie a-t-elle réellement chuté de façon inédite en 2020 ?

12 04 2021

Si l'espérance de vie a bien reculé d'environ 4 mois en 2020 par rapport à 2019, il n'est pas scientifiquement acceptable de s'en tenir à ce constat pour développer des interprétations générales. Trois autres constats doivent être eux aussi pris en compte dans les raisonnements. Le premier est que cette baisse de la moyenne générale que constitue « l'espérance de vie » concerne uniquement les personnes âgées de plus de 60 ans, et surtout celles âgées de 77 à 95 ans. Le second est que cette baisse d'une année sur l'autre est à replacer dans une temporalité plus large qui indique que la baisse 2019-2020 n'a rien d'exceptionnelle. Enfin, le troisième constat est que l'alternance de ces années de hausse et de baisse de l'espérance de vie constitue un phénomène classique sur le plan épidémiologique.
Au passage, dans cet article on répond aussi à certains journalistes malveillants qui cherchent à empêcher le débat intellectuel.

samedi, avril 10 2021

A quand un débat démocratique sur les objectifs de la vaccination généralisée ?

10 04 2021

Comme leurs homologues anglais (Imperial College of London), les modélisateurs français de l'Institut Pasteur continuent à prédire des catastrophes et à se tromper. Leur objectif est désormais de justifier la vaccination de la totalité de la population, au lieu de réserver les vaccins aux personnes à risque et de prendre au sérieux la question du consentement. Il y a urgence à ouvrir un vrai débat démocratique sur cette question.

vendredi, avril 9 2021

Superyachts. Luxe, calme et écocide

9 04 2021

Superyachts_2.jpgUn superyacht, c’est une embarcation dépassant 24, voire désormais 30 mètres, sous l’effet d’une course à l’allongement. Au début du siècle, on comptait environ 2 000 vaisseaux de ce type dans le monde ; deux décennies et une crise financière plus tard, ils sont trois fois plus nombreux. Loin d’être anecdotique, la plaisance de luxe met en évidence la sécession sociale et le gâchis environnemental des plus riches. Simple lubie de milliardaires au mode de vie extravagant ? Plutôt un reflet du monde comme il va. Non pas démesure, mais mesure – celle du délire général qui a pour nom « ordre social ». Forme contemporaine de la réclusion ostentatoire, miroir grossissant des inégalités, le superyacht nous conduit tout droit aux grandes questions de notre temps, y compris celle de la reconnaissance juridique de l’écocide. De la lutte des classes à la sur-consommation des riches, de l’évasion fiscale à la délinquance environnementale, de l’éco-blanchiment à la gestion différentielle des illégalismes : tirer le fil du superyachting, c’est dévider toute la pelote du capitalisme.

photo : nytimes.com

mercredi, avril 7 2021

Modéliser la diffusion de la Covid. Les enjeux et limites des modèles

7 04 2021

La_diffusion_du_covid.jpgDans le contexte exceptionnel de la pandémie du SARS-Cov2, les modèles ont fait une entrée fracassante dans le paysage médiatique. Les chercheurs et chercheuses dans ces domaines ont été projetés au-devant de la scène, et ont dû assumer une responsabilité politique à laquelle ils ou elles n’étaient pas habituées. La diffusion de la Covid-19. Que peuvent les modèles ? de Juliette Rouchier et Victorien Barbet, entend apporter à un public non-expert des outils d’analyse des modèles et de leurs résultats. Leur volonté est notamment de mettre en garde contre leur sur- et sous-interprétation puisque « pour ceux qui les créent et les utilisent, ils sont souvent vus comme plus puissants qu’ils ne le méritent ; et inversement pour ceux qui se méfient de cette forme de démonstration, le rejet est souvent total, donc indistinct, ce qui est parfois aussi dommageable qu’une trop grande confiance ». L’auteur et l’autrice, tous deux économistes, sont spécialisées en simulation agent, et appliquent dans cet ouvrage leur expertise aux simulations et modèles épidémiologiques de la Covid-19.

samedi, avril 3 2021

Big Pharma et le coronavirus. L’industrie pharmaceutique fonctionne sur la recherche de rentes

3 04 2021

La crise sanitaire jette une lumière crue sur les pratiques de l’oligopole mondial des industries pharmaceutiques, dominé par quelques grandes firmes multinationales, Big Pharma. Ces dernières sont engagées dans une course au profit qui s’exerce au détriment des populations. Au début de la crise, on a assisté à des pénuries de médicaments fondamentaux pour soigner les cas graves de Covid-19, en particulier des anesthésiques nécessaires en réanimation. Les raisons de ces pénuries sont de deux ordres. Les délocalisations industrielles ont abouti à concentrer la production de principes actifs en Chine et en Inde, mettant à mal la souveraineté sanitaire de nombreux pays. Par ailleurs, les médicaments qui ne sont plus sous brevet, qui peuvent donc être produits sous forme générique, n’intéressent pas les grandes firmes, car leurs prix de vente ne sont pas assez élevés.
De manière plus structurelle, l’industrie pharmaceutique fonctionne sur un business model fondé sur la recherche de rentes. Celles-ci proviennent essentiellement des actifs intangibles que sont les brevets, qui donnent aux firmes des droits de monopole sur les nouvelles molécules pendant vingt ans.

