La récidive demeure une notion loin de faire l’unanimité. Au regard de la loi, c'est la condamnation de quiconque a déjà été condamné par le passé alors que pour bien des cliniciens, c'est un échec que personne n’a su prévenir. Son analyse suscite la controverse, conduisant les experts les plus aguerris à des avis souvent contradictoires. Lourdes de conséquences, des évaluations mènent témoins experts et cliniciens en établissement à des recommandations bâties sur ce qu’ils croient savoir après 1, 2, parfois 3 heures d’entrevue. Pronostic métronome aux répercussions désastreuses entre sous-estimation et surestimation du risque encouru. Plusieurs mesures, anciennes ou récentes, tentent de remédier à cette situation endémique. Mais les résultats demeurent mitigés. Aucun outil probabilistique ne peut prédire la période ni la gravité d’un passage à l’acte. Concernant les programmes, leurs taux de réussites sont invariablement présentés sous l’angle d’une simple soustraction entre délinquants ayant ou non participé à un plan de traitement et parmi ces deux groupes, ceux qui ont ou non récidivés dans les 2 à 3 ans suivant leur élargissement. Ce qui laisse croire que tous ceux qui se trouvaient en semi-liberté, en libération conditionnelle ou en libération d’office, ont pu la mener à terme sans commettre de nouvelles infractions. L’absence de toute nouvelle condamnation est, pour l’administration pénitentiaire et les statistiques juridiques, synonyme de réussite. Or la récidive n’est trop souvent qu’un comportement criminel en continu dévoilé par l’arrestation du contrevenant et non un épisode circonstanciel dans une trajectoire donnée.