vendredi, avril 2 2021

Comment l'industrie pharmaceutique s'enrichit sur le dos des Etats et de leurs citoyens

2 04 2021

La_sante_hors_de_prix.jpgLe Sovaldi est un médicament qui ouvre la voie à l’éradication mondiale de l’hépatite C, une maladie courante, et qui peut être mortelle sans traitement. Protégé par un brevet, il a été vendu à partir de 2014 à un prix exorbitant : alors que son coût de production représentait moins de 100 dollars par an et par personne, le laboratoire pharmaceutique qui le produit en demandait 84 000 dollars. En France, il fut introduit au prix de 41 000 euros la cure. C’est aussi la mesure de la puissance de l’industrie pharmaceutique et de ses lobbies.
Un tel prix, appliqué à l’ensemble des malades, venait mettre en péril le système de sécurité sociale français, et sa prescription a dû être restreinte aux cas les plus graves. L’impossibilité d’accès à certains médicaments, qui ne concernait que les « pays du Sud », touche aujourd’hui les pays dits « développés ».
Ce livre retrace les logiques qui conduisent à une telle situation, dont tout laisse présager la généralisation, à moins d’une remise en cause radicale de la politique du brevet exclusif et de la reprise en main, par les États, de la régulation du marché du médicament qui est alimenté par la ressource publique.

jeudi, avril 1 2021

La croissance verte contre la nature. Critique de l'écologie marchande

1 04 2021

Livre_Helene_Tordjman.jpgFabriquer de toutes pièces des micro-organismes n’ayant jamais existé pour leur faire produire de l’essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d’un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l’information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes… Telles sont quelques-unes des « solutions » envisagées aujourd’hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New Deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère. Sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ?
En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de « croissance verte », Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s’attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours. Loin d’opérer la rupture nécessaire avec le système économique qui nous conduit à la ruine, ce mouvement témoigne en réalité d’une volonté de maîtrise et d’instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre et d’une foi inébranlable dans les mécanismes de marché. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie.

mercredi, mars 31 2021

Comment la crise sanitaire devient-elle une crise sociale ?

31 03 2021

Depuis la fin du printemps 2020, les suppressions d’emplois se multiplient dans de nombreux secteurs économiques. Après s’être séparées massivement de leurs intérimaires et de leurs travailleurs précaires dans les premières semaines du confinement, nombre d’entreprises ont amorcé une refonte d’ampleur de leur organisation du travail, en combinant recours aux mesures de chômage partiel, mise en œuvre de plans de « sauvegarde de l’emploi » et d’accords de « performance collective » permettant de tailler dans les effectifs, de prendre sur les congés et, parfois, de baisser les salaires. Ces premiers effets structurels de la crise de la covid-19 s’ajoutent à d’autres effets, plus immédiats, parfois brutaux, du confinement sur les travailleurs. D’avril à juin 2020, la production nationale a baissé de près de 20 %, par rapport au même trimestre en 2019. Quelles ont été les conséquences sociales de cette contraction historique de l’activité économique ?
Le prolongement de la crise économique, dû à l’aggravation périodique des restrictions sanitaires et aux réorganisations d’ampleur du système de production qui est le produit de toute crise, ne sera pas non plus sans effets, et accentuera sans doute encore les clivages existants.

mardi, mars 30 2021

Procès du Mediator : des peines presque dérisoires ?

30 03 2021

L'entreprise a été condamnée pour homicides et blessures involontaires et pour tromperie aggravée. Mais les victimes déplorent qu'aucune peine de prison ferme n’a été prononcée à l’encontre des anciens responsables ou consultants du laboratoire qui a commercialisé l’anti-diabétique déguisé en coupe-faim.

lundi, mars 29 2021

Au nom de la science. La science peut-elle servir de guide à notre société ?

29 03 2021

En s’abandonnant à la science comme seule guide, nous avons fait un pari très risqué. D’une part parce que la science est corruptible. De plus, la formation d’un consensus scientifique fiable est un phénomène à long terme, pas nécessairement compatible avec le besoin d’action à court terme de la politique, rendant risqué l’utilisation de travaux de recherche très récents pour guider ses prises de décisions. D’autre part, car nous ne suivons pas “la science”, mais plutôt une communauté d'experts, qui, comme tout être humain, sont faillibles, influencés par leurs propres conflits d’intérêts et leurs propres biais. C’est évidemment le cas des politiques qui nous gouvernent en temps normal. Cependant, la différence fondamentale réside dans le fait que le nouveau pouvoir scientifique n’est pas soumis à la séparation des pouvoirs usuelle : les experts qui dictent les mesures de lutte contre la pandémie, sont ceux qui sont aussi chargés d’évaluer l’efficacité de ces mesures. À la fois juge et partie, ils ne peuvent être objectifs dans le jugement des mesures qu’eux-mêmes ont recommandées, et pourtant leur parole sur le sujet est placée en dehors de tout questionnement par les politiques et journalistes qui les écoutent.

dimanche, mars 28 2021

Health Data Hub : Anticor saisit la justice

28 03 2021

Après le rapport Villani en 2018, le Président de la République a affirmé son souhait de faire de la santé l’un des secteurs prioritaires pour le développement de l’intelligence artificielle en France. C’est dans ce contexte qu’est né le projet « Health Data Hub», ayant pour objet la mise en œuvre d’une plateforme nationale de centralisation et d’exploitation des données de santé. Dans ce cadre, le public a été informé par voie de presse que l’entreprise MICROSOFT, et plus particulièrement son service de Cloud AZURE, avait déjà été sélectionnée pour assurer l’hébergement des données de santé.
Ce marché public a été attribué sans mise à concurrence. La CNAM a exprimé son désaccord sur cette solution, ainsi que le Sénat. Une centaine de chercheurs avait alerté l’opinion sur les enjeux de ce choix. Il s’agit d’un marché public particulièrement important tant de par son objet que de par son montant. C’est pourquoi l’association Anticor a décidé de saisir le Parquet national financier sur le volet non ministériel du dossier. Parallèlement, la Cour de justice de la République est saisie du volet ministériel.

samedi, mars 27 2021

Les risques de la généralisation du port d’armes des policiers hors service

27 03 2021

La loi Sécurité globale autorise policiers et gendarmes hors service à garder leur arme en tout lieu et tout le temps. Rien ne prouve l’efficacité d’une telle mesure, mais les conséquences dramatiques pour les citoyens et les agents sont connues.
Dans cette enquête, les conséquences de la généralisation du port d’arme hors service en huit questions : 1) L’entrée d’armes dans une salle pourrait faciliter un attentat, 2) Actuellement, un fonctionnaire français sur deux garderait son arme de dotation en dehors de son service, 3) « Ce n’est pas pour rien qu’on a créé le Raid ou le GIGN », 4) « Si un policier sort son arme lors d’une embrouille avec un voisin et qu’il n’y a pas de témoin, personne ne le saura », 5) Une soixantaine de personnes tuées par un agent hors service depuis 1977, 6) 25 féminicides commis par un policier hors service, 7) L’arme de service retirée à la moindre violence ?, 8) Suicides des policiers : « Personne ne me répond, ils s’en foutent ».

vendredi, mars 26 2021

L’épidémie de Covid-19 a eu un impact relativement faible sur la mortalité en France

26 03 2021

Nous comparons la surmortalité de l’épidémie de Covid-19 aux autres épisodes habituels de surmortalité saisonnière (maladies infectieuses et canicules) et à leurs effets de moisson (« harvesting »). Ces estimations obligent à tenir compte de l’évolution de la structure de la population française marquée par un vieillissement et donc une augmentation tendancielle de la mortalité.
Les résultats indiquent que l’année 2020 n’a connu aucune surmortalité chez les personnes âgées de moins de 65 ans (qui représentent environ 80% de la population totale). Seuls les âges les plus avancés ont connu une surmortalité, cette dernière étant la plus forte après 80 ans. Au passage de l’épidémie de Covid-19, pour la population française dans son ensemble, les auteurs estiment à 3,66 %, l’excès par rapport à la mortalité attendue en 2020.

jeudi, mars 25 2021

Essais cliniques en France : la recherche publique reste assez opaque

25 03 2021

Dans un domaine aussi essentiel que celui des essais cliniques, la transparence est encore loin d’être une réalité concrète en France, alors même qu’il s’agit d’une obligation légale. C’est ce que démontre avec méthode le présent rapport de l’association TranspariMED, auquel Transparency International France et Mélanome France se sont associés. Cette étude rigoureuse révèle que les lacunes en matière de publication des principaux résultats des essais cliniques médicamenteux ne sont pas également réparties entre les acteurs publics et privés, que certains acteurs sont plus en avance que d’autres. Cela prouve que des marges de progrès existent. L’objectif de ce rapport n’est en effet pas de pratiquer un « name and shame » stérile, mais bien d’initier une prise de conscience des parties-prenantes, promoteurs d’essais cliniques, investigateurs, autorités de régulation (HAS, ANSM), centres de pharmacovigilance, enseignants-chercheurs. Cela permettra d’engager un dialogue constructif avec la société civile afin d’aboutir à plus de transparence.

mercredi, mars 24 2021

Rétablir la confiance entre la police et la population : l'avis de la CNCDH

24 03 2021

La France se situe depuis plusieurs années dans le tiers inférieur des États de l’Union européenne pour le niveau de confiance exprimé par la population à l’égard de sa police. Parfaitement consciente des difficultés auxquelles sont confrontés les policiers dans l’exercice de leur mission, la la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) invite les pouvoirs publics, dans plus d’une vingtaine de recommandations, à mettre en place des réformes structurelles (cadre d’intervention, formation, encadrement, services d’enquête et d’inspection, etc.) afin de promouvoir une police républicaine, au service de la population et garante des droits et libertés fondamentaux. En se donnant les moyens de poursuivre cet objectif, les autorités contribueront ainsi non seulement à restaurer la confiance entre les citoyens et la police, mais également à revaloriser et faciliter le travail de cette dernière.

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